Commerce de proximité et Attentes des consommateurs : Paris

By 29 August 2013

3. De nouvelles attentes des consommateurs

Depuis quelques années, les Français se plaignent de la hausse constante des prix des produits de supermarchés. C’est pourquoi de plus en plus de Français préfèrent le commerce de proximité, où ils peuvent se fournir en produits frais à moindre coût. Bien qu’il soit devenu rare depuis l’arrivée des grandes surfaces, le commerce de proximité est de plus en plus plébiscité par des consommateurs désireux de revenir à des valeurs sûres et le commerce de proximité, c’est avant tout une manière plus écologique de consommer. Les prix élevés pratiqués dans les supermarchés sont non seulement dus aux marges importantes de la grande distribution, mais également aux importations de produits venant parfois de l’autre bout du globe. Les volumes de gaz à effet de serre émis lors des transports en avion ont un impact écologique important. Un commerce de proximité, à l’inverse, privilégiera les produits venant de France ou d’Europe transportés en camion, et donc plus respectueux de la planète. Par ailleurs, le problème du suremballage des fruits et légumes dans les supermarchés n’existent pas ou peu dans le commerce de proximité, où les produits sont souvent vendus à l’unité ou au kilo.

3.1. Attentes des consommateurs : chiffres clés

Les différentes études sur les attentes des consommateurs en centre-ville de TNS Sofres montrent le fort attachement des Français aux commerces intra-urbains mais elles soulèvent aussi des défaillances en termes d’accessibilité et le retard de nombreuses villes moyennes.

Dans cette recherche de proximité ou de reconquête du plaisir-shopping, c’est dans les centres-villes que sont les enjeux du commerce et de l’urbanisme commercial.

Ainsi selon l’étude de TNS Sofres montrent que 74% des interviewés expriment un ressenti positif vis-à-vis du centre-ville. Dès lors qu’ils s’y trouvent, 41% se sentent « satisfaits, contents », et 40% « libres, indépendants », pour seulement 24% de « stressés ou tendus ». Le centre-ville est décrit comme un lieu vivant, aménagé pour les échanges et, plus largement, pour les relations humaines. Selon cette étude, pour les consommateurs le centre-ville est avant tout une destination « alimentaire ».

Par ailleurs, 37% des sondés évoquent le manque d’accessibilité ou encore la pollution et surtout 20% se déclarent « centrophobes ». Mais la destination commerciale des centres- villes n’est plus à prouver. En effet, ce sont près de 53% des Français qui déclarent y faire leurs courses alimentaires. Cette vocation alimentaire est plus particulière à Paris, Lyon, Marseille (72%), ainsi qu’aux communes périurbaines et aux espaces ruraux sous influence urbaine (57%). Ensuite le centre-ville est une destination pour les achats en magasins spécialisés (40%), suivis du shopping et de la balade (38%). Voyons maintenant les critères de séduction attachés aux commerces de centre-ville : pour 57% des Français, ils contribuent à l’attractivité et à la qualité de vie et 46 % apprécient leur proximité. Et c’est ainsi que 39% veulent plus de commerces en centre-ville.

Cette étude montre aussi que les Français attendent plus de facilités pour se garer ou pour accéder aux transports en commun (30%), plus d’espaces verts (26 %), d’aires piétonnes (20 %) et des horaires d’ouverture plus larges (11 %).

3.2. Moyens d’action, de réponse des mairies : exemple de la ville de Paris

Paris est une ville où le tissu commercial de proximité est menacé par la spéculation immobilière et où les commerces sont mal répartis. Il exige à la fois un soutien des élus parisiens et des incitations pour se moderniser.

Paris en quelques chiffres c’est : 1 500 km de rues, plus de 60 000 commerçants et 30 000 artisans. C’est donc une capitale qui a su maintenir son tissu commercial de proximité. La protection de la diversité de l’offre commerciale porte sur le pouvoir d’intervention des élus. Le rôle de la mairie de Paris est de créer l’environnement le plus favorable à la survie et à l’épanouissement du commerce de proximité.

« L’obsession est de préserver la diversité commerciale unique de la capitale, affirme Éric Osmond, directeur de cabinet de l’adjointe au maire de Paris chargée du commerce. La Ville rayonne sur trois aires de chalandise : la planète, avec l’offre touristique des beaux quartiers ; l’Île-de-France, avec ses pôles d’ampleur régionale ; et ses 120 quartiers, avec ses commerces de proximité, qui constituent le socle de cette structure pyramidale. » Les élus se donnent pour mission de maintenir au mieux cet équilibre.

La commission départementale d’équipement commercial (CDEC) veille à la complémentarité de l’offre commerciale dans Paris et peut avoir recours à la commission nationale de l’équipement commercial (CNEC) et c’est ce qui par exemple a été fait, notamment sur le projet d’installation de Zara boulevard Saint-Michel, dans un périmètre déjà largement pourvu en textile73. Autre écueil de la CDEC, selon les élus, son impuissance sur les surfaces de moins de 300 m2. À leur grand dam, cela a permis à l’enseigne textile Delaveine, par exemple, de s’installer à la place de la librairie historique des Presses universitaires de France, place de la Sorbonne. Pour compléter les pouvoir de la CDEC, la mairie de Paris peut exercer son droit de préemption sur les baux commerciaux.

73 Pour l’anecdote, c’est Monoprix qui a décroché la place convoitée par Zara

Autre initiative inédite, la Semaest (Société d’économie mixte d’aménagement de l’est de Paris) s’est vu confier, en 2003, la mission de réhabiliter et de réimplanter des activités de proximité dans six quartiers en proie à la désertification commerciale ou soumis à la mono-activité de commerces de gros. La Semaest compte à ce jour 248 locaux (pour 32 647 m2) réaffectés en commerces de proximité. La mairie de Paris a décidé en 2010 de lui attribuer cinq nouveaux quartiers, avec des missions spécifiques comme par exemple pour le Quartier latin la sauvegarde de son commerce culturel, qui regroupe un tiers des librairies parisiennes.

La CCIP (Chambre du commerce et de l’industrie) de Paris prône l’utilisation d’exonérations de taxes et droits qui devraient faciliter les cessions de commerces de proximité.

Par ailleurs, avec plus de 20% des commerçants parisiens partant à la retraite, plus de 11000 commerces vont changer de main et il va donc falloir un accompagnement. C’est donc dans ce contexte que la mairie de Paris et la CCIP ont mis en place les journées « Passe le relais » de mise en relation entre cédants et repreneurs.

Lire le mémoire complet ==> (Distribution et centre-ville : vers un retour du commerce de proximité ?)
Mémoire de fin d’études – Master 2 professionnel en Sciences du Management – Spécialité Logistique
Université Paris 1 Panthéon – Sorbonne