Les biais liés à l’irrationalité des investisseurs

By 27 August 2013

5- Les biais liés à l’irrationalité des investisseurs

La théorie des marchés financiers prend donc pour l’hypothèse la rationalité des investisseurs. Dans l’esprit théorique les investisseurs, sont tous égaux devant les informations, sont rationnels et ont pour but unique de maximiser la rentabilité de portefeuille.

On distingue trois types d’investisseurs :

1- Les investisseurs individuels ou petit porteurs possèdent un portefeuille et le gèrent souvent autant par le jeu que par volonté de maximiser leur rentabilité. Intéressés au fonctionnement de la bourse et considérant souvent les marchés comme un vaste casino. Leur aversion au risque est faible, ils investissent sur tous les types des marchés, y compris les marchés conditionnels dont le niveau de risque est élevé.

Dans ce contexte, la diversification de leur portefeuille n’est pas optimale, puisqu’ils ne disposent pas d’une somme suffisante pour acquérir un grand nombre des titres.

De plus, les coûts de gestion sont importants. L’information des investisseurs individuels est parcellaire. Elle provient soit de leur intermediare et soit des journaux économiques. Or il existe un décalage entre l’instant où l’information apparaît et celle où elle est repris sur ces supports. De plus, ces investisseurs ne disposent pas de la totalité des informations émises sur les marchés ni de la capacité d’interpréter les informations brutes.

Dans ce contexte, on ne peut pas penser que les petits porteurs sont investisseurs rationnels.

2-Les gérants de portefeuille et les investisseurs institutionnels constituent la catégorie la plus nombreuse qui dispose du pus d’influence sur la formation des prix. Informés en temps réel, ces professionnels peuvent réagir rapidement aux informations qu’ils sont à même d’analyser. Ces professionnels sont également confrontés à des contraintes importantes. Ils maximisent sous contrainte de risque la rentabilité de l’investissement. Ces professionnels appartiennent à une organisation, et qu’ils peuvent avoir leur propre stratégie à l’intérieur de cette organisation. L’appréciation des gérants est fonction de la performance est mesurée de facon relative (taille et risque). La stratégie personnelle optimale du gérant de portefeuille consiste à lisser les performance des ses portefeuilles, de manière tenter de se trouver toujours sur la partie haut de benchmark.

En outre, il ne faut pas oublier que la chaîne de décision d’investissement n’est pas aussi simple et coût qu’on pourrait penser. En effet, le gestionnaire de portefeuille n’a pas latitude

totale sur la gestion, un comité de la gestion prend les orientations essentielles, le gestionnaire ne fait souvent qu’en appliquer les directives et gérer le quotidien. L’intégration de l’information dans la décision d’investissement est donc plus longue qu’il n’y parait. Le gestionnaire soumis à l’avis des analystes financiers de l’organisation et ils suivent leurs décisions aveuglement.

Dans ce contexte, on comprendra que les décisions d’investissement des professionnels de la gestion de portefeuille ne sont pas aussi rationnelles.

3- les opérateurs qui regroupe l’ensemble des investisseurs qui achètent et vendent des titres dans un but stratégique ou un but réaliser un profit financier net direct dans la détention de leurs titres. Ainsi, si une entreprise acquiert un montant non négligeable de titres d’une firme concurrente cotée, on ne peut penser qu’au plan strictement financier cette décision soit rationnelle. La notion de rationalité reste orientée.

On trouve alors même cas pour cette catégorie, c’est-à-dire la prise en compte d’un certain nombre de décisions dans un contexte de rationalité limite.

6- Les biais sont ils bien réels ?

Toute réaction inexpliquée des marchés à un événement donné apparaît comme un biais à la théorie de l’efficience. Inversement, toute non réaction à un événement qui devrait cependant en susciter une apparaît comme un biais. Un biais à la théorie pourrait n’être en réalité qu’un phénomène non encore expliqué. Certains biais se situent probablement dans cette figure. Personne n’a réussi de trouver une explication rationnelle ce qui ne signifie pas que dans l’avenir ces explications ne seront pas mises à jour.

