Les technologies dans le monde de l’éducation : des TICs AUX TICEs

By 26 July 2013

LES TECHNOLOGIES DANS LE MONDE DE L’EDUCATION – 2. CHAPITRE 2 :

L’enseignement a toujours eu un intérêt fort pour les technologies, dans le but d’améliorer la communication entre les différents acteurs du monde de l’éducation, et par là, améliorer la transmission du savoir. Ainsi, les médias ont été très souvent adaptés à celle-ci : le ronéotype, la photocopie, le téléphone, la télévision ont été intégrés et ont permis de nouveaux modes de diffusion. Je m’intéresserai dans ce chapitre uniquement aux technologies d’information et de communication mises en œuvre au sein de l’éducation, les « TICEs ».

2.1. DES TICS AUX TICEs

2.1.1. Qu’est ce que c’est qu’un TIC ?

Prise dans sa formulation complète l’expression « TIC » signifie technologies de l’information et de la communication. Pour définir cet acronyme nous nous attardons sur chacun des concepts qui le composent.

Le Petit Robert définit la technologie comme une technique moderne et complexe. En font partie les technologies de pointe (high-tech), les technologies avancées (biotechnologie), ou encore ce qui est appelé les nouvelles technologies (de l’information et de la communication) [NTIC] : réseaux informatiques, CD-ROM, Internet, téléphonie mobile, etc. En revanche, pour le Larousse la technologie c’est l’étude des outils, des procédés et des méthodes employées dans les diverses branches de l’industrie. On peut constater que : d’une part, le terme technologie renvoie à la fois aux objets et systèmes eux-mêmes et à l’étude de ces derniers ; d’autre part, il est question d’une distinction entre les termes technologie et technique.

Par conséquent, il convient de distinguer ce qui différencie une technologie d’une technique ? Tentons dans un premier temps de dissocier ces deux termes.

Y. Jeanneret dans son ouvrage « Y a-t-il (vraiment) des technologies de l’information ? » tente cette distinction. Selon lui, le terme technologie « […] a d’abord désigné le vocabulaire propre de la technique (la terminologie technique, en termes contemporains), puis a servi à affirmer la fondation d’une science de la technique, qui dépassait les propriétés de tel “appareil” pour poser des principes de fonctionnement, de conception, de production. »61

Dans sa définition de la technologie, le Petit Robert indique qu’il s’agit à la fois d’un mot courant insistant sur le fait que cet emploi est connu et employé de tous, mais qu’il est aussi un anglicisme, employé en français et de ce fait critiqué comme emprunt abusif ou inutile. C’est également le cas chez Y. Jeanneret. Dans son ouvrage, il interroge la pertinence de l’utilisation du mot technologie en français, mettant en exergue d’une part son origine anglaise et l’abstraction qui en découle.

Quant au terme technique, il vient du grec « tekhnê » signifiant « art, métier et désigne l’ensemble des procédés méthodiques, fondé sur des connaissances scientifiques, employés à la production, mais aussi l’ensemble des procédés ordonnés, scientifiquement mis au point, qui sont employés à l’investigation et à la transformation de la nature. »62

Dans sa définition de la technologie, Y. Jeanneret met en exergue que ce mot étant employé au pluriel dans l’acronyme TIC, le terme technologie désigne des catégories d’objets qui ont pour propriété, de matérialiser une nouveauté technique. Cela donne une distinction entre les technologies et les techniques, synonymes respectivement de « neuf » et de « traditionnelle ».63 C’est tout particulièrement l’adjuvant nouvelles de l’acronyme « NTIC » qui donne un sens complémentaire. Ce dernier permet de qualifier l’objet de sa nouveauté ou non. La nouveauté est toujours relative à l’époque présente, soit selon Jeanneret « […] quelque chose de strictement contemporain, qui se nomme ” informatique” et non “information”. »64

Cela dit pour Y. Jeanneret, chaque produit doté de fonctionnalités nouvelles n’est pas nécessairement porteur de nouveauté, ni culturelle, ni spécifiquement technique.65 En effet, il distingue trois types de nouveauté entre lesquels « […] le jeu est incessant, et indiscernable »66 : la nouveauté technique, la nouveauté sociale et la nouveauté médiatique.

Intéressons nous à présent au concept de l’information.

Pour le petit Robert, l’information correspond à un renseignement, une nouvelle donnée par un journal, par la radio, ou la télévision. L’information se diffuse au moyen de signaux comme les sons ou l’écriture et « nécessite l’emploi d’un « code » où les éléments d’information sont représentés par des symboles, tels que l’alphabet ou le morse. »

« Cette information peut-être descendante lorsqu’une personne donne des informations à une ou plusieurs autres, mais elle peut aussi être ascendante (un employé informe son responsable) ou latérale (l’employé informe un ou plusieurs collègues). Celui qui détient l’information peut exercer un certain pouvoir en choisissant soit de la faire circuler, soit de faire de la “rétention”. »67

« En informatique, on parle de “système d’information” (SI), pour désigner un système d’équipements – d’informatique ou de télécommunication – qui permettent d’acquérir, de stocker, d’échanger des données de diverses natures»68

En ce qui concerne le terme communication, il vient du latin communicare, signifiant mettre en commun, être en relation. Il désigne dans son acception courante le fait de communiquer et d’établir une relation avec quelqu’un ou quelque chose. 69

« Contrairement à l’information, la communication suppose des échanges, un partage de l’information. Dans le schéma traditionnel de la communication, sur le modèle du mathématicien Claude Shannon, on a un émetteur, un message qui passe par un canal et un récepteur :

Schéma de Shannon
Figure 6 : Schéma de Shannon

Ce modèle sera complexifié par la suite pour rendre compte, de manière plus fine, des conditions d’émission et de réception du message (conditions matérielles, linguistiques, psychologiques, etc.). » 70

En effet, en partant de ce schéma traditionnel, le modèle de N. Wiener met en exergue l’idée de rétroaction. Celui qui émet le message doit tenir compte de la compréhension des représentations et des réactions du destinataire. Avec les outils informatiques la communication est amplifiée et accélérée.

