Génopole, une source d’inspiration pour la recherche

By 20 March 2013

II. Une source d’inspiration pour la recherche du XXIe siècle

Cette initiative, qui peut sembler par bien des aspects un peu folle, montre en fait la voie à suivre pour le siècle à venir. En effet, Génopole commence à être considéré comme un prototype de ce que devrait faire la recherche publique au cours des années à venir, et ce à plusieurs titres.

Rapprocher physiquement industrie, enseignement et recherche pluridisciplinaire.

Tout d’abord, le succès de Génopole illustre clairement l’intérêt de rapprocher physiquement les différents acteurs de l’innovation que sont l’enseignement supérieur, la recherche et l’industrie autour d’une structure d’animation dédiée. Cette démarche va beaucoup plus loin que ce qu’avaient jusqu’ici entrepris les diverses technopoles qui se sont développées en France depuis une vingtaine d’années : celles-ci répondaient davantage à un souci d’aménagement du territoire, l’idée étant que toute ville devait avoir de grands centres industriels. Mais très peu de technopoles s’étaient jusqu’ici dotées de structures permettant de mettre concrètement des chercheurs en relation avec des industriels et de favoriser la création d’entreprises.

Génopole est avant tout géré par des chercheurs et a pour ambition d’être un bon point de contact entre l’académique et l’industriel, au-delà des divergences culturelles. Cela a donné naissance à un environnement scientifique unanimement apprécié, permettant beaucoup d’échanges et de relations humaines. Beaucoup de chercheurs de Génopole jugent ainsi qu’il est très fructueux d’être regroupés localement, et nous ont révélé à quel point cela avait un impact positif sur leur vie scientifique. Comme nous l’a dit l’un des responsables de Génopole : « Au début, ils n’y croyaient pas. Maintenant, ils viennent volontairement. »

Le fait de concentrer géographiquement les efforts de recherche dans un domaine scientifique précis, comme la biologie à grande échelle, va également dans le sens de l’Histoire : l’Union Européenne a en effet annoncé que le 6ème Programme Cadre de Recherche et Développement concentrerait désormais son financement sur quelques structures et quelques projets, et mettrait en place des réseaux d’excellence regroupant les centres de compétences européens. Le fait de créer à Evry un centre de recherche capable de prendre part à la compétition internationale semble bien aller dans ce sens, et il paraît ainsi tout naturel que Génopole devienne à l’avenir un centre d’excellence européen dans son domaine.

Mettre la création d’entreprises innovantes au cœur des priorités.

Ce qui est également exemplaire au sein de Génopole, c’est la façon dont la création d’entreprise par des chercheurs a été mise dès le départ au cœur des priorités. Ceci doit beaucoup à la personnalité de Pierre Tambourin, qui, bien qu’issu du CNRS, a défendu très tôt l’idée qu’un incubateur d’entreprises devait trouver sa place au cœur du dispositif. Il en aurait même fait une condition sine qua non à sa nomination à la tête de Génopole. Il a été beaucoup soutenu pour cela par l’AFM, qui avait beaucoup travaillé sur la future Loi sur l’innovation, et qui a été très active dans la création du fonds « Génopole 1er jour », annonçant tout de suite qu’elle donnerait de l’argent pour aider les créateurs d’entreprise. Ces acteurs ont donc eu le grand mérite d’avoir très tôt affirmé l’importance de favoriser la création d’entreprises innovantes. Ceci est d’autant plus vrai en sciences du vivant, où l’industrie pharmaceutique se repose de plus en plus sur les start-ups de biotechnologies.

Lire le mémoire complet ==> (Recherche et entreprises : Eloge de la folie)
Mémoire d’Ingénieurs Elèves
Ecole des Mines de Paris – Corps Techniques de l’Etat