Facteurs de survie à 3 ans : secteur du commerce et de la réparation

By 13 February 2014

2.3 Les facteurs de survie à 3 ans dans le secteur du commerce et de la réparation

2.3.1 Évolutions du modèle d’analyse

• Confrontation ascendante / descendante

Tableau 34 Méthode ascendante du modèle d’analyse dans le secteur EJ

EVOLUTION DES INDICATEURS (Pseudos R² – HLMSW – %)

Récapitulatif du

modèle

FIT DU MODELE

TEST DE HOSMER ET LEMESHAW

% global du table au de clas s e m e nt à l’é tape chois ie

BLOC

Etape

-2log- vraisemblance

R-deux de Cox

& Snell

R-deux de

Nagelkerke

Khi-deux

ddl

Signif.

1

15

18408,82

0,019

0,027

13,573

8

0,0936

65,4%

2

13

3736,10

0,644

0,888

1,509

8

0,9926

95,7%

3

11

3603,74

0,647

0,893

0,887

8

0,9989

95,7%

4

1

3550,71

0,649

0,895

3,227

8

0,9193

95,7%

Après cette analyse ascendante, nous considérons que le modèle d’analyse est en adéquation avec les données d’analyses, compte tenu des résultats obtenus au test de Hosmer et Lemeshaw (> 0.05 après introduction des 4 blocs de variables. Les résultats révèlent, toutefois, une forte différence dans ce test après introduction du bloc de variables liées à l’entrepreneur et après introduction des trois autres blocs de variables.

Au regard de l’évolution des pseudos R² au cours des différentes introductions, il est remarquable, qu’une forte augmentation intervient après introduction des variables concernant les processus entrepreneuriaux mis en place, ce qui pourrait indiquer une prédominance de ces éléments dans l’explication des phénomènes de survie et d’échec à 3 ans. Cependant, nous pouvons également observer que ces même pseudos R² n’augmentent que très peu par la suite, ce qui tend à confirmer le résultat précédent.

Un autre résultat vient confirmer les remarques précédentes. Il concerne le pourcentage général du tableau de classement indiquant le pouvoir explicatif du modèle dans les différentes étapes. Ainsi, nous pouvons observer que cet indicateur suit un schéma identique aux indicateurs relevés précédemment. On note, de ce fait, une forte évolution du pouvoir explicatif du modèle après introduction du bloc de variables numéro deux, puis une stagnation de cet indicateur dans les développements ultérieurs.

Tableau 35 Méthode descendante du modèle d’analyse dans le secteur EJ

EVOLUTION DES INDICATEURS (Pseudos R² – HLMSW – %)

Récapitulatif du

modèle

FIT DU MODELE

TEST DE HOSMER ET LEMESHAW

% global du table au de clas s e m e nt à l’é tape chois ie

BLOC

Etape

-2log- vraisemblance

R-deux de Cox

& Snell

R-deux de

Nagelkerke

Khi-deux

ddl

Signif.

1

13

18356,01

0,023

0,032

19,754

8

0,0113

2

71

3697,82

0,645

0,890

0,628

8

0,9997

95,6%

3

1

3549,24

0,649

0,895

2,969

8

0,9363

95,7%

4

1

3493,28

0,650

0,897

2,541

8

0,9598

95,6%

L’analyse descendante révèle des différences sensibles avec l’analyse ascendante. Le modèle ne se montre donc pas significatif après introduction du bloc de variable numéro un du fait d’un manque d’adéquation entre les données et le modèle d’analyse (test de Hosmer et Lemeshaw 0.0113 < 0.05).

Néanmoins, les évolutions ultérieures du modèle après introduction des blocs de variables deux, trois et quatre montrent que le modèle est en adéquation avec les données, permettant ainsi de considérer les résultats de ces étapes comme significatifs et pertinents. Toutefois, les résultats de cette analyse descendante liés à l’entrepreneur ne pourront être considérés comme très pertinents étant donné le manque d’adéquation entre les données relatives aux variables du bloc numéro un et le modèle après introduction de ces données.

