Facteurs de survie à 3 ans : Secteur des services aux particuliers

By 14 February 2014

2.5 Les facteurs de survie à 3 ans dans le secteur des services aux particuliers

2.5.1 Évolutions du modèle d’analyse

• Confrontation ascendante / descendante

Tableau 48 Méthode ascendante du modèle d’analyse dans le secteur EP

EVOLUTION DES INDICATEURS (Pseudos R² – HLMSW – %)

Récapitulatif du

modèle

FIT DU MODELE

TEST DE HOSMER ET LEMESHAW

% global du table au de clas s e m e nt à l’é tape chois ie

BLOC

Etape

-2log-

vraisemblance

R-deux de Cox

& Snell

R-deux de

Nagelkerke

Khi-deux

ddl

Signif.

1

6

7677,95

0,029

0,041

6,428

7

0,4907

71,6%

2

16

1374,46

0,627

0,899

0,985

5

0,9637

96,3%

3

7

1328,76

0,630

0,903

4,849

5

0,4345

96,4%

4

1

1271,78

0,633

0,908

3,549

3

0,3145

96,3%

Le modèle d’analyse se montre tout à fait adéquat avec les données utilisées au cours des quatre étapes de l’analyse, comme en attestent les valeurs du test de Hosmer et Lemeshaw (> 0.05). Ce premier résultat démontre que les résultats issus de cette analyse pourront être considérés comme valides.

L’examen du tableau 48 nous amène également à remarquer une très forte évolution des pseudos R² après introduction du bloc de variables numéro deux. Ce constat indique une forte prédominance des thématiques liées aux processus entrepreneuriaux dans cette analyse. Les résultats révèlent également une stagnation des indicateurs du modèle lors de l’introduction des blocs trois et quatre, montrant que les variables relatives aux caractéristiques organisationnelles, ainsi qu’à la région d’implantation s’avèrent moins explicatives étant donné les faibles évolutions des pseudos R² (+ 0.03 et + 0.004).

L’examen des pseudos R² révèle également un très faible pouvoir explicatif des variables liées à l’entrepreneur malgré un pourcentage du tableau de classement relativement élevé (71.6 %). Toutefois, les niveaux atteints par le fit du modèle à l’issue de cette analyse, nous conduisent à considérer le modèle comme fortement explicatif du phénomène de survie (0,633 pour le R² de Cox et Snell et 0,908 pour le R² de Nagelkerke).

Ce résultat est confirmé lors de l’observation de l’évolution du pouvoir explicatif du modèle représenté par le pourcentage global du tableau de classement. Il apparaît ainsi au terme de l’analyse que le niveau du pouvoir explicatif du modèle dans le cadre de la méthode descendante dispose d’un niveau tout à fait recevable , voire très significatif.

Tableau 49 Méthode descendante du modèle d’analyse dans le secteur EP

EVOLUTION DES INDICATEURS (Pseudos R² – HLMSW – %)

Récapitulatif du

modèle

FIT DU MODELE

TEST DE HOSMER ET LEMESHAW

% global du table au de clas s e m e nt à l’é tape chois ie

BLOC

Etape

-2log-

vraisemblance

R-deux de Cox

& Snell

R-deux de

Nagelkerke

Khi-deux

ddl

Signif.

1

21

7601,08

0,040

0,057

4,566

8

0,8028

71,8%

2

25

1337,06

0,629

0,902

1,902

8

0,9839

96,5%

3

1

1280,15

0,632

0,907

1,853

8

0,9852

96,5%

4

1

1223,22

0,636

0,911

0,865

8

0,9990

96,4%

L’analyse du tableau ci-dessus, reflétant les évolutions du modèle d’analyse au travers de la méthode descendante, nous révèle, dans un premier temps, que les données sont en adéquation avec le modèle, indiquant par la même que les résultats issus de cette analyse pourront être considérés comme valides et exploitables.

L’examen des évolutions de l’analyse descendante nous amène également à remarquer une très forte évolution des pseudos R² après introduction du bloc de variables liées aux processus entrepreneuriaux mis en place au cours des trois premières années d’existence de la jeune entreprise.

Ce constat révèle l’importance de ces variables dans l’explication du phénomène de survie et se trouve corroboré par les résultats de l’analyse ascendante présentés dans le tableau 48.

Une stagnation de ces indicateurs est également notable dans les étapes ultérieures de l’analyse et indique un pouvoir explicatif moindre des variables relatives à la structure organisationnelle ainsi qu’à la région d’implantation au sein du modèle d’analyse. Toutefois, le tableau 49 indique que le fit du modèle atteint de très bon niveau au terme de l’introduction des différents blocs de variables et démontre ainsi que le modèle peut être considéré comme pertinent et significatif dans ce secteur.

