La conception de la trésorerie des PME

By 17 April 2011

La conception de la trésorerieParagraphe II:
La conception de la trésorerie des organisations (entreprises industrielles et commerciales..) est traditionnellement multiforme.

On peut en effet l’appréhender à partir de la notion de l’équilibre financière ou comme étant la résultante de multiples flux de liquidités encaissés et décaissés. Il en va de même concernant la finalité et la modalité opérationnelle de sa gestion.
La gestion de la trésorerie peut être ainsi analysée selon deux approches différentes, l’une statique, en termes de stock à un moment donné, l’autre dynamique, en termes de flux sur un période donné.

I- Détermination par les stocks
La trésorerie peut être déterminée à un moment donné à partir des documents comptables de l’entreprise et tout particulièrement du bilan.

Le calcul de certains éléments financiers permet de connaître son montant mais surtout de le justifier et le comprendre. L’utilisation du bilan comptable reste néanmoins d’utiliser un bilan simplifié, retraité soit selon une analyse dite patrimoniale soit selon une approche qualifiée de «fonctionnelle ».

1- L’approche patrimoniale
Cette approche a été utilisée au paravent mais nous allons rappeler la conception, les outils d’analyse et l’utilisation actuelle.

a- Conception patrimoniale
Cette approche est surtout une analyse statique de détection d’un bancaire et financière. Après en avoir examiné les objectifs, nous étudierons l’élaboration du bilan liquidité ou patrimonial.

Objectifs de l’analyse
L’objectif de l’analyse patrimoniale est de dresser un inventaire des éléments du patrimoine de l’entreprise et d’estimer le niveau de risque en termes de liquidité et de solvabilité.cette analyse repose sur la réalisation d’un document de travail, le bilan financier appelé encore le bilan liquidité. Les critères utilisés pour son élaboration correspondent aux notions de liquidité et d’exigibilité, liquidité de l’actif et exigibilité du passif du bilan.
Un actif est d’autant plus liquide qu’il peut être rapidement transformé en monnaie ou autres moyens de paiement sans perte de valeur par rapport à sa valeur d’origine ou son prix de marché. Les actifs immobilisés sont beaucoup moins liquides que les actifs circulants.

Un élément du passif est d’autant plus exigible que son échéance est proche. Les capitaux propres sont par nature non exigibles, tandis que la dette à long et moyen terme sont moins rapidement exigibles que les dettes à court terme.
Les éléments constitutifs du bilan financier doivent par conséquent être appréciés et classés par ordre croissant selon ces deux critères. La référence au temps constitue un élément de sélection. L’objectif de l’analyse consiste en effet à vérifier si les actifs à moins d’un excèdent ou non les dettes à moins d’un an.

C’est un impératif de gestion pour toute entreprise qui doit pouvoir compenser son passif exigible par son actif disponible; dans le cas contraire; celle-ci n’est plus liquide et est en état de cessation de paiement, passible d’une procédure de redressement judiciaire.
La contrainte de solvabilité est également une préoccupation de l’analyse financière et du créancier.la question de l’équilibre financier de l’entreprise étudiée se résume par une interrogation: dans quelles limites, le montant des actifs de l’entreprise permet-il de faire face au montant de l’endettement ?

Avant d’analyser ces problématiques fondamentales, nous étudions la construction du bilan liquidité.

Elaboration du bilan liquidité
L’élaboration du bilan liquidité nécessite des regroupements ainsi que des retraitements des éléments de l’actif et du passif en l’utilisant l’information contenue dans les notes de bas du bilan et annexes accompagnantes obligatoirement les documents comptables comme l’état des échéances des créances et des dettes.

Retraitements à l’actif du bilan
A l’actif du bilan, les corrections concernent l’actif immobilisé, d’une part, l’actif circulant, d’autre part, l’actif immobilisé.
L’analyse doit considérer deux postes (6)
Les immobilisations incorporelles

Les actifs incorporels regroupent:

  • – L’immobilisation en recherche et développement;
  • – Les brevets, marques, droits et valeurs similaires;
  • – Le fonds commercial;

L’immobilisation en recherche et développement concerne les dépenses engagées par l’entreprise en matière de recherche appliquée et de développement, et pour son propre compte. Ces dépenses à caractère aléatoire, constituent généralement des charges pour respecter le principe de prudence mais elles peuvent

Être exceptionnellement immobilisées si les deux conditions suivantes son satisfaites:

  • – Les projets de recherche et de développement, sont “nettement individualisés et leur coût distinctement établi pour être reparti dans le temps à l’aide notamment d’une comptabilité analytique appropriée”;
  • – Chaque projet a de sérieuses ” chances de réussite technique et de rentabilité commerciale et financier”.