Une évolution forte et discontinue s’observe, par ailleurs, dans les pseudos R². Après introduction du bloc de variables numéro deux, le modèle subit une très forte évolution qui ne se poursuit que très sensiblement dans les étapes ultérieures de l’analyse descendante (tableau 35). Cette évolution très significative du modèle repérée dans le tableau précédent indique une forte prédominance des variables liées aux processus entrepreneuriaux dans l’explication de la survie à 3 ans dans ce secteur.

Le pouvoir explicatif du modèle évolue de manière particulière. En effet, bien que le résultat, après introduction du bloc un, ne soit pas valide, il est toutefois notable que le pourcentage général après introduction du bloc numéro deux soit tout à fait significatif ainsi que le suggèrent les autres indicateurs relevés précédemment. Néanmoins, malgré une évolution très légèrement positive des pseudos R² (0.001 et 0.002), après introduction du bloc quatre, on note une diminution sensible du pourcentage globale de classement. Cette diminution sensible indique un léger effet négatif des variables liées à la région d’implantation, même si les pseudos R² évoluent de manière inverse.

• Synthèse de l’évolution du modèle

Les deux méthodes d’analyses représentées dans les tableaux 34 et 35 se montrent relativement similaires. Le modèle d’analyse se révèle adéquat et significatif au terme des deux analyses.

Toutefois, les deux méthodes d’analyses ne convergent pas concernant les variables liées à l’entrepreneur (bloc d’analyse numéro un). Les résultats relatifs à l’entrepreneur seront par conséquent considérés comme moins significatifs que les résultats liés aux autres blocs d’analyses.

Les deux méthodes d’analyses convergent au niveau de la forte évolution remarquée lors de l’introduction du bloc de variables liées aux processus entrepreneuriaux mis en place au cours des trois premières années d’existence de l’entreprise. Les différents indicateurs analysés après l’introduction du bloc 2, tels que les pseudos R² ou encore le pourcentage global de pouvoir explicatif du modèle, se montrent très significatifs alors qu’au cours de l’étape précédente, ceux-ci ne se montraient que faiblement significatifs dans les deux analyses.

Les résultats relatifs aux processus entrepreneuriaux apparaissent donc comme très fortement explicatifs de la survie des jeunes entreprises dans ce secteur.

Enfin, une autre convergence des deux analyses est notable dans les faibles évolutions des indicateurs lors de l’introduction des blocs d’analyses trois et quatre au cours des deux analyses.

Les analyses précédentes nous amènent à considérer que les résultats des deux analyses restent convergents et s’enrichissent mutuellement.

2.3.2 Facteurs de survie et de mortalité des entreprises du secteur EJ

• Analyse ascendante

– Facteurs de survie

Tableau 36 Facteurs de survie dans le secteur EJ (Ascendante)

signification

Variables

β

%

p

bloc 1

entrepreneur âgé de plus de 50 ans

HKTTAGEAPLUS50A

0,2767

32%

*

entrepreneur de nationalité française ou européenne

HKTNATIOAW

0,4180

52%

*

entourage entrepreneurial

HKTPROCHES

0,3620

44%

***

bloc 2

mep du projet avec un organisme de soutien à la création

d’entreprises

PRCcrqui5A

0,5337

71%

***

conseils les plus utiles pour le projet donné par l’entourage

familial ou personnel

PRCcons1A

0,2872

33%

**

pas de relations ayant facilités la création et / ou le démarrage

RESrelat4A

0,2319

26%

*

bloc 3

emplois en CDD en 2002

NBRcdda

0,3363

40%

**

accès internet dans l’entreprise

SCTnet1A

0,3497

42%

**

structure juridique : personnalité morale

SCTcjaPM

0,7616

114%

***

aides ou exonérations locales ou régionales

SFItypaid4A

0,7589

114%

***

obtention d’un prêt bancaire pour financer le projet

SFIzprebana

0,3818

46%

**

sources de financement des investissements en 2002 par

apport en capital d’autres sociétés

SFIfinv7A

1,1423

213%

**

sources de financement des investissements en 2002 par

apport en capital d’organismes de fonds propres

SFIfinv6A

0,7056

103%

*

* p< 0.05 ** p< 0.01 ***p<0.001

L’analyse ascendante révèle des résultats significatifs relatifs aux trois premiers blocs de variables dans le cadre des facteurs de survie.

