La mondialisation et la crise de la gestion publique

By 15 May 2013

1.3.3 La mondialisation et la crise de la gestion

La liaison entre la crise de la gestion publique, la réforme administrative et la mondialisation, nous amène, à notre tour, à faire une réflexion sur la relation de causalité, autrement dit à savoir si la mondialisation est une cause ou une conséquence de la crise. Savoie (1995) traite la mondialisation en tant que phénomène qui ne cesse d’exercer son influence sur la fonction publique en tant qu’institution, mais qui n’a pas encore reçu l’attention qu’il mérite.

D’abord, les années quatre vingts enregistrent le baptême du mot mondialisation. Il n’est rendu populaire et familier dans le langage intellectuel qu’au début des années 90 (Savoie 1995, Hafsi et Toulouse, 1996). Ainsi, la mondialisation a fait l’objet de beaucoup de réflexions et de travaux de recherche. Pour les uns, elle constitue un danger pour l’économie mondiale notamment celle des PVD qui n’ont d’autre choix que celui d’: « annuler la dette ou ouvrir les frontières » (Astier, 1990) . Dans ce contexte, nous pouvons dire que la mondialisation constitue pour ces pays une problématique de l’époque ou plutôt le monstre du nouveau millénaire. Pour les autres, elle est la conséquence du développement du néo-libéralisme, permettant ainsi d’explorer d’autres pistes de recherche. Pour tous, elle fait partie du paysage habituel du cycle de vie économique.

Que ce soit cause ou conséquence, il est à noter que la mondialisation est un phénomène qui ne cesse d’exercer une grande influence sur la fonction publique (Savoie, 1995). À ce titre, le même auteur souligne l’intégration forte de l’économie internationale et le secteur des télécommunications comme un des effets de la mondialisation.

Par ailleurs, l’ordre mondial a toujours subi des restructurations multiples et douces, suite à des périodes creuses. Bell, 1986 (dans Savoie 1995) a fait une analogie entre ce processus et les mouvements d’un « accordéon, se détendant et se contractant selon la mesure qu’il bat », mais les gouvernements en place parviennent rarement à prévoir. Dans le même ordre d’idées, on parle au Québec de la révolution tranquille pour qualifier le mouvement de restructuration des années 60 (Mc Roberts et Postgate, 1983).

L’émergence des firmes multinationales, de nouveaux réseaux qui unissent les finances et les communications et le mouvement ascendant des institutions supranationales, comme la « communauté économique européenne (CEE) ou l’Union européenne », le « FMI », la « Banque Mondiale », l’accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) parallèlement à des ententes commerciales régionales telles que l’accord de libre-échange entre le Canada et les Etats-Unis (ALE), transforment de façon radicale le processus administratif et les outils d’intervention gouvernementale (Savoie, 1995).

De plus, on assiste à un transfert volontaire des attributions de la prise de décision et de la souveraineté vers ces organismes supranationaux (Savoie, 1995). Selon lui, l’économie mondiale oblige à sacrifier la liberté souveraine aux règles internationales suivant lesquelles la politique commerciale, par exemple, est de plus en plus définie par des accords internationaux.

Dès lors, la mondialisation n’est pas un mot à la mode, mais plutôt une réalité qui est en train de réduire le monde à un petit village.

Jusqu’à présent nous avons essayé de répondre à la question importante sur les raisons du changement : Pourquoi changer ?

Nous avons argumenté que la réponse à cette question s’inscrit dans le cadre d’une approche réaliste mettant les organisations devant l’impératif du changement. Ce dernier n’est pas induit par les effets de mode mais plutôt par les exigences de l’environnement turbulent et en pleine mutation. En d’autres termes, on change pour remonter le moral de l’administration publique qui est en crise depuis deux décennies. À cette question, s’ajoutent, bien entendu, des questions de modalités de changement et donc, de détermination du timing et des acteurs qui doivent intervenir dans le changement. Ceci nous amène à examiner le processus par lequel le changement est réalisé.

En effet, avec le poids des dépenses publiques dans la richesse nationale et la perte de la légitimité et de l’efficacité de l’administration publique, la transformation, le renouvellement ou la modernisation devient la seule solution à adopter. Dans ce contexte, le souci urgent et majeur des gestionnaires est celui de réussir un processus de changement puisqu’il ne reste plus de place pour l’échec. Autrement dit, les praticiens sont préoccupés beaucoup plus par la façon de transformer cette institution complexe dont les valeurs sont bien enracinées. Il s’agit en fait d’une question organisationnelle faisant appel à des théories et des approches du changement organisationnel répondant à la soif des praticiens. Ces dernières font l’objet d’étude dans ce deuxième volet de notre revue de littérature.

Lire le mémoire complet ==> (Gestion du changement dans l’administration publique en vue de sa modernisation)
Mémoire présenté en vue de l’obtention du grade de maître ès sciences (M. Sc.) – Sciences de la gestion
Université de MONTREAL – Ecole des hautes études commerciales affiliée