Le rendement monétaire de l’éducation

By 3 July 2012

IV. Le total des revenus gagnés durant la vie active

Nous allons tout d’abord analyser le gain supplémentaire brut de l’apprenti, pris comme la différence entre son salaire et celui d’un jeune de la formation secondaire générale ou technique.

Le salaire d’un apprenti au Pérou est celui d’un jeune sans formation, qui dès 12 ans, commence à travailler (et de ce fait à se former sur le tas) dans un atelier de menuiserie. Il n’y a pas de différence entre le salaire d’un apprenti « officiel » et celui d’un enfant qui travaille à ce même poste.

Pour l’analyse qui suit, nous avons considéré les revenus des travailleurs selon leur âge, jusqu’à 65 ans. Les salaires annuels seront calculés en tenant compte du salaire de base plus les primes offertes par pièce produite.

Pour les enfants qui suivent la scolarité secondaire générale ou technique, nous avons considérés les revenus qu’ils génèrent par les « petits boulots » décris dans le premier chapitre.

Le tableau n° 4 représente les salaires des 3 types de filière. De 12 à 17 ans tous sont en cours de formation. Après 17 ans, les élèves du secondaire général et technique sont sortis de l’école, tandis que le jeune apprenti n’en sort qu’à 20 ans où il est considéré comme menuisier junior mais ne gagne pas plus que ceux qui ont commencé à travailler à 17 ans. A 30 ans, tous les jeunes pourront être considérés maître menuisier, et à 35 ans menuisier senior, quelle que soit leur formation d’origine, et gagneront la même chose. Pour tous, à partir de 50 ans et jusqu’à l’âge de la retraite, le salaire descend à 15600 soles car il dépend de la baisse de productivité.

NB :
** Il s’agit d’une entreprise particulière que nous avons prise pour effectuer notre étude chiffrée.
** La menuiserie considérée est une entreprise de taille moyenne.
** Nous ne prenons pas en compte l’impôt à la source car les montants considérés n’atteignent pas le minimum de 23,000 soles fixé par la loi.
** Nous faisons abstraction du chômage car il n’existe pas d’information précise dans ce domaine.
** Les revenus ne tiennent pas compte de la variation due à l’inflation.

Tableau N°4 : Les différences de salaire selon la filière de formation

Valeur de t (âge du jeune) Salaire d’un jeune issu du secondaire général Salaire d’un jeune issu du secondaire technique Salaire d’un jeune issu de l’apprentissage Gain brut supplémentaire de l’apprentissage par rapport au 2aire général Gain brut supplémentaire de l’apprentissage par rapport au

2aire technique

t1 = (12) 2 600 2 600 2 210 -390 -390
t2 = (13) 2 600 2 600 3 120 520 520
t3 = (14) 3 120 3 120 3 900 780 780
t4 = (15) 3 120 3 120 4 420 1 300 1 300
t5 = (16) 3 640 3 640 4 940 1 300 1 300
t6 = (17) 2 925 4 290 5 200 2 275 9 10
t7 = (18) 4 290 5 590 6 240 1 950 650
t8 = (19) 5 590 10 400 6 240 650 -4 160
t9 = (20) 10 400 10 400 10 400 0 0
………
t24 = (35) 16 640 16 640 16 640 0 0
………
t39 = (50) 15 600 15 600 15 600 0 0
…….
t54 = (65) 15 600 15 600 15 600 0 0
T O T A L 4 875 -2 600

L’analyse du tableau n° 4, calculant le gain supplémentaire brut sur toute la vie professionnelle d’un individu (nous n’avons pas encore pris en considération les coûts de formation), nous montre que le jeune issu de l’apprentissage s’en sort bien mieux que celui issu du secondaire général, mais moins bien que celui qui a suivi une formation technique.

Nous allons maintenant prendre en considération les coûts de formation pour calculer le gain net supplémentaire de l’apprentissage, en détaillant selon le type d’enseignement suivi par les apprentis : école générale ou école technique. Nous allons comparer ce salaire net à celui de la formation secondaire technique, pour voir si elle est réellement plus rentable.

Le salaire net représenté dans le tableau n° 5 est le salaire brut précédent, moins les coûts monétaires de formation qui nous servira à calculer le gain supplémentaire net par rapport à la formation technique.

