Connaissances, croyances et l’allaitement maternel

By 20 April 2011

A.4. Connaissances, croyances, représentations

Le niveau de connaissance des mères est positivement associé à une durée d’allaitement plus longue (Kronborg 2004). Toutefois, cet effet dépend de la parité des mères.

En effet, un degré de connaissances élevé chez les mères primipares est associé à une durée d’allaitement prolongée mais cette association n’est pas retrouvée chez les mères multipares.
Un manque d’informations sur la durée optimale de l’allaitement maternel est associé à un sevrage plus précoce (Taveras 2004).

Une étude menée en Allemagne auprès d’un échantillon représentatif de 52 mères a montré que 65% d’entre elles savaient que les experts recommandaient un allaitement maternel exclusif les six premiers mois de vie du bébé (Peters 2005). La connaissance de la durée optimale d’allaitement était significativement associée à un allaitement maternel plus long (plus de 4 mois). Par contre les avantages de l’allaitement tels que l’involution plus rapide de l’utérus, la perte de poids plus rapide et les bénéfices de santé à long terme étaient complètement méconnus.

Une étude menée aux Etats-Unis auprès de 245 mères montre que les sources d’information sur l’allaitement sont la famille (33,9%), les médias – revues, livres, télévision – (17,4%), le médecin et l’infirmière (10,8%), les amis (9,9%) et les infirmières de l’hôpital (6,6%) (Arora 2000).

La perception d’une insuffisance de lait (Blyth 2002, Taveras 2004, Dennis 2002, Peters 2005, Anaes 2002) semble être la première raison amenant les mères à introduire le lait artificiel et/ou à mettre fin à l’allaitement maternel. Mais l’origine physiologique ou psychologique de cette perception est rarement analysée dans les études.

Il semble que le besoin d’un bébé de téter fréquemment, ou le fait qu’il « semble affamé entre les tétées » (Taveras 2004), soit souvent interprété comme étant un problème, et en particulier comme un problème d’insuffisance de lait.
L’insuffisance de lait physiologique est très rare (Anaes 2002). Renfrew (cité par Anaes 2002) fait d’ailleurs remarquer que dans les sociétés où l’allaitement est la norme et parfois le seul moyen de nourrir les enfants, les échecs d’allaitement sont rares.

connaissance des mèresDans la majorité des cas il s’agit donc soit de la perception d’une insuffisance de lait, qui pourrait être liée à un manque de confiance en soi de la mère, soit d’une insuffisance de lait secondaire à un allaitement mal géré (suite à une fréquence ou à une durée des tétées inadéquates, par exemple), à l’introduction de compléments, à une position du bébé incorrecte ou un problème de succion (Blyth 2002). Une réelle insuffisance de lait est donc un phénomène transitoire lié à un problème d’allaitement, susceptible d’être corrigé par l’optimisation de la pratique de l’allaitement associée à des encouragements et du soutien visant à restaurer la confiance de la mère dans ses capacités à satisfaire les besoins de son bébé (Anaes 2002).

L’incertitude concernant la quantité de lait prise par le bébé allaité au sein est souvent invoquée par les mères comme raison les amenant à utiliser le biberon (Arora 2000). Le fait de ne pas savoir la quantité de lait que le bébé a bue est inquiétant pour certaines mères (Kronborg 2004, Arora 2000).

Lire le mémoire complet ==> (Facteurs de l’abandon de l’allaitement maternel)
Mémoire de fin d’études pour l’obtention du diplôme d’Etat – Infirmiers polyvalents
Ministère de la santé – Maroc – IFCS Beni Mellal

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