Facteurs de survie à 3 ans dans le secteur de la construction

By 13 February 2014

2.2 Les facteurs de survie à 3 ans dans le secteur de la construction

2.2.1 Évolutions du modèle d’analyse

• Confrontation ascendante / descendante

Tableau 27 Méthode ascendante du modèle d’analyse dans le secteur EH

EVOLUTION DES INDICATEURS (Pseudos R² – HLMSW – %)

Récap.

FIT DU MODELE

TEST DE HOSMER ET LEMESHAW

% global du

tableau de classement à l’étape choisie

BLOC

Etape

-2log-

vraisemblance

R-deux de Cox

& Snell

R-deux de

Nagelkerke

Khi-deux

ddl

Signif.

1

4

15804,98

0,024

0,034

2,512

4

0,6425

70,1%

2

14

3375,16

0,620

0,878

10,338

5

0,0662

95,5%

3

12

3264,96

0,623

0,883

5,668

5

0,3398

95,5%

4

1

3189,89

0,625

0,886

3,874

3

0,2754

95,6%

Le test de Hosmer et Lemeshaw relatif à l’adéquation sous-jacente entre les données et le modèle d’analyse apparaît au regard du tableau précédent comme valide, indiquant ainsi que le modèle est adapté aux données, mais aussi, que les résultats qui en seront retirés pourront être considérés comme exploitables. Il est également intéressant d’observer qu’après introduction des quatre blocs de variables, le modèle reste toujours cohérent avec les données d’analyse.

L’observation de l’évolution du modèle au travers du tableau 27 révèle également une très forte augmentation des pseudos R² lors de l’introduction du bloc d’analyse numéro deux , relatif aux variables des processus entrepreneuriaux mis en place durant les trois premières années d’exercice.

Cette remarque implique que les éléments des processus entrepreneuriaux tels que la stratégie améliorent très largement le pouvoir explicatif du modèle d’analyse . Nous pouvons également discerner que l’évolution des indicateurs du modèle se trouve limitée lors de l’introduction des blocs d’analyses trois et quatre, dévoilant, de ce fait, que les variables relatives à l’organisation ainsi qu’à la région d’implantation, disposent d’un effet moindre que les éléments qui constituent le bloc de variable numéro deux.

La compréhension générale du phénomène de survie que tend à observer le modèle d’analyse apparaît en évolution positive au cours des différentes introductions (puisque évoluant de 70,1% de pouvoir prédictif à 95.6 % après introduction du bloc quatre). Nous pouvons, cependant, remarquer une stagnation de cet indicateur après introduction du bloc d’analyse numéro 2, ce qui amène à la conclusion que les blocs trois et quatre disposent d’un pouvoir explicatif inférieur aux blocs d’analyses un et deux.

Les développements précédents, nous amènent à conclure que les éléments liés aux Processus entrepreneurial, ainsi qu’à l’entrepreneur sont apparus comme plus significatifs que les variables liées à la structure organisationnelle mise en place ou encore la région d’implantation.

Tableau 28 Méthode descendante du modèle d’analyse dans le secteur EH

EVOLUTION DES INDICATEURS (Pseudos R² – HLMSW – %)

Récapitulatif du

modèle

FIT DU MODELE

TEST DE HOSMER ET LEMESHAW

% global du table au de clas s e m e nt à l’é tape chois ie

BLOC

Etape

-2log-

vraisemblance

R-deux de Cox

& Snell

R-deux de

Nagelkerke

Khi-deux

ddl

Signif.

1

8

15491,53

0,047

0,067

59,368

8

0,0000

2

69

3311,00

0,622

0,881

0,107

4

0,9986

95,6%

3

1

3160,25

0,626

0,887

6,817

4

0,1459

95,7%

4

1

3086,52

0,628

0,890

4,658

4

0,3242

95,6%

Il est, tout d’abord, notable, relativement à l’observation du tableau 28, que le bloc d’analyse numéro un ne trouve aucune adéquation entre les données et le modèle d’analyse (< 0.05). L’examen des évolutions ultérieures du modèle d’analyse dans le cadre de la méthode descendante montre, cependant, une bonne adéquation dans les étapes de l’analyse (introductions des blocs 2, 3 et 4). Le modèle d’analyse apparaît donc comme exploitable , compte tenu de son adéquation avec les données d’analyses.

