Séjours de stimulation : caractéristiques des séjours

By 10 April 2012

II- Les séjours de stimulation

Dans cette seconde partie, nous allons présenter plus en détail les séjours de stimulation. Pour cela, nous allons tout d’abord décrire les caractéristiques des séjours de stimulation, nous analyserons ensuite la demande. Enfin nous étudierons les tendances futures en matière de séjours de stimulation.

1) Les caractéristiques des séjours de stimulation

Au sein de cette section nous décrirons les principales caractéristiques des séjours de stimulation.

Selon M. Dupuy (2005), les séjours de stimulation sont des récompenses destinées aux employés internes ou externes d’une entreprise. Le but des séjours de stimulation est, comme son nom l’indique, de stimuler le personnel afin d’augmenter les ventes d’une entreprise et améliorer son chiffre d’affaires. Les séjours de stimulation sont destinés par exemple à la force de vente d’une entreprise, aux représentants, aux concessionnaires ou agents d’une entreprise.

Les séjours de stimulation sont une récompense, ils ne comprennent donc en général pas de réunions de travail. L’objectif est de remercier le personnel, de créer une dynamique de groupe dans le but de donner aux participants le sentiment d’appartenir à une seule et même entité.

Graphique 3 – Tendance du marché 2010
Tendance du marché 2010
Source : G. Denis, N. Dudkowski, « Le marché des agences de communication événementielle en France », Etude ANAé-Bedouk, 2 février 2011

Comme nous pouvons l’observer, les ¾ des évènements commandités par des clients français ont lieu en France.

Les séjours de stimulation n’étant pas dédiés aux réunions de travail, ils comprennent toujours au minimum une ou plusieurs activités culturelles ou ludiques dans leur programme. Les différentes activités se répartissent de la façon suivante :

Graphique 4 – Les activités des séjours de stimulation
Les activités des séjours de stimulation
Source: Auteur Inconnu, « The annual analysis and forecast for the motivational events industry », Etude Site Index, février 2011

Les principales activités organisées lors des séjours de stimulation sont donc les suivantes : les activités passives incluant les tours, les visites culturelles et les city tours ; les spas et les activités bien être ; les activités actives de team building de type chasse au trésor ou rallye ; les activités sportives telles que le golf ou le vélo; et enfin les activités à sensations fortes telles que le saut à l’élastique ou la conduite de voiture de formule 1 sur circuit. Les différentes activités incluses dans les séjours de stimulation se répartissent de façon quasi identique à l’exception des activités passives qui représentent plus de 20% des activités des voyages. Ceci s’explique par le faible coût des activités passives, à contrario, les activités à sensations fortes généralement coûteuses sont les activités les moins représentées lors des voyages de stimulation.

Le tourisme d’affaires suit une saisonnalité différente du tourisme d’affaires. En effet, peu de séjours de stimulation sont organisés en été. Il existe deux périodes à haute saisonnalité pour les séjours de stimulation : le printemps, plus particulièrement le mois de mai, et l’automne, plus précisément le mois d’octobre. Les séjours de stimulation se destinant à la force de vente de l’entreprise, il serait peu approprié de programmer les séjours en période de vacances scolaires alors que les employés sont en vacances. Le fait d’offrir aux employés un séjour de stimulation en dehors des périodes de vacances scolaires permet de motiver plus les participants en les coupant de leur rythme de vie traditionnel. Autre côté positif pour l’entreprise le coût de l’hébergement et du transport est généralement plus faible hors vacances scolaires.

Graphique 5 – Saisonnalité de la fréquentation des visiteurs de séjours de stimulation
Saisonnalité de la fréquentation des visiteurs de séjours de stimulation
Source: P. Vece, “Les tourists d’affaires sur la Côte d’Azur : panorama de la demande », Les Cahiers Espaces n°97, Avril 2008, p. 96

Comme nous pouvons l’observer la saisonnalité de la fréquentation des visiteurs de séjours de stimulation a peu évolué entre 1995 et 2005. La saisonnalité reste quasiment identique.

En moyenne, la durée de séjour des participants à un séjour de stimulation est de quatre nuits, soit un séjour deux fois moins long que les séjours de loisirs. 31% des participants à un voyage de stimulation séjournent à deux, avec un accompagnant.

Comme nous venons de l’observer, les séjours de stimulation sont des voyages différents des séjours traditionnels. Ce sont des séjours de récompenses offerts par des entreprises à leurs meilleurs employés et qui comprennent généralement une ou plusieurs activités ludiques, culturelles ou de team building. Nous avons étudié précédemment l’offre des agences réceptives mais qu’en est-il de la demande des séjours de stimulation ? Les séjours de stimulation étant diamétralement opposés au tourisme, dit classique, la demande de séjours de stimulation doit également être spécifique à ce type particulier de séjour.

