Analyse des documents publiés par les entreprises chimiques

By 19 June 2012

II. Analyse de contenu pendant la collecte des données

Nous procédons, dans un premier temps, à une analyse de contenu à partir de documents publiés par les entreprises de notre échantillon et dans un deuxième temps à une analyse de contenu après la réalisation des entretiens. L’analyse de contenu est une technique d’analyse d’un discours (entretiens, textes écrits etc.) fondée sur un ensemble de procédures structurées (synthèse d’entretiens ou de documents, codage, résumé et analyse intermédiaire).

Cette analyse s’effectue en cours de recueil des données parce que nous cherchons à alterner un travail de réflexion sur les données déjà collectées et une mise au point de nouvelles stratégies pour en collecter d’autres. En procédant ainsi, nous espérons éviter de commettre la même erreur que certains chercheurs qui se consacrent pendant des mois au recueil des données et ensuite qui s’isolent pour travailler sur leurs notes. Selon Miles et Huberman (2003), il s’agit d’une sérieuse erreur. Car il n’est plus question pour le chercheur de retourner sur le terrain pour combler les lacunes ou tester les nouvelles hypothèses apparues en cours d’analyse.

A. Analyse de contenu des documents

Pour collecter toutes les informations susceptibles de nous guider dans notre compréhension du sujet, nous étudions les documents publiés par les entreprises retenues dans notre échantillon sur leur site Internet et nous effectuons ensuite une synthèse.

1. Fiche de synthèse des documents

Les rapports annuels, rapports développement durable, rapports HSE obtenus sur Internet nous apportent quelques informations indispensables à la compréhension des pratiques Responsible Care. C’est pour cette raison, que nous les étudions avant de rencontrer les personnes chargées du Responsible Care dans ces entreprises qui nous apporterons des informations complémentaires. Nous synthétisons les informations obtenues sur une fiche appelée « fiche de synthèse » qui sera par la suite codée pour une analyse ultérieure. Cette fiche nous permet de replacer le document dans son contexte, d’expliquer la portée et de donner un bref résumé de son contenu (cf. annexe 5).

2. Codage

Le codage oriente le recueil des données en cours et les prépare ensuite pour l’analyse. Il permet d’établir l’ordre du jour pour la prochaine collecte d’informations lors des entretiens. Nous établissons une liste de départ de codes avant le travail sur le terrain. Créer les codes avant les entretiens est utile car c’est un moyen de lier directement la question de recherche aux données. Selon Miles et Huberman (2003), un code est une étiquette qui désigne des unités de signification pour l’information descriptive, interprétative ou explicative compilée au cours d’une étude. Le code est également attaché à des mots, des locutions, des phrases ou des paragraphes entiers, connectés ou déconnectés d’un contexte spécifique. Mais un code peut être modifié ou supprimé par la suite s’il est mal adapté ou trop abstrait ou simplement inapplicable.

Le codage des documents se fait à l’aide de remarques en marge. Nous inscrivons dans la partie gauche de la fiche de synthèse les codes et dans la parte droite les commentaires sur les informations obtenues (cf. annexe 5). Au fur et à mesure du codage des idées apparaissent par rapport à la signification du texte codé. Ces idées sont par la suite connectées avec d’autres données et utilisées pour notre analyse. Enfin, les codes sont inscrits sur une liste et définis avec suffisamment de précision pour permettre d’avoir un langage commun et faciliter la compréhension des lecteurs (cf. annexe 6). Sur cette liste figure des codes principaux ou codes thématiques (exemple : « ENJ-MOT » pour « enjeux et motivations de la mise en œuvre du Responsible Care ») et des sous-codes (exemple : « ENJ-MOT/RAIS pour « raisons de la mise en place du Responsible Care »). Les codes thématiques identifient un thème ou une explication émergeant lors du recueil des données. Ils permettent de regrouper des segments de données en un nombre plus réduit de thèmes ou d’unités analytiques et permettent d’analyser les données pendant la collecte des données, de sorte que les recueils ultérieurs soient plus centrés. Ces codes nous aide à construire une carte cognitive, c’est-à-dire un schéma évolutif permettant de comprendre ce qui se passe sur le terrain.

Dans notre étude, nous codifions « à la main » c’est-à-dire sans l’aide d’un logiciel d’analyse de données. Bien que les logiciels d’analyse de données qualitatives soient de puissants outils informatiques permettant de diviser les textes en segments, d’attribuer des codes, d’établir des liens entre les codes, d’effectuer des analyses de contenu, d’éditer des diagrammes ou des matrices, nous préférons réaliser cette étude sans l’aide de logiciels spécifiques pour la simple raison que la collecte des données n’est pas volumineuse. Nous ne réalisons que 10 entretiens et le temps imparti nous permet de réaliser cette analyse de contenu de façon manuelle. Cette première étude va nous servir de vecteur pour les études à venir et nous permettre de réaliser nos propres conclusions. Pour réaliser notre codage manuel et notre analyse de contenu ensuite, nous choisissons alors d’appliquer les étapes et les procédures présentées par Miles et Hubermann (2003).

Après le codage, nous effectuons une synthèse des informations obtenues sur chaque entreprise dans une base de données créée sur Excel.

3. Résumé intermédiaire

Le résumé intermédiaire est un document provisoire permettant de synthétiser les données relatives à chaque site et d’indiquer ce qui reste à découvrir. Ce résumé permet de faire ressortir les éléments principaux des pratiques de chaque entreprise et de découvrir les informations manquantes à notre compréhension du sujet. Il complète l’étude exploratoire menée au départ et met en évidence les questions à poser aux interviewés. Il s’agit d’une première tentative pour dégager un compte rendu de site cohérent.
Lire le mémoire complet ==> (Responsible Care dans les entreprises chimiques françaises)
Master Recherche Sciences de Gestion (DEA) – Mémoire Majeur
IAE de Poitiers – Université de Poitiers

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Voir composition de l’échantillon page 76.