L’actualité conjoncturelle du secteur touristique français

By 15 July 2012

1.1.4 L’actualité conjoncturelle du secteur touristique

« La définition première du tourisme est le fait de voyager et de parcourir pour son plaisir en un lieu autre que celui où l’on vit habituellement. Le touriste se différencie alors du visiteur. Le visiteur est un excursionniste qui passe la journée hors de sa résidence habituelle ; le touriste est un voyageur qui se déplace pour une durée d’au moins 24 heures, comportant une nuit, et d’une année au plus. L’objet du voyage n’est pas une activité rémunérée » » (Rabeyrin et Sultan, 1998, Page 12). En France, on estime que prés de 70 % des Français de plus de 15 ans quittent au moins une fois leur domicile pour une durée d’au moins quatre jours pleins consécutifs pour des séjours de vacances. Par extension, on y retrouve toutes les activités engendrées par les déplacements des touristes : l’hébergement, les moyens de transport, la restauration et les activités de services attenantes comme les sports. De ce fait, tout espace géographique est porteur à priori d’activités touristiques et sportives qu’il soit lié aux acteurs publics, aux opérateurs privés ou aux professionnels.

L’exploration de l’actualité touristique s’effectue à partir des publications du Conseil National du Tourisme, dont la vocation est d’établir un descriptif de la consommation. Ce rapport témoigne que le secteur du tourisme et des loisirs reste un secteur économique sous forte influence internationale. L’offre touristique française connaît des mutations considérables avec le rapprochement des marchés et l’extension des zones de chalandise, couplé à l’évolution des différents modes de transports. La diffusion accélérée des technologies de l’information et de la communication entraîne également de profonds changements dans l’organisation et le management des entreprises et des organisations touristiques (Origet du Cluzeau. et Viceriat P, 2002). On observe nombre d’interactions qui s’instaurent entre les opérateurs internationaux du monde touristique et les acteurs au niveau local. Le début d’un regroupement des grands opérateurs touristiques leur permettant un renforcement face à la concurrence internationale sur le marché des produits les plus standardisés. Actuellement, ces regroupements se poursuivent, ainsi que la recomposition de la distribution des produits, avec la montée en puissance des portails internet et des agences virtuelles qui semblent mettre certaines offres françaises en situation difficile (Boyer, 1994). Que penser en effet des acteurs indépendants, hôtelier familial, gîtes,…, sans outils de bon niveau de technicité ?

La lecture du rapport ministériel laisse ressortir un constat de développement inégal des espaces de destination. Une mutation des offres s’observe dans chaque secteur :
– Les villes poursuivent leur affirmation à devenir des destinations touristiques à part entière avec la mise en valeur de leurs richesses culturelles et patrimoniales.
– La campagne poursuit un développement sélectif des zones situées à proximité de grandes métropoles européennes car il y existe des marchés à forte valeur ajoutée.
– Le littoral présente lui une double perspective d’évolution vers des espaces de nature, avec des hébergements intégrés de type station balnéaire, ainsi que vers des sites très animés comme traditionnellement pour les villes littorales.

Dans tous les cas, la préoccupation de « dé banalisation » de l’offre persiste. Si, de prime abord, ces propos s’opposent à ceux de Marc Boyer qui prônent la maîtrise les aspects matériels de l’offre. Les deux tendances évoluent plus en parallèle qu’en opposition et l’attente d’originalité témoigne essentiellement d’une évolution culturelle de tendances que subit le marché du tourisme. Ce constat incite à définir les grandes lignes conjoncturelles du tourisme :
– Les activités de pleine nature sont face à un engouement croissant. Les sports d’hiver affrontent les risques de saturation et d’engorgement des stations de ski qui semblent souffrir de leur positionnement essentiellement centré autour de la fonctionnalité saisonnière des sports de neige. La montagne cherche à dynamiser son image et ses produits sur la période estivale. Longtemps oubliées, les banlieues présentent la perspective de jouer un rôle de destination péri urbaine à part entière.

– Les parcs de loisirs présentent une perspective limitée de développement qui passe par la création de nouveaux complexes récréatifs de grande taille à l’inverse de l’émergence de centres de loisirs et de parcs à thème de petite et moyenne taille. L’intérêt croissant pour le patrimoine entraîne une accélération de la mise en tourisme du monde et de la culture ; les circuits touristiques possèdent alors des perspectives nouvelles pendant l’intersaison, aidée par la diversification des modes de transports.

– Le tourisme d’eaux, de mer et de santé, reste dépendant de la conjoncture. Il espère une dynamisation de certaines stations grâce à des actions de diversification vers un tourisme de santé et de remise en forme ainsi qu’à des initiatives de modernisation comme celle du réseau des Villes d’Eaux de France. L’offre des croisières poursuit son développement avec l’élargissement de ses clientèles traditionnelles, la sophistication des bateaux et l’accroissement des capacités d’embarquement.

Spécifiquement, ce rapport souligne l’importance de l’offre sportive dans un rôle renforcé dans l’attractivité des destinations et la motivation des clientèles touristiques. « Le sport ne représenterait pas réellement un gisement de marché, mais il revêt une dimension stratégique pour certaines offres touristiques en recherche d’attractivité et de dynamisation de leur activité traditionnelle, à l’image des destinations du haut pays azuréen qui se mettent au goût du jour en cherchant à y développer des activités physiques de pleine nature (eaux-vives, via ferrata,…) » (Origet du Cluzeau & Viceriat, 2002). L’importance de diverses publications de promotion d’activités de tourisme sportif, présentes dans le haut pays niçois et édités par les collectivités locales, en révèle la dimension stratégique en termes d’attente de développement local : guide pratique, rando pédestre haut pays, moyen pays, pays côtier, rando vtt, clues et canyons, randoneige (Guides Randoxygène, 2003).

Les activités sportives et touristiques s’inscrivent nécessairement dans un cadre de pratique qui en conditionne l’exercice (montagne, mer, neige, littoral, cours d’eau,…). Dans quelles mesures, les réalités locales prédisposent au développement des activités de tourisme sportif ? L’investigation s’oriente sur l’appréhension du contexte local du tourisme auquel celui des sports semble inféodé.

Le tourisme sportif en quête d’identité
La construction identitaire dans les organisations de tourisme sportif, entre idéologies sportives et matérialité professionnelle marchande
Thèse de doctorat de 3° cycle – Sciences de l’Information et de la Communication
Université de Nice Sophia-Antipolis