Utilisation des TIC au Maroc : quels impacts ?

By 8 February 2011

III.1. Impacts dans les entreprises

L’ère de la mondialisation témoigne une utilisation phénoménale de matériels, de logiciels et de services s’appuyant sur l’informatique, l’électronique, les télécommunications (notamment les réseaux), le multimédia et l’audiovisuel de toutes sortes.

Ces technologies, lorsqu’elles sont combinées et interconnectées, permettent de rechercher, de stocker, de traiter et de transmettre des informations, sous forme de données de divers types (texte, son, images fixes, images animées, etc.), et permettent l’interactivité entre les personnes, et entre les personnes et  les machines. L’utilisation de plus en plus étendue des Technologies de l’Information et de la Communication par les entreprises a un impact significatif sur leurs activités. Ces entreprises exploitent ces technologies pour tirer profit de l’information dans le but de créer de la valeur pour leurs clients et permettant d’assurer des opérations rentables.

L’adoption de ces technologies dans l’entreprise, induira et ne cessera d’induire des changements fondamentaux dans les fonctions de l’entreprise. L’entreprise marocaine ne faisant pas exception à ces changements, nous pouvons donc constater un impact considérable des TIC sur cette dernière.

De façon générale, la décision d’intégrer les TIC dans leur processus d’affaires repose sur le désir des entreprises marocaines de réduire les coûts, d’augmenter la productivité ainsi que la qualité des tâches réalisées avec ces outils. Ainsi ces technologies sont devenues une composante intégrante des entreprises, en témoigne l’enquête sur les indicateurs des Technologie de l’information et de communication TIC réalisée par l’Agence nationale de régulation des télécommunications (ANRT).

La part d’investissement dans les Technologies de l’information et de communication TIC a atteint 9% en 2008. Le secteur technologique est naturellement celui où ce taux est le plus élevé (30%), suivi du secteur des services/transport (8%). De même, la part du budget de formation consacrée aux Technologies de l’information et de communication TIC a atteint près de 4% en 2008. L’enquête, qui a porté sur un échantillon de 500 entreprises, indique que la quasi-totalité est connectée à Internet, soit 91%. Le mode de connexion privilégié reste l’ADSL, avec une forte augmentation par rapport à l’année dernière. La 3G, elle, a fait sa percée avec un taux de 13% des entreprises connectées.

La part des postes de travail connectés à Internet a continué à augmenter en 2008 pour atteindre 75% (+5 points par rapport à 2007). Côté parc, celui-ci est majoritairement constitué d’ordinateurs fixes desktops à hauteur de 85%. En moyenne, deux employés partagent 1 ordinateur. Le secteur technologique reste naturellement le mieux équipé. Par ailleurs, l’utilisation d’Internet au sein de l’entreprise reste limitée aux cadres. Dans le secteur industriel, près des trois quarts des utilisateurs sont des cadres. En revanche, le secteur technologique connaît une répartition assez équitable de l’accès à Internet des salariés, cadres et non cadres. L’enquête indique aussi que 50% des entreprises interrogées déclarent connaître les services 3G. Ces derniers ont réalisé une percée notoire relativement à leur entrée très récente sur le marché.

Le commerce électronique accuse un faible développement auprès des entreprises aussi bien sur le plan de la vente que de l’achat en ligne étant donné le faible taux d’utilisation et le désintérêt constatés. Les intentions de commerce en ligne restent limitées et diminuent année après année. Depuis 2006, les intentions d’achat en ligne ont continué de baisser pour atteindre 5% en 2008. Même son de cloche pour les intentions de vente en ligne: 7% en 2008. Pour 38% des entreprises ayant accès à Internet, la clientèle n’est pas prête à acheter en ligne, alors que 37% déclarent que leurs produits sont peu adaptés au commerce en ligne. Le risque d’insécurité de paiement est souvent cité comme frein au commerce en ligne (27%). A signaler que la messagerie et la recherche d’information restent les principaux usages d’Internet dans les entreprises (95%).