Le capital humain de l’entrepreneur apparaît faciliter la survie à trois ans de la jeune entreprise.

L’existence d’un entourage entrepreneurial de l’entrepreneur se révèle un facteur de survie fortement significatif et augmente de près de 45 % les chances de survie à trois ans de la jeune entreprise. La nationalité française ou encore l’âge de l’entrepreneur se révèle bien moins significatif dans l’explication de la survie à trois ans des jeunes entreprises du secteur du commerce et de la réparation.

Les résultats de la méthode d’analyse ascendante font ensuite apparaître des facteurs de survie au niveau des processus entrepreneuriaux. La mise en place du projet de création avec un organisme de soutien à la création s’avère améliorer de plus de 70 % les chances de survie à 3 ans des jeunes entreprises de ce secteur. De la même manière, il est apparu que les conseils les plus utiles pour mise en place du projet de création provenaient de l’entourage familial ou personnel de l’entrepreneur. Un résultat surprenant est également apparu au cours de cette analyse. Ainsi, le fait pour la jeune entreprise de ne disposer d’aucunes relations à la création et/ou au démarrage facilite légèrement la survie à 3 ans de la jeune entreprise.

L’analyse ascendante révèle enfin un grand nombre de facteurs de survie significatifs dans les variables liées à la structure organisationnelle mise en place. La structure financière apparaît comme très importante. Les apports en capitaux (d’entreprises ou d’organismes spécialisés) pour financer les investissements lors de la création et du démarrage s’avèrent augmenter fortement les chances de survie à trois ans des jeunes entreprises de ce secteur. L’obtention d’aides ou exonérations locales améliore également très nettement les chances de survie à 3 ans de ces entreprises (+ 114 %). De plus, il apparaît que l’obtention d’un prêt bancaire pour le financement du projet de création favorise significativement la survie à trois ans de la jeune entreprise de ce secteur.

Cette analyse montre également qu’une jeune entreprise dans le secteur commercial ou de la réparation doit se doter d’une connexion Internet et d’une structure juridique en personnalité morale si elle souhaite voir ses chances de survie à trois ans augmenter (respectivement + 42 % et + 114 %). Finalement, les résultats ont montré qu’une masse salariale à la création, composée en majorité d’emplois flexibles (CDD) augmente les chances de survie de la jeune entreprise de 40 %.

– Facteurs d’échec

Tableau 37 Facteurs d’échec dans le secteur EJ (Ascendante)

signification

Variables

β

%

p

bloc 1

autres raisons qui ont poussées à la création

Mmotiv8A

-0,2676

-23%

*

bloc 2

utilisation de services extérieurs payants pour la vente

(vrp, commercial)

STRserv5A

-1,6466

-81%

***

pas de licenciement prévue dans les 12 mois en 2002

STRzlicfbNC

-2,6275

-93%

***

utilisation d’autres services extérieurs payants à la

création

STRserv7A

-0,5908

-45%

**

bloc 3

moyens nécessaires à la création et/ou au démarrage

supérieurs à 80 000 €

SFIzmoyensa7

-0,8043

-55%

**

aides PCE (prêt à la création d’entreprises)

SFItypaid3A

-0,3543

-30%

*

direction de l’entreprise avec un membre de la famille de

l’entrepreneur (hors conjoint)

SCTdirig3A

-0,7678

-54%

**

* p< 0.05 ** p< 0.01 ***p<0.001

Le tableau précédent révèle les facteurs d’échec apparu au cours de l’analyse ascendante des variables dans le secteur du commerce et de la réparation. De mauvaises motivations à la création se montrent ainsi limiter les chances de survie des jeunes entreprises de ce secteur.

