L’entrepreneuriat féminin : la spécificité

By 15 January 2013

Le champ de l’étude : l’entrepreneuriat féminin – Chapitre 3 :

Introduction :

Aujourd’hui, l’entrepreneuriat féminin s’affirme comme une spécialisation singulière relevant du champ de l’entrepreneuriat (Filion, 1997). Nombres d’auteurs (Pruett et al., 2009 ; Pittaway et Cope, 2007 ; Wilson et al., 2004; Carayannis et al.,2003) défendent l’idée que les programmes de création d’entreprises devraient être développés en tenant compte de l’approche genre. Le masculin n’étant plus une catégorie universelle qui définit le créateur d’entreprise, la figure de la femme entrepreneuse est devenu ainsi une catégorie qui doit être expliquée et étudiée dans sa construction sur la longue durée (Paillot, 2010). C’est dans cette perspective que notre contribution consiste à découvrir la particularité de l’entrepreneuriat féminin qui a une incidence sur l’enseignement de l’entrepreneuriat et sur l’intention entrepreneuriale. Depuis longtemps, l’entrepreneuriat a été définie en tant que domaine de l’homme puisque, depuis des siècles, ce sont les hommes qui ont participé le plus, et partout dans le monde, aux activités entrepreneuriales (Brush, 2008, p 611). Cependant, Beck61 (1986) considère que la féminisation probable des créateurs du futur viendra contrebalancer le problème des transmissions d’entreprise en déshérence : de jeunes femmes remplaçant des hommes âgés. Notre étude se fonde sur l’idée selon laquelle l’analyse de l’entrepreneuriat au féminin est susceptible de mettre au jour une approche nouvelle et différente du modèle masculin qui sert de référent. Il est souligné que les femmes sont moins entreprenantes que les hommes, en particulier dans le domaine de la création ou de la reprise d’entreprise. Les femmes ne représenteraient que 29% des créateurs d’entreprise alors qu’elles sont 48% dans la population active (INSEE, Panel SINE 2023).

Ainsi, nous exploitons dans un premier temps la spécificité de l’entrepreneuriat féminin. Les premiers travaux en entrepreneuriat à avoir mobilisé l’approche genre font référence au stylde management (Chaganti, 1986) des entrepreneurs. Ces derniers, hommes ou femmes, peuvent donc adopter des attitudes relevant de valeurs masculines ou féminines. L’étude réalisée par Barrett (1995) sur l’expérience entrepreneuriale des hommes et des femmes confirme cette assertion. Des différences significatives ont été trouvées dans les motifs de la création d’entreprise, le fond de démarrage, l’éducation, l’expérience de travail et les compétences en affaires, les objectifs de l’entreprise, les styles de gestion, les caractéristiques des entreprises, et les taux de croissance. Selon la revue de littérature, nous avons conclu que les femmes entrepreneuses se comportent différemment des hommes et que plusieurs facteurs propres aux femmes déterminent leur succès ou l’échec. L’implication est que les femmes entrent dans les affaires pour des raisons différentes que les hommes entrepreneurs et que leurs traits de personnalité, les forces et faiblesses en tant qu’entrepreneuses sont différentes.

Dans un second temps, la singularité de l’entrepreneuriat féminin est ensuite discutée en regard d’études menées sur des contextes différents (français, et américains…). Selon la revue de littérature sur l’entrepreneuriat, un bon nombre d’auteurs s’accordent sur l’importance de la culture qui sous-tend l’activité entrepreneuriale (George et Zahra, 2002). Le but étant de saisir le poids de chaque culture nationale sur l’entrepreneuriat féminin, nous nous posons la question de la diversité de l’entrepreneuriat féminin.

