La pérennisation du cabinet d’ostéopathie : comment ?

By 30 June 2013

3.3 Pérennisation du cabinet d’ostéopathie

3.3.1 Entretien de la communication

Votre cabinet d’ostéopathie est maintenant connu de son environnement thérapeutique et commence à l’être des patients.

Concernant les patients, la meilleure communication reste le « bouche à oreilles » : seul votre travail vous permettra d’entretenir cette communication. Néanmoins, pour mieux comprendre l’élargissement de votre réseau de patients, vous pouvez demander à chacun d’entre eux de quelle façon ils vous ont connu.

Concernant les thérapeutes, d’une façon générale, la communication pourra se mettre en place de façon naturelle, dans l’intérêt du patient : en cas de doute sur un diagnostic différentiel, il ne faut pas hésiter à téléphoner au médecin traitant (qui aura eu connaissance de votre existence au préalable) pour soumettre votre avis à son jugement et éventuellement aiguiller le patient vers lui ou un spécialiste. Qu’il vous accorde ou non sa confiance, aucun thérapeute ne pourra vous reprocher un excès de prudence.

Certains thérapeutes vous accorderont leur confiance en vous envoyant des patients; il est bon de leur faire savoir que vous en êtes conscient, par téléphone ou par courrier.

3.3.2 Formation complémentaire

Que vous ayez ou non suivi une formation supplémentaire entre la fin de votre formation et la création de votre cabinet d’ostéopathie, l’expérience peut vous amener à découvrir des lacunes ou des sensibilités qui vous sont spécifiques et pourront peut-être vous pousser à vous spécialiser dans un domaine bien précis. D’autre part, il est conseillé, comme dans toute profession, de se tenir au courant et d’appliquer dans sa pratique les évolutions des techniques.

3.3.2.1 Formations ostéopathiques

La plupart des écoles proposent des formations après le diplôme, où il est possible de suivre différents enseignements portant sur des techniques de thérapeutes aguerris, ou sur des traitements de pathologie, de systèmes ou de domaine bien précis.

3.3.2.2 Formations médicales

Il est également possible de suivre des formations dans un contexte universitaire : posturologie, occlusodontie, psychologie,…. Au-delà de l’édification personnelle que pourront vous apporter ces formations, certaines vous donneront accès à la validation de diplômes universitaires.

3.3.3 Conservation de l’élan initial

Au bout d’un certain temps, si tout va bien, votre cabinet d’ostéopathie atteint un « rythme de croisière ». A ce stade, vous ne devez pas tomber dans une routine, qui pourrait vite altérer vos efforts initiaux.

3.3.3.1 Disponibilité

Lorsque votre cabinet d’ostéopathie draine un certain nombre de patients qui vous permet de vivre, deux possibilités s’offrent à vous : limiter votre activité pour des raisons qui vous sont personnelles ou, au contraire, persister dans un objectif de développement de votre cabinet. Dans le second cas, vous devrez veiller à être aussi disponible qu’au premier jour, voire plus encore. Cette disponibilité est d’autant plus indispensable que la démographie ostéopathique est actuellement en constante progression.

3.3.3.2 Entretien des locaux

Lors de votre démarrage, dans la majeure partie des cas, vous serez amené(e) à faire des travaux de rafraîchissement des locaux. Ces travaux deviendront obsolètes au bout d’un certain nombre d’années. Il faut, pour vos patients, éviter de travailler dans un lieu en dégradation.

3 Discussion

Les résultats présentés ci-avant, obtenus grâce aux réponses du questionnaire nous ont fourni des informations concernant la situation actuelle des ostéopathes interrogés et les moyens qu’ils ont mis en œuvre pour y parvenir.

Nous avons vu en première partie quelles étaient les bases théoriques d’une implantation réussie.

Après avoir détaillé la situation des ostéopathes interrogés, nous pourrons comparer ces principes théoriques aux moyens qu’ils ont concrètement mis en œuvre.

Les ostéopathes interrogés, sont en majorité issus d’une formation à temps plein, les 28% restant sont tous d’anciens kinésithérapeutes. Ils ont suivi, dans la grande majorité des cas, une ou plusieurs formations supplémentaires, ce qui révèle un besoin et une volonté de compléter les connaissances acquises au cours de la formation initiale. Presque la moitié d’entre eux ont eux-mêmes dispensé des cours. Il peut y avoir plusieurs motivations pour donner des cours : le plaisir d’enseigner, le désir de rester en contact avec un centre de formation ou le besoin d’argent.

A l’obtention du diplôme, 58% des ostéopathes interrogés ont travaillé directement dans leur propre cabinet d’ostéopathie, tous les autres ont préféré retarder la prise de risques liés à l’ouverture d’un cabinet d’ostéopathie. Ils ont fait des domiciles, des remplacement, travaillé en rétrocession, ou alors, il s’agit de kinésithérapeutes qui ont « glissé » petit à petit vers un cabinet d’ostéopathie exclusive.