Enfin, l’observation du pouvoir explicatif général du modèle d’analyse révèle, au cours des différentes étapes, des évolutions similaires aux indicateurs analysés précédemment. À l’issue de l’analyse descendante, le pourcentage global du tableau de classement (représentant le pouvoir explicatif général du modèle) montre un très bon niveau de compréhension du phénomène de survie, puisqu’il apparaît expliquer près de 96,4 % des cas de survie.

• Synthèse de l’évolution du modèle

Les évolutions du modèle au travers des méthodes d’analyses ascendantes et descendantes se révèlent assez similaires.

Tout d’abord, l’adéquation entre le modèle d’analyse et les données s’est révélée pertinente au cours des deux méthodes d’analyses.

Ensuite, les évolutions du fit du modèle se sont montrées pratiquement identiques dans les deux méthodes, avec une forte évolution, notamment après introduction du bloc 2, et une certaine stagnation de ces indicateurs au cours des étapes ultérieures.

Ces évolutions assez singulières nous amènent à penser que les variables liées aux processus entrepreneuriaux mis en place au cours des trois premières années d’activités disposent d’une très forte influence sur la survie des jeunes entreprises de ce secteur.

Enfin, l’observation des niveaux du fit du modèle à l’issue des deux analyses nous amène à considérer que les deux analyses sont convergentes puisque leurs pseudos R² sont quasiment identiques (autour de 0.63 pour le R² de Cox et Snell et autour de 0.91 pour le R² de Nagelkerke).

Cette considération se trouve corroborée lors de l’observation du pouvoir explicatif général du modèle, qui est également pratiquement identique dans les deux analyses (96,3 % pour la méthode ascendante et 96,4 % pour la méthode descendante).

Enfin, les analyses des deux méthodes et l’observation de leurs similitudes nous amènent à considérer que les deux analyses ont convergé,

démontrant ainsi la fiabilité de notre modèle pour l’étude de la survie des jeunes entreprises de ce secteur .

2.5.2 Facteurs de survie et de mortalité des entreprises du secteur EP

• Analyse ascendante

– Facteurs de survie

Tableau 50 Facteurs de survie dans le secteur EP (Ascendante)

signification

Variables

β

%

p

bloc 1

objectif de l’entrepreneur : développer fortement

l’entreprise en terme de salariés et d’investissements

VobjectaDEV

0,4552

58%

**

bloc 2

conseils les plus utilies donnés par l’entourage familial

ou personnel

PRCcons1A

0,6116

84%

***

l’innovation porte sur l’introduction sur le marché de

produits, de concepts de vente ou de services nouveaux

STRinovo1A

0,5536

74%

***

l’innovation porte sur l’introduction sur le marché de

nouveaux procédés de production ou de méthodes nouvelles

STRinovo2A

0,8486

134%

***

bloc 3

moyens nécessaires au démarrage compris entre 2

000 et 4 000 €

SFIzmoyensa2

0,5494

73%

*

moyens nécessaires au démarrage supérieurs à 80

000 €

SFIzmoyensa7

0,6625

94%

*

l’entreprise a un grand nombre de clients avec quelques

clients importants

CLTnbcliaPLUSgros

0,4532

57%

*

l’entreprise a 1 à 2 clients

CLTnbclia12

0,8297

129%

**

bloc 4

région d’implantation

rega

**

* p< 0.05 ** p< 0.01 ***p<0.001

L’examen de ces résultats montre une certaine prédominance des facteurs de survie liés aux processus entrepreneuriaux . Il apparaît ainsi que le fait d’être innovant (ou tout du moins de se considérer comme tel), dans le cadre de produits, services ou concepts de vente nouveaux se révèle améliorer très significativement les chances de survie des jeunes entreprises de ce secteur (+ 74 %).

Les résultats montrent également une forte amélioration des chances de survie, de l’ordre de 134 %, concernant l’innovation apportée aux procédés de production et aux méthodes nouvelles sur les marchés de ce secteur.

Les conseils les plus utiles pour la mise en place du projet se sont révélés provenir de l’entourage familial ou personnel de l’entrepreneur. Les éléments liés au bloc 2, comme supposés dans l’analyse des évolutions du modèle se révèlent ainsi très significatifs dans l’explication du phénomène de survie des jeunes entreprises de ce secteur.

L’objectif de l’entrepreneur lors de la création s’avère également faire la différence quand il s’agit d’examiner les chances de survie de ces jeunes entreprises. Ainsi, un objectif de développement fort, tant au niveau des emplois que des investissements, s’avère être un but permettant d’augmenter significativement de 58 % les chances de l’entreprise de survivre à son troisième anniversaire.