Figure 37. Plan de cheminement du chapitre 3

I – Les enjeux de l’enseignement de l’entrepreneuriat
I.1. La définition de l’enseignement de l’entrepreneuriat
I.2.Les objectifs et les méthodes de l’enseignement de l’entrepreneuriat
I.3. L’importance de l’enseignement à la formation de l’intention entrepreneuriale
II- l’enseignement de l’entrepreneuriat au Liban ou le modèle libanais d’enseignement supérieur
II.1. Le cadre spécifique du Liban
II.2.Laspécificité du modèle libanais d’enseignement supérieur II.3.Etat des lieux actuels de l’enseignement de l’entrepreneuriat au Liban

I- La spécificité de l’entrepreneuriat féminin

L’augmentation significative du nombre des femmes travaillant hors de chez elle a donné naissance à un nouveau champ de recherche : les femmes salariées, cadres ou entrepreneuses sont-elles différentes de leurs homologues masculins ? D’après l’analyse de 81 articles sur l’entrepreneuriat féminin qui ont été publiés entre 1982 et 2000, Ahl (2003) conclut que les recherches empiriques sur les femmes entrepreneuses présentent généralement qu’elles ont plus de ressemblances que de différences avec les hommes entrepreneurs. Il est clair que les entrepreneuses des deux sexes ont beaucoup en commun et, dans le même temps, qu’ils diffèrent sensiblement. Nous notons une différence frappante quant à leurs motivations, à leurs points de départ, et aux compétences professionnelles mises au service de l’entreprise. Les différences entre les types d’entreprises créés sont en grande partie attribuables aux différences d’éducation et de parcours professionnel » (Hisrich et Peters, 1989). Ce paragraphe se penche sur un ensemble d’études recensées par la revue de littérature consacrée aux femmes-entrepreneuses, afin de les comparer aux données disponibles concernant leurs contreparties masculines. En premier lieu, la généralisation de la singularité de l’entrepreneuriat féminin est relue en termes des modèles de l’entrepreneuriat féminin, puis nous identifions le profil type d’une femme entrepreneuse et des entreprises créées par des femmes, enfin nous analysons les difficultés des femmes en tant qu’entrepreneuses.

I.1 Les apports des modèles de l’entrepreneuriat féminin

Carrier (2006) présente un bilan des travaux de recherche concernant l’entrepreneuriat féminin, en faisant une comparaison de la situation des femmes avec celle des hommes pour faire apparaître leurs limites et perspectives qu’elles ouvrent. Selon les résultats de l’étude, l’auteur indique que « peu de différences significatives engendrant une situation favorable ou défavorable à l’entrepreneuse peuvent être véritablement démontrées et qu’il s’avère plus approprié de jeter un regard différent sur la question, notamment en s’intéressant à la femme entrepreneuse dans son unicité ». Pour cela, la prochaine section vise à décrire des modèles fondateurs de l’approche genre permettant une meilleure compréhension de l’entrepreneuriat féminin. Les recherches reposant sur une conception intentionnelle des femmes nous permettent de prendre conscience de l’éventail des variables qui influent sur le processus de création d’entreprise.

I.1.1 Les modèles fondateurs de l’approche genre

L’entrepreneuriat est un champ pluridisciplinaire. L’objectif de ce volet est d’opérer une exploration conceptuelle des différentes variables décrites par les différents modèles de l’entrepreneuriat féminin.

I.1.1.1 Le modèle de Lacasse (1990)

Ayant l’objectif d’approfondir les connaissances entourant l’essor de la petite entreprise au Canada et d’étudier en particulier le phénomène de l’entrepreneuriat féminin au Québec, l’événement entrepreneurial a constitué le centre d’intérêt du modèle de Lacasse. Cet évènement peut apparaître sous quatre formes : la création d’une entreprise, l’achat d’une entreprise existante, l’accession à la propriété d’une entreprise sur invitation et, enfin, l’accession à la propriété d’une entreprise familiale par héritage (succession). Quant à l’entrepreneur potentiel, il est identifié par des motivations, des traits de caractère, du dogmatisme, de l’idéologie dans le domaine des affaires, de l’attitude envers le risque, de la tentative de maîtrise du destin et des intuitions ressenties. Lacasse définit l’environnement suivant trois ensembles de variables: les variables sociologiques, les variables de situation, l’entrepreneur potentiel, l’accessibilité aux ressources :

1. Les variables sociologiques : le contexte familial, le milieu scolaire, le milieu de travail, l’environnement local, les réseaux internationaux et l’interaction de l’acteur avec le méso système peuvent favoriser l’éclosion d’une culture entrepreneuriale qui poussera l’entrepreneur potentiel à œuvrer plus tard dans le domaine des affaires.
2. Les variables de situation : elles sont classifiées en deux catégories : les événements négatifs et les événements positifs.
3. L’accessibilité à des ressources : les principales ressources identifiées sont : les matières premières, la main-d’œuvre qualifiée, la technologie, l’accès aux marchés, le capital risque, les soutiens de l’Etat et l’appui de la part des réseaux.

