Octroi de crédit et rentabilité des banques commerciales au Cameroun

By 10 January 2014

“… octroi de crédit est une activité qui permet aux banques commerciales de jouer véritablement leur rôle principal qu’est l’intermédiation financière. C’est pour cette raison que notre recherche sera basée sur l’activité d’intermédiation financière qui consiste principalement, en la transformation des dépôts…”

REPUBLIQUE DU CAMEROUN
Paix-Travail-Patrie

UNIVERSITE DE DSCHANG
ECOLE DOCTORALE
Unité de Formation Doctorale des Sciences
Economiques et de Gestion

Activité d’octroi de crédit et rentabilité des banques commerciales au Cameroun

Thèse présentée en vue de l’obtention du diplôme de Master of science
(M. Sc) en Sciences Economiques.

Par DONGMO TSOBJIO Franklin

Maître es Sciences Economiques
Filière : Analyse et Politiques Economiques
Option : Monnaie-Banque-Finance

Directeur :
Dr. NEMBOT NDEFFO Luc
Chargé de cours, Université de Dschang

Superviseur :
Pr. AVOM Désiré
Professeur, Université de Yaoundé II

JUILLET 2013

DEDICACE

Je dédie ce travail à ma Mère TSOBENG Jeanne pour la sollicitude qu’elle m’a toujours apportée.

Remerciements

Je ne saurais mettre ce travail à mon actif sans exprimer une reconnaissance envers certaines personnes. Ainsi, Qu’il me soit permis de remercier les personnes sans lesquelles le présent travail n’aurait pu aller à son terme. J’adresse mes remerciements :

En particulier :

Au Pr. AVOM Désiré pour avoir accepté de superviser ce travail.
A Dr. NEMBOT NDEFFO Luc qui a conduit cette recherche en tant que directeur, son soutien et ses conseils ont été essentiels à la formulation puis à l’élaboration de ce travail.

Aux enseignants de la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion qui nous ont encadrés tout au long de ce cursus universitaire.

A M. KUIPUO Christophe pour avoir accepté d’analyser nos données.

En général :

A mes parents, DONGMO Etienne et TSOBENG Jeanne qui m’ont toujours accompagné dans mon éducation.

Aux familles KEMTSUGNING, TSAMO, NDONMZA, BOUGO, TAYO, WADO pour le soutien et le dévouement dont elles ont fait preuve.

A M. DONGMO Romain Bertrand pour son apport financier, matériel et ses conseils.
A DONGMO LEKAGNE Blaise, DONGMO Sylviane, TSAFACK Clovis, JIOFACK Josiane, NDIFFO Christelle, EKEM Julie et TSAMO Sonya, pour leur soutien tant financier que moral ;

A Mme JAZET Nadège pour ses encouragements.
A tous mes frères et sœurs pour leurs motivations et à toute la famille TEDONTEGHO pour l’assistance. A DONGMO Viviane, DONGMO Michel et ATONLIO KITIO Gatien Francis pour avoir lu ce travail.

A tous mes camarades de promotion et en particulier ceux avec qui on a partagé le même directeur pour la collaboration. A tous mes amis, en particulier MAFFOUO YOTA Catherine, GUEGENG Charlie pour leurs encouragements.

A tous ceux ayant contribué d’une manière ou d’une autre à la réalisation de cette thèse, et qui ne se trouve dans les catégories des personnes citées ci-dessus, pour ce qu’ils ont pu faire pour ce travail. Enfin nous rendons grâce à DIEU pour tout.