Les résultats relatifs aux stratégies (processus entrepreneuriaux) d’externalisations se montrent très significatifs et impliquent une réduction des chances de survie à trois ans dans le cadre de recours à des services de vente ou à d’autres services non répertoriés (respectivement – 81% et – 45 %).

Dans le même ordre d’idées, aucune prévision de licenciements dans les 12 mois après la création, limite les chances de survie à trois ans des jeunes entreprises de ce secteur. Ce dernier résultat s’avère cohérent avec le facteur de survie relevé plus haut indiquant la nécessité d’une masse salariale en CDD lors de la phase post création.

Les résultats de cette analyse font également apparaître des facteurs d’échecs relatifs à la structure organisationnelle. Ainsi, la disposition de moyens trop élevés (+ 80 000 €) lors de la création et du démarrage de la jeune entreprise grève significativement les chances de survie à trois ans des jeunes entreprises de ce secteur.

Au chapitre de la structure financière, il est également apparu que l’obtention des dispositifs PCE pour le financement du projet de création s’avère réduire les probabilités de survie à trois ans (- 30 %) des jeunes entreprises de ce secteur.

Un dernier facteur d’échec s’est révélé au cours de cette analyse, montrant que la direction de la jeune entreprise avec un membre de la famille de l’entrepreneur (hors conjoint) limite significativement les probabilités de survie à trois ans des entreprises nouvellement créées dans ce secteur.

• Analyse descendante

– Facteurs de survie

Tableau 38 Facteurs de survie dans le secteur EJ (Descendante)

signification

Variables

β

%

p

bloc 1

existence d’un entourage entrepreneuriale

HKTPROCHES

0,3668

44%

***

entrepreneur agé de plus de 50 ans

HKTTAGEAPLUS50A

0,2948

34%

*

bloc 2

licenciement dans les prochains 12 mois

STRzlicfbN

2,1978

801%

***

bloc 3

accès à internet dans l’entreprise

SCTnet1A

0,7108

104%

***

accès internet au domicile de l’entrepreneur

SCTnet2A

0,4853

62%

**

obtention d’aides ou d’exonérations locales et ou régionales

SFItypaid4A

0,7415

110%

***

obtention d’un prêt bancaire comme source de financement du projet

SFIzprebana

0,6874

99%

**

financement des investissements par apport de capital d’autres sociétés

SFIfinv7A

0,9990

172%

**

apport en capital d’organismes de fonds propres pour financer les investissements

SFIfinv6A

0,7392

109%

*

moyens nécessaires à la création inférieurs à 2000 €

SFIzmoyensa1

1,0156

176%

**

moyens nécessaires à la création entre 4000 et 8000 €

SFIzmoyensa3

0,8176

127%

**

moyens nécessaires au démarrage entre 8 000 et 16 000 €

SFIzmoyensa4

0,8136

126%

*

moyens nécessaires au démarrage entre 16 000 et 40 000 €

SFIzmoyensa5

0,8821

142%

**

moyens nécessaires au démarrage entre 40 000 et 80 000 €

SFIzmoyensa6

0,9547

160%

**

* p< 0.05 ** p< 0.01 ***p<0.001

Comme l’analyse l’a révélé auparavant, les résultats liés au bloc 1 seront considérés comme moins significatifs, étant donné la mauvaise adéquation de ces données avec le modèle d’analyse (2.3.1).

L’analyse descendante identifie, toutefois, deux facteurs de survie relatifs au capital humain de l’entrepreneur. Ainsi, l’existence d’un entourage entrepreneurial de l’entrepreneur augmenterait les chances de survie à trois ans de la jeune entreprise dans ce secteur de 44 %. Dans une moindre mesure, les résultats ont montré qu’un entrepreneur âgé de plus de 50 ans était plus à même d’augmenter les chances de survie de sa jeune entreprise.

L’examen des résultats révèle également un facteur de survie fortement significatif correspondant aux processus entrepreneuriaux. L’analyse ascendante a ainsi précisé que des licenciements dans les 12 mois après la création permettaient d’améliorer de plus de huit fois les chances pour la jeune entreprise de survivre à son troisième anniversaire.