Les biais peuvent être liée à des problèmes de méthodologie statistique ou nés par hasard. En tout état de cause, la mise en évidence de phénomène contraire à l’efficience ne doit pas impérativement pousser les chercheurs à admettre que ces anomalies sont des biais. Au contraire, ces anomalies doivent être examinées sur le marché différent et en utilisant des échantillons différents.

L’existence des ces biais trois pistes du réflexion.

– certains de ces biais peuvent être expliqués avec le temps.

– Il demeure vrai que certains biais existent.

– Certains champs des recherches méritent toujours d’être étudiés. Les chercheurs en finance ont tendance à limiter leurs investigations dans des domaines connus, propres à leur discipline.

Retour sur la rationalité des agents et finance comportementale

Les expériences et hypothèse regroupées sous le nom de finance comportementale, apparues assez récemment, ont montré que les investisseurs ne sont que très partiellement rationnels. Il est alors difficile d’accepter que les agents des marchés financiers suivent les principaux axiomes de Von Neumann et Morgenstern pour modéliser les comportement des investisseurs (comparabilité, transitivité, indépendance, continuité, classement), l’hypothèse préalable au cadre théorique de la finance moderne. La finance comportementale montre que les investisseurs ne sont pas parfaitement rationnels, mais ont plutôt une rationalité limitée telle que le suggère Herbert Simon et qui se caractérise par l’utilisation d’heuristiques afin de simplifier de raisonnement complexes.

Néanmoins, cette constatation ne doit pas remettre en cause la notion d’efficience de marchés financiers. D’autres disciplines de la gestion ont admis depuis longtemps la limitation de la rationalité humaine et travaillent avec cette hypothèse. Les marchés eux- mêmes souffrent d’un certain nombre d’imperfections telles que l’existence de coûts de transaction qui permettent paradoxalement aux marchés de demeure efficients en relâchant les hypothèses originales. Gulko, en poursuivant les travaux de Hayek, montre ainsi qu’efficience des marchés financiers et rationalité limitée des investisseurs sont compatible.

Conclusion

L’efficience des marchés apparaît à la fois comme une abstraction intellectuelle un mythe et un objectif.

Une abstraction intellectuelle, la théorie de l’efficience des marchés remet en cause un certain nombre de pratiques utilisées par les professionnels des marchés. Il s’agit de l’analyse technique. Il génère des mouvements et augmente le turn over de portefeuille. L’usage intensif de l’analyse technique en est le preuve. Elle reste un débat d’universitaires et n’intéresse que les opérateurs qui préfèrent se concentrer sur les poches d’inefficience pour

réaliser des arbitrages. En revanche, elle demeure l’un des fondements de la théorie financière moderne.

Un mythe : L’ensemble des hypothèses nécessaires à l’acceptation de la théorie de l’efficience sont acceptées en bloc par le tenants de la théorie. Outre les hypothèses classiques de circulation de l’information …. , d’autres hypothèses sous jacentes restent peu explorées. Il s’agit en particulier de celle liées au comportement des investisseurs et de celle à la liquidité.

La théorie de l’efficience est un mythe que les marchés financiers tentent désespérément d’atteindre sans y parvenir. Le mythe se transforme en objectif.

Un objectif : les autorités de marché sont conscientes que les caractéristiques de l’efficience attirent les investisseurs et les entreprises. Rendre un marché plus efficient, c’est diminuer l’ensemble des risques systémique liés au marché et les risques de bulle spéculative en empêchant les agents d’agir par mimétisme. L’objectif des autorités est donc accroître l’efficience en améliorant leur fonctionnement des instruments contrôle des informations, des instruments de contrôle des vecteurs d’investissement des techniques des cotations, de la fixation de tick, des coût de transaction. Pour ce qui concerne les marchés financiers, efficience est presque devenue un synonyme d’efficace.

Lire le mémoire complet ==>

(La Bourse de Beyrouth : Test de l’efficience du marché financier)
Mémoire de fin d’année du Master 2 recherches APE « analyse et politique économique »
Université Montpellier 1