2) L’analyse de la demande

Dans cette deuxième section, nous analyserons de façon quantitative et qualitative la demande en matière de séjours de stimulation. Nous décrirons également les motivations et les freins des participants aux séjours de stimulation.

a) Analyse de la demande

Dans cette première rubrique, nous allons tout d’abord analyser de façon quantitative et qualitative la demande en matière de séjours de stimulation.

Les clients des agences réceptives sont des entreprises, des associations, des organismes publics ou d’autres agences touristiques étrangères. En effet, certaines entreprises étrangères peuvent contacter une agence réceptive locale afin d’organiser un séjour à l’étranger. L’organisateur d’évènements contactera donc directement une agence réceptive du pays choisi par son client afin qu’elle élabore le séjour.

Les entreprises représentent 83% du chiffre d’affaires des agences réceptives. Les organismes publics et les associations ne représentent qu’une faible part du chiffre d’affaires des agences réceptives.

Graphique 6 – Typologie de clientèle
Typologie de clientèle
Source : G. Denis, N. Dudkowski, « Le marché des agences de communication événementielle en France », Etude ANAé-Bedouk, 2 février 2011

Les entreprises du secteur privé ont généralement un budget consacré à la motivation de leurs employés plus important que dans le secteur public ce qui explique cet écart de clientèle important.

Les entreprises clientes de séjours de stimulation proviennent des secteurs économiques suivants :
Les entreprises clientes de séjours de stimulation
Source : G. Denis, N. Dudkowski, « Le marché des agences de communication événementielle en France », Etude ANAé-Bedouk, 2 février 2011

Comme nous pouvons l’observer, les secteurs d’entreprises les plus porteurs sur le marché des séjours de stimulation sont la finance / banque / assurance et l’industrie avec une croissance stable depuis 2009. Seul le secteur de la chimie / pharma / cosmétique a souffert de la crise et du renforcement des lois encadrant l’industrie pharmaceutique passant de 32% en 2009 à 19% en 2010.

Les principaux clients des agences réceptives en matière de séjours de stimulation sont donc des entreprises provenant des secteurs de la finance ou de l’industrie. Les séjours de stimulation sont généralement organisés par une entreprise commanditaire. Dans ce cas, les participants à ces séjours ne sont pas les acheteurs. La difficulté est donc de satisfaire et d’organiser un séjour correspondant aux attentes des participants et aux souhaits de l’entreprise commanditaire tant en matière de budget que de programme.

b) Les motivations et les freins des participants pour assister à un séjour de stimulation

Nous allons à présent étudier les motivations et les freins des participants pour assister à un séjour de stimulation.

Spindler et Huron (2009) ont étudié les facteurs influençant la participation à un séjour de stimulation.

Tableau 1 – Les facteurs influençant le choix de la participation à un séjour de stimulation

1Peu d’influence% 2% 3% 4% 5Très influant%
Contenu du programme 1.6 1.8 16.0 29.7 50.9
Opportunité de faire des rencontres professionnelles 3.3 5.5 19.9 31.4 39.9
La location 18.2 6.5 20.0 17.2 38.0
Accessibilité 22.0 7.5 20.6 19.3 30.6
Sécurité de la destination 43.3 10.4 21.6 8.9 15.7
Destination déjà visitée 53.3 9.6 14.3 8.7 14.1
Opportunité de visiter une nouvelle destination 82.5 4.5 7.4 2.3 3.3
Le climat 29.9 4.5 52.5 7.9 5.3

Source : Jacques Spindler, David Huron, « L’évaluation de l’évènementiel touristique », Ed. L’harmattan (2009), chap.5

On observe que les facteurs influençant le plus la participation à un séjour de stimulation sont : le contenu du programme, l’opportunité de faire des rencontres professionnelles, la location et l’accessibilité de la destination. L’opportunité de visiter une nouvelle destination n’entre pas en compte dans le choix de la participation à un séjour de stimulation, tout comme le fait de retourner dans une destination déjà visitée. La sécurité n’est pas un facteur primordial dans le choix de la participation à un séjour de stimulation, ce qui paraît surprenant depuis les attentats du 11 septembre 2001 qui ont bouleversé le secteur du tourisme traditionnel.

Le côté social des séjours de stimulation n’est pas négligeable. Ainsi, l’opportunité de faire des rencontres professionnelles apparaît en seconde position des facteurs influençant la participation à un séjour de stimulation. D’après J. Spindler et D. Huron (2009), « la perspective psychosociale est une motivation essentielle expliquant la participation à un événement ».

Les motivations et les freins de la participation à un séjour de stimulation sont donc diamétralement opposés à ceux du tourisme traditionnel. Les professionnels des agences réceptives doivent donc prendre en considération ces différences lors de la création du séjour. Les agences réceptives spécialisées dans le tourisme d’affaires seront donc plus à même de répondre à ces exigences car elles sont spécialisées dans ce secteur d’activité spécifique.

3) L’étude des tendances futures

Dans cette ultime section, nous étudierons les tendances futures en matière de séjours de stimulation.