I.1.1.2 Le modèle de Lerner, Brush et Hisrich

Dans leur recherche sur les femmes entrepreneuses, dans un contexte professionnel et familial différent de celui des pays de l’OCDE, les auteurs se focalisent sur les facteurs au niveau individuel qui influencent la performance. Ils présentent 5 groupes bien distincts :

1. Les motivations et objectifs avec la motivation à réussir, la motivation à acquérir une forme d’indépendance, les motivations dues à des nécessités économiques et à l’objectif poursuivi ;
2. La théorie de l’apprentissage social (père entrepreneur, situation économique vécue pendant la l’enfance) ;
3. L’affiliation à des réseaux avec le nombre de réseaux, l’utilisation de consultants, l’affiliation à des réseaux féminin, la présence de mentors ;
4. Le capital humain avec le niveau d’enseignement atteint, le domaine d’enseignement, l’ancienne fonction ou l’ancien poste occupé, l’expérience entrepreneuriale antérieure, l’ancienne localisation, l’expérience dans le secteur de l’industrie, les compétences managériales et en affaires ;
5. Les facteurs environnementaux (secteur d’activité, sources de financement).

Ces cinq groupes et variables démographiques constituent des variables au niveau individuel.

I.1.1.3 Le modèle de Hisrich et Brush

Ces deux chercheurs ont étudié dans leur modèle les facteurs influençant la performance des femmes entrepreneuses. Une des lacunes du modèle précédent est de ne faire aucune référence aux événements contextuels pouvant pousser un individu à entreprendre. S’appuyant sur ces insuffisances, Hisrich et Brush (1980) construit leur modèle. Ces facteurs sont : l’environnement industriel, les stratégies et politiques utilisées, les caractéristiques personnelles, les caractéristiques des affaires traitées et les ressources utilisées :

1. L’environnement industriel a été déterminé avec des variables de régulations et les forces industrielles en présence.
2. Les stratégies et politiques utilisées ont été définies par rapport aux coûts, au service apporté au client, à l’innovation et au niveau de qualité visé ou atteint.
3. Les caractéristiques personnelles le sont avec le niveau d’enseignement, l’expérience de l’entrepreneur et les informations de nature démographique qui lui sont propres.
4. Les caractéristiques des affaires traitées dépendent quant à elles de la taille et de l’âge de l’affaire.
5. Enfin, les ressources incluent les ressources financières et humaines.

Dans leur modèle, l’influence de ces facteurs sur les performances a été mesurée en considérant les différences entre les hommes et les femmes. Ainsi, ont été mises en évidence les performances sous deux volets différents, performances économiques et performances sociales.

I.1.1.4 Le modèle de Shabi et Di Gregorio

Silvana Di GregorioDans leurs études, Shabbi et Di Gregorio(1996) ont tenté d’expliquer les buts personnels poursuivis par les femmes pour la propriété d’affaire et d’interpréter les facteurs structuraux qui influencent le processus du lancement de l’entreprise. L’aspect central des objectifs personnels, combinant la réalité de ce que le fonctionnement de l’affaire peut apporter, est l’une de leurs découvertes. Dans leurs tentatives de lancement d’affaires, si les femmes continuent à se sentir fortement impliquées pendant le processus de mise en place, leur définition et leur vision des avantages que les entreprises peuvent leur apporter en termes de réalisation de leurs buts personnels, sont perçues comme réalisables. Si tel est le cas, les contraintes structurelles seront plus probablement davantage en rapport, par exemple, avec l’acquisition d’une expérience professionnelle, si nécessaire.

I.1.1.5 Le modèle de Guyot et al.

