La pépinière d’entreprises CARCO de Vaulx-en-Velin

By 24 March 2013

2. La pépinière d’entreprises CARCO de Vaulx-en-Velin

C’est en 2001 que la ville de Vaulx-en-Velin s’est associée aux deux grandes écoles de la ville, l’ENTPE et l’école d’architecture, ainsi qu’au cabinet d’études GIRUS, pour monter le projet de pépinière d’entreprises. L’objectif de départ était d’inciter les étudiants qui sortaient de ces écoles à monter leur entreprise sur le territoire Vaudais. La pépinière CARCO est alors pensée comme un outil devant favoriser le développement de projets ayant pour thématique « ville et environnement », projets qui seraient montés par des diplômés des deux grandes écoles, ce qui permettrait donc de limiter la « fuite des cerveaux » des diplômés hors du quartier. Il est cependant vite apparu que trop peu d’étudiants étaient intéressés par ce projet, et la pépinière CARCO a rapidement dû s’ouvrir pour devenir une pépinière généraliste, accueillant des entreprises aux secteurs d’activités très variés. Le seul point commun à toutes ces entreprises, hormis leur jeune âge, est qu’elles ont une activité tertiaire, puisque la pépinière CARCO ne dispose pas d’ateliers ni d’entrepôts.

C’est dans un ancien immeuble d’habitations, rénové à l’occasion d’une opération de renouvellement urbain, que s’installe l’espace CARCO. Il regroupe la pépinière d’entreprises, une crèche municipale et des bureaux pour associations. En 2004, la pépinière a doublé sa surface, passant de 300 à 600m², ce qui témoigne de la réussite du projet. En effet, très rapidement après son ouverture, et depuis 8 ans maintenant, la pépinière a affiché un taux de remplissage proche de 100%.

La pépinière, si elle est financée en partie par la ville de Vaulx-en-Velin, avec qui elle travaille en étroite collaboration, est une structure associative, ce qui lui procure une plus grande souplesse de fonctionnement. Elle atteint aujourd’hui un taux d’auto financement proche de 75%. Son conseil d’administration réunit les 5 membres fondateurs, mais aussi la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) de Lyon, l’association RDI (Rhône Développement Initiative) et l’association Vaulx-en-Velin Entreprendre (qui regroupe environ 170 sociétés installées sur la commune)

La pépinière se compose aujourd’hui d’une trentaine de bureaux et accueille les entreprises pour une durée moyenne de 3 ans, prolongeable un an. L’ensemble des entreprises qui sont et ont été hébergées à la pépinière représente environ 160 personnes en activité, et un chiffre d’affaires total d’environ 15 millions d’euros7

2.1 Missions et fonctionnement de la pépinière

Conformément à la définition retenue par Elan, association nationale des dirigeants de pépinières d’entreprises, CARCO remplit son objectif d’aider à la pérennisation des jeunes entreprises durant leurs trois premières années de création, au travers de ses trois missions : héberger, accompagner, animer.

a. Des avantages en termes de coûts et de conditions de travail

Tout d’abord, au niveau de l’hébergement, la pépinière met à disposition des jeunes entreprises des bureaux à loyer modéré, moins chers que les prix du marché, et très peu contraignants par rapport aux baux commerciaux pour laisser une grande flexibilité de mouvement aux entrepreneurs. Ainsi, la pépinière n’exige aucun loyer d’avance ni de caution, et laisse les entrepreneurs libres de quitter la pépinière quand ils le souhaitent, avec un simple préavis de trois mois. Outre ces facilités, le fait de regrouper plusieurs entreprises au sein de mêmes locaux permet de mutualiser de nombreux services, et donc de diminuer leur coût. Les équipements coûteux et pourtant nécessaires au démarrage d’une activité, tels qu’une photocopieuse, du mobilier de bureau, ou encore un vidéo projecteur et une salle de réunion, sont ici mis à disposition des jeunes entreprises. Cela, ajouté au service de secrétariat, crée autour du jeune entrepreneur un environnement véritablement professionnel, ce qui ne peut être que bénéfique pour son activité ainsi que pour son image auprès des clients et des fournisseurs.