L’année 2009 a été marquée par une augmentation des « petits » évènements (moins de 50 personnes) :
Graphique 8 – Répartition des opérations par nombre de participants
Répartition des opérations par nombre de participants
Source : Auteur inconnu, « Le Marché des Agences de Communication Evénementielle en France », Site Internet de GPO Le magazine des dirigeants d’entreprise, http://www.deplacementspros.info/Etude_ANAe.pdf , Accès le 23/02/10

Depuis le début de la récession économique, la durée moyenne des séjours de stimulation et la dépense moyenne par participant a diminué. De plus, les séjours se concentrent désormais sur les milieux de semaine.

La récession économique a impacté à la baisse 55% des agences réceptives en 2010 contre 61% des entreprises réceptives en 2009. D’après C. Schmink, « pour bien préparer la reprise économique, il est indispensable de miser sur les événements professionnels qui développent la cohésion d’équipe. Il est à l’heure actuelle totalement stratégique de développer l’esprit d’équipe par le jeu, le sport et les loisirs ». 85% des entreprises commanditaires sont également de plus en plus demandeuses de lieux et d’activités originales. L’innovation en termes d’activité est donc devenue primordiale pour les entreprises commanditaire qui souhaitent changer des traditionnelles activités de team building.

Les tendances futures en matière d’hébergement restent les mêmes. Ainsi, les entreprises commanditaires de séjour de stimulation privilégient les hôtels 3 et 4 étoiles qui continuent à être le standard en matière de tourisme d’affaires. Les hôtels cinq étoiles sont trop luxueux. Depuis la récession économique les entreprises font attention à leurs dépenses ; elles ne doivent pas montrer qu’elles gaspillent de l’argent dans des séjours trop chers. Il faut en mettre plein la vue aux participants sans aller dans du luxe trop provocant.

Les entreprises contrôlent plus leurs dépenses en matière de tourisme d’affaires et souhaitent donc associer une période de travail au séjour. D’après M. Dupuy (2005), « les voyages de stimulation sont passés d’un moment de fête sans travail à des séances de recyclage et de mise au point, des mini séminaires avec réponses à des questions d’actualité, et la transmission de messages destinés à la force de vente ».

D’après une étude ANAé sur le marché des agences de communication événementielle en France en 2010, les clients des agences réceptives souhaitent que des moyens soient mis à leur disposition pour mesurer l’impact des séjours de stimulations sur la motivation des participants. Le budget voyage est un investissement pour les entreprises, il est donc primordial pour elles de pouvoir mesurer le retour sur investissement.

Ces tendances et évolutions futures doivent être prises en compte par les agences réceptives afin de toujours satisfaire les attentes de la clientèle sans se faire dépasser par la concurrence. La prédiction des tendances futures en matière de séjours de stimulation permettra aux agences réceptives de mieux lutter contre la concurrence.

Dans cette seconde partie, nous avons présenté les séjours de stimulation. Comme nous venons de le voir, les séjours de stimulation sont différents des séjours classiques. En effet, l’acheteur est dissocié du participant au séjour. Les besoins et attentes vont donc être spécifiques à chacun et l’agence réceptive doit satisfaire les attentes en matière de programme et de budget fixé par l’entreprise commanditaire et les attentes des participants aux séjours de stimulation. Afin de mieux répondre à ces attentes, les agences réceptives spécialisées dans le tourisme d’affaires doivent étudier et analyser les tendances futures en matière de stimulation qui ont considérablement évolué depuis le début de la crise économique comme nous l’avons étudié.

Lire le mémoire complet ==> (Gestion de la qualité de stimulation – Agences réceptives
)

Mémoire professionnel présenté pour l’obtention du Diplôme de Paris 1 – Panthéon Sorbonne
Institut de Recherche et d’Études Supérieures du Tourisme
Spécialité Gestion des Activités Touristiques et Hôtelières

 

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Source : P. Vece, « Les touristes d’affaires sur la Côte d’Azur : panorama de la demande », Les Cahiers Espaces n°97, avril 2008, p. 96
Source : op. cit
Source : G. Denis, N. Dudkowski, « Le marché des agences de communication événementielle en France », Etude ANAé-Bedouk, 2 février 2011
Source : V. Pothain, « Les locomotives de l’événement », Magazine Meet->in n°118, mars 2011, p.29-31
Source : V. Pothain, « Baromètre coach Omnium / Bedouk 2010 : une belle éclaircie, mais une météo instable », Magazine Meet->in n°118, mars 2011, p. 26-28
Source : C. Schmink, « Dossier organisez vos séminaires améliorer la performance de vos équipes grâce aux techniques incentives », Magazine Entreprendre n°238, mars 2010, p. 166
Source : Auteur inconnu, « Le marché des agences de communication événementielle en France », Etude ANAé, 2010
Source : Auteur inconnu, « Le marché des agences de communication événementielle en France », Etude ANAé, 2010