Les médias permettent de transmettre l’information. Ils sont les supports des technologies de l’information et de la communication. Par nature, les médias sont très différents.

2.1.2. Qu’est ce que c’est que les TICEs

Apparu au cours de ces dernières années, l’acronyme TICE s’inspire de son aîné TIC. Le « E » n’est pas toujours interprété de la même manière : parfois il peut signifier « éducation », « enseignement » ou « éducative ».71

L’audiovisuel, l’informatique et les réseaux sont les principaux types d’outils pouvant être considéré comme des TICEs. Pour des raisons de commodité et dans l’intérêt du sujet traité nous aborderons ici que le dernier volet.

Ainsi, les TICEs recouvrent communément « les services et applications informatiques utilisant la technologie du réseau internet à des fins d’enseignement », tel que par exemple des dispositifs intégrés, appelés plateformes ou environnement pédagogiques. Mais cette acception peut aussi s’élargir à l’usage d’applications informatiques, comme la connexion à distance ou l’accès partagé, pour mettre en commun des connaissances ou les transmettre.72

Ne confondons pas les TICEs avec les technologies éducatives ou éducationnelles (TE), venant de l’expression anglaise Educational technologies.

« Cette dernière expression fait référence à un discipline qui se préoccupe de l’ingénierie de l’ensemble du processus éducatif et non des appareils et instruments pouvant être utilisés en éducation. »73

Autrement dit, il s’agit ici « des technologies en éducation et non de la technologie de l’éducation. »74

« C’est dans les années 1960 que le terme technologie a commencé à se répandre dans le champ éducatif pour désigner les appareils et instruments utilisés à des fins d’enseignement. Avant c’était l’expression médias d’apprentissage (ou d’enseignement) qui était d’usage plus courant. »75

Même si, selon P. Moeglin, il existe une continuité entre les médias de masse et les « nouveaux » médias, J. Basque estime que le risque subsiste pour les pédagogues non avertis d’attribuer aux TICE les mêmes fonctions que celles déjà attribués aux “anciens” médias d’apprentissage.76

Selon J. Basque l’accès à l’information ne conduit pas forcément à la connaissance. Il signale qu’il faut distinguer l’information de la connaissance77 et donc nécessaire de nuancer les promesses faites sur l’ « accès au savoir » par l’usage des TICs.78

2.1.2.1. TICE : de l’EAO à l’e-learning

À présent nous allons parcourir l’évolution des TICs appliquées à l’enseignement.

Tout d’abord a eu lieu le passage « de l’enseignement assisté par ordinateur » (EAO) au « multimédia »

Apparu dans les années 1960, « l’enseignement assisté par ordinateur » [EAO] est issu des courants de recherche behavioriste. Il devient « environnements interactifs d’apprentissage avec ordinateur » [EIAO] au début des années 1990 avec la diffusion de systèmes dits « hypermédias » La dernière notion en date est celle d’ « environnements informatisés pour l’apprentissage humain » [EIAH]. Le marché du multimédia à usage éducatif cible le secteur parascolaire et l’accompagnement scolaire.

Puis apparaît la phase internet et e-learning

Les spécificités des formations supérieures et des formations continues en font les secteurs où les TICEs se développent majoritairement (cours à distance, mise à disposition de cours, horaires adaptés…). Le développement des dispositifs de formations hybrides entre distance et présence est déjà d’actualité. Avec l’e-learning, il faudra aussi à l’avenir prendre en compte l’industrialisation de la formation.

« G.-L. Baron et E. Bruillard relèvent trois grands courants d’idées qui ont inspiré le développement d’applications éducatives de l’ordinateur: »79

Le premier consiste à substituer au moins partiellement l’enseignant à l’aide d’un enseignement assisté par ordinateur (EAO). L’apprentissage est dirigé par l’enseignant mais, il s’adapte au rythme de l’élève en lui laissant des séances d’apprentissage autonome. Le deuxième laisse l’initiative et l’activité à l’élève : l’ordinateur sert de moyen d’expression et d’exploration. Le troisième point définit l’ordinateur comme moyen de production au service de l’activité pédagogique.

« Chacune de ces approches renvoient à différentes conceptions de l’enseignement et de l’apprentissage: perspective behavioriste, orientation constructiviste, approche instrumentale… » 80

Dans la mise en œuvre pédagogique, les TICs peuvent être utilisés aussi bien en collectif, en petit groupe ou en individuel.

Lire le mémoire complet ==> (Les TICs et l’enseignement : le cas du bureau virtuel de l’université Lyon II)
Mémoire de fin d’études
Université Lyon II : Institut de la communication