Le bloc de variables numéro trois a également révélé des facteurs de survie intéressants. Il est ainsi remarquable que si l’entreprise dispose d’un à deux clients elle peu augmenter ses chances de survie plus significativement qu’avec de nombreux clients, dont quelques clients de taille importante (+ 129 % contre + 57 %).

Les moyens nécessaires à la création et/ou au démarrage confirment le résultat précédent en indiquant que la disposition de forts moyens (+ 80 000 €) à la création engendre une amélioration sensiblement identique des chances de survie de ces entreprises avec celles qui disposent de moyens beaucoup plus modestes (entre 2 000 et 4 000 €). Ces résultats vont de pairs et montrent ainsi que les moyens nécessaires à la création peuvent être rapprochés du volume de clientèle de la jeune entreprise. Cette remarque nous amène de plus à envisager deux profils différents d’entreprises dans ce secteur (élément qui sera discuté dans le prochain chapitre).

Enfin, bien que nous manquions d’éléments, il apparaît que la région d’implantation en 2002 de ces jeunes entreprises a joué un rôle significatif dans la survie à trois ans des entreprises de ce secteur.

– Facteurs d’échec

Tableau 51 Facteurs d’échec dans le secteur EP (Ascendante)

signification

Variables

β

%

p

bloc 1

motivations à la création : sans emploi, a choisi de créer

Mmotiv6A

-0,3910

-32%

*

bloc 2

mep du projet avec un personne de la famille (hors

conjoint)

PRCcrqui3A

-0,5371

-42%

*

utilisation de services extérieurs payants pour le

nettoyage

STRserv4A

-1,1476

-68%

*

utilisation de services extérieurs payants à la création

pour la publicité

STRserv6A

-0,5798

-44%

**

pas de recours à des services extérieurs payants à la

création

STRserv8A

-0,5417

-42%

**

pas de licenciements prévus dans les 12 mois en 2002

STRzlicfbNC

-3,6686

-97%

***

bloc 3

accès internet au domicile de l’entrepreneur

SCTnet2A

-0,5204

-41%

**

* p< 0.05 ** p< 0.01 ***p<0.001

Bien que les facteurs de survie relevés dans cette analyse soient empreints des quatre thématiques, l’analyse ascendante révèle des facteurs d’échecs fortement influencés par des variables liées aux processus entrepreneuriaux .

Tout d’abord, il apparaît qu’une stratégie d’emploi post création n’impliquant aucun licenciement se révèle risqué et diminue significativement et fortement les chances de survie des jeunes entreprises de ce secteur (- 97%). Ensuite, il apparaît également risqué d’avoir recours à certains services extérieurs comme le nettoyage ou encore des services de publicité qui réduisent respectivement les chances de survie de 68 % et 44 %.

Toutefois, il apparaît également que le non-recours à l’externalisation de certains services se révèle être un facteur d’échec significatif. Un dernier résultat peu significatif est révélé par l’analyse ascendante concernant cette thématique. Il apparaît ainsi que la mise en place du projet de création par l’entrepreneur accompagné d’un membre de sa famille ne produit pas de bons résultats concernant la survie à trois ans des jeunes entreprises de ce secteur.

Deux autres variables sont également apparues relever des facteurs d’échec de ce secteur. L’analyse ascendante a ainsi montré qu’un entrepreneur en situation de chômage qui avait choisi délibérément la création d’entreprise réduisait sensiblement les chances de survie de sa jeune entreprise (- 32 %). Enfin, le dernier résultat remarquable dans le tableau n°51 relève de l’accès au réseau Internet ; celui-ci apparaît comme un facteur d’échec lorsque la connexion se situe au domicile de l’entrepreneur.

• Analyse descendante

– Facteurs de survie

Tableau 52 Facteurs de survie dans le secteur EP (Descendante)

signification

Variables

β

%

p

bloc 1

motivation à la création : sans emploi a été contraint de

créer

Mmotiv7A

0,7087

103%

*

bloc 2

des relations avec un ou plusieurs fournisseurs ont

facilités la création ou le démarrage

RESrelat1A

0,4373

55%

*

innovation porte sur l’introduction de nouveau procédés

de fabrication ou de nouvelles méthodes

STRinovo2A

1,0503

186%

***

innovation portant sur l’introduction sur le marché de

produits, concepts de vente ou de services nouveaux

STRinovo1A

0,5847

79%

**

projet de futur licenciements dans les 12 mois en 2002

STRzlicfbO

4,9246

13663%

***

bloc 3

consultation d’internet pour la recherche et l’échange

d’informations

SCTcnet1A

0,7629

114%

*

consultation d’internet pour le passage de commandes

SCTcnet3A

0,7787

118%

*

utilisation d’un micro-ordinateur dans l’entreprise

SCTzinfoa

0,4477

56%

*

bloc 4

région d’implantation

rega

**

* p< 0.05 ** p< 0.01 ***p<0.001

L’analyse descendante montre des résultats fortement significatifs liés à la thématique des Processus entrepreneurial, ce constat apparaît très cohérent avec les analyses présentées précédemment concernant les évolutions du modèle au travers de cette analyse.