7GARNIER Jeanne (2008), L’accompagnement de la démarche entrepreneuriale en économie sociale et solidaire, mémoire de stage de fin d’études.

b. Accompagner et animer : l’« esprit pépinière »

La pépinière CARCO propose à ses occupants un « pack » qui comprend l’hébergement et l’accès aux services mutualisés, ainsi que les rendez-vous d’accompagnement et les formations collectives. Ainsi, les jeunes entreprises signent en arrivant à la pépinière une convention d’accompagnement, par laquelle ils s’engagent à s’intégrer pleinement au dispositif pépinière, et donc à se rendre aux rendez-vous d’accompagnement qui sont obligatoires. En effet, l’ambition de la pépinière est véritablement d’aller au-delà du simple effet d’opportunité que représente la réduction des coûts pour les entrepreneurs. L’hébergement et les services qu’elle propose, ajouté au fait qu’elle soit située en ZFU, procurent aux entreprises naissantes hébergées par CARCO des avantages évidents en termes de réduction des coûts. Mais l’enjeu se trouve ici dans la faculté de la pépinière à créer une dynamique supplémentaire, une plus-value propre à la pépinière, qui va apporter des avantages autres que financiers aux entrepreneurs, en termes de compétences et de réseaux. Les fonctions « accompagner » et « animer » correspondent à cette ambition des pépinières.

Au niveau de la pépinière CARCO, le processus d’accompagnement a été mis en place par la ville, dans le cadre de sa ZFU, avec l’objectif de permettre aux entreprises de mieux s’insérer sur le territoire. C’est le DACA, dispositif d’aide à la création d’activités, qui permet aux entreprises de bénéficier d’un suivi individualisé. Dans ce cadre, la pépinière a signé une convention d’accompagnement avec un cabinet de conseil spécialisé dans les problématiques rencontrées par les jeunes entreprises : gestion, droit, stratégie, communication, analyse financière, fiscalité, etc…Le DACA est aujourd’hui arrivé à la fin de son échéance et n’a pas été reconduit pour l’instant. Cependant, le service économique de Vaulx-en-Velin devrait lancer en septembre 2009 un nouvel appel d’offre pour reconduire une convention d’accompagnement entre la pépinière et un prestataire de conseil aux entreprises.

Les formations collectives ont été conçues en partenariat avec deux autres pépinières de l’agglomération lyonnaise, afin de bénéficier du programme PLACE, (Programme Local d’Appui à la Création d’Entreprise), financé par la région. Celles-ci doivent avoir lieu tous les mois, et portent sur des thèmes variés, allant de la stratégie marketing au développement personnel, en passant par le droit des affaires, le management, etc… Ces formations collectives, outre les connaissances supplémentaires qu’elles apportent aux entrepreneurs, sont aussi conçues dans l’objectif de créer des moments de rencontres et d’échanges entre les entrepreneurs des différentes pépinières de l’agglomération, et ainsi de favoriser leur mise en réseau.

c. Procédure de sélection

Les entreprises qui souhaitent intégrer la pépinière passent par deux comités de sélection. Tout d’abord, un comité Zone Franche réunit, entre autres, des membres de la Chambre du Commerce et de l’Industrie de Lyon, de la Chambre des Métiers du Rhône, des représentants de la ville et de la pépinière. Les critères de sélection reposent sur l’âge de l’entreprise qui doit avoir été créée depuis moins d’un an, la cohérence de son activité, l’impact pour le territoire et la viabilité économique et financière du projet. C’est lorsque l’avis du comité Zone Franche est positif que l’entreprise peut se présenter au comité de la pépinière, composé d’un représentant de la chambre de commerce de Chassieux (dont dépend la pépinière) ainsi que le service économique de Vaulx-en-Velin et le directeur de la Pépinière. Ce dernier va juger en particulier les besoins d’accompagnement du créateur et sa volonté et capacité à intégrer « l’esprit pépinière », basé sur l’échange et le partage d’expériences8.

M. Vessot aimerait d’ailleurs élargir le comité de sélection pour le professionnaliser et lui donner une meilleure expertise. On pourrait en effet associer au comité de sélection des banquiers, comptables, ou encore des partenaires financeurs (RDI, ADIE…), comme cela se fait pour d’autres pépinières. Cela permettrait de donner à la pépinière plus de crédibilité et de professionnalisme aux yeux des entrepreneurs et du public en général, de mieux répartir les pouvoirs entre les différentes instances qui décident de l’admission des entreprises à la pépinière, et enfin d’améliorer la qualité du jugement concernant la viabilité des dossiers des entrepreneurs.

Lire le mémoire complet ==> (Comment identifier et accompagner les entrepreneurs sociaux ?)
Réflexions autour du montage de projet de la pépinière de l’entrepreneuriat social
Mémoire de stage – Master II Economie Sociale et Solidaire
Université LUMIERE LYON 2