Le Tourisme et la genèse du secteur touristique

By 28 March 2012

Le Tourisme et la genèse du secteur touristique – Première partie
Introduction :
Selon l’Organisation Mondiale du Tourisme, le tourisme correspond aux « activités déployées par les personnes au cours de leurs voyages et de leurs séjours dans les lieux situés en dehors de leur environnement habituel pour une période consécutive qui ne dépasse pas une année, à des fins de loisirs pour affaires et autres motifs ».

Le tourisme est donc l’expression d’une mobilité humaine et sociale fondée sur un excédent budgétaire susceptible d’être consacré au temps libre passé à l’extérieur de la résidence principale. Il implique au moins un découcher, c’est-à-dire une nuit passée hors du domicile, quoique d’après certaines définitions il faille au moins quatre ou cinq nuits passées hors de chez soi. Il concerne un déplacement d’agrément, s’appuie sur un ou plusieurs types de loisirs conjugués ou successifs. Il répond à un certain besoin d’évasion conduisant au dépaysement momentané ou périodique. D’abord réservé essentiellement aux catégories fortunées de la société, il visa dès l’origine l’exotisme et dépassa d’habitude les confins nationaux. La législation sociale contemporaine en fit un droit pour tout travailleur, d’abord en pays industrialisé, puis progressivement dans les régions en voie de développement. Devenu ainsi un phénomène de civilisation qui s’adressait aux masses laborieuses en même temps qu’aux couches aisées de la population, le tourisme finit par pénétrer fortement les mentalités ; il alimenta les rêves, suscita un monde nouveau d’images. À présent, il fait l’objet de préoccupations annuelles. Après avoir marqué le rythme de vie de façon exceptionnelle, il a pris un caractère périodique, répétitif.

Le tourisme à travers le temps et la genèse du phénomène touristique :
Le voyage dans l’histoire de l’humanité constitue une grande opportunité d’enrichissement, d’ouverture. MONTAIGNE souligne  dans ses essais : «  J’observe en mes voyages cette pratique pour apprendre toujours quelque chose par la communication d’autrui, de ramener toujours ceux avec qui je confère, aux propos des choses qu’ils savent le mieux» (1).

Le voyage est ici apparenté à un outil de la connaissance.

Au XVIe siècle, on a assisté à l’émergence de la villégiatura(2), ancêtre de la résidence secondaire.

Le XVIIe siècle, quant à lui, était celui de l’invention du tourisme gastronomique.

Au XVIIIe siècle, en Angleterre, « le grand tour»consistait à envoyer de jeunes fils de nobles à l’étranger durant deux ou trois ans dès la fin des études secondaires, et ceci dans l’unique objectif de faire de l’enfant un homme du monde par le voyage en éveillant en lui la connaissance et l’esprit d’aventure dont il aurait besoin pour sa future carrière diplomatique.

Les voyages des jeunes Anglais étaient guidés par des ouvrages spécialisés et des précepteurs. Ces pratiques concernaient non seulement les nobles dont le pouvoir politique et social décline, mais aussi les bourgeois vivant de leur rente.

Le mot anglais « travel » aurait la même racine étymologique que le mot français « travail ». Le voyage, à l’époque, était perçu comme un labeur, ou, tout au moins, un outil d’apprentissage de la vie. C’est une source d’expérience utile pour toute réussite sociale. Aujourd’hui, par les subtilités de l’histoire, il signifierait plutôt son opposé à savoir l’oisiveté (3), ou la détente.

Le tourisme était avant tout un phénomène de minorités qui profitaient de leur temps et de leur argent dans des régions bénéficiant des apports de l’histoire ou du climat comme l’Italie ou la Côte d’azur. Il s’agissait d’un tourisme éclectique où l’on recherchait l’évasion et la curiosité, assorties d’une bonne dose de snobisme. L’achat par les classes relativement aisées des pays les plus développés du produit touristique comme n’importe quel autre, réduit fortement le risque du voyage, sa préparation et le contact avec l’autochtone, auparavant véritable motivation du voyageur.

Ce n’est qu’à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, par imitation du modèle aristocratique, que la bourgeoisie accède au tourisme à travers l’alternance tourisme-travail. L’essence même du tourisme se transforme. La production en masse d’automobiles, puis d’avions, l’accès à l’image pour de larges couches de populations par l’intermédiaire de la télévision d’un côté, l’augmentation et la relative redistribution des revenus associées à des gains de productivité et aux revendications salariales de l’autre vont donner naissance au tourisme de masse.

Cette consommation de masse du produit touristique constitue sans doute l’une des grandes révolutions du siècle, ce produit représente, à certains égards, l’accès démocratique à un privilège des classes dominantes. Il est la conséquence et le corollaire du travail dans une société urbanisée et bureaucratique pour la première fois dans l’histoire. Mentalités, argent et temps allaient se rejoindre, et se combiner pour permettre l’apparition du tourisme de masse.

Le terme « masse» évoque d’abord le nombre et la quantité. C’est ce que nous enseignent tous les dictionnaires. On dit qu’un phénomène est «de masse» lorsqu’une grande partie de la société est concernée. C’est pendant la période allant des années 1950 aux années 1970 que le terme de « tourisme de masse» apparaît et se diffuse. La fréquentation de certains lieux s’accroissait alors chaque année un peu plus. Et ce grâce à de nombreux facteurs comme le progrès des transports (chemin de fer, automobiles, avions), et l’augmentation du temps des loisirs (congés payés, réduction de temps de travail, etc.).

Le secteur touristique ainsi représente une composante essentielle de l’aménagement du territoire et du développement local.

