La mutation de l’artisanat automobile

By 17 March 2013

3.4. Prospective sur la réparation automobile

a) La mutation de l’artisanat automobile

Les entreprises artisanales vont être à l’avenir confrontées à un environnement économique et social incertain et complexe. On observe déjà un durcissement de l’environnement des entreprises de moins de 10 salariés, lié notamment à la diminution de leur activité, à la concurrence croissante principalement des concessionnaires, et au renforcement des contraintes réglementaires. Par ailleurs, ces entreprises doivent également faire face à un niveau d’exigence plus élevé de la clientèle et à des normes environnementales sévères nécessitant des investissements parfois lourds et onéreux. Enfin, une rupture technologique prévue pour 2010, liée au remplacement du parc de véhicules par une majorité de véhicules équipés en électronique, va provoquer des difficultés d’adaptation à l’évolution technologique et une nécessité d’accroître le niveau de formation et d’équipement des salariés. Les Très petites entreprises (TPE) de l’automobile verront donc leur nombre diminuer à la fois en termes de structures et de salariés. Par ailleurs, le vieillissement des effectifs posera un certain nombre de problèmes s’agissant des transmissions d’entreprises.

L’artisanat automobile va donc incontestablement évoluer dans les prochaines années. Certaines entreprises décideront de s’intégrer aux réseaux de réparateurs mis en place par les constructeurs et deviendront réparateurs agréés (Peugeot, Renault…) ou multimarques (Motrio, Eurorépar…). D’autres décideront de rejoindre les réseaux indépendants, comme celui développé par l’entreprise AD. En optant pour l’une ou l’autre de ces possibilités, les réparateurs se verront ainsi aidés dans les domaines de la formation, de l’information technique, de la gestion d’entreprise… Ils bénéficieront également de la notoriété de la marque à laquelle ils ont choisi d’adhérer.

Conclusion:

L’automobile française de 2006 est porteuse d’avenir. Il n’y a pas de développement sans bases solides. Celles de l’automobile française le sont. Ses acteurs sont souvent à la pointe du progrès technologique et ont relevé des défis importants en matière d’environnement et de sécurité, même si beaucoup d’efforts restent encore à accomplir. Un examen prospectif approfondi des technologies actuelles et futures, intégrant les efforts à déployer pour l’acquisition des compétences des salariés, s’avère indispensable pour atteindre l’objectif d’une voiture plus « vertueuse », sans négliger pour autant les réalités économiques et sociales ainsi que les besoins des consommateurs et des entreprises.

Aucune position n’est acquise sur un marché mondialisé où l’innovation et les facteurs de compétitivité sont déterminants. Tous les acteurs doivent en prendre la mesure afin de faciliter et d’encourager les adaptations nécessaires. Imposer des solutions sans concertation avec la filière serait contreproductif. Il est souhaitable au contraire d’établir une logique globale de partenariat réel dans toute la filière et une prospective partagée, permettant de conforter la base industrielle, technologique, économique et sociale. La constitution d’un marché- socle européen solide, assorti de règles homogènes et de normes de haut niveau sur le plan international est en ce sens fondamentale pour assurer l’avenir de la filière française.

Les acteurs eux-mêmes doivent tirer les enseignements de ces mutations, en créant les véritables conditions d’une coopération approfondie au sein de la filière. Coexistent, en France, de grands groupes industriels de dimension mondiale et un tissu de PME/TPE ancrées sur le territoire national. Fondamentalement interdépendants, les acteurs de cette filière sont en effet liés par une solidarité de destin qui doit se traduire de manière effective.

La filière se modernise et évolue de manière continue. Alors que s’ouvre le « deuxième siècle de l’automobile », elle devra répondre par une profonde adaptation de ses modèles industriels, économiques et sociaux, laquelle emportera des conséquences sur le travail, l’emploi et les compétences. La filière a incontestablement à effectuer un profond travail d’analyse sur elle-même et à développer le dialogue et la négociation avec ses partenaires sociaux pour déterminer rapidement les voies et moyens de sa compétitivité future, alliée au progrès social en France et à l’étranger.

Enfin, la France a indéniablement besoin de re-découvrir cette filière, et, dans une certaine mesure, de « se réconcilier » avec son automobile qui fait partie intégrante de son histoire, de son identité et de sa capacité à poursuivre sur la voie d’un développement durable.

