Médias et émeutes 2005 : contraintes liées au phénomène émeutier

By 7 June 2014

Le discours médiatique à l’aune du travail et des représentations journalistiques – Partie III :

Afin de tenter de mettre en perspective le discours produit par les cinq quotidiens de notre corpus et de comprendre les choix et les différentes orientations de leur traitement, nous souhaitons donc, dans cette dernière partie, étudier le cadre de travail dans lequel les journalistes ont évolué ainsi que les contraintes auxquelles ils ont été soumis, et analyser les différentes représentations qu’ils peuvent avoir des événements et de leurs causes. Le but est donc de trouver dans ces deux domaines d’autres éléments explicatifs que ceux que nous avons déjà pu dégager et d’adopter une démarche “compréhensive” du travail journalistique. Et pour nous, comme nous l’avons avancé dans l’introduction, la compréhension du travail et de la production des médias passe d’une part, par l’étude du journalisme “en train de se faire” et d’autre part, par la recherche des représentations que peuvent avoir les journalistes quand au sujet qu’ils traitent.

Et cela parce que nous pensons, au vu de nos lectures, que les caractéristiques du fonctionnement d’une rédaction, les contraintes organisationnelles inhérentes au travail journalistique, le rapport aux sources ou encore les particularités du terrain à couvrir peuvent peser et influencer le travail des journalistes et par là même leur production, tout comme les représentations qu’ils ont des événements, des acteurs présents, des dynamiques en place peuvent peser sur leur interprétation. C’est pourquoi nous nous attacherons, dans un premier temps, à détailler le cadre et les contraintes de travail des journalistes, qu’elles soient liées à la couverture du phénomène émeutier ou au quotidien du travail journalistique et dans un second temps, à dégager les différentes interprétations que font les journalistes des émeutes de 2005 et les représentations qu’elles sous-tendent. Pour cela, nous nous appuierons principalement sur les entretiens que nous avons réalisés auprès de journalistes travaillant dans les quotidiens présents dans notre corpus. Ils nous serviront bien évidemment à l’étude des représentations mais également à reconstituer la manière dont ils ont pu travailler au moment des émeutes de 2005.

En effet, n’ayant pu suivre les journalistes sur le terrain au moment même des émeutes, nous pouvons uniquement nous appuyer sur le récit qu’ils ont livré de leur travail au cours des entretiens que nous avons réalisés. Donc si nous n’avons pu véritablement avoir accès au journalisme “en train de se faire”, les récits que nous avons recueillis nous permettront de le reconstituer, même de manière imparfaite.

I. CADRES ET CONTRAINTES DU TRAVAIL JOURNALISTIQUE

L’étude du travail mené par les journalistes au moment des émeutes en 2005, laisse apparaître deux catégories de contraintes et de caractéristiques du travail journalistique. Une, relative au sujet même de ce traitement médiatique, soit ici le phénomène émeutier et une autre, plus en lien avec le travail et l’organisation d’une rédaction. Si dans la réalité et pour le journaliste, celles-ci font partie d’un tout et sont comme “entremêlées”, leur distinction permet de mieux dégager leurs spécificités et ainsi de produire une analyse plus précise de chacune d’entre elles. C’est pourquoi nous aborderons dans un premier temps les contraintes liées uniquement aux émeutes en elles-mêmes et dans un second temps, celles inhérentes au travail journalistique.

A. Des contraintes liées au phénomène émeutier

a. La violence émeutière : un risque contraignant

L’un des premiers éléments à prendre en compte lors de l’étude du cadre et des conditions de travail des journalistes lors d’émeutes, comme celles qu’a connues la France en 2005 est bien évidemment le caractère violent de ces événements. En effet, lors d’émeutes, les journalistes ne peuvent travailler de la même manière qu’ils le font habituellement, sur d’autres sujets et à d’autres moments. L’environnement agité, sous tension et violent dans lequel les journalistes doivent évoluer peut donc fortement contraindre leur travail. Et la première de ces contraintes, ou plutôt le premier risque, est bien sûr celui de veiller à leur sécurité personnelle. Entourés de véhicules en feu, souvent à proximité des tirs de grenades lacrymogènes ou sous le feu de jets de projectiles et autres caillassages, les journalistes doivent être constamment attentifs à leur environnement proche.

