Crise mondiale et Consommation: Textile, culture et communication

By 31 December 2012

D) Textile

Le textile qui figure parmi l’un des premiers secteurs frappés par la mondialisation, rencontre également des difficultés. En 2008 déjà le chiffre d’affaires du textile français était en baisse de 7% alors que le repli des ménages n’a été que de 3% sur la même période53. Les soldes d’hiver 2008 combinées aux soldes flottantes auront cependant permis aux professionnels de relever la tête.

Le textile aussi devrait connaître dans les années à venir un net engouement pour les investissements dans les pays dits BRIC. En Russie par exemple, où le textile est majoritairement importé, le segment de la « mode rapide » incarné par les enseignes telles que Zara, Topshop, Mexx, Mango, Promod ou encore Benetton représentaient déjà en 2007 15% de part du marché de la mode. Sur ce dernier point, il est intéressant de relever que le rapport 2008 d’UbiFrance sur le marché de l’habillement en Russie fait l’estimation d’une progression à 25% de part de marché sur ce segment d’ici 2010. En effet ce même rapport fait état d’une progression de 20% par an des dépenses moyennes par personne en articles textiles ou chaussants. De plus selon un sondage 2008 du cabinet AC Nielsen révèle que 74% des personnes interrogées en Russie sont prêtes à consacrer à l’habillement le reste de leur budget après les dépenses principales (contre 41% en Europe)54. La Chine semble également un terrain sur lequel la France devrait se développer en matière de textile. Franck Delpal, économiste à l’Institut Français de la Mode (IFM) indique que la Chine n’est actuellement que le 38ème client de la France sur le marché de l’habillement avec une part de marché inférieur à 1% en 2007. Or, il explique que la Chine représente à l’horizon 2012 « la meilleure opportunité » de marché pour les entreprises françaises sur ce secteur et ajoute même que dès 2010, la Chine « sera le troisième marché mondial » de consommation d’habillement devant le Japon55. En effet, le poste de l’habillement est le seul qui pourrait ne pas trop souffrir en Chine indique Karine Berger, puisqu’elle y observe un vrai démarrage de la dépense de vêtements par habitant56.

L’habillement connaît lui aussi un net rebond sur l’e-commerce. Il semblerait d’ailleurs que ce canal prenne même des parts de marchés aux acteurs majeurs de la VPC. En effet, si les consommateurs choisissent d’acheter des produits d’habillement sur Internet, c’est avant tout pour les prix plus avantageux que propose ce canal de vente : 65% des acheteurs d’habillement adulte souhaitent bénéficier des prix plus avantageux et 35% gagner du temps en ne se déplaçant pas57. Le poste habillement de l’e-commerce connait d’ailleurs une hausse prononcée ces derniers mois. De fait, des acteurs comme Ventes-privées.com ou Brandalley.com ont connu une ascension fulgurante 2 dernières années. Enfin, concernant les tendances « vertes » qui animent ce secteur de l’habillement, il est intéressant de noter que Levi’s ou Celio par exemple ont récemment décidé de d’investir cette niche. Le secteur du vêtement Bio semble progresser puisque l’acteur Armor Lux a réalisé en 2008 20% de ses ventes grâce à des vêtements bio. Selon Rachel Liu, fondatrice de l’une des plus anciennes marques 100% bio, ce segment de l’habillement connaîtra un boom dans les cinq prochaines années à venir. Sur ce point, Philippe Thomazo, directeur générale d’Ecocert, confirme car « sa fabrication touche deux domaines auxquels les consommateurs sont hypersensibles : le développement équitable et le bio »58.

G) Loisirs, culture et communication

La consommation de biens et de services de loisirs et de culture n’a augmenté que de 2,1% en 2008, après une hausse de 6,5% en 200772. L’étude montre autrement que les équipements de sport et de plein air sont particulièrement touchés par ce ralentissement. Autre secteur en berne, la vente de presse magazine a reculé de 2,8%, la presse quotidienne de 1,6% et la presse technique et professionnelle de 15,9% en 2008. Sur ce dernier point en effet, nous nous devons de nous arrêter quelques instants car le développement là encore d’Internet et l’apparition de plus en plus massive des fameux « gratuits » ont bouleversé les secteurs de l’édition et si ces deux dernières évolutions ont permis à la majorité de la population de s’informer à moindre coût, il ont engendré du côté de la presse et des magazines de sérieuses remises en question. En revanche, les magazines féminins, les titres de cuisine, maison, décorations, la presse people ou la presse économique sont en croissance. L’édition est le secteur culturel qui résiste le mieux si on le compare à la musique, la vente de CD ou de vidéo. En effet, le livre n’est pas vraiment menacé par le numérique constate Sophie Martin, Directrice Générale département Culture Ipsos MediaCT, puisque les nouveaux modes de lecture ne sont pas encore entrés dans les mœurs. En ce qui concerne les activités de loisirs, on note, en plus de l’attrait croissant pour les parcs de loisirs, que la fréquentation des musées a augmenté de près de 10 % (40 millions de visiteurs en 2009). Paris connaît une forte augmentation en 2008 (+30% par rapport à 2007) et atteint ainsi un niveau historique73. Au Louvre, la fréquentation du musée a augmenté de 60% en 5 ans74 souffre même de saturation. Ce qui est doublement intéressant de constater c’est que l’augmentation de la fréquentation des musées à Paris s’est davantage manifestée au deuxième semestre (+43%) qu’au premier semestre (+17%) 2008. La crise n’a donc eu aucun impact négatif, bien au contraire. Il est aussi intéressant de noter qu’en 2008 les dépenses consacrées aux expositions temporaires ont cru de 23%, en revanche, 2009 risque d’être une année plus difficile avec notamment l’annulation ou le report des expositions. Les cinémas semblent également « profiter » de la crise puisqu’en 2008 36 millions de français sont allés au cinéma, un record75.

Lire le mémoire complet ==> (La consommation : les enjeux du demain)
Dans un marché en pleine mutation, quelles stratégies adopter alors que la crise impose une vision courtermiste ?
Mémoire de fin d’études
Pôle Paris Alternance