Liste des abréviations ANF : Agents non financiers
BEAC : Banque des Etats de l’Afrique centrale
CEMAC : Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale
DEA: data envelopment analysis
DFA: Dickey fuller augmenté
DSX Douala stock exchange
EMF : établissement de micro finance
FCP : Fonds commun de placements
IF : Intermédiaire financiers
MCG : moindres carrés généralisés
OPCVM : Organismes de placements en valeurs mobilières
PIB : produit intérieur brut
PME : Petites et moyennes entreprises
PP: Phillips Perron
ROE: return on equity
ROA: return on asset
SICAV : Sociétés d’investissement à capital variable
UEMOA : union économique et monétaire ouest africaine

Réumé

Ce travail vise à étudier la rentabilité des banques commerciales au Cameroun sous l’angle de l’intermédiation financière. Pour cela nous nous sommes posé la question : quel est l’impact de l’intermédiation financière sur la rentabilité des banques commerciales au Cameroun ? La rentabilité a été mesurée par la rentabilité des actionnaires et la rentabilité des actifs.

L’analyse est faite à partir des modèles économétriques en utilisant les moindres carrés généralisés sur les modèles de régression multiple. Les données utilisées proviennent des rapports BEAC et COBAC.

Les résultats de cette analyse montrent que les déterminants de la rentabilité des fonds propres et la rentabilité des actifs sont moyennement significatifs. C’est-à-dire que la rentabilité bancaire (ROE) est influencée positivement par le ratio des fonds propres nets sur total actif, par le ratio des réserves liquides sur actif, par le ratio des dépôts privés/dépôts totaux et par la taille de la banque mesurée par le total actif. Elle est négativement influencée par les dépôts, les crédits et le ratio total crédit/total dépôts, et aussi par la taille de la banque en ce qui concerne la ROA. Ainsi les banques sont certes rentables, mais elles doivent transformer davantage les dépôts en crédits afin d’accroitre leur rentabilité d’intermédiation.

Mots clés : intermédiation financière ; rentabilité ; banques commerciales ; ROE ; ROA.

Abstract

This work aim to study the profitability of commercial bank of Cameroon in relation with the financial intermediation. To that end, we ask ourselves the question: what is the impact of the financial intermediation on commercial banks in Cameroon? Profitability was measured by the shareholders return or return on equity (ROE) and return on asset (ROA).

The analysis is done by an econometric model using the general square least on the multiple regression model. The data used comes from COBAC and BEAC report.

The results of this analysis shown that the determinants of banking return on equity and assets return are moderately significant. This implies that, the banking return is positively influenced by the ratio of capital stock net on total asset, by the ratio of liquids reserves on total asset, by the private deposits /total deposits and by the size of the bank that is measured by total asset. The Deposits, credits and the ratio of total credit/total deposit negatively influence it, and by the size of the bank, that concerns the return on asset. Thus, the banks are indeed profitable, but they must transform more deposits in credits in order to increase their intermediation profits.

Key words: financial intermediation, return, commercial bank, return on equity (ROE) and return on asset (ROA).

CHAPITRE I : INTRODUCTION GENERALE

L’octroi de crédit est une activité qui permet aux banques commerciales de jouer véritablement leur rôle principal qu’est l’intermédiation financière. C’est pour cette raison que notre recherche sera basée sur l’activité d’intermédiation financière qui consiste principalement, en la transformation des dépôts (épargnes) en crédits par les établissements de crédit. Car ces derniers servent d’interface entre les offreurs et les demandeurs de capitaux. Il est question dans ce chapitre de présenter le contexte de l’étude, la problématique, les objectifs et les hypothèses de recherche ; et également de présenter le plan de cette thèse.

I.1- CONTEXTE DE LA RECHERCHE

Les crises financières des dernières décennies, dont la plus récente déclenchée en 2007 aux Etats Unis, avec les conséquences néfastes qu’elle a eu, et continue à engendrer sur les économies de nombreux pays à travers le monde en occurrence les pays africains, montrent la forte influence de la finance dans le système économique. Le système d’intermédiation financière de la zone CEMAC, de toute l’Afrique noire francophone est le produit d’une profonde révolution dont l’élément catalyseur est la crise bancaire de la fin des années 80 (Bomda, 2010).