« C’était du côté des Minguettes, la première fois que j’ai fait une incursion là-bas. Donc il y avait des forces de l’ordre immobilisées un peu partout, il se passait pas grand chose quoi, et tous les policiers étaient casqués, etc. et le policier me dit “ben, restez pas trop là”. Alors je savais, mais je suis resté deux minutes pour voir ce qui se passait et du coup j’ai entendu des bruits, comme des bruits de grêlons et c’était des boulons qui tombaient. Donc du coup, voilà, il faut faire attention. »445

Et même si la plupart des journalistes avouent ne pas avoir été l’objet d’agression ou de blessures, quelques-uns ont tout de même été personnellement visés par les “attaques” des émeutiers. C’est le cas notamment de Karl Laske, journaliste à Libération :

« Moi ça m’est arrivé, en voiture, de me prendre des cailloux ou de descendre de voiture et d’être l’objet de tirs de cailloux de jeunes. Bon, c’est évidemment désagréable et dangereux mais bon en même temps, voilà, il fallait en même temps qu’on y aille et en même temps on était dans un contexte de violence de part et d’autre, où à mes yeux il était normal de faire attention. »446

Et cette violence, à cause de laquelle les journalistes doivent être en permanence vigilants pour leur sécurité personnelle, contraint également leurs déplacements et leurs prises de contacts sur le terrain. En effet, au risque d’être blessés, ils ne peuvent évoluer comme ils le souhaitent et doivent être particulièrement mobiles.

« Après, là où ça se complique, c’est que ce n’est pas un événement comme un autre. C’est un événement où, quand on est journaliste, on peut pas se déplacer bien librement, il faut prendre des précautions. […] Là il y a des règles, mais des règles qu’on a apprises, finalement, qui sont à respecter. Par exemple, on peut pas se tenir trop longtemps au pied d’un immeuble où apparemment il ne se passe rien, il faut pas rester au même endroit, parce qu’il y a des fois des pluies de grêlons, qui peuvent s’abattre d’un coup, et ça peut être dangereux. »447

Aussi, le recueil d’informations, les échanges avec les jeunes émeutiers, avec les habitants ou avec la police, sont particulièrement difficiles dans ces moments de tension extrême.

« Ben, dans ces cas-là, on n’a pas trop l’occasion de discuter ni avec les uns ni avec les autres. Parce que moi, là, je couvre vraiment l’événement, c’est-à-dire le moment où il y a les affrontements, les incendies de voitures, où il y a des choses qui tombent des fenêtres… Donc le simple fait de s’arrêter, de discuter, ça crée des attroupements, ça peut générer des incidents, on peut être pris à parti, donc ce n’est pas dans ces moments-là qu’on discute beaucoup. »448

Au-delà des problèmes de sécurité en tant que tels et ceux d’accès aux sources d’information, c’est aussi l’atmosphère et l’ambiance des lieux qui peut peser sur le travail des journalistes. Ainsi le bruit, les vapeurs des gaz lacrymogènes, la fumée dégagée par les voitures, les poubelles ou les bâtiments en feu participent à créer un environnement peu enclin au travail.

« Moi je ne me suis jamais senti en danger mais bon c’était pas non plus très facile à faire, c’est quand même un peu stressant : il y avait du bruit, de la fumée. Et puis encore une fois je ne suis pas allé me mettre au milieu de groupes de jeunes qui callaissaient les forces de l’ordre en leur disant “est-ce que je peux regarder comment vous travaillez ?” »449

La violence inhérente au phénomène émeutier a donc fortement contraint le travail de terrain des journalistes lors de leur couverture des nuits d’émeutes. Astreints à être vigilant pour leur sécurité personnelle, évoluant dans un environnement stressant, limités dans leurs déplacements et dans leurs échanges avec leurs sources d’information, les journalistes n’ont pu travailler sereinement et dans les meilleures conditions.

