L’architecture moderne et le logement social en Belgique après 1945

By 29 March 2013

8. L’architecture moderne

Parallèlement à l’avènement des cités-jardins, l’entre-deux-guerres est également marqué par la création des C.I.A.M. (Congrès Internationaux d’Architecture Moderne). L’idée maîtresse est d’essayer de rationaliser l’aménagement des espaces urbains.

La pensée urbanistique de l’époque se retrouve dans la « Charte d’Athènes » qui regroupe les propositions d’un projet de ville qui se veut complet. Rompre avec le modèle de ville traditionnel pour prôner une ville fonctionnelle, tel est l’objectif poursuivi.

Ainsi, les quatre fonctions qui régissent la vie collective, à savoir habiter, produire, se délasser et circuler, doivent être pensées de manière à ce qu’elles se produisent dans l’économie de temps la plus stricte.

Les modernistes recherchent, dans un contexte de crise du logement, à produire des logements hygiéniques et à moindre coût. Lors du Congrès de 1930 qui aura également vu Le Corbusier proposer son projet de « Ville Radieuse », la construction en hauteur sera la seule modèle défendu pour résoudre les problèmes du logement social.

L’aventure des cités-jardins belges est terminée… Ces nouvelles ambitions modernistes devront cependant attendre l’après-guerre pour pouvoir être concrétisées.

9. L’après-guerre

En 1945, les besoins de reconstruction sont énormes, tout comme ils le furent suite à la première guerre mondiale. Cependant, la reprise des activités est freinée par les difficultés d’approvisionnement en matériaux et par la crise de la main d’œuvre. Deux nouvelles lois tenteront de relancer la construction d’après-guerre.

9.1. La loi De Taeye du 29 mai 1948.

Dans un contexte particulier du point de vue social mais également économique, les pouvoirs publics auront pour objectif de relancer l’industrie de la construction. Dans cette perspective, elles favoriseront l’accession à la propriété d’un grand nombre de personnes par une série de dispositions fiscales en vue d’encourager l’initiative privée à la construction d’habitations sociales et à l’acquisition de petites propriétés terriennes. Parallèlement, des sociétés agréées s’occuperont de la construction de logements sociaux.

9.2. La loi Brunfaut

Votée en 1949, la loi Brunfaut vise à coordonner l’initiative publique en matière de logement social et poursuit un triple objectif :
* Coordonner et assurer le financement de la politique du logement social;
* Insérer le logement social dans les noyaux urbains;
* Promouvoir l’assainissement du parc immobilier.

10. Loi organique de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme

Suite à l’application d’une politique keynésienne28, l’économie est stimulée par des financements publics importants en termes d’infrastructures et d’équipements collectifs, permettant aux urbanistes des années 60 de poursuivre leur objectif de création d’une ville du « bien-être ».

28 Politique de relance. Keynes a fondé une école de pensée économique défendant l’idée que les marchés laissés à eux-mêmes ne conduisent pas forcément à l’optimum économique. En outre, l’Etat a un rôle à jouer dans le domaine économique notamment dans le cadre de politique de relance

Même si elle n’est pas en rapport direct avec le logement social, la loi du 29 mars 1962 qui veut prendre en main le problème de l’expansion urbanistique aura cependant une incidence sur ce secteur. Les objectifs principaux de cette loi sont :
* d’arrêter la dispersion de l’habitat;
* de prévoir les zonings nécessaires à l’expansion économique;
* de protéger les sites naturels;
* de coordonner les diverses décisions relatives à l’affectation du sol.

L’agencement des structures spatiales reflète les thèses de la théorie de Taylor29 qui sont appliquée au point de vue économique:
* la lutte contre le désordre et les mouvements incontrôlés;
* l’inadaptation des structures anciennes;
* le principe de l’organisation scientifique;
* les méthodes de simplifications et de spécialisation;
* les outils d’administration et de gestion de la ville.

Telles sont les lignes qui seront à la base de la planification urbaine dont l’application déterminera la politique menée dans le courant des années 70 et verra pour la première fois à Bruxelles l’instauration des principes de « zonage » et de la séparation des fonctions issus de la pensée moderniste.

Lire le mémoire complet ==> (Les économies d’énergie dans le secteur des logements sociaux)
Mémoire de Fin d’Etudes en vue de l’obtention du grade académique de Master en Sciences et Gestion de l’Environnement
Université Libre de Bruxelles – Institut de Gestion de L’environnement et Aménagement du Territoire