L’ouverture de l’économie marocaine à l’échelle mondiale

By 2 July 2011

L’entreprise marocaine
Le contexte de la mise à niveau de l’entreprise marocaine – PARTIE 1 :
Un passage obligé.

« Si ton œil était plus argus tu verrais tout en mouvement »
Friedric NITZCHE.

Chapitre I : L’ouverture de l’économie marocaine à l’échelle mondiale : un processus continu :
Introduction :
Après l’indépendance, le Maroc a essayé de restructurer une économie nationale, c’est ce qui a été déclaré par la politique de planification dont le but essentiel est le développement et la protection de l’économie toute naissante. après la chute du gouvernement de Mr Abdellah Brahim, une crise économique et financière s’est intervenu entraînant le Maroc dans le cercle de l’endettement .

Avec le gonflement de la dette extérieurs et la pression des institution internationales et des créanciers internationaux, le Maroc s’est lancé, à partir de 1980, dans un programme de libéralisation et d’ouverture à l’économie mondiale. Cette ouverture s’est manifestée par l’adoption du programme d’Ajustement structurel à partir de 1983, et s’est poursuivi par l’inclusion au GATT en 1987 (devenu l’OMC après la conférence de Marrakech en 1994)(section I) .

A la fin du XXe siècle, la Maroc s’est engagé dans un nouveau contexte d’ouverture, notamment avec la conclusion d’un certain nombre d’accord d’association avec ses principaux partenaires, en premier avec l’UE en 1996 donnant naissance d’une Zone de libre-échange à l’horizon 2010, puis avec les USA en 2004 (section II)

Section I : De l’adoption du PAS à l’inclusion à l’OMC
§ 1 : le Maroc et le PAS
Dès le début de 1980, plusieurs pays en développement se sont trouvés confrontés à des problèmes de balance des paiements et des crises d’endettement extérieur de plus en plus aiguisés.

Cette situation qui reflète, dans une large mesure, l’apparition des conditions économiques mondiales exceptionnellement difficiles, conjuguées sur le plan interne à l’existence de structures économiques mal adaptées aux nouvelles contraintes externes, a amené ces pays à la mise en œuvre d’une série de programmes d’ajustement structurel.

L’expérience marocaine, qui s’inscrit dans ce cadre, a pris un tournant décisif à partir de 1983 par la mise en place de mesures de redressement et de restructuration plus soutenues avec l’appui du fonds monétaire international et la banque mondiale

A- Aperçu sur la situation économique pré-PAS.
Au début de la décennie quatre-vingt, le Maroc s’est trouvé confronté à une situation économique difficile et à des pressions financières aiguës. Durant la période 1981-1983, le taux de croissance du PIB en terme réel n’a pas dépassé de 2% et le taux d’inflation s’est situé aux alentours de 10% sur le plan budgétaire, l’épargne publique était négative pour l’équivalent d’environ 2% du PIB, et le déficit du trésor a atteint 12%du PIB

Au niveau des comptes extérieurs, le compte courant ( )de la balance des paiements a accusé un déficit de l’ordre de 12% du PIB avec une accumulation d’importants arriérés extérieurs .De même les réserves de change ont connu une chute sans précédent, couvrant a peine quelques jours sensiblement détérioré, si bien que l’encours a dépassé les 10% du PIB, et le ratio du service de la dette s’est élevé à l’équivalent de 50% des recettes en devise. Cette situation est un imputable a des facteurs à la fois endogènes et exogènes. Sur le plan interne, le boom phosphaté déclencher par le triplement des prix réel du phosphate de 1973 à 1974, a eu un impact considérable sur les finances publiques et les structures internes du prix et de production.

En effet le Maroc dont 85% de la production est vendu à l’étranger a généré d’importantes ressources en devises qui l’ont engagé dans un programme de dépenses très ambitieux, il s’agit d’investissement public en infrastructures, dans l’irrigation et dans l’industrie. En terme réel le volume d’investissement a été pondéré par (3,4) de 1974 à1977, ce qui a entraîné le doublement du taux de l’investissement au niveau national. En terme nominal les investissements publics ont été pondérés par (8,6) entre 1973 et1977, avant de chuter de 36% en 1978 pour cause de première tentative de stabilisation (à noter que la hausse du prix du phosphate n’a duré que deux ans et que dès 1976 le prix a chuté de 47%) (1)

L’Etat a en outre accordé une hausse de 26% des salaires des fonctionnaires ainsi que leur effectif. De même elle a accordé, dès 1974, des subventions très importantes aux produits alimentaires courants, (de telle sorte que ces subventions ont atteint 24% des dépenses de fonctionnement). Le boom phosphaté a par ailleurs favorisé une surélévation du taux de change, cet effet additionné aux effets cités au dessus sont les critères de ce qu’on appelle le syndrome hollandais ou plus explicitement le processus de croissance déséquilibrée.