Cinq ans après l’obtention du diplôme, 100% des ostéopathes interrogés travaillent dans leur propre cabinet. Un chiffre plutôt encourageant pour les jeunes diplômés; la grande majorité (87%) a créé sa propre clientèle, les autres l’ont rachetée ou reprise. Dans la majorité des cas (58%), ils travaillent en cabinet d’ostéopathie individuel. Lorsqu’ils travaillent en cabinet d’ostéopathie collectif, ils préfèrent le partager avec des thérapeutes complémentaires, plutôt que de se regrouper entre eux. Il est en effet judicieux, au démarrage d’un cabinet d’ostéopathie, de ne pas ajouter à la rareté des patients une pléthore d’ostéopathes au sein d’un même cabinet. 35% de ces ostéopathes attirés pas le travail en collectivité s’associent avec des pédicures podologues, et 25% avec des médecins. L’association avec un médecin est un signe encourageant dans les rapports entre les ostéopathes et leur environnement médical.

Les trois quarts des ostéopathes sont bien entourés au niveau fiscal : ils font appel à un comptable ou appartiennent à une association de gestion agréée.

Près des trois quarts des ostéopathes interrogés pratiquent des honoraires compris entre 31 et 50 euros.

Concernant l’amortissement des frais, il a été, soit très rapide (34% des cas), soit beaucoup plus lent (42% des cas) ; on peut en déduire que si cet amortissement ne se fait pas dans les six premiers mois, il y a peu de chance qu’il se fasse au cours de la première année (15% des cas). Il se fera alors au cours de la deuxième année, voir parfois seulement les années suivantes. Il est à noter que 42% des ostéopathes interrogés restent sans aucun revenu professionnel pendant un an minimum.

A l’arrivée, pratiquement la moitié (48%) ont un chiffre d’affaire inférieur à 27000€ et 9% sont au dessus de 61000 €.

Sur tous ces ostéopathes aujourd’hui installés, seuls 21% ont fait une étude de marché, alors que tous les dossiers de conseils mis à la disposition des jeunes créateurs d’entreprise insistent lourdement sur l’importance de cette étape. De plus, concernant le choix de la localité du cabinet, 77% d’entre eux évoquent des raisons familiales ; l’économie locale et la densité d’ostéopathes n’ont influencé ce choix que dans respectivement 4% et 2% des cas. Ces chiffres confirment bien le fait que dans la majorité des cas, l’étude de l’environnement du cabinet d’ostéopathie n’a pas été approfondie, voire abordée.

Au moment du démarrage du cabinet d’ostéopathie, la grande majorité des ostéopathes (83%) ont fait au moins une démarche pour se faire connaître (plus souvent auprès de leur environnement de santé que de la population). Les plus sollicités sont les médecins, les ostéopathes, les kinésithérapeutes ; mais les infirmières, les pharmacies et les podologues ne sont pas négligés. Dans la plupart des cas, le contact est établi physiquement ; ce qui reste la meilleure approche pour se présenter. La population, quant à elle, est visée dans 45% des cas, soit par une annonce dans un journal local, soit par le biais d’un club sportif, plus rarement sous forme de conférences. Si le bouche à oreilles est le meilleur moyen de se faire connaître, la communication reste un élément important au moment du démarrage du cabinet. Ici, elle pourrait être améliorée au niveau de la population ; mais, dans l’ensemble les ostéopathes interrogés sont sensibilisés à l’importance de la communication.

Ce compte-rendu de la situation d’ostéopathes diplômés depuis en moyenne 5 ans, permet de mettre en évidence un seul point d’amélioration concret objectivable, une lacune avant même le démarrage du cabinet d’ostéopathie : l’étude de marché . Elle n’est réalisée que dans 21% des cas. Plus particulièrement, comme le montre la question 4, c’est le choix du lieu d’implantation qui est très souvent négligé, parfois délibérément, en fonction de critères tout à fait personnels (« raison familiale »). Il est pourtant encore possible de trouver un compromis entre un choix personnel et un choix stratégique. D’autre part les ostéopathes eux-mêmes conseillent d’apporter une attention particulière aux choix du lieu : 45% d’entre eux ont fait cette remarque à la question

18. La majorité des jeunes ostéopathes se sont donc installés sans vraiment se poser la question du choix de leur lieu d’implantation ; néanmoins, avec le recul, ils prennent conscience de l’importance de ce choix. Peut être est-ce là la meilleur preuve qu’un effort est à fournir sur ce point.

Conclusion

Les difficultés liées au projet d’implantation d’un cabinet d’ostéopathie et la situation actuelle de l’ostéopathie en France sont autant de raisons pour susciter l’inquiétude d’un jeune ostéopathe désireux de créer un cabinet. De la même façon, après avoir entendu ces 53 ostéopathes, l’installation dans la vie professionnelle apparaît comme une confusion d’épanouissement et d’inquiétude : épanouissement d’apprendre tous les jours, de soigner et inquiétude de ne pas mener à bien son projet. Il est certain qu’il faut faire preuve de persévérance avant de pouvoir se consacrer sereinement au bien être de ses patients. Toutefois, il n’en demeure pas moins vrai que l’on peut faire en sorte de se donner les moyens d’y parvenir rapidement, et ce, dès le début de la formation.