Tableau N°5 : Les salaires nets selon la filière de formation

Valeur de t (âge du jeune) Salaire net du jeune éd.

2aire générale

Salaire net du jeune éd.

2aire technique

Salaire net de l’apprenti en école générale Salaire net de l’apprenti en école technique Gain net supplémentaire apprenti en éd. Générale par rapport au secondaire technique Gain net supplémentaire apprenti en éd. Technique par rapport au secondaire technique
t1 = (12) 2 240 1 660 1 850 1 270 190 -390
t2 = (13) 2 215 1 790 2 735 2 310 945 520
t3 = (14) 2 735 2 310 3 515 3 090 1 205 780
t4 = (15) 2 740 2 315 4 040 3 615 1 725 1 300
t5 = (16) 3 145 2 720 4 445 4 020 1 725 1 300
t6 = (17) 2 925 4 290 5 200 5 200 910 910
t7 = (18) 4 290 5 590 6 240 6 240 650 650
t8 = (19) 5 590 10 400 6 240 6 240 -4 160 -4 160
t9 = (20) 10 400 10 400 10 400 10 400 0 0
…….
t24 = (35) 16 640 16 640 16 640 16 640 0 0
…….
t39 = (50) 15 600 15 600 15 600 15 600 0 0
……
t54 = (65) 15 600 15 600 15 600 15 600 0 0
T O T A L 699 280 704 475 707 665 705 385 3 190 910

Cette analyse montre que l’alternative la plus favorable pour les jeunes est de suivre un apprentissage avec des cours en école générale. L’apprentissage avec cours en école secondaire technique reste néanmoins aussi une alternative plus rentable que la formation technique secondaire.

Pour effectuer un calcul exact nous allons actualiser les revenus nets pour trouver la Valeur Actuelle Nette (VAN) correspondante.

Pour actualiser les coûts et les gains supplémentaires par rapport au moment où la décision de suivre la formation est prise (année t0), nous allons tenir compte d’un taux d’escompte de 8%. Le taux a été choisi en fonction du taux d’intérêt accordé lors de placement sur des carnets d’épargne.

Nous allons effectuer ces calculs selon la formule de la valeur actuelle :
Co = Cn /(1+i)n
Co = valeur initiale d’un capital.
Cn = valeur de ce capital à l’année considérée.
i = taux d’escompte.
n = nombre d’années entre l’année initiale et l’année finale.

N.B. : Les graphiques 1a et 1b ne sont que deux parties séparées du même graphique, car la représentation sur l’ensemble des 65 ans ne permettrait pas de discerner les différentes lignes.

Graphique N° 1a : Actualisation (taux de 8%)

Graphique N° 1b: Actualisation (taux de 8%)

La simple représentation selon la filière de formation du revenu actualisé sur une période couvrant toute la vie professionnelle, met tout d’abord en évidence que l’éducation secondaire, qu’elle soit générale ou technique n’est jamais plus rentable que l’apprentissage. Les élèves qui quittent l’école après le primaire ou ceux qui entrent en apprentissage ont un revenu supérieur aux autres durant toute leur vie car le gain de salaire qu’ils peuvent espérer de leur formation s’annule très vite (à partir de 20 ans). Pendant le reste de leur vie, ils gagnent la même chose que les autres.

En fait, lorsqu’un enfant travaille dès l’époque de sa scolarité secondaire, il y a très peu de différence entre les différentes filières adoptées, à l’échelle de toute sa vie.

Nous ne perdons pas de vue que cette constatation s’applique bien sûr seulement à ceux qui quittent l’école et peuvent travailler, ce qui est loin d’être le cas de tous. En particulier, ceux qui ont suivi une formation ont, en général, plus de chances d’être employés pendant toute leur vie que ceux qui n’en ont pas faite.

Afin de compléter l’analyse, nous avons calculé la Valeur Actualisée Nette des revenus et frais d’éducation dans les 3 cas, toujours en considérant une « vie » professionnelle jusqu’à 65 ans, et en faisant varier le taux d’actualisation de 2 à 20%.