Il apparaît également dans le tableau 38 que les facteurs de survie résultant de cette analyse sont très largement empreints des éléments organisationnels liés au bloc de variables numéro trois.

Une connexion Internet dans l’entreprise aussi bien qu’au domicile de l’entrepreneur améliore significativement les chances de survie des jeunes entreprises de ce secteur (respectivement + 104 % et + 62 %).

Les autres résultats se sont révélés correspondre à la structure financière de la jeune entreprise à son démarrage. L’obtention d’un prêt bancaire comme source de financement de la création augmente de près de 100 % les chances de survie à 3 ans de la jeune entreprise dans ces secteurs. Le financement des investissements apparaît dans cette analyse comme un antécédent majeur de la survie à trois ans de ces jeunes entreprises. Ainsi, les financements obtenus par apports en capitaux extérieurs d’entreprises ou encore d’organismes spécialisés augmentent très fortement les chances de survie de ces jeunes entreprises.

De la même manière, les résultats ont fait apparaître un autre facteur de survie à trois ans concernant l’obtention d’aides ou exonérations locales, qui s’est révélé fortement significatif.

Enfin, l’analyse descendante a aussi fait apparaître que de faibles financements à la création (moins de 2 000 €, de 4 000 à 16 000 €) ainsi que moyennement élevés (de 16 000 à 80 000 €) favorisent fortement et significativement la survie à trois ans des jeunes entreprises.

– Facteurs d’échec

Tableau 39 Facteurs d’échec dans le secteur EJ (Descendante)

signification

Variables

β

%

p

bloc 2

conseils des conseillers professionnels les plus utiles pour la mise en place du projet

PRCcons3A

-0,5941

-45%

***

aucuns conseils pour la mise en place du projet

PRCcons5A

-0,4123

-34%

***

conseils les plus utiles pour la création venant de l’entourage profesionnel

PRCcons2A

-0,4195

-34%

**

mise en place du projet seul

PRCcrqui1A

-0,3688

-31%

**

mise en place du projet avec le conjoint

PRCcrqui2A

-0,4654

-37%

**

utilisation d’autres services extérieurs payants à la création

STRserv7A

-0,5434

-42%

**

utilisation de services de ventes (VRP, commerciaux)

extérieurs et payants

STRserv5A

-1,7190

-82%

***

bloc 3

structure juridique personne physique

SCTcjaPP

-0,7719

-54%

***

aides obtenus PCE

SFItypaid3A

-0,5590

-43%

*

* p< 0.05 ** p< 0.01 ***p<0.001

L’examen des facteurs d’échec relevés dans les résultats de l’analyse descendante pointe tout d’abord vers le constat que ceux-ci sont fortement empreints du bloc de variables numéro deux.

Il est également notable que les facteurs d’échec révélés par cette analyse concernent amplement la préparation à la création. Ainsi, il est apparu que des conseils prodigués à l’entrepreneur par des conseillers professionnels, ou encore par son entourage professionnel, grevaient fortement les chances de survie à trois ans des jeunes entreprises de ce secteur. De la même manière, les résultats ont montré la nécessité de recueillir des conseils par d’autres moyens pour améliorer sensiblement ses chances de survie dans ce secteur.

L’analyse descendante a aussi fait apparaître que créer une entreprise dans ce secteur seul ou avec le conjoint limitait de manière sensible les chances de survie (respectivement – 31 % et – 37 %).

Les résultats montrent que le recours à certains services extérieurs tels que la vente (pour les VRP, commerciaux), ou à d’autres services non répertoriés réduisait les probabilités de survie à trois ans des jeunes entreprises de ce secteur.

Un dernier facteur d’échec concerne cette fois la structure juridique et montre que le choix d’une personnalité physique pour la jeune entreprise limite significativement ses chances de survivre à son troisième anniversaire, au même titre que l’obtention du dispositif PCE pour le financement de la création.