Le développement de stratégies innovantes concernant notamment l’introduction sur le marché de nouveaux procédés de fabrication ou de nouvelles méthodes s’avère augmenter de près de 200 % les chances de survie des jeunes entreprises de ce secteur.

De la même manière, le développement de produits, concepts de ventes ou encore de services nouveaux apparaît également favoriser très significativement les chances de survie à trois ans des entreprises de ce secteur (+ 79 %).

Cette dimension révèle également un résultat très fort, puisque la mise en place de projets de licenciements au cours de l’année 2002 améliore près de 14 fois les chances de survie des jeunes entreprises de ce secteur. De plus, il apparaît que des relations avec un ou plusieurs fournisseurs lors de la création se révèlent engendrer un effet positif sur la survie à moyen terme des entreprises de ce secteur (+ 55 % de chances de survivre aux trois premières années d’exercice).

Les régions d’implantations font également leur apparition au titre des facteurs de survie. Toutefois, l’analyse ne vient aucunement préciser de quelles régions il s’agit, nous laissant supposer que l’environnement a eu une influence significative sur la survie des jeunes entreprises de ce secteur.

Les autres résultats présentés dans le tableau n°52 se révèlent être moins significatifs. Les thématiques liées à l’entrepreneur ainsi qu’à la structure organisationnelle apparaissent donc avoir une influence moins forte que les facteurs de survie présentés auparavant.

L’analyse descendante révèle également que l’usage des nouvelles technologies est un facteur de survie . Ainsi, user d’Internet pour la recherche et l’échange d’informations, ou encore le passage de commandes, permet d’augmenter les chances de survie à trois ans des entreprises de ce secteur. Ce résultat est confirmé par l’apparition de la variable liée à l’utilisation d’un micro- ordinateur dans l’entreprise démontrant ainsi l’importance de l’usage de ces technologies dans ce secteur.

Un dernier résultat concerne cette fois-ci l’entrepreneur et révèle qu’un entrepreneur dans une situation de chômage qui a été contraint à la création, amène la jeune entreprise à augmenter ses chances de survie à trois ans d’un peu plus de 100 %.

– Facteurs d’échec

Tableau 53 Facteurs d’échec dans le secteur EP (Descendante)

signification

Variables

β

%

p

bloc 1

activité actuelle de l’entrepreneur différente de l’activité exercée dans son précédent emploi

EXPcompmaDIF

-0,5245

-41%

*

motivation à la création : sans emploi a choisi de créer

Mmotiv6A

-0,4798

-38%

*

bloc 2

conseils les plus utiles pour le projet donné par un ou des organismes spécialisés dans la création d’entreprises

PRCcons4A

-0,8264

-56%

**

utilisation de services extérieurs payants pour la publicité

STRserv6A

-0,5892

-45%

**

aucun recours aux services payants extérieurs

STRserv8A

-0,5943

-45%

**

utilisation d’un service extérieur payant de nettoyage

STRserv4A

-1,6504

-81%

*

bloc 3

type d’aide obtenue : EDEN

SFItypaid2A

-1,0682

-66%

*

moyens nécessaires à la création et/ou au démarrage de

8 000 à 16 000 €

SFIzmoyensa4

-0,7841

-54%

*

moyens nécessaires au démarrage de 40 000 à 80 000 €

SFIzmoyensa6

-1,1615

-69%

**

plus de 10 clients

CLTnbclia10PLUS

-0,4793

-38%

*

* p< 0.05 ** p< 0.01 ***p<0.001

La thématique des processus entrepreneuriaux se révèle également récurrente et significative dans les facteurs d’échecs relevés dans cette analyse.

Le recours à l’externalisation de certains services comme le nettoyage ou encore la publicité s’avère donc limiter significativement les chances de survie à trois ans des jeunes entreprises de ce secteur (respectivement – 81 % et – 45 %).

Toutefois, il apparaît également que le non-recours à l’externalisation se révèle être un facteur d’échec significatif. Les résultats de l’analyse descendante montrent ainsi que les conseils prodigués lors de la création par des organismes spécialisés se révèlent peu productifs concernant la survie et affichent même une réduction significative des chances de survie de ces jeunes entreprises (- 56 %).