L’obtention d’information auprès d’organismes publics a connu elle aussi une forte augmentation (78%). Globalement, les entreprises marocaines ont commencé à se mettre au diapason de l’ère numérique. En 2008, 16% d’entre elles disposent d’un site web. La majorité (61%) des sites d’entreprises sont des sites plutôt à caractère commercial. La plupart des entreprises qui disposent d’un site web possèdent un nom de domaine propre. Globalement, les extensions en «.ma» et en «.com» sont les plus répandues.

A titre indicatif, signalons que l’analyse de données provenant du ministère de l’industrie du commerce et des nouvelles technologies a permis de conclure qu’il existe une relation positive entre les investissements en Technologie de l’information et de communication TIC, c’est-à-dire le ratio de dépenses en matériels TIC et la productivité des entreprises marocaines.

III.2. Impact dans l’administration publique

Durant ces dernières décennies, la révolution numérique a suscité d’importants changements dans différents secteurs publics : production, services, transport, etc, et ce partout dans le monde. Elle a entraîné une réduction des coûts, a rapproché les administrations de leurs citoyens, les fournisseurs de leurs clients,… et leur a ainsi permis de mieux répondre à leurs besoins. Ceci est d’autant plus important lorsqu’on on sait que dans un monde en Technologie de l’information et de communication TIC, l’efficacité, la rapidité et l’optimisation, sont les maîtres mots de la compétitivité. Ces technologies de l’information ont un rôle essentiel dans la transformation et la modernisation de l’administration. Elles facilitent la mutualisation, la rationalisation et l’adaptation des ressources aux besoins.

Dans le but d’un meilleur suivi du développement des technologies de l’information et de la communication dans les secteurs publics marocain, la question est de savoir à quel niveau d’équipement et d’accès aux technologies de l’information (TIC) a atteint l’administration marocaine ? C’est à cette question d’actualité que répond la première étude exhaustive sur les Technologies de l’information et de communication TIC dans les secteurs publics réalisée par le ministère de la modernisation de services publics, cette enquête est basée sur la réalisation d’une cartographie sur l’utilisation des TIC dans les Secteurs Publics. Cette cartographie a été établie sur la base d’un questionnaire déployé auprès de 256 entités (ministères, hauts commissariats et établissements publics) pendant la période allant d’octobre 2008 à juin 2009.

D’emblée, les résultats de la cartographie ont mis en évidence un taux de présence élevé de structure informatique chez l’ensemble des entités gouvernementales, soit 86%.Cependant, le Maroc enregistre un faible pourcentage de départements ministériels ayant une structure informatique avec un niveau hiérarchique élevé.

La maturité du processus d’appropriation des Technologies de l’information et de communication TIC continue par contre à se renforcer. Pour preuve, au niveau global, 47% des entités sondées disposent d’un schéma directeur ou d’un plan informatique. Le même taux est observé au niveau des administrations disposant d’un plan de sécurité informatique. Cet intérêt pour cet aspect sensible explique que presque 70% des organismes publics disposent d’un responsable de la sécurité du système d’information (RSSI).Cette cartographie fait ressortir un faible taux des ressources humaines dans les TIC. Et pour cause, les informaticiens ne représentent que 1% par rapport à l’effectif global du personnel des différents organismes de l’Etat.

En corrélation avec l’emploi, l’étude a fait le point sur le taux d’équipement. Le résultat de cet indicateur met en évidence qu’il existe seulement en moyenne un poste (desktop et portable) pour quatre fonctionnaires. Pire encore, seule la moitié des ordinateurs sont connectés à Internet, avec une dominance de l’accès à hauteur de 256 kbps (une entité sur quatre). Cette faiblesse d’accès explique en partie que seuls 12% du personnel du secteur public ont une adresse e-mail professionnelle.

Paradoxalement, la disponibilité d’un nom de domaine se généralise puisque plus de 79% des entités ont un nom de domaine professionnel. Mais, l’étude n’a recensé que 287 sites web pour l’ensemble des organismes des secteurs publics.» Outre le nombre limité de sites gouvernementaux, même ceux qui sont en ligne, ne fournissent pas des informations actualisées et de proximité.

S’agissant des réseaux locaux dans l’administration, leur généralisation s’intensifie. Le rapport indique que plus de 90 des entités sondées disposent de tels réseaux y compris dans les départements ministériels. Pour ce qui est des systèmes de gestion de bases de données (SGBD) utilisés par les entités des secteurs publics, ils sont, dans environ 92% des cas, parmi quatre logiciels qui sont sur le marché. (SQL Server, MySQL, Oracle, et MS-Access).