Les pseudos R² évoluent positivement après introduction des quatre blocs d’analyses de ce modèle. Il est, toutefois, intéressant d’observer une très forte augmentation de ces indicateurs après introduction des éléments liés aux processus entrepreneuriaux (évolution de 0.047 et 0.067 à 0.622 à 0.881), indiquant donc un très fort pouvoir explicatif des variables du bloc d’analyse numéro deux.

Il est également notable que les R² n’évoluent que très peu après introduction des blocs d’analyses trois et quatre. Ces blocs de variables relatifs respectivement à la structure organisationnelle ainsi qu’à la région d’implantation voient ainsi leur aptitude à expliquer la survie des jeunes entreprises diminuer.

L’indicateur de compréhension globale du modèle évolue positivement au cours des introductions des blocs d’analyses (évolution postérieure à l’introduction du bloc d’analyse 1). Cependant, il est remarquable que cet indicateur n’évolue que très peu lors de l’introduction des blocs deux, trois et quatre, se réduisant même après introduction du bloc quatre, alors que l’adéquation du modèle reste en très légère augmentation.

• Synthèse de l’évolution du modèle

Le modèle d’analyse est apparu au cours de l’examen des deux méthodes d’analyses comme valide et pertinent dans l’analyse du phénomène de survie qui nous occupe dans ce travail de recherche. Il existe cependant une différence notable entre les deux méthodes. L’observation des tableaux 27 et 28 indique ainsi que l’adéquation entre le modèle d’analyse et les données n’est pas identique concernant le bloc d’analyse relatif aux variables liées à l’entrepreneur.

Ce constat nous amène donc à considérer les variables liées à l’entrepreneur comme moins explicatives dans ce secteur.

De la même manière, les résultats des deux méthodes disposent de fortes similarités, indiquant que le modèle a convergé, pour arriver à un pouvoir explicatif global identique avec les deux méthodes d’introduction (95,6 % du phénomène expliqué). Ce premier constat nous amène ainsi à considérer que les résultats liés aux deux méthodes d’analyses permettront d’apporter une plus grande finesse aux résultats.

La seconde similitude observée se retrouve dans l’évolution des pseudos R², puisque ceux-ci se voient augmenter très fortement dans les deux méthodes après l’introduction des variables du bloc d’analyse numéro deux, relatif aux processus entrepreneuriaux. Cette remarque nous amène de ce fait, à envisager que les variables liées aux processus entrepreneuriaux mis en place au cours des trois premières années d’existence de la jeune entreprise disposent d’un très fort pouvoir explicatif concernant l’étude du phénomène de survie dans ce secteur d’activité.

2.2.2 Facteurs de survie et de mortalité des entreprises du secteur EH

• Analyse ascendante

– Facteurs de survie

Tableau 29 Facteurs de survie dans le secteur EH (Ascendante)

ite m de la va ria ble

Variables

β

%

p

bloc 1

nationalité française ou européenne de l’entrepreneur

HKTNATIOAW

0,5394

72%

***

sexe masculin de l’entrepreneur

HKTSEXEAW

0,6756

97%

***

entrepreneur agé de plus de 50 ans

HKTTAGEAPLUS50A

0,3288

39%

*

bloc 2

mep du projet avec un membre de l’entreprise précédente

PRCcrqui4A

0,7850

119%

***

réalisation de travaux de sous traitance en activité annexe au CA

STRztsexebOA

3,3101

2639%

***

projet d’embauche dans les 12 mois

STRembfaO

0,3306

39%

**

recours aux services extérieurs de gestion

STRserv2A

0,4502

57%

**

relations ayants facilités la création et / ou le démarrage avec un ou plusieurs fournisseurs

RESrelat1A

0,2405

27%

*

bloc 3

structure juridique : personne morale

SCTcjaPM

0,4780

61%

***

consultation d’internet pour la consultation et l’envoie de courrier électronique

SCTcnet2A

0,8883

143%

***

consultation d’internet pour l’échange et la recherche d’informations

SCTcnet1A

0,6213

86%

**

* p< 0.05 ** p< 0.01 ***p<0.001

Dans le secteur de la construction, il est un résultat qui apparaît comme cohérent, à savoir, le sexe masculin de l’entrepreneur qui amène la jeune entreprise à augmenter ses chances de survie à 3 ans de 97 % avec une forte significativité.

