Pratique de l’allaitement et des soins au bébé

By 20 April 2011

A.5 .Pratique de l’allaitement et des soins au bébé :

Il semblerait que l’expérience initiale d’allaitement influence fortement sa durée (Digirolamo 2005).
Les femmes qui ont vécu une expérience d’allaitement initiale plutôt négative poursuivent moins facilement l’allaitement, malgré l’intention qu’elles pouvaient avoir avant la naissance. Toutefois il y a lieu de ne pas généraliser car certaines femmes qui ont réussi à surmonter les difficultés éprouvent par la suite un sentiment de plus grande auto-efficacité.

La présence de difficultés liées à l’allaitement est fréquente, surtout les 4 premières semaines (Scott 2006). Il s’agit le plus souvent de douleurs mammaires, de mastites, de crevasses ou de fatigue (Taveras 2004).
Il ne semble pas y avoir davantage de problèmes chez les mères qui arrêtent précocement l’allaitement que chez celles qui le poursuivent au-delà de 4 mois. Mais l’absence de complications a bien une influence positive sur le processus d’allaitement (Peters 2005).

Une réelle insuffisance de lait peut être liée à une pratique de l’allaitement mal gérée (fréquence et durée des tétées inadéquates) ou à un apport précoce de compléments alimentaires. Elle doit être différenciée de la perception d’une insuffisance de lait, mentionnée plus haut.
La pratique d’un allaitement à horaires fixes est associée à une réduction de la durée d’allaitement (Labarère 2001). Les experts recommandent un allaitement à la demande.
La présence du bébé la nuit avec sa mère est associée à une durée d’allaitement plus longue (13 semaines contre 10 semaines) (Branger 1998).
Selon l’Anaes, même si les effets de la cohabitation mère-enfant jour et nuit ne peuvent pas être évalués indépendamment de ceux liés à la pratique d’un allaitement à la demande, même s’il s’agit d’une pratique dont on ne peut dire si elle est la cause ou la conséquence de l’allaitement, la plupart des données incitent à l’encourager d’autant plus qu’elle favorise aussi le processus d’attachement, bénéfique à tous les bébés, même non allaités. La proximité de la mère et de son bébé de jour comme de nuit facilite la conduite de l’allaitement durant le séjour à la maternité, puis à la maison et c’est un préalable indispensable à la pratique d’un allaitement réellement à la demande.

Le recours aux compléments en maternité est associée dans l’étude de Branger à une durée d’allaitement beaucoup plus courte (6 semaines contre 13 semaines). Cette observation a été démontrée à travers d’autres études également (Anaes 2002).

L’idée que les apports nutritionnels peuvent être insuffisants pendant les tous premiers jours de vie est très répandue chez les mères, et une croissance qui semble insuffisante chez les nourrissons allaités en comparaison avec ceux nourris au lait de substitution peut conduire les professionnels de santé à prendre des décisions de supprimer l’allaitement maternel et de commencer une alimentation complémentaire (Anaes 2002). Ces décisions sont inadéquates et révèlent un manque de connaissance et de formation de la part des professionnels.

Dans une étude menée au Canada auprès de 256 mères (Dennis 2002), les principales raisons invoquées par celles qui donnaient à leur bébé une certaine forme de supplémentation à 12 semaines (plus de 50% des mères) étaient : 1) l’offre de lait insuffisante ; 2) une question de convenance ; 3) des problèmes de comportement de l’enfant ; 4) un problème d’alimentation (par exemple, une alimentation trop fréquente) ; et 5 ) le retour au travail.

On observe une association négative significative entre l’introduction précoce d’une tétine au bébé et la durée de l’allaitement maternel (Scott 2006, Labarère 2001). L’utilisation d’une tétine serait à l’origine de tétées moins fréquentes et plus courtes, qui s’accompagneraient de problèmes d’allaitement plus fréquents (Scott 2006). Les raisons de l’utilisation d’une tétine, pratique largement répandue, ne sont pas claires. Il peut s’agir d’une réponse à des normes culturelles (« tout le monde le fait ») ou bien marquer des problèmes d’allaitement. Des recherches seraient nécessaires pour comprendre si les problèmes d’allaitement associés à l’utilisation de la tétine précèdent ou suivent leur introduction.

Dans leurs efforts pour allaiter leur enfant, pour 50 à 70% des jeunes mères interrogées dans l’étude de Peters, il est important de laisser l’enfant téter fréquemment, de boire soi-même suffisamment de liquides, de veiller à un environnement calme et de boire des infusions aux plantes qui favorisent la lactation (Peters 2005).

A.6.Emploi :
L’emploi de la mère constitue un facteur significativement associé à un sevrage précoce (Scott 2006, Rojjanasrirat 2004). Des différences existent selon le type d’emploi.
soins au bébéDans l’étude de Scott  menée en Australie, les mères qui étaient retournées au travail avant 6 mois allaitaient moins à 6 mois (allaitement exclusif) et à 12 mois (allaitement partiel) que celles qui étaient retournées au travail entre 6 et 12 mois.

L’environnement de travail joue un rôle important. Les freins à l’allaitement identifiés sur le lieu de travail incluent : (1) le manque de soutien de l’employeur et des collègues ; (2) l’accès limité à l’utilisation d’un tire-lait ; (3) le manque de lieu disponible pour tirer son lait ; (4) l’absence d’un réfrigérateur pour conserver le lait ; (5) le manque de flexibilité horaire pour pouvoir tirer son lait durant les heures de travail.

Le temps de travail a également un impact important sur la durée de l’allaitement : les mères qui travaillent plus de 20 heures par semaine sèvrent leur bébé plus précocement que celles qui travaillent moins de 20 heures par semaine.
Une étude portant sur l’expérience d’allaitement des mères après le retour au travail a été menée auprès de 50 femmes primipares qui avaient planifié d’allaiter leur bébé et de retourner travailler après la naissance (Rojjanasrirat 2004). 88% des mères travaillaient à temps plein et la majorité étaient retournées au travail après 9 semaines. A 16 semaines, lorsque les entretiens ont été menés, 62% allaitaient encore exclusivement. Les mères ont exprimé le besoin de soutien tel qu’un entourage favorable, des lieux appropriés, une flexibilité horaire et du temps.

Elles ont besoin de maintenir une attitude positive pour pouvoir atteindre leurs buts d’allaitement. Elles développent des plans stratégiques pour anticiper les problèmes et poursuivre l’allaitement avec succès. Finalement elles décrivent une certaine détresse psychologique résultant du conflit entre les exigences du travail et l’allaitement. Les sentiments associés incluent la culpabilité, le stress et le sentiment de devoir faire des sacrifices.

Lire le mémoire complet ==> (Facteurs de l’abandon de l’allaitement maternel)
Mémoire de fin d’études pour l’obtention du diplôme d’Etat (INFIRMIERS POLYVALENTS)
Ministère de la santé – Maroc – IFCS Beni Mellal