L’économie marocaine a aussi été gravement secouée par un cycle de sécheresse qui a atteint une ampleur sans précédent dès 1981. (2) Au surplus, le Maroc se devait de se doter des moyens nécessaires pour assurer son intégrité territoriale. Par ailleurs, au niveau de la conjoncture internationale, cette période a été caractérisée par la flambée des prix de l’énergie notamment depuis 1979.Elle est également marquée par de nouveaux records en matière des taux d’intérêts qui ont considérablement augmenté aussi bien en valeur réelle qu’en valeur nominale sur les marchés internationaux.

D’un autre côté, le dollar, principale devise de la facturation des importations et du paiement du service de la dette a enregistré une forte appréciation à partir de 1980(1). Cette période a également été marquée par la récession qui a frappé aussi bien les pays industrialisés que les pays en développement et l’économie internationale a été affectée par a recrudescence du protectionnisme qui a déclenché un net ralentissement du commerce international.

Le drapeau marocainLe pays a cependant, faute de pouvoir mobiliser des ressources internes suffisantes a continué à faire massivement appel aux concours extérieurs pour couvrir son déficit en ressources , ce qui lui a permis certes de maintenir un relatif effort d’investissement, mais au prix de l’augmentation du niveau de son endettement extérieur cette conjugaison de facteurs internes et externes a fait que le Maroc s’est trouvée dans l’impossibilité de faire face normalement aux obligations de sa dette auprès des créanciers membres du club de paris, des banques commerciales et d’autres bailleurs de fonds( 2)
Résumant la situation financiere et économique :
– Une croissance faible avec des taux d’inflations élevés
– Des dérapages au niveau des comptes financiers internes et externes.
– Un endettement extérieur excessif et l’entrée dans le cycle de rééchelonnement.
– Un niveau presque nul des avoirs extérieurs.

B- L’adoption du PAS
Dès 1983, le Maroc dans ces conditions et avec la pression des institution internationales et des différents créanciers, s’est engagé de poursuivre un programme d’ajustement structurel (PAS) qui vise à la fois la stabilisation de l’économie, la réduction du déficit de la balance des paiements ainsi que la restructuration de l’appareil productif en permettant une meilleure allocation des ressources (1).

L’adoption de ce programme devrait rétablir les équilibres aussi bien économiques que financiers, intérieurs qu’ extérieurs cette politique se traduit par une ouverture progressive de l’économie marocaine sur l’extérieur et offrira de nouvelles opportunités aussi bien en matière d’échanges commerciaux qu’en matière d’investissements et d’attrait de capitaux étrangers, elle est susceptible de favoriser une croissance du revenus et du bien-être de l’ensemble des partenaires à l’échange.

En effet, le PAS est d’abord l’enfant de la crise de l’endettement qui s’est manifestée de manière cruciale au début de la décennie quatre-vingt entre les pays endettés (en général ceux du sud comme le Maroc) et les pays endetteurs qui détiennent les leviers de commande de fonds monétaire international (FMI) et la banque mondiale (BM) en particulier pour amener les pays débiteurs à honorer les engagements, quoiqu’il en coûte a ces derniers, économiquement, politiquement et socialement.

Dans ce cadre il faut rappeler que le Maroc a procédé au rééchelonnement de sa dette extérieur en six accords auprès du club de Paris : 1983 puis 1985, 1987, 1988,1990 et finalement en décembre 1992,il a aussi obtenu un rééchelonnement supplémentaire de sa dette militaire pour un montant de 575 millions(2) de $. Le processus de rééchelonnement avait nui certes pour un certain temps à la solvabilité du Maroc vis à vis de ses créanciers, en ce sens que sa signature sur le marché des capitaux s’était altérée, mais le pays s’est engagé dès 1993 a ne pas demander de nouvel accord visant par-là à rétablir sa crédibilité et la confiance des milieux financiers internationaux.

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