L’accumulation de ces contraintes peut donc probablement expliquer l’absence ou du moins la faible présence de témoignages d’émeutiers dans certains quotidiens. En effet, plusieurs journalistes et notamment Cyrille Louis, journaliste au Figaro, rapportent le fait que les soirs d’affrontements, l’approche des émeutiers était fortement compromise et que la journée, quand ils revenaient dans les quartiers qui avaient été le théâtre d’affrontements les nuits précédentes, il était également difficile d’obtenir des témoignages car les émeutiers ne criaient pas forcément haut et fort qu’ils avaient participé aux événements de la veille.

« L’accès aux fauteurs de troubles à proprement parler, c’est évidemment un peu le fantasme de tout journaliste, vous voulez rencontrer le jour pour parler avec eux, les jeunes qui la nuit caillassaient les forces de l’ordre… Ils se présentaient pas comme tels, c’était pas forcément les plus accessibles. Enfin moi je ne sais pas si j’ai parlé ou pas … si vous voulez moi j’ai pas trouvé de gens qui me disent “oui moi hier j’ai caillaissé les forces de l’ordre et j’ai mis le feu à une bibliothèque municipale” et qui acceptent de me raconter leur vie. »450

b. La méconnaissance du terrain : un handicap pour suivre l’évolution des violences

La forme et les types de violences auxquelles se sont livrés les émeutiers ont également eu quelques incidences sur les journalistes. En effet, le fait qu’il y ait eu finalement que très peu de véritables affrontements entre jeunes et forces de police et de véritables face-à-face, contrairement à l’image qui a pu entre être donnée, a rendu la couverture des exactions commises plus difficiles. Les jeunes étant particulièrement mobiles et mettant le feu à des voitures, à un endroit avant de rapidement en partir et de se retrouver dans un autre lieu, il était compliqué pour les journalistes, comme pour la police, d’arriver à suivre les mouvements des jeunes émeutiers. Et cela a été d’autant plus complexe que, contrairement aux jeunes qui connaissent parfaitement leur “cité”, les journalistes n’avaient, pour la plupart, aucune connaissance des quartiers dans lesquelles les émeutes avaient lieu. La méconnaissance du terrain a donc été un handicap pour les journalistes qui tentaient de suivre l’évolution des violences.

« […] suivre de nuit les incidents de novembre 2005 c’était pas particulièrement facile, parce qu’encore une fois on avait souvent du retard sur eux, il fallait essayer d’arriver vite mais on avait du mal. »451

« […] il y avait un volume à couvrir, enfin un territoire à couvrir très large et qu’en étant seul, sans connaître le territoire, c’est difficile. Après, maintenant je connais assez bien les quartiers donc je sais beaucoup mieux me repérer. Maintenant je peux couvrir des situations équivalentes, je pourrais couvrir des situations équivalentes, je pense, seul sans trop de difficultés parce que j’ai une maîtrise du territoire, des modes d’entrées, des contacts. »452

Par ailleurs, le fait que les événements se déroulent principalement la nuit a contribué à l’amplification de cette de difficulté. En effet, se repérer dans un lieu que l’on ne connaît pas est d’autant plus difficile qu’il fait nuit et qu’on a encore moins de repères.

« […] le fait que ça se passe la nuit ça a juste compliqué notre évolution dans cet univers qui de toute façon n’était pas simple parce que de jour ou de nuit c’est des quartiers qu’on ne connaît pas bien, enfin dont on ne connaît pas bien la topographie je veux dire. Tout se ressemble un petit peu, quand on connaît pas on se perd facilement donc le fait que ce soit de nuit ça a pas simplifié les choses »453.