Une seconde thématique ressort lors de l’examen du tableau 53 et concerne la structure organisationnelle. Une clientèle trop nombreuse se révèle ainsi être un facteur d’échec réduisant de près de 40 % les chances de survie des jeunes entreprises de ce secteur. Des moyens trop élevés (compris entre 40 000 et 80 000 €) limitent les chances de survie à moyen terme des jeunes entreprises de ce secteur de 69 %.

Cependant, il apparaît que des moyens plus limités compris entre 8 000 et 16 000 € engendrent aussi un effet négatif (- 54 %) sur les chances de survie des jeunes entreprises de ce secteur.

Un dernier résultat relatif à cette dimension l’obtention du dispositif de financement EDEN, qui se révèle grever sensiblement les chances de survie à trois ans de ces jeunes entreprises.

La dimension de l’entrepreneur fait apparaître deux éléments relatifs aux facteurs d’échecs de ces jeunes entreprises. Il apparaît ainsi que les probabilités de survie à trois ans diminuent de près de 40 % lorsque l’entrepreneur a choisi de créer délibérément pour sortir d’une situation de chômage. De plus, il semble que l’expérience de l’entrepreneur dans l’activité principale de la jeune entreprise soit importante , puisque si l’entrepreneur vient à changer d’activité lors de la création, il voit les chances de survie de son entreprise diminuer de 41 %.

2.5.3 Synthèse et analyse des résultats concernant le secteur des services aux particuliers

• Évolutions du modèle d’analyse

Ainsi qu’il a été relevé lors de l’observation des évolutions du modèle au travers des deux méthodes d’analyses, elles ont convergé, démontrant la robustesse du modèle d’analyse.

Il est également remarquable qu’une forte évolution intervienne lors de l’introduction des variables liées aux processus entrepreneuriaux mis en place lors des trois premières années d’activités. Ce résultat montre ainsi la forte influence de cette thématique dans l’explication de la survie et de l’échec des jeunes entreprises de ce secteur. Cette influence se retrouve également dans les résultats issus des deux méthodes d’analyses, confirmant le résultat précédent.

Toutefois, l’effet de la thématique des processus entrepreneuriaux s’avère ambivalent et se révèle aussi bien dans les facteurs de survie que dans les facteurs d’échecs.

L’examen des résultats issus des deux méthodes d’analyses révèle par ailleurs que les quatre thématiques sont présentes dans les facteurs de survie, alors que les facteurs d’échecs sont eux empreints des trois premiers blocs de variables.

• Les facteurs de survie dans le secteur des services aux particuliers

L’hypothèse 1 relative à l’entrepreneur trouve dans les analyses deux résultats positifs concernant la survie des jeunes entreprises de ce secteur.

Les motivations relevant d’une contrainte à la création lors d’une situation de chômage de l’entrepreneur donnent de bons résultats. Ce facteur de survie est corroboré par le facteur d’échec inverse indiquant qu’un choix délibéré dans cette situation réduit les chances de survie à trois ans des jeunes entreprises de ce secteur. Ces résultats pourraient indiquer un suivi plus important des porteurs de projets lorsque ceux-ci sont contraints à la création. Par ailleurs, Ces résultats nous conduisent également à envisager que cet accompagnement, dans le cadre de la situation de chômage de l’entrepreneur, se révèle pertinent et nous laisse supposer que le projet pourrait peut- être avoir été construit sur des bases plus solides que si l’entrepreneur décide de mener la préparation à la création seul.

Un objectif de développement fort de l’emploi et des investissements bien établi dès la création apparaît aussi relever des facteurs de survie , montrant l’importance d’une vision stratégique de l’entrepreneur assez claire dès la mise en place du projet. De plus, ce résultat nous amène à penser que seuls les entrepreneurs qui en veulent le plus dans ce secteur pourront augmenter les chances de survie de leurs jeunes entreprises. Les analyses précédentes nous conduisent donc naturellement à considérer que les hypothèses 1a et 1b sont rejetées alors que l’hypothèse 1c se trouve confirmée.

La thématique des processus entrepreneuriaux met en lumière également des facteurs de survie à trois ans dans ce secteur, qui se trouvent corroborés par l’apparition de facteurs d’échecs contraires.