Graphique N° 2 : Rendement interne selon le taux d’actualisation choisi

Ce graphique montre bien que la différence entre les trois types de formation est minime, quel que soit le taux d’actualisation adopté, cela confirme qu’à l’échelle d’une vie, les différences entres les trois voies de formation sont marginales. Il montre aussi que la VAN élevée lorsqu’on considère un faible ou moyen taux d’actualisation, chute de façon très rapide si on augmente le taux d’actualisation, situation qui peut se produire lors d’une forte augmentation du taux d’inflation.

V. Conclusion sur le rendement monétaire de l’éducation

La première analyse effectuée (tableau n° 4) compare les coûts des formations en prenant en compte le coût d’opportunité constitué par le manque à gagner des enfants qui ne travaillent pas pendant leur formation. Il est clair que la formation en apprentissage (ou d’ailleurs le travail dès la sortie du primaire) est moins coûteuse que quelque type de formation secondaire que ce soit, car les coûts en sont diminués. Cette situation est aggravée au Pérou par le fait que la qualification technique n’est pas reconnue par des différences de salaires : après 20 ans tout le monde gagne la même chose, donc en termes de revenus nets, on aboutirait à la même conclusion.

Mais pour faire une comparaison qui serve à notre objectif, il nous fallait considérer les jeunes qui travaillent parallèlement à leur éducation secondaire, générale ou technique, et ne pas considérer le coût d’opportunité mentionné précédemment. Le calcul simple des gains nets dans ce cas de figure nous montre que l’alternative la plus intéressante économiquement, est la formation en apprentissage accompagnée de cours en école générale, suivie de l’apprentissage avec cours en école technique, puis de la formation technique. Dans tous les cas, la formation la moins rentable économiquement est la formation secondaire générale.

En fait, les résultats observés sont peu encourageants car nous n’oublions pas que les revenus considérés pour les apprentis sont exactement les mêmes que ceux que gagnerait un jeune issu du primaire sans aucune formation secondaire. En réalité, la formation secondaire au Pérou est toujours un investissement non rentable du point de vue économique. La raison profonde en est que, contrairement au cas d’un pays comme la Suisse, le système fait qu’au Pérou les personnes ayant une formation ne sont pas mieux payées que ceux n’en ayant aucune, à l’exception des 2 ou 3 premières années de vie active, qui ne permettent même pas de « rembourser » les coûts de la formation.

D’autre part, si on analyse les revenus nets de façon actualisée, on constate que la différence économique entre l’apprentissage (ou l’absence de formation secondaire) et les formations secondaires générale et technique, est presque insignifiante.

La conclusion principale de cette analyse des chiffres, est que les avantages de l’apprentissage par rapport à d’autres formations, ou à l’absence de formation, ne se mesurent que très peu en termes quantitatifs, mais qu’il faut plutôt rechercher les aspects qualitatifs.

En particulier, il s’agit d’avantages immédiats, très importants pour la décision des familles en situation de précarité :

Pour le premier cas, celui des jeunes qui ne fréquentent même pas l’école secondaire, même générale (qui est moins chère qu’une formation technique, car la charge en serait trop importante par le manque à gagner qu’elle signifie), l’apprentissage représente une alternative valable, car il permet à ces enfants de rester dans un cadre scolaire tout en procurant un revenu aux familles. Il s’agit donc d’une alternative acceptable économiquement par les familles. La formation duale représente donc un espoir de sortir de la logique du travail infantile sans contrôle, car les enfants en apprentissage feraient l’objet d’un meilleur contrôle, ce qui éviterait qu’ils soient placés dans des conditions inacceptables nuisibles à leur développement intégral.

On peut se demander pourquoi les autres jeunes s’inscrivent à des formations secondaires qui ne leur rapportent rien du point de vue économique. Ceci s’explique par trois raisons qui ne sont pas reflétées par les calculs :

– L’éducation secondaire est obligatoire au Pérou comme ailleurs.
– L’espoir de « passer » le niveau des études secondaires et de pouvoir suivre une éducation supérieure, qui, elle, est reconnue et permet de gagner de meilleurs salaires, conduit les jeunes à suivre cette éducation.
– Le fait d’avoir suivi une éducation secondaire générale ou technique peut permettre d’obtenir une place de travail alors que les autres, qui ont seulement une formation primaire, n’en auront pas.