c. Le rapport aux sources : des jeunes défiants

Si les sources d’informations et les interlocuteurs des journalistes qui ont couvert les émeutes de novembre 2005 ont été multiples – nous allons le voir – une source en particulier a constitué une véritable contrainte pour les reporters sur le terrain : les jeunes et les habitants de banlieues. Car, si les témoignages et les récits de vie n’apparaissent pas de manière conséquente dans l’ensemble des corpus de nos cinq quotidiens, les jeunes et plus généralement les habitants des quartiers touchés par les émeutes ont tout de même constitué une source d’information primordiale et même la source “première”. Les journalistes ont travaillé avec de nombreuses sources comme les sources policières ou les sources judiciaires, ils ont sollicité ou ont été sollicités par des élus locaux et par leurs services administratifs, par des responsables associatifs, des représentants religieux, des hommes politiques qu’ils soient maires, parlementaires ou ministres ou encore par les services de communication des cabinets ministériels, de l’Élysée et de Matignon, pour les principales. Mais il reste que les jeunes ont posé de véritables difficultés, aux journalistes société notamment, présents sur le terrain. La principale de ces difficultés a été la prise de contact et l’instauration d’une relation de confiance car, l’ensemble des journalistes rencontrés s’accorde à le dire, une forte défiance à l’égard des médias subsiste dans les quartiers.

« C’est toujours la même difficulté c’est-à-dire que l’on se retrouve confronté à des gens qui sont dans une situation de méfiance énorme vis-à-vis des médias parce que, soit ils les assimilent à des ennemis potentiels que sont la police, les institutions et donc pour eux ils mettent un peu dans le même sac les médias. Et donc quand on arrive là-bas on est souvent considéré comme quelqu’un d’hostile et quelqu’un qui forcément va, soit restituer une parole qui serait une parole ennemie, soit une parole qui serait une parole pro-policière donc assimilée à une parole ennemie. Donc y a toujours cette défiance qui fait que ça c’est une vraie contrainte de production en banlieue. Et pour écarter, pour faire reculer cette défiance, ce qui est capital dans le travail sur la banlieue, c’est d’avoir le temps d’établir des liens avec les gens. »454

La contrainte pour les journalistes a donc été d’arriver à dépasser cette attitude de défiance de la part des jeunes principalement et d’instaurer rapidement une relation de confiance pour arriver à dialoguer. Et cette contrainte était d’autant plus grande qu’en 2005, au moment des émeutes, la plupart des journalistes n’avait pas véritablement de contacts préexistants en banlieues et dans les quartiers touchés par les émeutes. Seuls peut-être les quotidiens régionaux qui entretiennent une relation de proximité avec les différents acteurs des banlieues de leur région avaient une meilleure connaissance des quartiers. Il a donc fallu se créer des contacts rapidement, dans l’urgence des événements. Et si beaucoup de journalistes sont allés directement à la rencontre des jeunes, la plupart est tout de même passée par des intermédiaires. Ces intermédiaires étant principalement des associations, des médiateurs, des éducateurs ou encore des jeunes du quartier un peu plus âgés qui se plaçaient comme médiateurs.

« Alors les jeunes, il a fallu se faire un réseau un peu rapidement déjà par les contacts que chacun a dans le journal, parce qu’untel connaît untel, untel, par les associations d’aide sur le terrain. Je me souviens notamment de celle-là : Arrimage. Via Arrimage, tu rencontres les éducateurs spécialisés et les éducateurs de rue, qui eux connaissent… par ramification, qui te présentent untel, untel et untel. Et puis y avait des jeunes qui au cours des conférences de presse, qui viennent spontanément ou quasi spontanément vers toi et qui t’expliquent “il faut parler de la banlieue comme, il y a aussi, il y a aussi ça…”, qui viennent te solliciter. Et puis par bouche-à-oreille, tu parles avec eux et puis tu dis “tu pourrais me faire rencontrer machin” et puis après ça s’est passé comme ça. »455

« Moi je passais plutôt par des associations. Y aller directement c’était franchement, dans mon souvenir, c’était quand même au bout d’un moment pas évident parce qu’y a un moment où les relations entre les jeunes de ces quartiers et les médias se sont quand même pas mal crispées. […] je me rappelle m’être promené avec un photographe dans les rues d’Aulnay, on était franchement pas très à l’aise et les gens nous regardaient passer avec des regards qui étaient pas empreints de sympathie quoi. Donc on a pas eu de problème, on s’est pas fait attaquer, on s’est pas fait caillaisser, on ne s’est pas fait insulter mais enfin on sentait qu’on était pas vraiment les bienvenus. » 456