D’autres éléments liés à l’entrepreneur apparaissent également comme facilitant la survie à trois ans de la jeune entreprise de construction. Subséquemment, la nationalité française ou européenne de l’entrepreneur est très significative et améliore grandement les chances de survie de la jeune entreprise. Dans une moindre mesure, les entrepreneurs âgés de plus de 50 ans amènent également l’entreprise à augmenter ses chances de survie.

Ainsi qu’il a été observé lors de l’analyse des évolutions du modèle dans le cadre de la méthode ascendante, les éléments liés aux processus entrepreneuriaux apparaissent fortement significatifs. En conséquence, la réalisation de travaux de sous-traitance en 2005 comme activité annexe au chiffre d’affaires conduit l’entreprise à augmenter de 26 fois ses chances de survie à 3 ans avec une très forte significativité, indiquant ainsi la primordialité de cet élément dans l’étude du phénomène de survie dans ce secteur.

De la même manière, la mise en place du projet de création à l’origine avec un membre de l’entreprise où travaillait l’entrepreneur auparavant facilite grandement la survie de la jeune entreprise de construction. Dans une moindre mesure, d’autres facteurs sont apparus comme aidant la jeune entreprise à survivre. En conséquence, il est notable qu’un projet d’embauche dans les 12 mois suivants la création, ainsi qu’un recours à des services extérieurs de gestion facilitent la survie à trois ans de la jeune entreprise (respectivement + 39 % et + 57 %). Enfin, il est apparu, avec une faible significativité, que les relations au démarrage et/ou à la création avec un ou plusieurs fournisseurs ont permis de soutenir les chances de survie de l’entreprise nouvellement créée.

Relativement aux éléments organisationnels, l’analyse a fait apparaître qu’une structure juridique constituée en personne morale améliore grandement les chances de survie de l’entreprise de construction, de l’ordre de 61 % avec une forte significativité.

Un autre élément organisationnel a fait son apparition dans les résultats du tableau 29. En effet, l’usage d’Internet est apparu comme un facteur améliorant fortement la survie des jeunes entreprises de construction et, notamment, concernant la recherche, l’échange d’informations (+ 86 %), mais aussi concernant la consultation et l’envoi de courriers électroniques (+ 143 %).

– Facteurs d’échec

Tableau 30 Facteurs d’échec dans le secteur EH (Ascendante)

item de la variable

Variables

β

%

p

bloc 1

age de l’entrepreneur compris entre 30 et 40 ans

HKTTAGEA40A

-0,5016

-39%

***

existence d’un entourage entrepreneurial

HKTPROCHES

-0,1974

-18%

*

motivation à la création : sans emploi, contraint à la

création

Mmotiv7A

-0,7994

-55%

***

motivation à la création : goût d’entreprendre

Mmotiv3A

-0,2882

-25%

**

bloc 2

connaissance moyenne de la concurrence à la création

PRCconcuaM

-0,3332

-28%

***

conseils les plus utiles pour la création donnés par

l’entourage professionnel

PRCcons2A

-0,5228

-41%

***

pas de conseils pour la création

PRCcons5A

-0,4437

-36%

***

bloc 3

accès internet dans l’entreprise

SCTnet1A

-1,3975

-75%

***

accès internet au domicile de l’entrepreneur

SCTnet2A

-1,1635

-69%

***

consultation d’internet pour le passage de commandes

SCTcnet3A

-0,9381

-61%

**

direction de l’entreprise avec un autre membre de la

famille

SCTdirig3A

-0,8448

-57%

***

moyens nécessaires au démarrage compris entre 8 000

et 16 000 €

SFIzmoyensa4

-0,3485

-29%

**

sources de financements par apport en capital

d’organismes de fonds propres

SFIfinv6A

-0,7399

-52%

*

* p< 0.05 ** p< 0.01 ***p<0.001

Dans un premier temps, dans ce secteur de la construction, l’échec est favorisé par plusieurs variables liées à l’entrepreneur. L’entrepreneur âgé de 30 à 40 ans apparaît comme limitant fortement les possibilités de survie de la jeune entreprise (- 39 %), au même titre que l’existence dans l’entourage personnel de l’entrepreneur d’exemples entrepreneuriaux (- 18 %).

L’étude du tableau n°30 nous enseigne également que de mauvaises motivations à la création limitent grandement les possibilités de survie de la jeune entreprise et, notamment, les motivations relatives au goût d’entreprendre , ou encore la contrainte de créer dans le cas d’une situation de chômage .