Autre fait marquant de cette cartographie, sa radioscopie de l’usage de l’open source. Au niveau global, plus d’une entité sur trois déclarent disposer de logiciel libre pour leur bureautique. Au niveau global, et parmi les entités qui disposent de SGBD, 39,25% utilisent un logiciel libre.

Enfin, pour ce qui est de l’e-gov, l’étude révèle que le Maroc compte 286 télé-services via différents canaux de diffusion (Web, centre d’appels, borne interactive …).

III.3. Impact dans l’enseignement et l’éducation

Aujourd’hui, l’intérêt des écoliers, collégiens et lycéens, universitaires …pour les études ainsi que leur degré d’implication sont intimement liés à l’usage des TIC et au taux d’équipement des établissements. Sauf que côté infrastructures, le Maroc accuse encore du retard.

Si au Royaume-Uni, l’on compte 17 ordinateurs pour 100 élèves et 8 postes pour 100 en France, au Maroc, l’on ne dispose pas encore de chiffres. Tout compte fait, l’on est à peine à une dizaine d’ordinateurs par lycée. Sachant qu’un lycée compte en moyenne plus d’un millier d’élèves. Ce qui en dit long sur le faible taux de connexion des établissements scolaires tous niveaux confondus. En plus du déficit en termes d’équipements et matériel numérique, s’ajoutent les retards en termes de formation et initiation du corps enseignant à l’utilisation des technologies de l’information en tant que support pédagogique de formation.

L’introduction des (TIC) dans l’enseignement au Maroc, puis leur intégration progressive pour accompagner les programmes scolaires nationaux, représentent deux étapes importantes dans la mise en oeuvre de la réforme du secteur de l’éducation. Cette réforme a été consacrée par la Charte nationale de l’éducation et de la formation de 1999 qui a tracé les grandes lignes des modifications et des adaptations que doit connaître le système éducatif national durant la période 2000 – 2009.

Le Gouvernement a adopté en mars 2005 une stratégie ayant pour objectif la généralisation des TIC dans l’enseignement scolaire public. Il a ainsi mis en place un programme qui vise à équiper, à l’horizon 2008, tous les établissements scolaires (écoles primaires, collèges et lycées) en salles multimédia (dits «Environnements Numériques de Travail») connectées à Internet. Ce programme concernera également l’enseignement supérieur (équipement des facultés et universités). La mise en place de ce programme au niveau de l’enseignement primaire et secondaire devrait permettre de garantir l’accessibilité aux moyens et services TIC à plus de 22% de la population marocaine, avec des contenus appropriés et dans divers lieux.

III.4. Impact sur les ménages

A l’instar de tous les pays dans lesquels les TIC sont développées, au Maroc leurs impacts sont directs et palpables sur les individus et les ménages. En effet, grâce aux divers outils disponibles, les distances sont réduites pour des proches éloignés. Vous pouvez entrer en communication avec votre famille ou vos amis à partir de n’importe quel pays, que ce soit par téléphone ou par Internet. Ce dernier offre en plus de nombreuses options comme le mail, tchat, ou la téléconférence. Certains ménages utilisent aussi Internet pour chercher des informations sur un sujet précis, profiter des meilleures offres commerciales, rester au courant de l’actualité dans le monde, nouer de relations et pourquoi pas trouver l’âme soeur.

Technologie de l'information et de communicationAinsi, vu l’importance de l’usage des TIC par les ménages marocains, une étude réalisée en 2008 par l’observatoire des TIC au Maroc de l’ANRT, basée sur les résultats de l’enquête de collecte des indicateurs TIC pour l’année 2007 révèle un degré assez important d’utilisation des TIC au niveau des particuliers/ménages au Maroc. La population cible étant constituée des plus de 12 ans (jusqu’à 65 ans) vivant en zones électrifiées10(*) soit 21.1 millions de personnes (ou encore 69% de la population nationale).

D’après les résultats, pour les différents outils des TIC, nous avons :

III.4.1.Téléphonie fixe

On estime en 2007 que 30 % des ménages marocains en sont équipés contre seulement 18,1 % en 2006 ; cette hausse par rapport à 2006 s’expliquerait par le succès de Wana.