Concernant, la mise en place d’un cabinet d’ostéopathie, si le facteur essentiel est la qualité du thérapeute, il existe des éléments concrets et vérifiés communs à toute entreprise, qui permettent d’optimiser les chances de réussite. Il appartient à chacun de les utiliser à bon escient.

Cette étude met en évidence le fait que la majorité des ostéopathes encore aujourd’hui ne font pas d’étude de marché avant de s’installer, en particulier, sur le choix du lieu. Cet état de fait n’est bénéfique, ni pour la personne qui s’installe, ni pour les ostéopathes déjà présents. Cet élément, anodin il y a vingt ans prend toute son importance ces dernières années, ou l’ostéopathie a connu un engouement certain, depuis la loi 2002-303 du 4 mars 2002.

Il est à noter que les décrets d’application de la sus dite loi sont parus deux jours avant l’édition de ce mémoire : à partir d’aujourd’hui les ostéopathes exclusifs auront peut être intérêt à porter aussi une attention plus grande à la communication avec la population, pour qui les nuances de l’ostéopathie ne sont pas toujours nettes.

Lire le mémoire complet ==> (L’installation des jeunes ostéopathes : théorie et réalité)
Mémoire de fin d’études – Diplôme en ostéopathie
ISO Institut Supérieur d’Ostéopathie – Aix-en-Provence

Table des matières

Introduction 5

Première partie : Création d’un cabinet d’ostéopathie : Théorie

1 Observation de l’environnement d’un cabinet d’ostéopathie 11

1.1 Aspect juridique 11

1.1.1 Situation juridique de l’ostéopathie 11

1.1.2 Statut juridique d’un cabinet d’ostéopathie 11

1.1.2.1 Profession libérale 11

1.1.2.2 Exercice individuel 12

1.1.2.3 Exercice en groupe 13

1.1.3 Responsabilité civile professionnelle (RCP) 16

1.2 Aspect fiscal 16

1.2.1 Régime d’imposition 16

1.2.1.1 Imposition des bénéfices 17

1.2.1.2 Imposition en matière de TVA 16

1.2.2 Cotisations sociales 19

1.2.2.1 URSSAF 20

1.2.2.2 Caisse de maladie régionale (CMR) 21

1.2.2.3 Caisse de retraite 22

1.2.3 Taxe professionnelle 23

1.2.3.1 Définition 23

1.2.3.2 Exonérations temporaires 23

1.2.4 Les association de gestion agréée 26

1.2.4.1 Définition 26

1.2.4.2 Conditions d’adhésion 26

1.2.4.3 Avantages 27

2 REFLEXION 28

2.1 Compétences et qualités d’un ostéopathe 28

2.1.1 Quelques définitions « références » de l’ostéopathie 28

2.1.2 Compétences nécessaires 29

2.2 Objectifs et contraintes personnelles 30

2.2.1 Objectifs personnels 30

2.2.2 Contraintes personnelles 30

2.2.2.1 Aspect financier 31

2.2.2.2 Aspect environnemental 31

2.2.2.3 Aspect physique 31

2.3 Finalité : cohérence homme /projet 32

3 ACTION 33

3.1 Avant le démarrage du cabinet d’ostéopathie 33

3.1.1 Etude de marché 33

3.1.1.1 Définition 33

3.1.1.2 Mon futur cabinet d’ostéopathie a-t-il sa place sur le marché ? 34

3.1.1.3 Finalité: y a-t-il une opportunité pour mon implantation ? 36

3.1.2 Hypothèse de chiffre d’affaire 36

3.1.2.1 Etablir votre politique consultation / honoraires 36

3.1.3 Etude financière 37

3.1.3.1 Plan de financement initial 37

3.1.3.2 Compte de résultat prévisionnel 38

3.1.4 Local professionnel 39

3.1.4.1 Les baux professionnels 39

3.1.4.2 Les baux à usage mixte 39

3.1.4.3 Transformation d’un local d’habitation en local 39

3.1.4.4 L’exercice « chez soi » 40

3.2 Démarrage du cabinet d’ostéopathie 40

3.2.1 Déclaration de début d’activité 40

3.2.1.1 A qui s’adresser ? 40

3.2.1.2 Quelques conseils pour le remplissage du formulaire P0 PL 44

3.2.2 Gestion comptable de base 45

3.2.2.1 Les recettes 46

3.2.2.2 Les dépenses 47

3.2.3 Communication 48
3.2.3.1 Restrictions (règles régissant la communication du monde médical et paramédical)
3.2.3.2 Comment vous faire connaître des thérapeutes 49
3.2.3.3 Comment vous faire connaître des patients ? 51
3.3 Pérennisation du cabinet d’ostéopathie 52
3.3.1 Entretien de la communication 52
3.3.2 Formation complémentaire 52
3.3.2.1 Formations ostéopathiques 53
3.3.2.2 Formations médicales 53
3.3.3 Conservation de l’élan initial 53
3.3.3.1 Disponibilité 53
3.3.3.2 Entretien des locaux 53
Conclusion