Ainsi, il apparaît que les jeunes entreprises de ce secteur ont été créées avec un nombre d’employés trop important en 2002 (près de 2 en moyenne lors de la création). Ce constat, révélé par un facteur de survie concernant un projet de licenciement dans les 12 mois en 2002, montre bien la nécessité de disposer d’une petite taille lors de la création pour limiter les charges engendrées par une masse salariale trop importante. Les résultats montrent ainsi que si aucun projet de licenciement n’était pas mis en place dans les 12 mois en 2002, les chances de survie des jeunes entreprises concernées se voyaient réduire significativement. Ces résultats nous amènent à envisager la possibilité pour l’entrepreneur de choisir une structure salariale plus flexible pour faire face aux fluctuations de l’activité, toutefois, les résultats n’ont produit aucune réponse à cette hypothèse.

L’innovation apparaît aussi comme un facteur de survie très significatif et confirmé par les deux analyses. Dans ce secteur d’activité, des stratégies d’innovations portant sur l’introduction sur le marché de nouveaux produits, services, concepts de ventes ou encore de procédés de fabrication nouveaux améliorent très fortement les chances de survie de ces jeunes entreprises. L’importance du progrès est ainsi mise en exergue au travers de ces résultats qui nous conduisent à penser que ce secteur s’est trouvé en grande mutation au cours des années 2002-2005. L’hypothèse 2c se révèle donc validée en partie, étant donné que certains facteurs s’y rattachant se sont avérés des facteurs d’échec.

L’activité de réseautage de l’entrepreneur favorise elle aussi la survie à moyen terme dans le cadre de relations avec un ou des fournisseurs , tissées en vue de faciliter la création et/ou le démarrage. Ce résultat pourrait ainsi indiquer des pratiques de facilités de paiement accordées aux jeunes entreprises qui disposent de ces relations, les amenant donc à sécuriser leur gestion de trésorerie. L’hypothèse 2b apparaît donc comme validée, toutefois, ce résultat restera à considérer avec parcimonie du fait de sa faible significativité.

L’hypothèse 2a se trouve quant à elle partiellement validée. En effet, il est apparu au cours de l’analyse ascendante, que le recours à des conseils à la création provenant de l’entourage familial ou personnel de l’entrepreneur relevait des facteurs de survie, montrant ainsi l’importance du recours à des regards extérieurs lors de la préparation à la création. En revanche, un résultat relevant des facteurs d’échec, apparu dans l’analyse descendante, vient affiner ce constat et montre ainsi que le recours à des conseils provenant d’organismes spécialisés engendre un effet négatif sur la survie . Ces deux résultats montrent ainsi le soin que doit prendre l’entrepreneur dans le choix des sources de conseils pour l’aider à la préparation à la création. Ils confirment également que les deux analyses se complètent, comme il avait été remarqué en partie 2.4.1.

La dimension du modèle relative aux caractéristiques organisationnelles de la jeune entreprise révèle des facteurs ayant une influence positive sur la survie à trois ans des jeunes entreprises de ce secteur. L’usage des nouvelles technologies s’avère ainsi pertinent si l’entrepreneur souhaite améliorer les chances de survie de sa jeune entreprise. Il apparaît donc que l’échange ou la recherche d’informations ainsi que le passage de commandes par le biais de ce réseau favorisent les chances de survie de ces jeunes entreprises. Ce résultat se trouve confirmé du fait que l’utilisation d’un micro-ordinateur dans l’entreprise favorise aussi la survie à moyen terme des entreprises qui en disposent.

Néanmoins, il apparaît que l’usage du réseau Internet doit se faire avec parcimonie et uniquement dans le cadre de l’entreprise, car une connexion à Internet au domicile de l’entrepreneur (pour l’entreprise) relève des facteurs d’échec. Les développements précédents nous conduisent à envisager que l’usage des nouvelles technologies dans ce secteur soit très important, et très certainement dû aux évolutions des mœurs chez les particuliers ces dernières années concernant ces matériels. Il apparaît donc logique pour des jeunes entreprises de services aux particuliers de s’adapter aux nouveaux modes de communications de leurs clients. L’hypothèse 3b peut donc être considérée comme validée.

Dans ce secteur, les résultats liés aux hypothèses 3c et 3d se trouvent connectés et corroborés par certains facteurs d’échec mis en avant lors des analyses. Il apparaît ainsi que les moyens à engager lors de la création peuvent se trouver à deux niveaux bien différents : un niveau modeste (moyens compris entre 2 000 et 4 000 €) et un niveau élevé (moyens supérieurs à 80 000 €). De plus, les analyses ont montré que la mise en œuvre de moyens à des niveaux intermédiaires (entre 8 000 et 16 000 et entre 40 000 et 80 000 €) ne favorisait pas la survie à moyen terme. Ces résultats nous indiquent clairement l’existence de deux stratégies pertinentes et opposées concernant les moyens à mettre en œuvre lors de la création .