1 Douala Stock Exchange, c’est l’entreprise de marché sur le marché camerounais. c’est une société anonyme avec conseil d’administration d’un capital de 12 000 000 000 FCFA qui bénéficie d’une concessionnaire exclusive de service public (cours du droit bancaire et boursier du Pr KALIEU ELONGO Yvette, 2012).

Dans la plupart des pays du monde, les banques sont au cœur du système financier. Mais le système financier est un ensemble constitué des institutions financières (banques, établissements de micro finance, etc), du marché financier (DSX1 dans le cas du Cameroun) et des intermédiaires financiers. Ces intermédiaires en plus d’être des banques commerciales sont : les micro-finances et les établissements financiers non bancaires (les compagnies d’assurances et les OPCVM2). On parle de l’intermédiation de bilan pour les établissements de crédit et pour le marché financier, on parle de l’intermédiation de marché (Bialès, 1999).

Le système financier à travers ces intermédiaires, met les agents économiques excédentaires en ressources (ménages, investisseurs institutionnels) en relation avec ceux qui sont déficitaires (entreprises, Etat, etc) (Vermminem, 2002). Cette relation peut se faire directement (finance directe ou intermédiation de marché) ou indirectement (finance indirecte ou intermédiation de bilan).

Que ce soit dans l’un ou dans l’autre cas, le système financier sert d’interface entre les demandeurs et les pourvoyeurs de capitaux. Lorsque vous déposez des fonds sur votre compte en banque, ceux-ci serviront à octroyer des crédits à des entreprises. De même, lorsque vous souscrivez à un emprunt obligataire d’une institution financière, les fonds collectés par cet organisme permettront de financier des entreprises industrielles et /ou commerciales sous la forme de prêts. En plus lorsque vous souscrivez à un contrat d’assurance-vie, sachez que la compagnie d’assurance placera les fonds collectés sur le marché obligataire, sur le marché de l’immobilier, etc : on parle de l’intermédiation financière (Vernimmem, 2002).

Dans les pays développés d’Europe et d’Amérique dans lesquels les entreprises sont très spécialisées, on rencontre quatre catégories d’intermédiaires financiers. Il s’agit notamment des banques, des assurances, des fonds de pension et des OPCVM. Ceux-ci détiennent environ 50% du capital des entreprises en France, 60% aux Etats-Unis et 75% en Grande-Bretagne (M’Barek, 2001). Les économistes s’accordent en effet pour dire qu’au-delà du phénomène de la désintermédiation, une nouvelle forme d’intermédiation a pris place, dans un environnement caractérisé par une formidable croissance des activités de marché. L’idée selon laquelle l’élargissement des instruments financiers mis à la disposition des agents les amène à se financer davantage par l’émission de titres que par le recours au crédit. Ainsi, on évoque souvent le rôle accru joué, depuis le milieu des années quatre-vingt, par les établissements de crédit et les intermédiaires non bancaires sur les marchés financiers (Gunther, 1999).

2 Organismes de placement collectif en valeurs mobilières. Ils sont composés des sociétés d’investissement à capital variable (SICAV) et des fonds commun de placements (FCP)

Dans le contexte africain, Avant les années 70, les économies étaient caractérisées par endettement, marqué par une prédominance de l’intermédiation bancaire liée à la faiblesse et à l’étroitesse des marchés de capitaux, une concurrence insuffisante entre institutions financières où les circuits de financement et de collecte de l’épargne sont étroitement cloisonnés et spécialisés et un strict contrôle par les autorités monétaires de la distribution du crédit et des opérations financières avec l’étranger (Hassena , 2006). Au Cameroun, le système financier a été longtemps contrôlé par les banques qui assuraient seules l’intermédiation financière. Mais, depuis quelques années, suite à la libéralisation financière des années 80, et à la crise du secteur bancaire, on assiste à l’entrée dans le monde financier des autres établissements de crédit (micro finances) et l’expansion des marchés de capitaux qui suscite une diversification de l’intermédiation financière, tout comme l’émergence des nouveaux intermédiaires financiers.