Des variables relatives aux processus entrepreneuriaux grèvent également les chances de survie de la jeune entreprise du secteur de la construction. Ainsi, une connaissance moyenne de la concurrence à la création ne permet pas d’augmenter les chances de survie de l’entreprise de construction. Le conseil à la création fait apparaître une baisse des chances de survie de la jeune entreprise et, particulièrement, les sources de ceux-ci, comme les conseils provenant de l’entourage professionnel de l’entrepreneur qui font chuter de plus de 40 % les chances de survie de l’entreprise de construction.

Dans ce secteur, les résultats montrent également une forte prédominance des facteurs d’échec relatifs à la structure organisationnelle. Ainsi, l’accès Internet se révèle comme limitant fortement la survie de la jeune entreprise, ce qui se montre en complète opposition avec les résultats relatifs aux facteurs de survie . L’étude des résultats de cette méthode fait également apparaître que la direction de l’entreprise avec un membre de la famille de l’entrepreneur autre que son conjoint limite fortement les chances de survie à trois ans de la jeune entreprise .

Enfin, relativement aux sources et moyens de financements, il est apparu dans les résultats de l’analyse que des sources de financement provenant d’organismes de fonds propres, ainsi que la disposition à la création et au démarrage de moyens compris entre 8 000 et 16 000 euros limitaient les possibilités de survie de la jeune entreprise du secteur de la construction (respectivement -52 % et – 29 %).

• Analyse descendante

– Facteurs de survie

Tableau 31 Facteurs de survie dans le secteur EH (Descendante)

ite m de la va ria ble

Va ria ble s

β

%

p

bloc 1

entrepreneur de nationalité française ou

européenne

HKTNATIOAW

0,6075

84%

***

entrepreneur de sexe masculin

HKTSEXEAW

0,8399

132%

***

expérience acquise par l’entrepreneur dans une

entreprise ayant entre 50 et 250 salariés

EXPtexproa50250

0,4702

60%

*

aucune création d’entreprise avant celle-ci

EXPznbcrea0

0,5360

71%

*

bloc 2

relations avec un ou plusieurs fournisseurs qui ont

facilités le démarrage ou la création

RESrelat1A

0,2755

32%

*

prévision d’embauche dans les 12 prochains mois

STRembfaO

0,3199

38%

**

exécution de travaux de sous traitance en annexe

du CA en 2005

STRztsexebOA

2,6128

1264%

**

exécution de travaux de sous traitance comme

activité principale en 2002

STRstexeaOP

0,2645

30%

*

bloc 3

source de fiancement du projet obtenu par prêt

bancaire

SFIzprebana

1,3395

282%

***

motif de consultation d’internet : envoie et

consultation des courriers electroniques

SCTcnet2A

0,9520

159%

***

consultation d’internet pour les recherches et

l’échange d’informations

SCTcnet1A

0,6452

91%

**

entreprise disposant de 3 à 10 clients

CLTnbclia310

0,4086

50%

*

bloc 4

région d’implantation

rega

***

* p< 0.05 ** p< 0.01 ***p<0.001

Dans le cadre de la méthodologie d’introduction descendante, les résultats apparaissent comme empreints des quatre blocs d’analyses.

Relativement aux éléments liés à l’entrepreneur, la nationalité française ou européenne de l’entrepreneur facilite fortement la survie à 3 ans de la jeune entreprise (+ 84 %). De la même manière, un entrepreneur de sexe masculin apparaît comme soutenant très fortement la survie à 3 ans de la jeune entreprise, ce qui semble cohérent compte tenu du secteur d’activité.

Concernant l’expérience de l’entrepreneur, il est apparu que l’acquisition de l’expérience professionnelle de l’entrepreneur dans une entreprise constituée de 50 à 250 salariés permettait une augmentation significative des chances de survie de la jeune entreprise. Il est également à noter un résultat relativement singulier concernant l’expérience entrepreneuriale de l’entrepreneur, puisque le fait pour le créateur de ne disposer d’aucune expérience de création d’entreprise préalable (+ 71 %) facilite également la survie de la jeune entreprise, avec toutefois une significativité faible.

