L’assurance d’un site web dynamique du cabinet comptable

By 30 September 2012

§ 3 : L’assurance

Quel que soit le niveau de sécurité adopté, le risque n’est pas supprimé, il est simplement limité. Il est donc nécessaire de prévoir des solutions de transfert des risques résiduels par le biais d’assurances.

Bien que la plupart des risques typiques contre lesquels s’assurent les cabinets soient couverts par des polices d’assurance standard, une attention particulière doit être portée aux clauses et aux avenants spéciaux qui ont trait à l’environnement informatique. En effet, la gravité de ces risques, le contexte dans lequel ils sont susceptibles de se produire, ainsi que les différentes formes qu’ils empruntent en se développant, rendent largement insuffisant une police d’assurance qui ne couvre que les risques standards. Il est donc essentiel d’examiner les polices d’assurance souscrites par le cabinet comptable, afin d’évaluer s’il y ait besoin de garanties additionnelles pour réduire les conséquences financières des éventuels dommages causés au système ou à celui d’un tiers.

Le cabinet d’expertise comptable pourra souscrire ainsi plusieurs types de contrats d’assurance:

A- Contre les frais directs
– assurance des biens informatiques contre les dommages matériels (y compris les logiciels);
– assurance contre le vandalisme pour couvrir les dommages occasionnés par les virus.

B- Contre les frais indirects
– assurance responsabilité civile vis-à-vis des tiers: pour couvrir les dommages causés (dommages matériels et corporels et pertes subies indirectement sur le plan financier) par le cabinet à ses partenaires par l’intermédiaire du réseau, ou contre la divulgation ou l’atteinte à des données nominatives de ses clients;
– assurance pertes d’exploitation pour couvrir les réductions de marge liées à l’interruption ou à l’altération du système.

C- Responsabilité civile professionnelle
Il s’agit de la responsabilité du professionnel sur certains contenus techniques ou engagements contractuels.

Si certains assureurs proposent aujourd’hui des contrats aux entreprises pour les garantir contre les dégâts informatiques ayant une cause matérielle (une fuite inondant la salle informatique par exemple), rares en revanche sont ceux qui offrent de couvrir les risques informatiques résultant d’un déni de service ou d’une indisponibilité prolongée de réseau. Et pour cause : comment mesurer le risque et à qui imputer la faute dans ce cas ? C’est pour répondre pour partie à ces questions qu’une compagnie américaine a mis au point un outil de modélisation des risques informatiques immatériels, qui aide dans la couverture de ce type de risques par les grands assureurs.101 Cependant, cette garantie n’est pas disponible en Tunisie actuellement.

L’expert comptable tunisien devrait dans l’état actuel des choses se suffire de l’assurance qui couvre les risques touchant les parties matérielles et logicielles du site Web dynamique.

Comme il apparaît, le développement d’un site Web dynamique est un projet qui nécessite des moyens humains et financiers importants. Sa rentabilité peut être différée dans le contexte actuel du marché. L’expert-comptable peut dans une telle situation adopter deux stratégies :
– une stratégie d’attente qui peut être pénalisante puisque le professionnel peut se trouver dans une situation de retard par rapport à d’autres qui se lancent plus tôt dans la conquête des nouvelles technologies;
– une stratégie d’attaque qui nécessite un certain volontarisme du professionnel et l’acceptation d’une prime de risque financier qui pourrait se révéler à terme très rentable.

Conclusion

Internet est un phénomène qui est de plus en plus ressenti dans la vie professionnelle des experts comptables et de leurs clients. Avec des technologies de numérisation et des moyens de communication toujours plus performants, la production, l’accès et la diffusion de l’information entre le cabinet comptable et les clients sont devenus plus faciles. La recherche d’information est plus efficace et l’effet du temps et de l’espace est minimisé.

Les atouts de cette technologie ont été rapidement perçus et exploités par les experts comptables des pays développés, ce qui a permis de concentrer les efforts, dans les cabinets, sur les travaux à forte valeur ajoutée pour augmenter la satisfaction d’une clientèle toujours plus exigeante.