2.3.3 Synthèse et analyse des résultats concernant le secteur du commerce et de la réparation

• Évolutions du modèle d’analyse

Ainsi qu’il a été observé dans la partie 2.3.1, les évolutions du modèle au travers des deux analyses mises en œuvre convergent. Le modèle se révèle très significatif au terme des deux analyses avec des pseudos R² forts (environ 0.65 et 0.90).

Les résultats des deux méthodes ont également révélé que les facteurs de survie à trois ans des jeunes entreprises de ce secteur relevaient amplement des blocs de variables liés à l’entrepreneur ainsi qu’aux éléments organisationnels.

Les facteurs d’échec se sont révélés être fortement empreints des processus entrepreneuriaux mis en place au cours des trois premières années, mais aussi, dans une moindre mesure des éléments organisationnels.

La forte évolution des indicateurs dans les deux analyses lors de l’introduction du bloc de variables numéro deux lié aux processus entrepreneuriaux indique bien un pouvoir explicatif fort, mais dans ce secteur il semble que ces éléments relèvent des facteurs d’échec.

Il est aussi notable qu’aucun résultat n’apparaît concernant la région d’implantation de la jeune entreprise, le modèle venant même à voir son pouvoir explicatif se réduire sensiblement après introduction de ce bloc de variables lié à la région d’implantation.

Enfin, il est remarquable, dans le tableau de synthèse, que les deux analyses se confirment relativement mutuellement, l’une apportant un facteur de survie et l’autre un facteur d’échec venant confirmer le résultat précédent.

• Les facteurs de survie dans le secteur du commerce et de la réparation

Quelques facteurs de survie relatifs à l’entrepreneur sont apparus au cours des deux analyses. Il apparaît ainsi qu’un entrepreneur âgé de plus de 50 ans lors de la création a plus de chances de voir sa nouvelle entreprise survivre à son troisième anniversaire. Ce résultat peut s’expliquer très probablement par l’importance que revêt la connaissance du marché dans lequel l’entrepreneur s’insère.

Toutefois, il semble que ce résultat ne puisse être relatif à une expérience longue de l’entrepreneur, étant donné que ce résultat n’est corroboré par aucun élément lié à l’expérience de l’entrepreneur. Il est également apparu au cours des deux analyses qu’un entrepreneur qui savait s’entourer, ou qui en disposait lors de la création augmentait fortement les chances de survie de sa jeune entreprise. Malgré le fait que ce résultat puisse indiquer des liens avec l’environnement de l’entrepreneur et de son entreprise, aucun autre résultat ne vient confirmer cette hypothèse.

Un dernier résultat peu significatif indique également que la nationalité française ou européenne de l’entrepreneur facilitait sensiblement la survie de la jeune entreprise. Cet ultime résultat concernant l’entrepreneur est cohérent avec le fait que les entreprises de ce secteur disposaient lors de leurs créations de marchés largement locaux, régionaux voir nationaux (89 %). En conséquence, les hypothèses 1b et 1c sont rejetées par l’analyse, seule l’hypothèse 1a se trouve validée pour ce secteur.

Les résultats ont aussi fait apparaître de nombreux facteurs de survie relatifs aux éléments organisationnels de la jeune entreprise. Ainsi, disposer d’une structure de l’emploi flexibilisée par des emplois en CDD lors de la création permet d’augmenter les chances de survie à trois ans des jeunes entreprises de ce secteur. Ce constat est très certainement dû aux fluctuations des périodes commerciales au cours de l’année, l’entreprise se trouvant donc dans la nécessité d’augmenter ses effectifs au cours de certaines périodes fortement commerciales. L’hypothèse 3a se trouve donc validée.

L’accès à Internet apparaît également comme un facteur de survie. Néanmoins, aucun élément ne vient affiner l’usage qui est fait de ce réseau dans ce secteur. Nous pouvons cependant supposer, compte tenu du résultat lié à l’entourage entrepreneurial, que le réseau Internet permet à l’entrepreneur de garder plus facilement le contact avec les membres de son entourage entrepreneurial.

