Les systèmes en Bretonne Pie Noir sont viables économiquement

By 5 September 2013

4.2 Les effectifs actuels permettent une certaine disponibilité en animaux

D’après l’estimation du nombre de génisses disponibles, ce point ne devrait pas être un handicap pour l’installation de nouveaux agriculteurs et jusqu’à présent, avec l’aide du technicien du PNRA, les personnes qui se sont installées ces dernières années n’ont pas eu de mal à trouver des animaux. Si cela devenait problématique, deux solutions pourraient être envisagées :

– revoir à la hausse les prix de vente des génisses et des vaches de façon à ce qu’il soit légèrement supérieur à celui de la valorisation de la viande en vente directe (il est actuellement légèrement inférieur).

– certains éleveurs peuvent manquer de place pour élever des génisses. Il serait peut- être envisageable que le parc de Menez-Meur (le parc animalier du PNRA) – ou autre – serve de pépinière en élèvant des génisses de 1 à 3 ans issues de troupeaux laitiers au lieu d’avoir des vaches conduites en allaitantes ? Ceci permettrait d’avoir au moins trois ou quatre génisses disponibles dans le cas où un futur éleveur aurait du mal à se constituer son troupeau. Par le passé, deux élevages de génisses spécialisés, un au PNRA et l’autre chez un éleveur ont fonctionné avec succès. Ces expériences pourraient être reprises.

4.3 Les systèmes en Bretonne Pie Noir sont viables économiquement

Les deux études de cas l’ont démontré, les enquêtes auprès des éleveurs l’ont confirmé, les élevages de Bretonne Pie Noir peuvent être économiquement viables. Les porteurs de projet doivent toutefois garder à l’esprit que la charge de travail est importante et que la mise en route peut être longue. Pour les “laitiers-transformateurs”, il y a l’astreinte liée à la traite mais aussi à la transformation. La vente est également exigeante (ponctualité, recherche de nouveaux débouchés…). C’est un métier qui demande de la rigueur pour bien coordonner les trois activités de production, transformation, vente.

Les systèmes BPN sont très variés, tout comme les projets. Toutefois, les futurs éleveurs peuvent compter sur des références technico-économiques propres aux systèmes Bretonne Pie Noir pour bâtir un système cohérent. Le système allaitant étant plus récent, seules les données techniques sont complètes. En revanche, on manque de références économiques. Aucun éleveur en système allaitant n’a fait l’objet d’une étude détaillée. Il faut pour cela attendre que pour l’un d’entre eux, le système soit bien établi. Ce qui peut être favorisé par un soutien de la Société des Eleveurs :

– En améliorant le référencement du site Internet (En tapant “vente directe viande” sur un moteur de reherche comme “Google”, il faudrait que le site de la Bretonne Pie Noir apparaisse dans les vingt premiers résultats). En effet, comme le site comporte une carte avec les points de vente des produits de la Bretonne Pie Noir, ceci pourrait aider les éleveurs en système allaitant qui ont parfois du mal à se constituer une clientèle. La promotion des produits grâce à la race serait renforcée. Les éleveurs pourraient aussi se servir du site pour indiquer les dates d’abattage de leurs bêtes et donc de disponibilité en viande. Reste à savoir si la clientèle visée pratique Internet.

– Pourquoi ne pas proposer une dégustation de viande de Bretonne Pie Noir lors des manifestations locales comme le festival de l’élevage à Quimper ?

4.4 Le foncier reste un gros problème pour s’installer

Trouver du foncier reste la difficulté majeure pour s’installer. Une possibilité pour les porteurs de projet est de reprendre une exploitation de taille moyenne (30 à 40 ha) et :

– d’utiliser l’ensemble pour bâtir un système qui permette de rentabiliser l’investissement. Toutefois, un des principaux atouts des systèmes BPN mis en évidence précédemment étant le faible investissement nécessaire, cela paraît contradictoire.

– de revendre ou de louer les moyens de production excédentaires par rapport au système mis en place. Il faut cependant s’assurer de la valorisation possible : si c’est du foncier, il ne devrait pas y avoir de problème, c’est moins sûr pour des bâtiments… Dans tous les cas, cette solution rend complexe l’installation.

