L’adolescente enceinte: Antécédents gynécologiques et obstétricaux

By 23 February 2013

3.2.2.L’évolution des antécédents gynécologiques et obstétricaux.

Notre deuxième hypothèse est que les antécédents médicaux, gynécologiques et obstétricaux correspondent à un meilleur accès à la contraception grâce aux améliorations effectuées à ce niveau depuis 1998.

* Les antécédents gynécologiques et obstétricaux

– Un suivi gynécologique antérieur à la grossesse rare chez les adolescentes.

Les antécédents gynécologiques n’ont pas été étudiés en 1998 mais dans notre étude en 2010 nous avons étudié les critères suivants : la situation contraceptive et gynécologique des adolescentes enceintes dans le but de confronter nos observations aux propositions faites en 1998. Nous observons, en 2010, au moins 55% des adolescentes n’ayant jamais eu deconsultationgynécologique.Celles-cin’ontpaspuavoirdeprescriptionde contraception ce qui correspond à la proportion de parturientes n’ayant jamais utilisé de contraception avant la grossesse soit 63%.

Parmi les adolescentes qui ont un moyen de contraception avant la grossesse, la majorité (67%) utilisent la pilule ce qui est un peu plus faible que les données de la littérature où l’on retrouve 83% d’utilisation de pilule chez les adolescente [18]. 27% utilisent le préservatif ce qui est très faible par rapport aux données de la littérature qui retrouvent 53% d’adolescentes ayant utilisé un préservatif durant leur dernier rapport [49]. Sachant que la fertilité des adolescentes est très élevée du fait de leur jeune âge, si la jeune femme choisit la pilule, le préservatif en double protection doit être préconisé ce d’autant plus qu’il permet de protégé des IST et inversement. En dehors de la pilule et du préservatif les autres méthodes sont très peu utilisées alors que certaines sont moins contraignantes d’utilisation (implant, patch, anneau ou DIU après avoir évalué le risque d’exposition aux IST) [18].

– Une augmentation des antécédents d’I VG

Les antécédents de FCS n’ont pas évolué de manière significative mais nous avons été étonnés par l’augmentation significative, multipliée par 5 de la proportion des antécédents d’IVG. Cette augmentation importante des antécédents d’IVG dans notre étude est de 12% ce qui est en rapport avec l’évolution de la pratique de l’IVG chez les adolescents atteignant une augmentation de 13,5% pour Rossier C. entre 1997 et 2005 [50]. D’après le rapport de l’IGAS [35], depuis 2002, il existe une progression significative du nombre des IVG chez les mineures dont le taux de recours à l’IVG est passé de 8,9 à 11,5 pour mille.

Malgré cette augmentation d’IVG n’a pas eu d’influence positive sur notre étude car le nombre de naissances chez les adolescentes n’a pas diminué depuis 1998, l’âge moyen des adolescentes menant leur grossesse à terme n’a pas augmenté (17,5 ans) tout comme la proportion de primipares (88%).

* La planification des grossesses

– Des grossesses déclarées la plupart du temps comme non prévue

Nous pourrions penser que les grossesses menées à terme chez les adolescentes sont le plus souvent désirées puisque, malgré les dispositifs mis en place pour prévenir la grossesse, nous observons une absence de diminution des naissances chez les adolescentes. Dans notre étude nous avons étudié le contexte de la grossesse et la contraception utilisée avant la grossesse.

D’après nos résultats les grossesses inopinées sont plus importantes que le nombre de grossesses désirées (34% versus 22%). Une contraception est utilisée chez la moitié des adolescentes sachant que certaines ne l’utilisent pas de manière optimale. Ceci montre l’effort qu’il reste à faire sur la prévention des grossesses par la contraception tout en se rappelant que certaines grossesses ne sont pas le fruit du hasard comme le souligne Marcelli [30]. L’oubli de contraception peut être conscient sans qu’une grossesse n’ait été attendue par un couple. Les résultats des deux critères doivent être analysés avec prudence sachant que pour chacun deux, l’information n’était pas renseignée pour 45% des dossiers.

Notre deuxième hypothèse est infirmée puisque les antécédents d’IVG ont augmenté sans influence positive. Les adolescentes enceintes ne semblent pas être assez bien informées sur l’importance d’avoir un rendez-vous gynécologique avant le premier rapport ce qui entraine un faible pourcentage d’adolescentes ayant déjà utilisés un moyen de contraception. Le problème du lieu d’information se pose lorsque l’on observe une faible proportion d’adolescentes scolarisées.

Lire le mémoire complet ==> La maternité à l’adolescence : une prise en charge spécifique ?
Mémoire pour obtenir le Diplôme d’Etat de Sage-Femme – Ecole De Sages-Femmes De Baudelocque
Université Paris Descartes – Faculté de Médecine de Paris