Le concept de présence, entretiens de soutien psychologique

By 2 July 2012

Le concept de « présence » – Chapitre 2 :

Ce concept est employé dans différents domaines comme le théâtre ou la communication par Internet. Il va nous permettre de comprendre un peu mieux comment est vécue la relation par Internet. Selon de nombreux articles et recherches scientifiques, la « présence » (ou télé présence comme on l’appelle plus souvent dans la littérature francophone) est l’expérience sensorielle, à travers un média, de sa propre présence dans un espace lointain. En anglais, la définition est la suivante : the sense of ‘being there’ in a mediated environment (Baños, Botella & Alcañiz, non daté). Cette définition nous convient dans le cadre de ce mémoire mais il est à noter que peu de recherches ont été réalisées sur ce concept jusqu’à présent. Plusieurs recherches sont en cours et ne s’accordent pas sur une définition plus précise (celle que nous avons citée est assez simpliste). L’opinion générale à ce jour est que l’état d’avancement des recherches sur la « présence » ne permet pas encore de définir avec précision ce concept. Suler (2003) distingue la présence environnementale et la présence interpersonnelle.

2.1 La présence environnementale

La présence environnementale est la sensation de présence dans un environnement. Elle dépend d’au moins 4 paramètres :

2.1.1 La stimulation sensorielle provenant de l’environnement (Sensory stimulation from the environment).

Selon Suler, plus ces stimulations sensorielles sont nombreuses et touchent les différents sens, plus la sensation de présence augmente. Il est, néanmoins, tout à fait possible de se sentir « présent » à l’intérieur d’un environnement très pauvre en stimulations sensorielles. Une simple fenêtre de texte avec quelques boutons rudimentaires peut le permettre.

2.1.2 Les changements dans l’environnement (Change in the environment).

Selon Suler, un environnement est rarement figé dans la réalité. Une fenêtre qui contient du texte, mais aussi des images animées ou encore des couleurs changeantes, renforce la sensation de présence dans l’environnement.

2.1.3 L’interactivité avec l’environnement (Interactivity with the environment).

Selon Suler, en ayant la possibilité d’interagir avec l’environnement, l’utilisateur atteint une sensation de présence plus élevée qu’en étant devant un environnement figé. Il précise également qu’être dans un environnement en 3D augmente la « présence » de l’environnement (par rapport à un environnement en 2D figé). Il est possible que, dans le futur, ces environnements en 3D deviennent une alternative commune aux fenêtres de chat actuelles. Ces environnements en 3D existent depuis longtemps mais sont peu utilisés. A l’intérieur de ceux-ci, on discute et on interagit grâce à un personnage en 3D qui nous représente (un « avatar »). Ce personnage peut réaliser des mouvements et interagir avec l’environnement.

Nous pensons qu’un tel environnement pourrait être un outil intéressant lors d’un travail thérapeutique. Une sorte de média transitionnel à l’intérieur d’un autre média transitionnel (un environnement en 3D à l’intérieur d’une communication par Internet). Le patient pourrait utiliser son avatar pour manifester ses émotions et s’exprimer grâce à l’environnement 3D (par exemple intégrer une photo ou une image dans la « pièce » où se tient la discussion, image qui aurait un sens particulier pour lui. Bien sûr, pour que tout cela soit possible, il faudrait un environnement 3D très riche et permettant une grande variabilité d’interaction, ainsi que des avatars très évolués qui nous permettraient de réaliser n’importe quel type de comportement.

2.1.4 Le degré de familiarité (The degree of familiarity).

Selon Suler, il est plus difficile de se sentir présent dans un environnement inconnu ou peu familier. Ce type d’endroit amène de l’anxiété ou un sentiment de ne pas être à sa place, ce qui rend la sensation de présence plus confuse.

2.2 La présence interpersonnelle

La présence interpersonnelle est la sensation de présence ressentie par un individu en interaction avec un autre individu dans un environnement. Elle dépend d’au moins 4 paramètres :

2.2.1 La stimulation sensorielle venant de l’autre personne.

Pour Suler, comme pour la présence environnementale, la présence interpersonnelle est renforcée par les stimulations sensorielles perçues et provenant de l’autre personne. L’usage d’une camera et d’un micro, ou encore l’usage des émoticons pour traduire les émotions contribuent à renforcer la présence interpersonnelle. Il note également que, même si nous disposons de peu d’informations sensorielles en provenance de l’autre personne, cela n’empêche pas forcément d’avoir le sentiment d’une forte présence interpersonnelle : l’autre peut sembler très présent malgré tout.

2.2.2 Les changements dans la présence de l’autre.

Selon Suler, en général, notre interlocuteur n’est pas figé, il se déplace, entre ou sort d’une pièce, s’assied, se lève,… La présence interpersonnelle augmente avec la liberté de mouvement de l’autre. Entrer ou sortir d’une conversation MSN participe à cela. Dans une conversation à l’aide d’un programme générant un environnement en 3D où chacun est représenté par un avatar ayant certains mouvements à sa disposition, la présence interpersonnelle se renforce d’avantage encore. L’utilisation des smileys lors d’un contact par chat manifeste certains de ces changements (surtout en symbolisant les émotions)

2.2.3 L’interaction avec l’autre.

Pour Suler, les interfaces de communication par Internet tentent de donner le plus de moyens possibles pour exprimer nos idées, nos émotions, notre état d’esprit ou encore les actes que nous voudrions réaliser envers l’autre pendant une conversation.

Nous ajouterons qu’anciennement, quand les seules possibilités d’expression lors d’une conversation étaient de taper les lettres et symboles disponibles sur notre clavier, les utilisateurs ont très vite appris à combiner ceux-ci pour exprimer les émotions de bases. Actuellement, ces symboles ont été traduits en images et toutes les émotions de base peuvent être exprimées par les émoticons qu’on trouve dans les programmes de chat comme MSN ou ICQ. Il est également possible d’afficher une image de nous, ou encore n’importe quelle autre image dans la fenêtre de discussion. Nous pouvons aussi démarrer des petites animations ou des sons que l’autre personne recevra instantanément. Tous ces outils ont pour but d’élargir les moyens d’expressions dont nous disposons. D’année en année, ces moyens augmentent. La sensation de présence augmente avec l’évolution de ces différents moyens.

2.2.4 Le degré de familiarité avec l’autre.

Selon Suler, comme pour la présence environnementale, l’utilisateur se sent plus à l’aise avec quelqu’un de familier, et la sensation de présence apparait plus rapidement dans ces cas là. Il suffit de quelques signaux familiers de la présence de l’autre pour que tout ce que l’utilisateur a en mémoire concernant sa relation avec cette autre personne revienne à la conscience.

Lire le mémoire complet ==> (Les entretiens de soutien psychologique par Internet)
Mémoire de fin d’études – Haute Ecole Léonard De Vinci
Institut Libre Marie Haps – Département de psychologie clinique