Pour le deuxième cas, celui des jeunes qui suivent l’éducation secondaire générale, l’apprentissage pourrait représenter une possibilité d’entrer dans un cadre qui, lui aussi, soit légal et donne l’espoir d’aller plus loin, mais qui donne plus de chances encore de trouver un travail à l’issue de la formation, tout en n’augmentant pas la charge des familles, en particulier pour les élèves qui souhaiteraient suivre une éducation technique, mais n’en ont pas les moyens.

Pour le cas des jeunes qui suivent l’éducation technique, la mise en place d’un système d’apprentissage obligerait à mieux adapter les formations aux besoins des entreprises, ce qui est un des problèmes principaux actuellement.

Et enfin, ceci représenterait aussi pour les élèves du primaire qui abandonnent l’école car leurs familles n’ont pas les moyens de financer la scolarité secondaire (même si elle est obligatoire), un espoir de pouvoir continuer à aller à l’école et ainsi, d’éviter la marginalisation par manque de formation de base.

Conclusions de la première partie :

La Convention Internationale Relative aux Droits de l’Enfant adoptée en 1989 par l’Organisation des Nations Unies et ratifiée par 191 pays, dont le Pérou, porte sur la vie de tous les jours : l’éducation, les rapports avec les autres, les devoirs. Elle met en exergue le fait que les droits soient les mêmes pour tous les enfants, quel que soit le lieu où ils habitent, la couleur de leur peau, leur religion, leur origine culturelle et sociale ou bien leur sexe. L’enfant ou le jeune issu de famille pauvre devrait donc bénéficier d’un certain nombre de droits naturels et fondamentaux: logement, nourriture, affection, socialisation harmonieuse, éducation, santé, jeux, et même travail, quand il est nécessaire. Dans le cas où une société ne serait pas en mesure de les lui fournir, la Convention stipule que la société locale ainsi que la communauté internationale devraient tout mettre en œuvre pour favoriser son épanouissement en appuyant les initiatives qu’il prendra pour chercher à atteindre ses droits. Néanmoins, de plus en plus, les médias nous présentent des images accablantes de la réalité de milliers d’enfants partout dans le monde, où ces droits sont très loin d’être respectés. De nombreuses études nous mettent aussi en lumière cette triste réalité. Voici l’exemple du Pérou :

… « el día de ayer 175 niños murieron sin haber aún cumplido los cinco años, y siguen muriendo cada día que pasa en el Perú; 53 de 100 niños que viven en el campo padecen de desnutrición crónica; en lo que va de la guerra interna han sido asesinados más de 3,500 menores; se calcula en 250,000 los niños que sólo en Lima están obligados por la pobreza de sus familias a trabajar » (ALARCON 1994:13).

Les chercheurs de l’UNICEF, comme beaucoup d’autres, pensent qu’en améliorant les conditions de vie de la plupart des enfants, on améliorera également celles des autres personnes humaines. Pour eux, la problématique de l’enfant est le fil conducteur pour faire face aux problèmes sociaux des pays du Tiers Monde. Aider les « enfants en situation spécialement difficile » permettrait d’une part, de contribuer à la construction d’une société plus démocratique et égalitaire et, d’autre part, de promouvoir un développement plus humain et intégral. La réalisation de ces objectifs fondamentaux étant conditionnée par le développement des systèmes éducatifs locaux.

Dans le cas du Pérou, le programme d’ajustement structurel adopté par l’Etat pour corriger les déséquilibres économiques provoqués par la politique de reconversion productive, a conduit à la paupérisation de grands secteurs de la population. Par conséquent, de plus en plus, les familles péruviennes ont recours au travail de leurs enfants, attitude qui répond non seulement aux problèmes économiques mais aussi à des pratiques traditionnelles. La politique répressive concernant le travail des enfants, adoptée sous la pression internationale par l’Etat péruvien, loin de protéger et d’aider les enfants dans cette situation, les met en marge de la loi, et les expose ainsi à de nombreux abus.