Plus sociologiques, les travaux de Guyot et al. (2004) forment un apport théorique utile pour l’analyse de l’entrepreneuriat féminin. Le passage à la création d’entreprise y est étudié selon une logique d’action comprenant des dimensions psychologique ou stratégique et des caractéristiques identitaires et biographiques de l’entrepreneur. Cette dimension socio- historique cohérente au genre de l’individu ne serait pas sans conséquence sur la logique d’action entrepreneuriale. Les résultats mettent en évidence que « les obstacles rencontrés par les candidats créateurs ne se limitent pas aux facteurs d’ordre institutionnel mais concernent également les accès aux ressources financières (…) et démontre, d’une part, l’effet spécifique du genre en tant que frein et d’autre part les spécificités et les sensibilités des freins selon le genre ».

Dans cette mosaïque de modèles, nous pensons à l’instar des modèles mobilisés que l’entrepreneuriat féminin revêt des considérations particulières d’ordre psychologique, social, économique et contextuel. Il ressort généralement que les femmes connaissent un certain handicap par rapport au passage effectif à la création d’entreprise et que le genre constitue un obstacle en soi par rapport à celui-ci. Cette différence est interprétée par le fait que les obstacles à la création sont plus importants pour les femmes. Ainsi, dans les années, 1990, une théorie féministe de l’entrepreneuriat a émergé (Stevenson, 1990; Hurley, 1991). Plusieurs courants de pensée ont expliqué la théorie du féminisme. Deux tendances caractérisent cette théorie : le féminisme social et le féminisme libéral (Black, 1989)62. Le féminisme social explique que les différences qui existent entre les hommes et les femmes dans la socialisation progressive des uns et des autres est à l’origine des différences notées. Cette théorie se fonde sur la comparaison des valeurs et des comportements des hommes et des femmes. Le féminisme libéral, quant à lui, est basé sur le fait que les femmes sont désavantagées par rapport aux hommes et évoque donc la notion de discrimination.

Quel que soit la tendance, cela nous conduit à la conclusion de la singularité de la femme et de l’entrepreneuriat féminin. Dans cette veine, l’enseignement de l’entrepreneuriat des étudiantes requiert une attention particulière. Block et Stumpf (1992) identifient quatre types de publics: les entrepreneurs, les professionnels et sympathisants de la création d’entreprise, les intrapreneurs et les individus dotés (ou pour lesquels on veut développer) un esprit d’entreprendre. Les étudiants, dans leur grande majorité, appartiennent à ce dernier groupe. Le problème est d’autant plus complexe qu’une forte hétérogénéité règne au sein de ces différents publics. A la lumière de ce qui précède, les femmes constituent un public particulier qui revêt une attention particulière pour l’enseignement de l’entrepreneuriat. Dans ce sens, Sexton et Kent (1981) ont constaté que les femmes entrepreneuses avaient des niveaux légèrement plus faibles de l’éducation que les femmes cadres. Les auteurs ont élargi cette recherche en utilisant des instruments psychologiques pour comparer les étudiants hommes et femmes sur plusieurs dimensions, y compris l’indépendance, le besoin de contrôle et la propension pour prise de risque sur. Des différences ont été signalées entre les étudiantes en entrepreneuriat et les étudiantes en d’autres domaines d’études en termes de conformité, niveau d’énergie, prise de risque, autonomie, etc d’où l’impact fort de l’enseignement de l’entrepreneuriat sur le public des femmes.

Cette contribution permet de réfléchir sur la singularité de l’enseignement de l’entrepreneuriat pour les étudiantes. L’enseignement de l’entrepreneuriat doit prendre en compte la spécificité de la femme surtout que « les femmes ont une intention entrepreneuriale moins faible que les hommes » (Boissin et Emin, 2006). A présent, essayons de comprendre l’intention entrepreneuriale des femmes.

