Le contexte politique et économique envers l’entrepreneuriat

By 14 January 2013

II.1.2 Le contexte politique et économique (II- L’enseignement de l’entrepreneuriat au Liban)

Nous présentons les points positifs et négatifs du contexte politique et économique envers l’entrepreneuriat.

La guerre civile de 1975 à 1990 a fortement endommagé les structures économiques libanaises, réduisant de moitié la richesse nationale. À partir de la fin de l’année 1992, une nouvelle politique monétaire a été développée. Les entreprises étrangères ont investi le marché libanais, la concurrence s’est développée et le marché est devenu plus exigeant accroissant les exigences de compétitivité et de rentabilité. Par une main d’œuvre qualifiée comparable à la plupart des pays d’Europe et la plus qualifiée des pays “arabes”, les libanais ont pu reconstruire leur pays. Les créations se sont multipliées au fil des années 90, et les conditions de performances se sont durcies, conduisant ainsi les entrepreneurs à se professionnaliser. Grâce à une longue tradition de marché ouvert, le Liban entretient des liens étroits avec le monde arabe, les États-Unis et l’Europe. Ainsi, le libéralisme économique a constitué un atout pour l’émergence de l’entrepreneuriat au Liban.

La dette publique qui représente 150 % du PIB et 80% des recettes absorbées par le paiement des intérêts empêchent l’Etat d’intervenir et d’atténuer les inégalités socio-économiques par une politique sociale énergique. Presque un tiers de la population libanaise est touché par la pauvreté à cause d’une dualisation de la distribution des revenus et d’une crise économique (Kochuyt, 2004). Le marché de travail n’arrive pas à absorber la force du travail disponible. Le taux de chômage est deux fois élevé parmi les jeunes, de 22,6% chez les 15-24 ans, et il est de 18,2 chez les femmes (Kasparian, 2003). En dépit de la fuite de cerveau, l’émigration à l’étranger des libanais a constitué « un mécanisme auto correcteur à la crise sociale, au déficit de la balance commerciale et des finances publiques » (Corm, 2003). Plus la crise économique et sociale augmentent, plus les libanais de l’étranger se trouvent obliger d’aider leurs familles demeurées au pays. Ces capitaux étrangers continuent d’affluer au Liban, notamment ceux des libanais qui rapatrient leurs argents pour échapper à la crise. La diaspora des libanais a joué un rôle essentiel dans le développement de l’économie libanaise en expédiant une partie de ses revenus à la famille. “Ces transferts sont évalués à peu près à 7 milliards de dollars par an (5,7 milliards d’euros), ce qui représente, par tête d’habitant, le niveau le plus élevé du monde”, conclut Riad Salamé50.

L’économie du pays a longtemps été fondée sur le secteur de service. Le Liban est fier et à juste titre de son système bancaire qui a résisté à 17 ans de guerre et à l’assassinat de son grand Président du Conseil des ministres. Il a formé école et est digne des pays les plus avancés. Les principales spécificités du secteur bancaire libanais: un nombre élevé de banques de tailles et de formes distinctes (entre 60 et 92 banques), des banques commerciales privées, de petite, moyenne et grande taille; des banques d’investissements et de crédits à moyen et long termes ; des banques islamiques; des banques libanaises, étrangères et mixtes. Cependant, ce système développe mieux les banques de dépôts. Or, les banques d’investissements jouent le rôle primordial pour l’entrepreneuriat. Bien que le secteur de la microfinance au Liban a pris son essor pendant les années 90, le développement du secteur est resté limité. A titre d’exemple le projet KAFALAT51 ne s’applique pas au PME, elle encourage l’entrepreneuriat de développement.

L’administration libanaise est une des plus lourdes du monde avec un budget qui représente la majeure partie du budget national et qui regroupe plus de 200 000 personnes. Les mesures qui constituent les freins à l’entrepreneuriat : des mesures fiscales aggravées, absence des allègements d’impositions ; une instabilité légale : la législation pénale, civile et administrative sont complexes.

50 Selon un entretien avec Riad Salamé sur France 24 le 25/05/2010. Riad Salamé est, depuis 1993, gouverneur de la Banque centrale du Liban (BCL). Un poste stratégique dans un pays qui peine à trouver une stabilité politique et sécuritaire depuis l’assassinat du Premier ministre Rafic Hariri, en 2005.

De par son étendue territoriale et de sa formation géologique, le Liban ne possède que de faibles ressources en matières premières qui permettent pourtant de développer quelques industries devenus florissantes.

l’entrepreneuriat dans le système éducatif libanaisEn conclusion, le Liban doit passer d’une société de consommation à une société de développement économique, favorisant l’épanouissement de l’individu et son progrès intellectuel et matériel, condition essentiel à son développement. Le Liban, porte de ce Moyen-Orient, se doit d’être sa vitrine et de rester un modèle de l’initiative privée pour y garder sa place. C’est dans cette optique que nous croyons qu’il est de devoir de favoriser la place de l’entrepreneuriat dans le système éducatif libanais, nécessaire pour le développement du pays.

Nous comprenons que le problème du contexte se pose de manière particulièrement délicate dans la mesure où nous avons souligné les diverses facteurs de l’environnement entrepreneurial, qui s’inscrivent en fait comme d’une part limitatives et d’autre part favorisant pour l’émergence et le renforcement de l’esprit d’entreprise au Liban. Si l’environnement politique présente un caractère d’hostilité pour le phénomène entrepreneurial, l’aspect socio-économique de l’environnement semble offrir des opportunités d’affaires. L’environnement entrepreneurial est assez favorable dans le pays, et toute initiative pour sensibiliser, former et accompagner ne peuvent qu’être positive.

51 KAFFALAT, doté d’un budget de 17,6 millions d’euros offre des prêts garantis pour les entreprises en développement, et vise à offrir aux PME un réseau de services d’aides techniques. Le montant du prêt doit être au moins de 16 milles euros.

Lire le mémoire complet ==> (L’intention entrepreneuriale des étudiantes )
Thèse de Doctorat ès Nouveau Régime Sciences de Gestion de l’Université de NANCY 2
Institut D’administration Des Entreprises