En ce qui concerne l’éducation, la forte augmentation de la demande de formation à partir des années 60 a été accompagnée de la progressive réduction de l’investissement public dans le secteur éducatif. La responsabilité de prendre en charge le nombre élevé d’inscriptions est assumée plus directement par les enseignants (réduction du nombre d’effectifs et bas salaires) et par les parents. Cette politique a entraîné l’abaissement du niveau de qualité de l’éducation publique, et limite la possibilité des enfants des familles défavorisées d’accéder à une formation adéquate. Ainsi, les différences entre les groupes sociaux s’accroissent car seulement une minorité privilégiée peut fréquenter des établissements privés où l’on dispense une meilleure éducation.

Aux problèmes d’infrastructure rencontrés par l’école s’ajoute le fait que l’éducation secondaire, technique ou générale, n’a pas de valeur économique lorsqu’on la compare à la mise au travail à la sortie (ou avant celle-ci) de l’école. Seules les études supérieures et surtout universitaires se valorisent sur la durée. De plus, la formation technique au niveau de l’école secondaire, qui permet un accès plus rapide et direct au monde du travail, coûte plus aux familles que la formation générale. De ce fait, celle-ci demeure inaccessible aux familles pauvres. Les formations de type technique se heurtent également à une mauvaise acceptation par la société. Les valeurs transmises durant la colonisation et le total manque d’articulation entre le secteur éducatif et le secteur productif, sont les principaux motifs de la mauvaise valorisation des formations techniques et professionnelles. De plus, il existe une inadéquation entre l’offre de qualifications et la demande dans les secteurs productifs industriels du pays.

Ainsi, même s’il est impossible de transférer tel quel un système qui a du succès dans un des pays développés les plus riches du monde à un pays du tiers monde – non seulement pour des raisons économiques mais aussi socioculturelles -, le modèle de l’apprentissage paraît répondre aux nécessités du Pérou car ses points forts sont justement ceux qui font carence dans ce pays. En effet, l’instauration du système de l’apprentissage pourrait faire le lien qui manque entre le secteur éducatif et le secteur productif, et cela permettrait une formation plus adaptée à la demande de travailleurs du pays. De plus, ce type de formation, tel qu’il est partiellement démontré par l’expérience brésilienne, permettrait à de nombreux enfants et adolescents des secteurs les plus défavorisés, ceux qui sont le plus touchés par la nécessité de travailler au lieu d’aller à l’école, d’avoir accès à une formation technique.

Il serait illusoire de penser résoudre le problème des enfants péruviens au travail par l’implantation d’un simple système de formation. Celui-ci rencontrerait dans ce pays du tiers-monde des problèmes considérables, qui n’existent pas en Suisse, principalement liés au manque de places d’apprentissage dans les entreprises d’un pays à la structure économique fragile, où le taux de chômage est beaucoup plus élevé que celui de Suisse. Néanmoins, un nouveau système de formation qui organiserait le travail de certains enfants dans une structure qui leur permette à la fois, de contribuer partiellement au revenu de leur famille et d’acquérir une formation qui leur rende possible de trouver ultérieurement une place de travail, sans les retirer complètement de l’école, et sans qu’ils soient dans des conditions d’exploitation, serait une étape certaine vers le progrès dans ce pays.

Pour implanter une formation de type apprentissage au Pérou, il faudrait réunir trois conditions fondamentales :

L’établissement de façon formelle de relations partenariales entre l’Etat, les autorités régionales, les associations professionnelles et les entreprises.

La décentralisation de la prise de décision. C’est-à-dire une autonomie plus importante des régions pour l’organisation de l’éducation générale et technique (élaboration de programmes en accord avec les nécessités régionales).

La création d’un organisme qui centralise l’information, ouvert au public, et qui régule les relations entre les différents acteurs qui prendront part à ce type de formation : les jeunes, les parents, les maîtres d’apprentissage et les entreprises, les professeurs de culture générale.

Ainsi, l’éducation péruvienne n’a pas tant besoin de la coopération internationale sous forme de prêts et de donations, mais principalement d’apprendre des innovations et réflexions de pays qui présentent une situation de l’éducation en général plus favorable.

Lire le mémoire complet ==> (La formation professionnelle duale comme alternative éducative pour les enfants péruviens qui travaillent )
Mémoire de licence
Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Education