A travers ce travail, nous avons tenté de persuader les professionnels comptables, à travers une description du potentiel de développement possible des cabinets grâce à Internet, et de la présentation des efforts déjà effectués à l’échelle internationale par des professionnels comptables et même non comptables, de l’urgence d’une réaction individuelle et collective pour une réflexion stratégique sur l’avenir des métiers comptables et un plan d’action pour rattraper le retard enregistré. Cette réaction risque d’être fatale si les clients des experts comptables devancent ces derniers dans cette course pour la maîtrise technologique. Dans une telle situation, le professionnel aura-t-il le temps de rattraper son retard ? Ne risque-t-il pas de perdre une part du marché à cause de son incapacité de suivre les évolutions technologiques ? La stratégie d’attentisme ne serait-elle pas pénalisante ? Par ailleurs, à défaut d’étudier, d’encourager et d’assister les clients dans un tel investissement technologique, le professionnel ne risque-t-il pas d’être défaillant dans son rôle de conseiller ?

Néanmoins, Internet n’est pas dépourvu de faiblesses ni d’inconvénients. Cette situation n’est pas propre à cette technologie et elle n’a pas constitué un obstacle aux professionnels (dans les pays développés) pour investir dans la compréhension des possibilités offertes pour la gestion interne du cabinet d’expertise comptable et pour la création de services à valeur ajoutée. Les limites voire risques associés à l’utilisation de l’Internet font l’objet d’études par les professionnels, pour être mieux contrôlés.

Compte tenu des atouts de l’Internet et des possibilités offertes aux cabinets comptables, les professionnels qui s’engagent dans le travail en ligne pourront développer une bonne image de marque envers les clients et surtout s’ouvrir de nouveaux horizons par la conquête de nouveaux marchés.

Le travail en ligne est effectué à travers un site Web dynamique du cabinet comptable permettant de mettre en relation permanente les clients, les collaborateurs et le cabinet. Le développement d’un site Web dynamique est un projet qui doit être soigneusement étudié et préparé. Il engendre des implications directes sur l’organisation interne du cabinet, sur la collaboration et la circulation d’information entre les collaborateurs et avec les clients. Il conduit au développement de l’initiative personnelle, à la modification des habitudes de travail et à une meilleure souplesse dans l’exercice des travaux dans le but d’augmenter la réactivité face à une clientèle de plus en plus exigeante.

Le projet de développement de site Web dynamique a été présenté à partir d’une expérience pratique (avec l’assistance d’une SSII), ce qui nous a permis de dépasser le cadre théorique de la description au profit d’une démarche plus détaillée et plus convaincante. Nous avons présenté les différentes étapes et conditions de la réussite de ce projet. Nous avons noté aussi la limite du marché local en matière de compétence de développement de sites Web dynamiques. Enfin, nous avons présenté les pratiques Internet dans les entreprises en Tunisie pour sensibiliser davantage les professionnels comptables au rôle qui leur est dévolu dans l’incitation de leurs clients à l’investissement technologique.

Nous avons décrit les contraintes liées à ce projet pour préparer les professionnels aux difficultés qu’ils peuvent rencontrer. Ces contraintes sont liées à l’environnement technologique, au facteur humain, aux coûts associés au développement du projet et à son utilisation, et à la sécurité.

Le projet que nous avons décrit peut s’avérer trop ambitieux compte de tenu de l’état du marché et des pratiques Internet des entreprises en Tunisie. L’investissement risque, en outre, d’être onéreux et le retour sur investissement peut tarder. Le professionnel doit être conscient que l’investissement à réaliser est à rentabilité différée. Cependant, la rentabilité indirecte peut s’avérer plus importante. Les efforts déployés par les professionnels comptables étrangers et par d’autres professionnels qui commencent à s’attaquer à des domaines qui étaient réservés aux experts comptables (comme le conseil) sont des phénomènes qui rendent cet investissement inévitable ou du moins d’un apport certain pour le développement du cabinet. La stratégie d’attente peut être pénalisante pour la profession et pour les professionnels. Certains professionnels jugent qu’il est plus opportun de s’engager au risque de se tromper, mieux que d’attendre et de risquer de ne plus pouvoir rattraper le retard.