Au sujet des variables liées aux Processus entrepreneurial, les résultats font apparaître en premier lieu que l’exécution de travaux de sous-traitance en 2005 comme activités annexes au chiffre d’affaires ou comme activités principales fait bondir l’espérance de vie à 3 ans de la jeune entreprise dans ce secteur (+ 1264 %), alors que l’exécution de ces mêmes travaux lors de la création en 2002 faisait augmenter les chances de survie de 30 %.

De la même manière, une prévision d’embauche au cours de la première année d’activité permettait d’augmenter la probabilité de survie de la jeune entreprise de près de 40 %. Au chapitre des activités de réseautage, des relations avec un ou plusieurs fournisseurs à la création et/ou au démarrage ont permis de soutenir grandement les chances de survie de la jeune entreprise (+ 32%).

Ensuite, les résultats de la méthode descendante ont montré que l’usage d’Internet pour la consultation et l’envoi de courriels ou encore pour la recherche et l’échange d’informations soutenait grandement les probabilités de survie des jeunes entreprises du secteur de la construction (respectivement + 159 % et + 91 %).

L’obtention d’un prêt bancaire comme source principale de financement lors de la création et du démarrage a permis également d’améliorer très largement les chances de survie des jeunes entreprises du secteur de la construction (+ 282 %). De plus, dans une moindre mesure, les entreprises qui disposaient en 2002 de 3 à 10 clients ont vu leurs chances de survie augmenter.

Enfin, il est un résultat singulier dans ce secteur, qui est apparu avec la méthode descendante concernant la région d’implantation de la jeune entreprise. En effet, la variable régionale est apparue comme fortement significative concernant la survie à 3 ans des entreprises de ce secteur . Cependant, même si ce résultat montre que la région d’implantation reste importante pour la survie des jeunes entreprises de ce secteur, il n’apporte pas plus d’informations concernant les régions qui auraient permis de faciliter la survie de ces jeunes entreprises. Ce constat nous amène ainsi à conclure, sans plus de détails dans les résultats, que la région d’implantation conditionne assez significativement les probabilités de survie des jeunes entreprises du secteur de la construction.

– Facteurs d’échec

Tableau 32 Facteurs d’échec dans le secteur EH (Descendante)

item de la va ria ble

Variables

β

%

p

bloc 1

entrepreneur agé de 30 à 40 ans

HKTTAGEA40A

-0,5392

-42%

***

entourage entrepreneurial

HKTPROCHES

-0,2722

-24%

**

chômeur créateur contraint à la création

Mmotiv7A

-0,9611

-62%

***

goût d’entreprendre comme principale motivation à la création

Mmotiv3A

-0,2804

-24%

**

motivation à la création : etre indépendant

Mmotiv2A

-0,2635

-23%

*

bloc 2

connaissance moyenne de la concurrence à la création

PRCconcuaM

-0,3512

-30%

***

conseils les plus utiles pour la création venant de l’entourrage professionnel

PRCcons2A

-0,5653

-43%

***

pas de conseils pour la création

PRCcons5A

-0,5876

-44%

***

mise en place du projet seul

PRCcrqui1A

-1,0711

-66%

***

mise en place du projet avec le conjoint

PRCcrqui2A

-1,2323

-71%

***

mise en place du projet avec une personne de la famille

PRCcrqui3A

-0,8400

-57%

***

mise en place du projet avec un organisme de soutien à la création d’entreprises

PRCcrqui5A

-0,8109

-56%

**

pas de recours aux services extérieurs payants

STRserv8A

-0,7658

-54%

***

utilisation de services extérieurs de comptabilité payants

STRserv1A

-0,5840

-44%

**

Bloc 3

source de financement des investissements par emprunts bancaires au nom de l’entreprise

SFIfinv1A

-1,1999

-70%

***

financement des investissements par PCE ou EDEN

SFIfinv2A

-0,6572

-48%

*

financement des investissements par apport en capital d’organismes de fonds propres

SFIfinv6A

-0,7010

-50%

*

accès internet dans l’entreprise

SCTnet1A

-1,5894

-80%

***

accès internet au domicile de l’entrepreneur

SCTnet2A

-1,4149

-76%

***

consultation d’internet pour le passage de commandes

SCTcnet3A

-1,0377

-65%

**

structure juridique : personnalité physique

SCTcjaPP

-0,4036

-33%

**

type de clientèle en majorité des entreprises

CLTztypclia2

-0,2797

-24%

*

* p< 0.05 ** p< 0.01 ***p<0.001

Pour les entreprises nouvellement créées dans le secteur de la construction en 2002, les facteurs d’échecs sont très largement empreints des blocs 2 et 3 relatifs respectivement aux processus entrepreneuriaux et à la structure organisationnelle.