Si l’étude de l’influence de certains indicateurs sur les résultats bancaires occupe depuis longtemps une place importante dans la littérature économique et financière, un nouvel éclairage de la question est nécessaire. C’est ainsi que notre étude se propose de traiter de l’activité d’octroi de crédit en relation avec la rentabilité bancaire.

  1. Activité d’octroi de crédit au Cameroun – la problématique
  2. Concept d’intermédiation financière et Concept de rentabilité
  3. L’intermédiation financière et la rentabilité bancaire
  4. La littérature – l’intermédiation financière et l’économie
  5. Les formes d’intermédiation financière et d’intermédiation bancaire
  6. Intermédiation financière des banques commerciales au Cameroun
  7. Les différents types d’intermédiaires financiers au Cameroun
  8. Le dualisme banques commerciales et établissement de microfinance
  9. L’évolution de la rentabilité des banques au Cameroun
  10. Le modèle de mesure de la rentabilité bancaire
  11. Estimation des modèles par les moindres carrés généralisés MCG

CHAPITRE I : INTRODUCTION GENERALE
I.1- CONTEXTE DE LA RECHERCHE
I.2 – PROBLEMATIQUE
I.3- OBJECTIFS DE LA RECHERCHE
I.4- HYPOTHESES DE LA RECHERCHE
I.5 Plan de travail
CHAPITRE II : CONCEPTS ET REVUE DE LA LITTERATURE
II.1 – CONCEPTS
II.1.1 – Concept d’intermédiation
II.1.2 – Concept de rentabilité
II.2 – REVUE DES TRAVAUX THEORIQUES DE LA LITTERATURE
II.2.1 – théorie de l’intermédiation
II.2.2 – asymétrie d’information
II.2.3 – L’intermédiation financière et rentabilité bancaire
II.2.4 – Prolongement de la théorie de l’intermédiation
II.3 – REVUE DES TRAVAUX EMPIRIQUE DE LA LITTERATURE
II.3.1 – Intermédiation financière et économie
II.3.2 – Les résultats sur l’intermédiation financière et rentabilité
CHAPITRE III : ACTIVITE D’INTERMEDIATION FINANCIERE DES BANQUES COMME PILIER DE LA RENTABILITE BANCAIRE AU CAMEROUN
III.1 – Formes d’intermédiation financière
III.2 – Activité d’intermédiation financière
III.3 – LES DIFFERENTS TYPES D’INTERMEDIAIRES FINANCIERS
III.3.1 – Les institutions financières
III.3.2 – Les compagnies d’assurance
III.4 – LE DUALISME BANQUES COMMERCIALES ET EMF
III.4.1 – Banques commerciales et financement de l’économie
III.4.2 – Expansion du secteur de la microfinance
III.5 – EVOLUTION DE LA RENTABILITE DES BANQUES AU CAMEROUN
CHAPITRE IV : METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
IV.1 – LA SOURCE DES DONNEES
IV.2 – METHODE DE L’ANALYSE ECONOMETRIQUE
IV.2.5 – Modèle empirique
IV.2.5.3.2.1 – La rentabilité des fonds propres ou return on equity (ROE)
IV.2.5.3.2.2 – la rentabilité des actifs ou return on asset (ROA)
IV.2.5.3.3- Test de cointégration
IV.2.6 Tests de diagnostic
IV.2.7 – Tests de validation du modèle
CHAPITRE V : RESULTATS ET INTERPRETATIONS
V.1 – LES RESULTATS DES TESTS
V.2- ESTIMATION DES MODELES PAR LES MCG
CHAPITRE VI : CONCLUSION GENERALE ET RECOMMANDATIONS
VI.1 – CONCLUSION GENERALE
VI.2 – RECOMMANDATIONS
VI.3 – LIMITES DE L’ETUDE ET PERSPECTIVE