TABLE DES SIGLES :

ABS : Antiblocage système
ACV : Analyse du cycle de vie
AD : Auto distribution
AIE : Agence internationale de l’énergie
ANFA : Association nationale pour la formation automobile
ANR : Agence nationale de la recherche
CCFA : Comité des constructeurs français de l’automobile
CERTU : Centre de recherche sur les réseaux et transports urbains
CFA : Centre de formation des apprentis
CNPA : Conseil national des professions de l’automobile
COV : Composés organiques volatils
CQP : Certificat de qualification professionnelle
DEED : Déchets d’équipements électriques et électroniques
DID : Déchets industriels dangereux
DIF : Droit individuel à la formation
DIND : Déchets industriels non dangereux
ESQCV : Evaluation simplifiée et qualitative du cycle de vie
ETAM : Employés, techniciens, agents de maîtrise
ETBE : Ethyltertiobutyléther
FEDA : Fédération et syndicats de la distribution automobile
FIEV : Fédération des industries des équipements pour véhicules
GERPISA : Groupe d’étude et de recherche permanent sur l’industrie et les salariés de l’automobile
GM : General Motors
GNFA : Groupement national des formations de l’automobile
GNV : Gaz naturel pour véhicule
GPEC : Gestion prévisionnelle des emplois et compétences
GPL : Gaz de pétrole liquéfié
GPLc : Gaz de pétrole liquéfié carburant
IFP : Institut français du pétrole
INRETS : Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité
INRIA : Institut national de recherche en informatique et automatique
IPCSR : Inspecteur de permis de conduire et de la sécurité routière
IPHE : International Partnership for Hydrogen Economy
LAB : Laboratoire d’accidentologie, de biomécanique et d’étude du comportement humain
LCD : Location de véhicule de courte durée
MRA : Mécaniciens réparateurs automobile
MSI : Mutuelle sans intermédiaires
OICA : Organisation internationale des constructeurs automobile
OMS : Organisation mondiale de la santé
PAC : Pile à combustible
PANH : Plan d’action nationale sur l’hydrogène
PEE : Plan environnement entreprise
PLD : Plafond légal de densité
PLM : Product Lifecycle Management – gestion du produit tout au long de son cycle de vie
TFPB : Taxes foncière et assimilées sur les propriétés bâties
THLE : Très haute limite d’élasticité
TIPP : Taxe intérieure sur la consommation des produits pétroliers
TPE : Très petites entreprises
TTHLE : Très très haute limite d’élasticité
UIMM : Union des industries et métiers de la métallurgie
URF : Union routière de France
VAE : Validation des acquis et de l’expérience
VEI : Véhicules économiquement irréparables
VHU : Véhicules hors d’usage

CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL

L’industrie automobile française traverse aujourd’hui un cycle de mutations probablement sans précédent. Aux marchés traditionnels s’ajoutent désormais les perspectives des économies émergentes.

Une vision stratégique et prospective de tous les acteurs est, dès lors, indispensable, dans tous les domaines. Le Conseil économique et social analyse la filière dans son ensemble avec ses mouvements de recomposition permanente et conforte dans son avis la nécessaire adaptation aux nouveaux enjeux d’une compétitivité et d’une mobilité durable.

L’automobile française : Une filière majeure en mutation
Avis et rapports du conseil économique et social
République française

Table des metières :

AVIS adopté par le Conseil économique et social au cours de sa séance du mercredi 28 juin 2006 I – 1