Tout d’abord, concernant les variables liées à l’entrepreneur, il apparaît dans les résultats que les motivations à la création comme la contrainte (lors d’une situation de chômage), le choix d’être indépendant ou encore le goût d’entreprendre constituent des motivations qui font diminuer fortement les chances de survie de la jeune entreprise du secteur de la construction. Ensuite, les résultats ont montré qu’un entrepreneur âgé entre 30 et 40 ans réduisait la probabilité de survie de l’entreprise de plus de 40 %. De la même manière, l’existence d’un entourage entrepreneurial à proximité de l’entrepreneur ne permettait pas d’améliorer les chances de survie, mais au contraire les a diminués (- 24 %).

Ensuite, relativement aux éléments des Processus entrepreneurial, il est apparu, que les facteurs d’échecs relevaient grandement de variables correspondantes à la préparation à la création de la jeune entreprise, ou encore des variables liées aux stratégies mises en place au cours des trois premières années d’exercice.

Ainsi, la mise en place du projet de création seul, avec des membres de la famille de l’entrepreneur, ou encore avec un organisme de soutien à la création ne permettait pas de soutenir les chances de survie à 3 ans de ces jeunes entreprises de construction. De la même manière, une connaissance moyenne de la concurrence lors de la création, ou encore l’obtention de conseils à la création provenant de l’entourage professionnel de l’entrepreneur n’ont également pas permis d’améliorer les probabilités de survie à 3 ans des entreprises nouvellement créées dans le secteur de la construction. Finalement, le recours à des services extérieurs payants de comptabilité, ou encore le non-recours à l’externalisation pour certains services a fortement limité les chances de survie à 3 ans des jeunes entreprises de ce secteur.

Enfin, les résultats ont révélé un certain nombre de facteurs d’échec dans les variables relatives à la structure organisationnelle, notamment concernant la structure organisationnelle en elle-même ainsi que la structure financière de la jeune entreprise.

De ce fait, les financements par apport en capital d’organismes de fonds propres, par emprunt bancaire au titre de l’entreprise ou encore grâce à l’obtention des dispositifs EDEN ou PCE limitent très fortement les chances de survie des jeunes entreprises du secteur de la construction.

Les résultats ont également fait apparaître l’usage d’Internet comme très risqué pour la survie de la jeune entreprise, notamment dans le cas d’un usage concernant le passage de commandes en ligne. Le montage juridique en personne physique est aussi apparu comme un facteur d’échec, réduisant de plus de 30 % la probabilité de survie à 3 ans de ces jeunes entreprises. Le dernier résultat significatif apparaissant dans le tableau 32 concerne le type de clients dont l’entreprise disposait après la création en 2002. En effet, une clientèle constituée en majeure partie d’entreprises ne permettrait pas à l’entreprise d’assurer sa survie à 3 ans.

Facteurs de survie des jeunes entreprises en France : une approche intersectorielle
Thèse présentée pour obtenir le grade de Docteur de l’Université Montpellier I
Ecole doctorale économe et gestion – Institut supérieure de l’entreprise de Montpellier
ISEM Equipe de recherche sur la firme et l’industrie

Chapitre 1 – Fondements théoriques
Section 1. Du succès à la survie, du concept élargi vers l’objet de recherche
Section 2 Les analyses du succès et de la survie, rencontrées dans la littérature
Section 3. Des facteurs clé de succès aux facteurs de survie
Section 4. Synthèse de la revue de littérature
Chapitre 2 – Méthode
Section 1. Positionnement théorique
Section 2. SINE 2002 comme données d’analyse
Section 3. Modélisation statistique
Section 4. Modélisation statistique
Section 5. Conclusion et synthèse
Chapitre 3 – Résultats
Section 1. Caractéristiques sectorielles
Section 2. Facteurs de survie et facteurs d’échec, les évolutions du modèle et les résultats sectoriels
Chapitre 4 – Discussion
Section 1. Évolutions du modèle d’analyse théorique et place des processus entrepreneuriaux dans la modélisation
Section 2. Les secteurs d’activité analysés sont-ils singuliers vis-à-vis de leur survie ?
Section 3. Discussion intersectorielle des résultats : une certaine singularité sectorielle
Conclusion