La théorie du Liability of Newness, Survie des jeunes entreprises

By 12 February 2014

• La théorie du « Liability of Newness »

Le terme de « liability of newness » a été introduit pour la première fois en 1965 par Stinchcombe (Coleman S. 2004).

Selon cet auteur, les nouvelles organisations sont plus susceptibles d’échouer pour les raisons suivantes :
1- les nouvelles organisations impliquent de nouveaux rôles qui doivent être appropriés et appris par les créateurs ;
2- les nouvelles organisations ne disposent pas encore de standards, routines pour résoudre les problèmes auxquels elles peuvent être confrontées ;
3- les nouvelles organisations s’appuient sur les relations sociales avec des « étrangers », il n’y a pas encore de relation de confiance ;
4- les nouvelles organisations n’ont pas de liens encore stables avec ceux qui utilisent leurs services ou produits.

Stinchcombe (1965) précise également dans ces travaux que le risque d’échec inhérent à la création d’entreprise se trouve au plus haut lors de la création et décroît avec l’âge de l’entreprise, à mesure qu’elle devient plus légitime, ce qui n’est pas sans rappeler les travaux de Gibrat (1931) et Rodriguez et al. (2003), ou encore les travaux sur la légitimité évoqués plus haut. Considérer la notion de « liability of newness » amène naturellement le chercheur à prendre en considération la notion de légitimité comme un remède à la nouveauté, comme un moyen de compenser le poids de cette nouveauté (Stinchcombe, 1965 ; Messeghem et Sammut, 2007).

Brüderl et Schüssler (1990) introduisent, dans la lignée de Stinchcombe, la notion de « Liability of adolescence », du fait notamment, que le concept de « liability of newness » n’est pas une bonne représentation du risque de mortalité des organisations commerciales en Allemagne de l’Ouest. La notion introduite par ces auteurs suppose ainsi que les risques relatifs à la période initiale de lancement ou de démarrage pourraient être dus grandement à l’influence des stocks de ressources initiales ainsi qu’à un comportement rationnel. Le succès, l’échec ou encore la survie d’une organisation ne devraient donc pas être examinés au cours des premiers mois d’existence de l’entreprise, mais, au contraire, au cours des années suivantes.

• Conclusion

Les problématiques centrées spécifiquement sur l’organisation et ses composantes s’orientent grandement vers des analyses de types exogènes, du fait, notamment, que l’entreprise est vue par le prisme économique de la « boîte noire », au travers des travaux de Gibrat par exemple. Ces approches se révèlent également exogènes au regard des développements relatifs à la théorie du « Liability of Newness » ou encore relativement aux théories centrées sur l’évolution des organisations. Ces approches mènent les chercheurs à envisager l’étude de la survie au travers d’éléments relatifs notamment à la dyade organisation – environnement.

Cependant, afin de disposer d’une vision plus endogène de la survie et du succès, les chercheurs ont mobilisé ces théories conjointement avec d’autres, liées par exemple à l’entrepreneur (comme la théorie du capital humain) ou à l’environnement.

L’importance du corpus théorique relevée dans la littérature et afférant aux caractéristiques organisationnelles et, plus spécifiquement, à l’impact qu’elles peuvent avoir sur le succès ou la survie des jeunes entreprises, nous amène à considérer la nécessité de prendre en compte des éléments liés à l’organisation. En vue de répondre correctement à la problématique que nous nous sommes posée, nous formulons notre troisième proposition de recherche de la manière suivante :

H3. Nous supposons un lien positif entre les caractéristiques organisationnelles initiales et la survie à trois ans de la jeune entreprise.

Facteurs de survie des jeunes entreprises en France : une approche intersectorielle
Thèse présentée pour obtenir le grade de Docteur de l’Université Montpellier I
Ecole doctorale économe et gestion – Institut supérieure de l’entreprise de Montpellier
ISEM Equipe de recherche sur la firme et l’industrie

Chapitre 1 – Fondements théoriques
Section 1. Du succès à la survie, du concept élargi vers l’objet de recherche
Section 2 Les analyses du succès et de la survie, rencontrées dans la littérature
Section 3. Des facteurs clé de succès aux facteurs de survie
Section 4. Synthèse de la revue de littérature
Chapitre 2 – Méthode
Section 1. Positionnement théorique
Section 2. SINE 2002 comme données d’analyse
Section 3. Modélisation statistique
Section 4. Modélisation statistique
Section 5. Conclusion et synthèse
Chapitre 3 – Résultats
Section 1. Caractéristiques sectorielles
Section 2. Facteurs de survie et facteurs d’échec, les évolutions du modèle et les résultats sectoriels
Chapitre 4 – Discussion
Section 1. Évolutions du modèle d’analyse théorique et place des processus entrepreneuriaux dans la modélisation
Section 2. Les secteurs d’activité analysés sont-ils singuliers vis-à-vis de leur survie ?
Section 3. Discussion intersectorielle des résultats : une certaine singularité sectorielle
Conclusion