Par ailleurs, ces conclusions apparaissent confirmées par des éléments relatifs à la structure de la clientèle de ces entreprises. En effet, l’examen des facteurs de survie relatifs aux volumes de clientèle dont disposent ces jeunes entreprises affine les commentaires précédents relatifs aux moyens nécessaires lors de la création. Il apparaît ainsi logique, qu’un volume de clientèle élevé (un grand nombre de clients avec quelques clients importants) nécessite la mise en œuvre de moyens élevés, et que la disposition d’une clientèle peu nombreuse (1 à 2 clients) entraîne des investissements relativement modestes. Toutefois, il apparaît nécessaire de relativiser les résultats précédents, car si l’entreprise vient à disposer d’un nombre de clients trop importants (plus de 10, sans « gros » clients), ses chances de survie s’en trouveront limitées, même si un objectif de développement fort s’est montré favoriser significativement les chances de survie des jeunes entreprises de ce secteur. Les hypothèses 3c et 3d sont donc naturellement validées par les résultats présentés auparavant.

Enfin, l’hypothèse 4 se trouve corroborée par les deux méthodes employées et se montre donc validée. Toutefois, bien que les analyses aient identifié la région d’implantation lors de la création comme un facteur de survie à trois ans, aucun autre élément ne vient affiner ce résultat. Ce constat nous conduit ainsi à limiter notre interprétation à la seule remarque que l’environnement régional de ces jeunes entreprises a joué un rôle positif sur la survie de ces jeunes entreprises.

• Les facteurs d’échec dans le secteur des services aux particuliers

Nombre de facteurs d’échec se sont révélés corroborer des facteurs de survie au cours de l’analyse des résultats présentée précédemment.

Cependant, des résultats singuliers mis en avant appartiennent aux facteurs d’échec de ces jeunes entreprises. Il est ainsi apparu qu’un changement trop conséquent de l’activité professionnelle de l’entrepreneur entre son ancien poste et son nouveau statut se révélait grever les chances de survie à trois ans des entreprises de ce secteur. Ce résultat indique très certainement une grande importance de l’expérience professionnelle de l’entrepreneur dans le cœur de métier de sa jeune entreprise. Toutefois, aucun élément ne nous permet de confirmer cette hypothèse.

Par ailleurs, il est apparu risqué pour les jeunes entreprises de ce secteur d’avoir recours à l’externalisation de certains services comme le nettoyage ou encore les services de marketing. Néanmoins, le non-recours à l’externalisation de services s’avère également réduire les chances de survie de ces entreprises, montrant ainsi la nécessité de bien identifier les éléments liés au cœur de métier avant de commencer à faire appel à des services extérieurs. L’externalisation s’est donc révélé facteur d’échec bien que certains éléments nous poussent à croire que celle-ci, dans le cadre de la mise en œuvre de stratégies bien maîtrisées, pourrait se transformer en facteur de survie.

Les résultats ont ensuite montré que la mise en place du projet de création avec un membre de l’entourage familial de l’entrepreneur (hors conjoint) s’avérait réduire les chances de survie à trois ans des entreprises de services aux particuliers. Ce constat se montre cohérent avec un autre facteur de survie relevé plus haut, indiquant la valeur des conseils de l’entourage familial et/ou personnel de l’entrepreneur. En conclusion, il nous semble cohérent de considérer que le cercle familial doit rester au niveau consultatif et ne pas interférer dans la réalité de la mise en place du projet au risque de limiter les chances de survie de l’entreprise nouvellement créée.

Enfin, l’obtention du dispositif EDEN a fait apparaître une diminution des chances de survie, indiquant peut-être une mauvaise sélection des projets en amont par les pouvoirs publics lors de l’octroi de ce dispositif.

2.6 Synthèse des résultats sectoriels

Afin de disposer d’une vision élargie et plus claire des différents facteurs de survie et d’échecs relevés dans les développements précédents concernant chaque secteur, il apparaît maintenant nécessaire de concentrer les résultats relatifs à la validation des différentes hypothèses de recherches dans un tableau unique afin d’envisager les différences sectorielles apparues au cours des analyses qui ont été menées.

De plus, les tableaux de synthèse qui vont suivre permettront d’appuyer les discussions des résultats du chapitre suivant.

L’un des premiers constats possibles au regard des tableaux de synthèses qui viennent d’être présentés est la différence assez sensible qu’il est possible de noter entre les différents secteurs qui ont été analysés. Les résultats ont ainsi mis en lumière l’importance de la dimension sectorielle comme nous le supposions, nous amenant à confirmer qu’il n’existe pas de facteurs clés de survie « universel » à tous les secteurs d’activités .