Le choix de la personnalité morale comme structure juridique se montre également être un facteur de survie pour la jeune entreprise. Ce résultat est confirmé du fait que la personnalité physique est apparue comme un facteur d’échec. La création d’une entité distincte de l’entrepreneur dans les domaines commerciaux ou de la réparation, semble donc limiter les risques d’échec, et même améliorer les chances de survie des jeunes entreprises de ce secteur. De ce fait, l’hypothèse 3b apparaît comme validée partiellement.

D’autres facteurs de survie sont également survenus concernant la structure financière de l’entreprise à sa création.

Tout d’abord, il est apparu que ce secteur ne nécessitait pas de forts moyens de financements à la création, résultat provenant des investissements moins élevés dans l’outil de production que dans d’autres secteurs (par exemple dans les industries).

Ce résultat se montre corroboré par un facteur d’échec montrant que des moyens à la création supérieurs à 80 000 € limitaient significativement les chances de survie des jeunes entreprises de ce secteur.

D’autres facteurs relevant de la structure financière ont également été identifiés. Les résultats montrent la nécessité de prendre un grand soin dans le choix des sources de financement du projet et des investissements qui s’y rattachent. L’obtention de financements pour les investissements, provenant notamment d’autres entreprises ou encore d’organismes spécialisés dans les fonds propres se révèle améliorer significativement les chances de survie des jeunes entreprises de ce secteur. Ce résultat ne reflète pas un comportement général dans le secteur, et indique ainsi des pratiques de financements interentreprises pouvant relever de la franchise, même si celle-ci n’est pas apparue en tant que telle dans nos résultats.

Ensuite, l’obtention d’un prêt bancaire pour le financement du projet de création atteste de l’importance de la nature des sources de financements des projets de création dans ce secteur. De manière indirecte, ce résultat peut indiquer un plus grand formalisme du projet lors de la création du fait de la réalisation d’un business plan pour l’obtention de ce prêt. De la même manière, ce résultat nous amène aussi à envisager une certaine sélection des projets de création par les banques dans l’octroi ou non des financements nécessaires.

Enfin, il est apparu que l’obtention d’aides ou exonérations locales favorisait fortement la survie des jeunes entreprises de ce secteur. Ce résultat indique ainsi une bonne adaptation des dispositifs locaux d’aides à la création en favorisant par le biais d’exonérations la trésorerie de la jeune entreprise par exemple. Les développements précédents nous conduisent à considérer l’hypothèse 3c comme partiellement validée.

Les résultats concernant l’hypothèse numéro deux disposent d’une envergure moindre. L’hypothèse 2b se trouve rejetée par l’un des résultats relevés dans l’analyse ascendante. Il apparaît ainsi peu pertinent pour l’entrepreneur d’user de relations en vue de faciliter la création et/ou le démarrage de son entreprise.

Un autre facteur de survie est apparu et concerne la stratégie d’emploi de l’entrepreneur durant les 12 premiers mois de son activité. Ce résultat se montre cohérent avec la nature flexible de l’emploi relevée plus haut et vient le corroborer, montrant de ce fait la nécessité des augmentations et réductions d’effectifs dans ce secteur pour rester cohérent avec les fluctuations de la demande durant les différentes saisons commerciales. De plus, ce facteur se trouve confirmé par l’analyse ascendante qui montre que les stratégies d’emplois qui ne comportent pas de licenciements dans les 12 mois après la création favorisent l’échec de l’entreprise avant son troisième anniversaire. L’hypothèse 2c s’avère donc partiellement validée.

Pour finir, des éléments de la préparation à la création ont montré qu’ils favorisaient la survie à trois ans des nouvelles entreprises de ce secteur. La mise en place du projet de création avec un organisme de soutien à la création apparaît comme un facteur de survie fortement significatif au regard de l’analyse ascendante. Ce résultat indique très certainement une bonne adéquation entre les besoins des porteurs de projets et les offres faites par les organismes de soutien. Néanmoins, le constat précédent nous amène également à envisager, au même titre que dans le cadre de l’obtention de financements bancaires, une certaine sélection des projets par ces mêmes organismes, mais aussi un plus grand formalisme des projets aidés. De ce fait, les projets survivant à leur troisième anniversaire auraient ainsi été travaillés plus en profondeur lors de la création.