I.1.2 Les recherches reposant sur une conception intentionnelle des femmes

A partir d’une analyse de l’intention entrepreneuriale des étudiants, Boissin et al., (2006) « s’interrogent sur ce qui fonde le désir de créer une entreprise des étudiants et leur faisabilité entrepreneuriale perçue en analysant leurs croyances. Des analyses descriptives et comparatives (ANOVA) ont été menées sur les résultats d’une enquête réalisée auprès de 809 étudiants du bassin grenoblois. Les résultats montrent que l’intention de créer une entreprise après les études diffère suivant le sexe. Le sexe a un effet sur l’intention entrepreneuriale des étudiants, leur attirance envers la création d’une entreprise et leur perception de la capacité à mener à bien un processus de création. Ainsi, l’inclination entrepreneuriale est plus forte chez les étudiants de sexe masculin (22 % d’entre eux ont l’intention de créer une entreprise) que chez les femmes (13 %). Les étudiants hommes sont aussi plus attirés par la création que les femmes puisque 67 % d’entre eux trouvent l’idée attractive contre 55 % des femmes et se sentent davantage capables de créer une activité que les femmes (53 % contre 39 %) ». Dans la même veine, Emin (2003) trouve que les hommes sont statistiquement plus enclins à la création que les femmes.

Boissin et al. (2007) analysent les différences de sensibilité envers la création d’entreprise, d’étudiants états-uniens et français. « La recherche mesure leurs intentions de créer une entreprise mais aussi leurs attitudes envers la création d’une entreprise, leurs perceptions des normes sociales et leur sentiment de capacité à mener un processus entrepreneurial, et compare leurs croyances en vue d’identifier ce qui les distingue. Plus précisément, les valeurs professionnelles des étudiants (ex : les caractéristiques professionnelles qu’ils valorisent), leurs visions de l’entrepreneuriat (ex : les besoins qu’ils jugent satisfaits par l’entrepreneuriat), leurs degrés de confiance en leurs capacités à mener à bien les tâches jugées critiques pour la réussite d’un processus entrepreneurial sont examinées. Des analyses descriptives et comparatives (ANOVA) sont menées sur les résultats d’une enquête réalisée auprès de 315 étudiants états-uniens de classes de management et marketing de Coles College of Business de l’Université de Kennesaw State (Etat de Géorgie) et de 340 étudiants français d’économie et gestion de l’Université Pierre. La population des étudiants est partagée entre hommes et femmes. Les résultats montrent que, comme leurs homologues français, les hommes aux Etats-Unis se montrent plus entreprenants que les femmes, ils sont davantage attirés par la création d’activité et se sentent également plus capables que les femmes de créer ».

Les résultats de l’étude menée par Moreau et Raveleau (2006) corroborent les informations selon lesquelles les étudiants qui expriment une intention de créer un jour une entreprise sont plutôt de sexe masculin. Pour une population de 210 étudiants, les auteurs constatent que pour 134 étudiants (69% sont constitué de femmes), l’entrepreneuriat ne fait pas partie de leur horizon professionnel. Des recherches empiriques menées aux Etats-Unis (Mattews et Moster, 1995) arrivent au même constat : les hommes ont une préférence supérieure à celle des femmes pour l’entrepreneuriat. L’étude de (Zao et al., 2005; Wilson et al., 2004, 2007, 2009) confirment que les hommes ont une intention entrepreneuriale significativement plus supérieure que les femmes.

Les études citées ont montré que les hommes avaient une plus grande préférence que les femmes pour l’entrepreneuriat et que le degré d’intentionnalité dépend du genre. Krueger (2007) explique cette différence d’intention entre les hommes et les femmes par la perception négative de la femme de ces capacités entrepreneuriales. Il en découle la singularité du processus par lequel les entrepreneuses acquièrent les compétences nécessaires pour la création d’entreprise et des facteurs pouvant influencer l’acquisition de ces compétences par l’entrepreneuse durant le processus entrepreneurial. Dans cette perspective, nous nous sommes intéressées, dans notre recherche, à décrire et à expliquer l’intention entrepreneuriale, première étape du processus entrepreneurial, chez des femmes à travers un modèle qui prend en compte la singularité de l’entrepreneuriat féminin. Cette singularité induit un profil type de l’entrepreneuse et de son entreprise, présenté ci-dessous.

Lire le mémoire complet ==> (L’intention entrepreneuriale des étudiantes )
Thèse de Doctorat ès Nouveau Régime Sciences de Gestion de l’Université de NANCY 2
Institut D’administration Des Entreprises