D’après les organismes agricoles, le problème du foncier est en (majeure) partie lié aux mentalités. Informer les cédants sur les possibilités d’installation sur de petites structures devrait permettre d’augmenter les offres de foncier (vente ou location). Un article à paraître dans le journal “Ouest-France” en page agricole, par exemple, ou dans la presse agricole départementale, pourrait peut-être amener les cédants à se rapprocher du RDI de l’ADASEA. Le but étant de limiter la fuite des terres vers l’agrandissement. L’article pourrait aussi être destiné aux communes qui peuvent avoir des propositions intéressantes. Sur ce point, la Société des Eleveurs pourrait se rapprocher des CIVAM ou d’associations comme “Terre de Liens” pour mener une action collective de sensibilisation des cédants.

Vu les difficultés d’accès au foncier, les porteurs de projet doivent se mettre très tôt à la recherche de terres exploitables : cette recherche prend souvent plus d’un an. Les ressources peuvent être : les RDI des ADASEA, les SAFER, les communes, les petites annonces, le conservatoire du littoral, les CIVAM, les GAB…

Bien souvent, en cas d’achat, le prix sera élevé, mais variable selon les départements : 1 500 €/ha en Loire-Atlantique à parfois 8 000 €/ha en Ille-et-Vilaine. Ce prix reste inférieur à la moyenne européenne. Le prix n’est donc pas prêt de baisser et acheter des terres n’est pas forcément irraisonnable.

4.5 La réglementation peut devenir un obstacle si les porteurs de projets sont mal informés

Il semble que la révision de la nouvelle réglementation européenne sur la transformation fermière ne soit pas plus drastique que la précédente. Il est aujourd’hui demandé aux transformateurs d’être professionnels, ils sont responsabilisés.

Jusqu’alors, le fait d’exiger certains moyens garantissait pour l’administration la qualité sanitaire des produits vendus. Désormais, c’est l’obligation de résultat (produire sain) qui ressort et pour s’en assurer, l’administration exige la mise en place de la traçabilité chez les producteurs. Ceci demande beaucoup de travail administratif pour les exploitants. Afin d’appréhender la réglementation, le porteur de projet peut se référer à ce mémoire pour en avoir un aperçu et au Guide des Bonnes Pratiques d’Hygiène pour rentrer dans les détails. En revanche, il serait intéressant de demander aux DSV des détails précis sur ce qui est demandé aux transformateurs fermiers. Les réponses des différentes DSV aux questions posées pour la rédaction de ce mémoire étant parfois variables selon les départements, il est impératif d’interroger les cinq DSV de Bretagne et éventuellement de confronter les réponses. Les questions à poser pourraient être du type :

– Quels renseignements un contrôleur doit-il trouver lorsqu’il se rend chez un éleveur ?

– Sur quel support ? (papier, informatique…)

– Avec quelle précision ?

– Vu le prix des autocontrôles et compte tenu que la réglementation ne les impose pas, quelle sera votre attitude si le producteur en fait le minimum (1 par produit et par an, voire moins) ?

– etc.

L’installation en exploitation bovine Bretonne Pie Noir : opportunités, freins et perspectives
Mémoire de fin d’études
ENESAD Option Animal Espace Produit

Sommaire :
1 Contexte
1.1 La race bovine Bretonne Pie Noir
1.2 Le cadre socio-économique et réglementaire
1.3 De l’opportunité d’une relance
3 Résultats
3.1 Spécificités des élevages de Bretonne Pie Noir
3.2 Environnement des installations en Bretonne Pie Noir
4 Discussion et propositions
4.1 Des porteurs de projet s’intéressent à la Bretonne Pie Noir
4.2 Les effectifs actuels permettent une certaine disponibilité en animaux
4.3 Les systèmes en Bretonne Pie Noir sont viables économiquement
4.4 Le foncier reste un gros problème pour s’installer
4.5 La réglementation peut devenir un obstacle si les porteurs de projets sont mal informés
4.6 Les organisations agricoles sont plus ouvertes aux petits projets que par le passé
Conclusion