Un dernier résultat lié à la préparation à la création est apparu et concerne les conseils recueillis par l’entrepreneur relativement à son projet de création. L’analyse ascendante a ainsi montré que des conseils liés à la création, et prodigués par l’entourage familial ou personnel de l’entrepreneur relevaient des facteurs de survie significatifs. Ce résultat est confirmé par les résultats négatifs sur la survie provoqués par la recherche de conseils extérieurs à ce cadre familial (conseils professionnels, entourage professionnel, aucun conseil). L’hypothèse 2a se voit par conséquent partiellement confirmée.

• Les facteurs d’échec dans le secteur du commerce et de la réparation

Ainsi que l’analyse des évolutions du modèle, présentée auparavant l’a montré, certaines variables liées aux processus entrepreneuriaux sont identifiées dans notre analyse comme des facteurs d’échec. Les facteurs concernant les stratégies d’emplois, les sources des conseils obtenus viennent confirmer les facteurs de survie relevés précédemment. Néanmoins, comme nous l’avons indiqué, l’hypothèse 2a est à considérer comme partiellement validée, notamment du fait que la mise en place du projet seul ou avec le conjoint constitue un facteur d’échec significatif. Les résultats montrent ainsi que la création dans ce secteur nécessite d’être accompagné par des professionnels, la dimension familiale devant rester consultative.

Un autre résultat relatif à l’hypothèse 2 concerne cette fois-ci plus particulièrement les stratégies d’externalisations de services comme la vente ou le recours à d’autres services non répertoriés. Le cœur de métier de ce secteur restant le commerce, il apparaît essentiel de ne pas l’externaliser au risque de limiter très fortement les chances de survie de la jeune entreprise.

Des éléments organisationnels apparaissent également favoriser l’échec des jeunes entreprises de ce secteur. Tout d’abord, diriger une jeune entreprise dans ce secteur avec un membre de sa famille apparaît comme plus risqué. Ce résultat s’explique très certainement par la confusion faite dans les cercles familiaux et professionnels de l’entrepreneur. Ensuite, l’obtention du PCE apparaît aussi comme un facteur d’échec. Toutefois ce résultat reste peu significatif et pourrait impliquer de mauvais choix en amont dans l’octroi des financements par PCE.

Enfin, les résultats concernant les facteurs d’échec relatifs à la structure juridique (personne physique) ou encore aux moyens nécessaires lors de la création (plus de 80 000 €) viennent confirmer les facteurs de survie relevés dans la partie précédente.

Facteurs de survie des jeunes entreprises en France : une approche intersectorielle
Thèse présentée pour obtenir le grade de Docteur de l’Université Montpellier I
Ecole doctorale économe et gestion – Institut supérieure de l’entreprise de Montpellier
ISEM Equipe de recherche sur la firme et l’industrie

Chapitre 1 – Fondements théoriques
Section 1. Du succès à la survie, du concept élargi vers l’objet de recherche
Section 2 Les analyses du succès et de la survie, rencontrées dans la littérature
Section 3. Des facteurs clé de succès aux facteurs de survie
Section 4. Synthèse de la revue de littérature
Chapitre 2 – Méthode
Section 1. Positionnement théorique
Section 2. SINE 2002 comme données d’analyse
Section 3. Modélisation statistique
Section 4. Modélisation statistique
Section 5. Conclusion et synthèse
Chapitre 3 – Résultats
Section 1. Caractéristiques sectorielles
Section 2. Facteurs de survie et facteurs d’échec, les évolutions du modèle et les résultats sectoriels
Chapitre 4 – Discussion
Section 1. Évolutions du modèle d’analyse théorique et place des processus entrepreneuriaux dans la modélisation
Section 2. Les secteurs d’activité analysés sont-ils singuliers vis-à-vis de leur survie ?
Section 3. Discussion intersectorielle des résultats : une certaine singularité sectorielle
Conclusion