Première partie – Texte adopté le 28 juin 2006 3

Introduction 5

I – UNE FILIÈRE DYNAMIQUE EN MUTATION 7

A – PANORAMA DE LA FILIÈRE AUTOMOBILE FRANCAISE 7

1. Un enjeu majeur pour la France 7

2. Une stratégie mondiale 7

3. Des mouvements de recomposition 9

B – UNE FILIÈRE FORTEMENT INNOVANTE 10

1. L’innovation continuelle comme condition du succès 10

2. Les grands axes de recherche 10

C – DES MUTATIONS STRUCTURELLES PROFONDES 10

1. L’accélération de la mondialisation et de l’innovation 10

2. Les attentes des consommateurs et des autres prescripteurs 11

3. Des restructurations permanentes 11

II – RÉPONDRE AUX ENJEUX DE LA COMPÉTITIVITÉ 12

A – CONSTITUER UN « MARCHÉ-SOCLE » FORT 12

1. Réaliser un marché européen de l’automobile 12

2. Repenser les modèles économiques à l’échelle européenne 13

B – PRÉSERVER LES ÉQUILIBRES FONDAMENTAUX DE LA FILIÈRE 15

1. Renforcer l’intégration et l’équilibre de ses composantes 15

2. Maintenir un régime juridique spécifique à l’automobile 17

C – RELEVER DE MULTIPLES DÉFIS 17

1. Faciliter le développement international 18

2. Un environnement mieux adapté à des spécificités fortes 19

3. Promouvoir la mobilité durable 22

4. Décloisonner les systèmes de recherche 25

III – CONSTITUER UNE FILIÈRE HOMOGÈNE ET ATTRACTIVE 27

A – ACCOMPAGNER LA RÉVOLUTION TECHNOLOGIQUE 27

1. Adapter le positionnement des fournisseurs 27

2. Faciliter la mutation de l’artisanat automobile 27

3. Assurer la synergie des mesures d’accompagnement 28

B – PÉRENNISER DES EMPLOIS QUALIFIÉS 29

1. Au niveau de la filière « amont » : constructeurs et équipementiers 29

2. Au niveau de la filière « aval » distribution et services 31

C – DÉVELOPPER L’ATTRACTIVITÉ DES MÉTIERS 33

1. La transmission d’entreprise 33

2. Valoriser l’image de la filière automobile 34

Deuxième partie – Déclarations des groupes 39

PRÉAMBULE 5

CHAPITRE I L’AUTOMOBILE, MOTEUR DE L’ÉCONOMIE FRANÇAISE 13

A – L’AUTOMOBILE FRANÇAISE DANS LA MONDIALISATION 13

1. Historique : de la triade Europe/Japon /USA à une nouvelle donne 13

2. La stratégie d’implantation des constructeurs et des équipementiers français 15

3. Le positionnement des constructeurs français dans le monde 21

4. Comparaison internationale : l’automobile française dans la mondialisation. 27

B – LE PAYSAGE AUTOMOBILE FRANÇAIS 30

1. Le poids économique et social du secteur dans l’économie française 30

2. Chiffres clés de la construction automobile française 46

3. Chiffres clés de l’industrie équipementière française et de ses sous-traitants 48

4. Chiffres clés du commerce et des services de l’automobile en France 53

C – UNE DISTRIBUTION ET DES SERVICES DE L’AUTOMOBILE EN ÉVOLUTION CONSTANTE 54

1. La distribution automobile 55

2. La réparation automobile 59

3. Les services liés à l’automobile 69

CHAPITRE II UNE FILIÈRE MAJEURE EN MUTATION 77

A – L’ÉVOLUTION DU RAPPORT DU CONSOMMATEUR À L’AUTOMOBILE 77

1. L’automobile : du produit de masse à la personnalisation 77

2. Évolution du budget de l’automobiliste 81

3. De l’élément de la société de consommation aux préoccupations « citoyennes » de l’acheteur 85

B – LE PRODUIT 86

1. Une technologie sans cesse renouvelée depuis 120 ans 86

2. Les efforts continus de la filière automobile en matière de R&D et de Qualité 87

C – LES MUTATIONS DE L’OUTIL INDUSTRIEL ET LEURS INTERACTIONS AVEC L’ORGANISATION DU TRAVAIL 95

1. De la chaîne d’hier à la plate-forme industrielle d’aujourd’hui 95

2. Vers « l’entreprise élargie » : une communauté d’intérêts 100

3. L’amélioration des relations entre donneurs d’ordres et fournisseurs 103

4. Les évolutions sociales au sein de la filière 112

CHAPITRE III L’AUTOMOBILE VECTEUR DE PROGRÈS ET DE COMPÉTITIVITÉ 125

A – UNE STRATÉGIE ACTIVE DE MOBILITÉ DURABLE 125

1. Le concept de mobilité durable 125

2. Un cadre réglementaire rigoureux 129

3. Les engagements des constructeurs, des équipementiers et des pneumaticiens 130

B – LE RECYCLAGE, UNE ACTIVITÉ MOBILISANT

L’ENSEMBLE DE LA FILIÈRE AUTOMOBILE 137

1. Les enjeux du recyclage automobile 137

2. L’écoconception développée par les constructeurs 138

3. Le recyclage des déchets liés à l’usage du véhicule 140

4. Le recyclage des véhicules en fin de vie 144

C – LES CONDITIONS DE LA COMPÉTITIVITÉ 146

1. L’environnement réglementaire national et communautaire 146

2. Une réglementation complexe 149

3. La démarche « Cars 21 » 151

CHAPITRE IV : L’AVENIR DE L’AUTOMOBILE ET DE SA FILIÈRE 155

A – L’AUTOMOBILE DE DEMAIN 155

1. La question énergétique 155

2. L’évolution de la demande 155

3. Les enjeux pour le secteur des transports 156

4. Les innovations prévisibles du « produit » automobile 161

5. L’automobile et la politique des transports 164

B – L’AVENIR DE LA FILIÈRE AUTOMOBILE 168

1. L’avenir de l’industrie automobile 168

2. L’avenir des équipementiers et fournisseurs de l’automobile 179

3. L’avenir de la vente et de l’après vente automobile 180

Conclusion