L’abandon de l’allaitement maternel

By 19 April 2011

L’abandon de l’allaitement maternel:
Abandon : action d’abandonner, de renoncer à quelque chose ou de laisser quelque chose (le robert),de quitter (Larosse)
Notre variable dépendante est ici l’abandon de l’allaitement maternel.

Dans la présente étude, nous nous sommes limités à l’abandon de l’allaitement maternel exclusif pendant les 6 premiers mois de la vie recommandé par l’assemblée générale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en mai 2001. C’est pourquoi l’action de toute femme qui n’a pas allaité après l’accouchement, ou celle qui a arrêté l’allaitement avant six mois est considérée comme un abandon de l’allaitement maternel.

Pour cela Il est évident que l’adoption de la définition plutôt « stricte » de l’allaitement exclusif dans l’étude signifiera que l’administration de tout autre aliment que le lait maternel (même pour une seule fois) sera considérée comme un abandon de l’allaitement exclusif.
Mais la présente étude a privilégié une définition plus large, car même si les mères ont dit que l’enfant avait reçu un complément à la naissance, lorsque cela ne représentant pas le début d’une introduction régulière, elles étaient considérées comme ayant pratiqué l’allaitement exclusif à la naissance.
De même l’abandon de l’allaitement maternel peut être définit comme la substitution du lait maternel dès les premiers moments de la vie (allaitement mercenaire, lait animal, lait maternisé). C’est-à-dire que l’allaitement maternel prend fin au cours de la période de sevrage qui correspond à la transition entre l’allaitement exclusif et la cessation complète de l’allaitement.

A l’issue de cette période, l’enfant est dit « sevré ». D’un point de vue étymologique, le mot sevrage provient du latin populaire «seperare » qui signifie « séparer du sein » soit « cesser de faire téter ». Techniquement, le terme « sevrage » a toutefois plusieurs acceptions. Pour certains auteurs, il s’agit d’un évènement marquant la cessation complète de l’allaitement.

Pour d’autres, le sevrage est un phénomène continu correspondant à l’introduction progressive d’une nouvelle alimentation qui va conduire à l’abandon, lui aussi graduel, de la consommation de lait maternel (Greiner, 1996). Dans ce cas, le sevrage peut être défini par deux variables : l’âge de l’enfant au moment de l’introduction de la nouvelle alimentation et l’âge de l’enfant au moment de l’arrêt complet du nourrissage maternel. Ces deux variables permettent de définir à la fois la durée de l’allaitement et la durée de la période de sevrage.

RECENSION DES ECRITS :
La manière dont les femmes nourrissent leurs enfants et la durée de l’allaitement sont soumises à de nombreux facteurs largement analysés par Popkin et al (1983), Forman (1984), Simopoulos & Grave (1984), Koktürk & Zetterström (1989), Wilmoth & Elder (1995), parmi lesquels : 1) le milieu environnemental (urbain ou rural), 2) le statut socio-économique, 3) l’éducation reçue par la mère (Forman, 1984), 4) la situation professionnelle de la femme, et 5) les pressions exercées par le milieu de la distribution, la connaissance que l’on a de l’existence de substituts du lait maternel et leur mise à disposition (Huffman, 1984).

Les opinions, attitudes et pratiques relatives à l’allaitement sont aussi déterminées par des éléments d’ordre socioculturel. Lorsqu’elle doit décider de l’alimentation de son enfant, une femme peut se laisser influencer par l’attitude du père, telle qu’elle la perçoit ou telle qu’elle est en réalité (Freed, Fraley & Schanler, 1993) et par celle de parents ou amis. Le soutien qu’elle est susceptible de trouver dans sa quête d’une décision opportune participe aussi à son choix.

Les facteurs ayant une incidence sur les taux d’allaitement ne sont pas seulement nombreux et complexes, ils agissent de manière distincte selon le contexte. L’influence du père de l’enfant par exemple, variera selon que dans une société donnée, le partenaire masculin de la femme possède ou non un contrôle sur celle-ci. L’éducation reçue par la mère est associée à des taux d’allaitement accrus ou au contraire plus faibles selon que l’on se situe dans des pays industrialisés ou en développement (Forman, 1984).

Dans une même communauté, les facteurs en présence peuvent varier avec le temps et le choix d’un allaitement partiel ou exclusif s’en trouvera déterminé de manière différente (Perez-Escamilla et al, 1993). La perception du sein en tant que symbole sexuel ou le degré de confiance que la femme peut avoir en elle-même quant à produire suffisamment de lait sont deux éléments variables pouvant influencer son attitude à l’égard de l’allaitement.

L'Organisation mondiale de la santé OMSDe nombreux facteurs motivent la décision d’allaiter ou non. Les mères qui participent à des cours prénatals, qui sont davantage scolarisées, qui sont mariées et qui ne connaissent pas de problèmes financiers ont davantage tendance à allaiter leur bébé, voire à le faire de façon prolongée [Evers S. E., Doran L., Schellenberg K. (La revue canadienne de santé publique). 1998; 89(3):203-207]. On peut par conséquent craindre avec justesse que les femmes pauvres aient moins souvent recours à l’allaitement maternel. L’acculturation est un autre facteur déterminant en matière d’allaitement maternel. Dans les divers groupes ethniques d’Amérique du Nord, le pourcentage de mères qui allaitent décroît en effet proportionnellement à leur acculturation [Rassin D K., Markides K.S., Baranowski T., Richardson C. J., Mikrut W. D., Bee D. E. Acculturation and the initiation of breastfeeding. Journal of clinical epidemiology. 1994;47(7):739-746.]. La promotion de l’allaitement maternel doit donc prévoir des stratégies globales visant à réduire l’incidence des facteurs qui empêchent les mères de recourir à l’allaitement maternel, surtout dans la population pauvre [Institut de nutrition pour bébés Heinz, documentation, Vol 19, N° 3, 2003]

La décision d’allaiter au sein est influencée par de multiples facteurs socioculturels et psychologiques [OMS, nutrition du bébé et du jeune enfant, 54ème assemblé mondial de santé, Genève, Suisse 2001, 14-22 ]. Une fois ce choix personnel réalisé et même avec une grande motivation pour allaiter, les mères peuvent rencontrer des difficultés lors de la mise en place de leurs allaitement [Dewey KG, Nommsen-Rivers LA, Heinig MJ, Cohen RJ : Risk factors for suboptimal infant breasfeeding behavior, Pediatrics N° 112, 2003, P 607-619]

Lire le mémoire complet ==> (Facteurs de l’abandon de l’allaitement maternel)
Mémoire de fin d’études pour l’obtention du diplôme d’Etat (INFIRMIERS POLYVALENTS)
Ministère de la santé – Maroc – IFCS Beni Mellal