En effet, pour les territoires attractifs, le tourisme est un facteur de dynamisme économique et de rayonnement culturel tandis que dans les territoires plus fragilisés et marginalisés, il intervient en complément d’activités assurant ainsi le maintien voire la création d’emplois.

D’après l’O.M.T. les voyages internationaux se situent à la troisième place dans le classement des « GRANDS » secteurs du commerce mondial. Le chiffre d’affaires du tourisme n’est précédé que par ceux des industries de pétrole et de l’automobile. Mais aujourd’hui le tourisme représente la première industrie de service dans le monde. Bref, c’est l’or blanc du troisième millénaire. Il favorise l’ouverture des grands chantiers d’avenir d’une nation. Nul ne peut ignorer de nos jours, le rôle capital que le tourisme peut jouer en tant que secteur moteur de développement économique et social des pays. Ce secteur est la principale source de créations d’emplois dans un grand nombre de pays. Non seulement dans l’industrie touristique elle-même mais aussi, par effets d’entraînement, dans d’autres secteurs.

L’impact économique du tourisme et des voyages est également considérable puisqu’ils sont à l’origine de la croissance de l’investissement en infrastructures et qu’ils constituent une source de devises d’une grande importance non soumises à des obligations d’achat et à des paiements déterminés.

De même à cause de sa nature diversifiée, le tourisme touche pratiquement tous les domaines de l’activité économique, il exerce une grande influence sur les autres secteurs tels que l’agriculture, la construction, l’artisanat, le commerce et surtout les services de transport.

Le secteur touristique est le principal consommateur des produits de l’artisanat local, rural et urbain ainsi que pour le mobilier et l’équipement de base. L’effet de tourisme ne s’arrête pas ici, aussi, il touche la société. Car il est un moyen de communication et d’échange culturel entre les peuples surtout dans les pays de séjour plus spécialement dans le tourisme de masse.

Par conséquent, les régions touristiques connaissent des mutations plus profondes qu’il n’y paraît. Elles s’ouvrent sur l’extérieur, ce qui ne peut qu’élargir le champ du dialogue entre les cultures et ouvrir de nouvelles perspectives à la coopération entre les hommes.

En somme, le tourisme s’impose comme un phénomène majeur de la fin de ce siècle. Les flux touristiques ne cessent de croître. La démocratisation du tourisme est due à une rapide croissance économique durant les Trente Glorieuses. La hausse du pouvoir d’achat favorise l’accession au tourisme de nouvelles catégories sociales. Le temps libre augmente à la faveur de la croissance des générations de retraités et de l’extension de la durée des congés payés pour les plus jeunes.

L’urbanisation croissante entraîne, aussi, un essor du désir d’évasion, en raison des contraintes spécifiques de la ville. Les facteurs technologiques ont également une grande importance. La seconde révolution des transports joue à cet égard un rôle essentiel. La route et l’avion relaient rapidement le rail, instrument privilégie de la diffusion du tourisme durant le XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle.

Ces facteurs ont facilité l’accès au tourisme à toutes les catégories sociales. Ce qui traduit la transition d’un tourisme d’élite à un tourisme de masse.

Le tourisme en chiffre :
Au niveau International, le tourisme est un secteur des plus importants et un des rares présents dans la plupart des pays de la planète.

L’OMT dans Les Tendances du Marché du Tourisme, Edition 2006, fournit un éventail de statistiques utiles à l’analyse du secteur du Tourisme. La manière la plus commune d’évaluer l’ampleur du secteur est en nombre d’arrivées.

Le tourisme international a connu une croissance très rapide. En 2005, le nombre mondial d’arrivées était de 807 millions soit plus de 30 fois les 25,3 millions de 1950. Selon une estimation de l’OMT, il s’élèvera à 1,6 milliards en 2020.

Selon le rapport de l’OMT « tourisme, horizon 2000 », si le total des arrivées internationales représente 11% de la population mondiale, pas plus de 3,5% des habitants du monde voyagent en séjournant plus de 24heures dans un pays étranger (minimum nécessaire pour être considéré comme touriste).

Par ailleurs, à l’horizon 2020, « le niveau de pénétration du tourisme international dans les populations « réellement » potentielles, peut être estimé à 7% : autrement dit, l’industrie en est encore à ses débuts ».

De par l’importance des échanges de biens et de devises qu’il permet à un niveau international, le tourisme peut offrir de réels bénéfices. La France, première destination touristique du monde à su tiré parti de ses attraits.

Selon un rapport de la Direction du tourisme publié en juillet 2006, la fréquentation étrangère touristique est en hausse. Les touristes proviennent d’abord des îles britanniques (15 000 milliers d’arrivées), puis d’Allemagne (13 200 milliers), des Pays Bas (11 640), du Benelux (8 950) puis d’Italie (7 200).

Le tourisme en chiffre

La première destination touristique du monde à su tirer profit de cette grande affluence, quand on compare les dépenses des français à l’étranger à celles des résidents étrangers sur le sol français, la balance est très en faveur de la France.

Le tourisme en chiffre

 

Le tourisme en chiffre

 

Le tourisme en chiffre

Lire le mémoire complet ==> (Le marketing des Tours Opérateurs)
M I : Management et Marketing Touristique – Université Mohamed V
Faculté des Sciences Juridiques et Economiques Souissi
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(1) CUVELIER P., TORRES E., GADREY J., 1994, op. cit., p. 33.
(2) De l’italien villegiatura, de villegiare, issu de villa, signifie « aller à la compagne ».
(3) L’oisiveté vient du latin otium. Le terme négatif est le negotium d’où vient le mot négoce, commerce.