III.4.2. Téléphonie mobile

Après le boom de l’équipement des ménages entre 2004 et 2005 (le taux d’équipement étant de 41,5 % et 58,8 % respectivement pour les deux années), la croissance se poursuit en 2006 et 2007 à un taux moins élevé mais ce dernier reste cependant fort (59,1 % en 2006 et près de 64 % en 2007).Le multi-équipement reste élevé: 71% des personnes interrogées ont plusieurs téléphones mobiles (au sein de leur ménage).

Pour ce qui est de la communication à domicile, le besoin à ce niveau des ménages marocains est toujours majoritairement satisfait par l’usage d’un téléphone mobile: plus de 55% des individus déclarent que le mobile (au moins un) est le seul équipement de téléphonie du ménage. Près de 37% des individus interrogés déclarent que leur ménage est doté à la fois d’un fixe (au moins) et d’un mobile (au moins).

En termes d’usages, plus de 50% des utilisateurs de mobiles utilisent les SMS ; en moyenne 10.36 SMS sont envoyés chaque mois par contre une utilisation toujours modeste des MMS est remarquable (moins de 10%). Quant à la durée totale des appels effectués au cours d’un mois habituel, elle est de 45 minutes en moyenne.

Pour les services 3G (Internet mobile, voix, visiophonie, télévision mobile, transferts de données…) 21% des individus déclarent connaître les nouveaux services 3G, 14% des individus interrogés disent vouloir utiliser ces nouveaux services dans les 12 prochains mois sur leur mobile (8% sur leur ordinateur).

III.4.3. Micro ordinateur

Le parc estimé d’ordinateurs individuels est de 1 100 000 unités en 2007 (920 000 unités en 2006 et 745 000 unités en 2005).Les principaux usages de l’ordinateur personnel reste la bureautique (69% des individus) et l’Internet (55% des individus).Parmi les individus équipés au sein de leur ménage 16% disent posséder un ordinateur portable. L’analphabétisme (près de 24% des individus), le prix trop élevé (près de 54%) sont cités comme les principaux freins à l’acquisition d’un ordinateur. A cela s’ajoute également l’absence de besoin (32 %).

III.4.4. Internet

A domicile, on estime qu’environ 420 000 ménages sont connectés et que plus de 88% des accès à domicile sont de type haut débit (ADSL, 3G).Pour ce qui est de l’usage, le principal usage des individus qui accèdent à l’Internet reste « rechercher des informations » à près de 92%, 70% des individus qui disposent d’une connexion Internet à domicile utilisent la téléphonie sur Internet (Skype, MSN, …). On note un usage « régulier » pour ceux qui disposent d’une connexion à domicile: plus de 80% se connectent au moins 1 à 2 fois par semaine et 58% le font tous les jours.

36% des individus déclarent disposer d’un accès hors domicile, et 28.4% des individus ne disposent que d’un accès hors domicile. Les cybercafés représentent 86,7% des lieux d’accès à Internet hors domicile. Le prix trop élevé est la principale raison pour plus de 50% des personnes qui ne disposent pas d’un accès au domicile suivie de l’absence d’utilité et d’usage.

On remarque cependant un très peu d’achats en ligne : 94% des répondants, pourtant 10% expriment le désir d’effectuer un achat en ligne dans les 12 prochains mois.

Conclusion :

Au regard des multiples avantages, utilisations et impacts que représente le secteur des TIC dans la quasi-totalité des domaines, tant au niveau mondial qu’au Maroc, nécessité s’est fait sentir de construire un modèle mettant en évidence la contribution de ce secteur dans l’économie marocaine, c’est ainsi que la partie suivante consacrée à la modélisation, nous aurons entre autres celle de l’impact du secteur TIC dans l’économie marocaine.

Partie I: Approche théorique
Chap. III: les TIC au Maroc
II.II. Utilisation des TIC au Maroc : quels impacts ?

Lire le mémoire complet ==> (L’impact des TIC sur le tissu productif des biens et services)
Projet de Fin d’Etudes – Option : Statistique
Haut Commissariat au Plan – Institut National de Statistique et d’Economie Appliquee