Le second fait marquant mis en avant par les résultats présentés au cours de ce chapitre est relatif aux éléments de processus entrepreneuriaux mis en place au cours des trois premières années d’existence de la jeune entreprise. Ils sont ainsi apparus comme étant une clé majeure dans la compréhension du phénomène de survie des jeunes entreprises, quel que soit le secteur étudié. En effet, pour chacun des cinq secteurs d’activité qui a été observé, la dimension des processus entrepreneuriaux a montré des résultats très forts dans les évolutions du modèle d’analyse, confirmant ainsi l’importance de l’intérêt qui doit être porté sur cette thématique lors de l’examen de la survie de nouvelles entreprises.

Tableau 54 – Synthèse des résultats liés à l’hypothèse 1

Hypothèse 1 Des éléments liés à l’entrepreneur influencent positivement la survie à 3 ans de l’entreprise nouvellement crée.

Industries (hors

IAA)

Construction

Commerce et

réparation

Serv ices aux

entreprises

Serv ices aux

particuliers

H1.a – Capital humain de l’entrepreneur

+ / –

+

+ / –

H1.b – L’expérience de l’entrepreneur

+ / –

+ / –

+ / –

H1.c – Les motivations à la création et objectifs de l’entrepreneur

+

+ : hypothèse validée ; – : hypothèse rejetée ; + / – hypothèse partiellement validée

Tableau 55 – Synthèse des résultats liés à l’hypothèse 2

Hypothèse 2 Des éléments liés aux processus entrepreneuriaux mis en place au cours des trois premières années d’existence, ont une

influence positive sur la survie de l’entreprise nouvellement créée.

Industries (hors

IAA)

Construction

Commerce et

réparation

Serv ices aux

entreprises

Serv ices aux

particuliers

H2.a – La préparation à la création

+ / –

+ / –

+ / –

H2.b – Les activités de rés eautage de l’entrepreneur

+

+

+

H2.c – Les s tratégies mises en places au cours des trois premières années d’existence

+

+

+ / –

+

+ / –

+ : hypothèse validée ; – : hypothèse rejetée ; + / – hypothèse partiellement validée

Tableau 56 – Synthèse des résultats liés à l’hypothèse 3

Hypothèse 3 Les caractéristiques organisationnelles de la jeune entreprise influencent positivement la survie de la jeune entreprise

Industries (hors

IAA)

Construction

Commerce et

réparation

Serv ices aux

entreprises

Serv ices aux

particuliers

H3.a – types d’emplois dans l’entrepris e

+

+

H3.b – les éléments organisationnels

+ / –

+ / –

+

+

H3.c – la s tructure financière

+

+ / –

+

+

H3.d – les types de clientèles

+ / –

+

+ : hypothèse validée ; – : hypothèse rejetée ; + / – hypothèse partiellement validée

Tableau 57 – Synthèse des résultats liés à l’hypothèse 4

Hypothèse 4 la région d’implantation lors de la création a une influence sur la survie à 3 ans de la jeune entreprise

Industries (hors

IAA)

Construction

Commerce et

réparation

Serv ices aux

entreprises

Serv ices aux

particuliers

Région d’implantation

+

+

+ : hypothèse validée ; – : hypothèse rejetée ; + / – hypothèse partiellement validée

Facteurs de survie des jeunes entreprises en France : une approche intersectorielle
Thèse présentée pour obtenir le grade de Docteur de l’Université Montpellier I
Ecole doctorale économe et gestion – Institut supérieure de l’entreprise de Montpellier
ISEM Equipe de recherche sur la firme et l’industrie

Chapitre 1 – Fondements théoriques
Section 1. Du succès à la survie, du concept élargi vers l’objet de recherche
Section 2 Les analyses du succès et de la survie, rencontrées dans la littérature
Section 3. Des facteurs clé de succès aux facteurs de survie
Section 4. Synthèse de la revue de littérature
Chapitre 2 – Méthode
Section 1. Positionnement théorique
Section 2. SINE 2002 comme données d’analyse
Section 3. Modélisation statistique
Section 4. Modélisation statistique
Section 5. Conclusion et synthèse
Chapitre 3 – Résultats
Section 1. Caractéristiques sectorielles
Section 2. Facteurs de survie et facteurs d’échec, les évolutions du modèle et les résultats sectoriels
Chapitre 4 – Discussion
Section 1. Évolutions du modèle d’analyse théorique et place des processus entrepreneuriaux dans la modélisation
Section 2. Les secteurs d’activité analysés sont-ils singuliers vis-à-vis de leur survie ?
Section 3. Discussion intersectorielle des résultats : une certaine singularité sectorielle
Conclusion