Et cette forte défiance, à laquelle les journalistes ont dû faire face, dès le début des émeutes de novembre 2005, s’est accentuée tout au long de l’extension des événements et même après. En effet, si dans les premiers jours, les jeunes ont considéré les médias comme un moyen de s’exprimer, de diffuser leur colère et même d’exister, ils ont rapidement jugé que l’image qui était véhiculée et le discours qui était produit ne correspondaient pas à leurs attentes et les desservaient. Ainsi, déjà pendant les émeutes de 2005 leurs rapports avec les médias se sont considérablement tendus et cela s’est retrouvé par la suite, lors des émeutes de Villiers-le-Bel en novembre 2007, notamment.

« Villiers-le-Bel… c’était extrêmement difficile. […] Parce qu’entre 2005 et 2007, les auteurs de violences, notamment les jeunes, se sont rendu compte que le traitement, contrairement à ce qu’ils avaient pensé dans un premier temps, les avait desservi. C’est-à-dire, dans un premier temps, eux, avaient utilisé les médias en se disant « c’est une façon d’exister ». Donc ils étaient assez positifs vis-à-vis des médias, au moins la première partie des émeutes de 2005. […] Et simplement ils se sont rendu compte quelques semaines après, six mois après, un an plus tard, que ça avait, collectivement, donné un tableau extrêmement négatif de la banlieue. Et ils en ont beaucoup voulu aux médias en ayant le sentiment que les médias avaient mis en scène et avaient uniquement rendu compte de la partie la plus sombre de la problématique des banlieues. […] Sur 2007 et sur tous les événements en banlieue graves, parce qu’il y en a eu dans d’autres villes avant Villiers-le-Bel, sur toutes ces périodes-là, à l’inverse, il y a rejet très fort des médias, donc du coup une agressivité et une violence physique incontestables. »457

Ainsi, le fait de travailler en banlieue, auprès d’une population souvent méfiante et en proie à de forts ressentiments a constitué une contrainte de production particulièrement forte pour les journalistes. Celle-ci explique peut-être, tout comme les violences, la faible proportion des témoignages de jeunes et plus généralement d’habitants des quartiers touchés par les émeutes, dans certains quotidiens.

Mais au-delà de cette défiance, le fait de travailler sur des territoires, sans véritables représentants identifiés et identifiables complique également, selon certains journalistes, le travail journalistique. En effet, lors d’événements particuliers, comme l’ont été les émeutes de novembre 2005, les journalistes n’ont pas de sources officielles, représentatives et porteuses d’une parole générale vers qui se tourner pour recueillir de l’information. Aussi, les journalistes ont affaire à des sources morcelées et à des interlocuteurs qui ont une vision parcellaire des événements. C’est notamment ce que pointe Luc Bronner, journaliste au Monde :

« Sur la plupart des rubriques en tout cas pour Le Monde, quand on est rubricard on a affaire à des interlocuteurs qui ont une vision d’ensemble. Pour poursuivre l’exemple sur la défense nationale, on va avoir des sources officielles (défense nationale, ministère de la défense, officiers de haut rang) qui ont une vision d’ensemble. Pour prendre l’exemple policier, au ministère de l’Intérieur on va avoir des sources policières officielles, on va avoir le cabinet du ministre, on va avoir des syndicats policiers… donc on a des sources qui sont identifiées et qui ont une parole de portée générale, par nature. Alors que sur les quartiers, on est sur des sources très éparses, très fragmentées et puis avec des gens qui sont en désaccord, souvent pour savoir qui est en capacité de porter une parole. C’est un univers qui est très conflictuel en fait, un univers de concurrence très forte entre sources. »458

Lire le mémoire complet ==> Les émeutes de l’automne 2005 dans les médias : étude comparée du traitement de cinq quotidiens français
Mémoire de recherche de Master 2 de Science politique
Institut d’Etudes Politiques de Lyon