Outre le développement de la concurrence avec les autres professions voisines, Internet peut modifier le jeu concurrentiel au sein même de la profession. En effet, « un petit cabinet avec un nombre réduit de personnel compétent peut facilement par le biais de l’Internet tenir la compétition à des cabinets plus grands. L’aptitude à créer de la valeur semble dorénavant tributaire d’une utilisation performante des technologies d’information et de communication. »102

Compte tenu de cette situation et des risques et opportunités qui lui sont associés, le rôle de l’Ordre des Experts Comptables de Tunisie nous semble crucial pour l’information et la formation des professionnels. L’organisation des séminaires et des ateliers de recherche et de discussion permettra de mieux préparer les professionnels à introduire Internet dans leur stratégie de développement. Des actions de formation dans le domaine des NTIC nous semblent nécessaires. L’Ordre des Experts Comptables de Tunisie gagne aussi à constituer une commission Internet avec pour mission :
– D’assurer la veille technologique pour étudier toutes les possibilités de l’Internet qui peuvent intéresser le métier et les technologies qui peuvent être mises en place;
– De concevoir la formation des experts comptables dans le domaine de l’Internet;
– De délivrer une certification sanctionnant les actions de formation;
– D’assister les membres désirant investir dans le travail en ligne;
– etc.

Le rôle de l’université nous semble aussi d’une importance capitale pour préparer les nouveaux candidats à la profession comptable d’une part et les futurs dirigeants des entreprises d’autre part, à un environnement où la maîtrise de l’Internet et son intégration est un facteur clé de succès.

Enfin, le rôle des instances gouvernementales est déterminant, le coût de l’utilisation de l’Internet, les moyens de connexion et la qualité de celle-ci sont des éléments qui méritent d’être améliorés pour inciter davantage à l’investissement des entreprises et des professionnels dans le domaine de l’Internet.

Seul un concours des efforts de tous les acteurs économiques (gouvernement, experts comptables, clients…) permet de lever le cap de la maîtrise technologique. Le professionnel, de par sa formation et sa position doit jouer son rôle de catalyseur pour accélérer cette migration technologique inévitable. Il doit être avant-gardiste dans tout effort déployé : son intérêt et l’avenir de la profession y sont.

Lire le mémoire complet ==> (L’internet au service de l’expert-comptable : le site web dynamique du cabinet)
Mémoire en vue de l’obtention du diplôme d’expertise comptable – Commission d’Expertise Comptable
Université DE SFAX – Faculté des Sciences Economiques et de Gestion

Liste des abréviations :
ADSL Asymetric Digital Suscriber Line
AICPA American Institute of Chartered Public Accountants
ANCE Agence Nationale de Certification Electronique
ATI Agence Tunisienne de l’Internet
BPR Business Process Reengineering
CD-ROM Compact Disc Read Only Memory
CERN Centre Européen de la recherche nucléaire
CNCC Conseil National des Commissaires aux Comptes
EDI Echange de Données Informatisées
ERP Enterprise Resource Planning
FAQ Frequently Asked Questions
FTP File Transfer Protocol
HTML Hyper Text Markup Langage
IAB Internet Architecture Board
IFAC International Federation of Accountants
IRSIT Institut Régional des Sciences Informatiques et des Télécommunications
Mo Mega octets
NCSA National Center for Superconducting Application
NTIC Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication
OCDE Organisation de Coopération et de Développement Economique
OECT Ordre des Experts-Comptables de Tunisie
PC Personal Computer
PME Petite et Moyenne Entreprise
RAM Random Access Memory
RNRT Réseau National de recherché et de Technologie
RVA Réseau à valeur ajoutée
SSII Société d’Ingénierie et de Services Informatiques

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101 www.journaldunet.com « Risques informatiques et assurance », Journal du Net 25 janvier 2002 visité 27 janvier 2002
102 M. Abderraouf YAICH, « Technologies de l’information : positionnement de la profession comptable », RCF n° 60, page 14