Sauf cas exceptionnel, l’immobilisation en recherche et développement est amortissable sur une durée maximum de cinq ans.
Le brevet, marques, droit et valeurs similaires sont comptabilisés au coût d’acquisition en cas d’achat, ou prix payé pour l’obtention du droit d’utilisation. Leur, appréciation est très délicate pour l’analyste financier, car leur valeur comptable est généralement Peu significative dans une optique d’évaluation patrimoniale. Ceci est particulièrement vrai pour les secteurs de grande consommation (agro-alimentaire, automobile, habillement, etc.).

Le fonds commercial exclut les stocks qui font partie du “fonds de commerce” dans l’acceptation juridique du terme et regroupe uniquement les éléments incorporels: clientèle, achalandage, droit au bail, nom commercial et énergie.
Mentionnons le caractère particulier de certains éléments d’actifs immobilisés en non-valeur ou d’actifs incorporels, qui confère au chef d’entreprise toute latitude pour l’application des règles de comptabilisation et la détermination des montants correspondants. Il est fréquent de constater que les considérations fiscales pèsent pour beaucoup dans le choix comptable et financier. Par exemple, le souci de minimiser l’assiette imposable et l’impôt à payer conduira le chef de l’entreprise à comptabiliser en charge de l’exercice le maximum de dépenses (frais de prospection, frais publicitaires frais de recherche, etc.)

La conception de la trésorerie des PMEÀ l’opposé, la volonté de masquer des difficultés se traduira par l’activation d’un maximum de dépenses pour préserver le résultat et la situation nette de l’entreprise. (7)
Les immobilisations financière: dans l’hypothèse ou certaines immobilisations financières présentent une durée inférieur a un an, il convient de les exclure de ce poste et de les intégrer dans les valeurs mobilières de placement.
Il est par ailleurs nécessaire d’ajouter les autres actifs du bilan qui présentent une durée supérieur à un an: certaines charges constatées d’avance ou certaines créances a plus d’un an.

L’actif circulant faut regrouper un certain nombre de poste afin de mettre en exergue trois grandes catégories d’actifs:-stocks
les créances: créances client et comptes rattachés, les avances et acomptes versés sur commandes en cours, les charges constatées d’avances à moins d’un an, les créances diverses et écarts de conversion d’actif.
Certains analyses préconisent la prise en comptes des effets escomptés non échus, ainsi que les cessions de
créances professionnelles, inscrits en hors bilan avec une contre partie au passif en concours bancaires;
les disponibilités qui correspondent aux fond disponibles dans l’entreprise: les comptes banques, comptes cheques postaux, comptes caisse et valeurs mobilières de placement.

Retraitement au passif du bilan.
Les retraitements concernent les capitaux propres, les dettes à long et moyen terme et les dettes à court terme
Les capitaux propres
A partir des fonds propres comptables, il convient: de les diminuer du montant des non-valeurs éliminées à l’actif; D’enlever et de considérer comme dettes à court terme la part des dividendes incluse dans le résultat qui sera versée au cours des prochains mois (le bilan liquidité est un bilan après répartition du résultat);
D’enlever les prêts participatifs et de les assimiler a des dettes à long et moyen terme;
D’ajouter la part de provision pour risques et charges (nette d’impôt) considère comme une réserve de fonds si elle est devenue sans objet réel;
D’ajouter les obligations des comptes courants d’associés s’ils sont considérés comme bloqués.
Les dettes à long et moyen terme (plus d’un an)
Diverses catégories de dettes peuvent être distinguées: Les avances et acomptes reçus sur commandes en cours les dettes fournisseurs, les dettes fiscales, les dettes sociales;
La partie des provisions pour et risques et charges réelles, c’est-à-dire décaissable à moins d’un an;
Les écarts de conversion de poste du passif;
La partie des produits constatés d’avance à moins d’un an;
Les dettes diverses (fiscale: IS);
Les dettes financières arrivant à échéance;
Les concours bancaires courants.

– Construction du bilan liquidité
Cette classification réalisée, il convient de regrouper les différents postes en masses financières représentatives, pour construire le bilan financier:

Bilan financier liquidité
Bilan financier liquidité

A l’actif, on distingue l’actif immobilisé net et l’actif circulant. En l’occurrence les actifs à plus d’un an et à moins d’un an. Deux grands blocs apparaissent:les capitaux permanents, regroupant les capitaux propres et les dettes financières à long ou moyen terme, et les dettes à court terme appelées encore passif circulant.

La notion de permanence repose sur la notion d’exigibilité. L’analyse financière peut être réalisée à partir de ces quatre grandes masses financières.
Lire le mémoire complet ==>
(Gestion de la trésorerie: Cas des PME)

___________________________________________
(6)- marc gaugain “gestion de la trésorerie” (page 5) édition economica
(7)- Rachid Belkahia “finance d’entreprise tome1’analyse et diagnostic d’entreprise (page42) éditeur – Maghreb, 1997