Le dualisme banques commerciales et établissement de microfinance

By 20 January 2014

III.4 – Le dualisme banques commerciales et EMF

L’explosion des EMF depuis les années 9O pour les activités de collecte de l’épargne, de l’octroi de crédit et de rendre les services financiers aux populations fait que les EMF constituent une menace pour les banques commerciales du point de vue de l’atteinte de leurs objectifs pour ce qui est des services financiers rendus. Les EMF constituent cette menace parce qu’ils sont à la fois dans les zones urbaines et rurales d’une part et sont souples dans le financement de beaucoup d’entreprises (PME/PMI) et d’activités en marge du circuit bancaire (notamment l’agriculture) d’autres part. Cette position d’institution de proximité leur donne les avantages de toucher une large population dans l’offre des services financiers. Grâce à leurs méthodes souples et à leurs volet d’intermédiaire social, les EMF offrent les services financiers aux pauvres exclus du circuit bancaire. On constate aujourd’hui que le volet de proximité des EMF ne laisse pas indifférent les institutions bancaires, c’est le cas par exemple de la banque commerciale ECOBANK- CAMEROUN qui depuis quelques temps multiplie ses agences dans plusieurs quartiers dans une ville, ceci pour être proche de la clientèle comme le font les EMF.

III.4.1 – Banques commerciales et financement de l’économie

L’essentiel des activités bancaires concerne, outre les services, des prêts à court terme liés à des dépôts à vue. La volatilité importante des dépôts des clients ainsi que de faibles garanties peuvent expliquer en partie un comportement « frileux » des banques face au crédit. Les investissements productifs à moyen et long termes sont pour l’essentiel financés hors du secteur bancaire, surtout par autofinancement. Au Cameroun, seule Afriland First Bank, une banque à capitaux locaux et hollandais, pratique à la fois le capital risque et le leasing à côté de ses activités bancaires traditionnelles (Hugon, 2007).

Les PME qui ont contribué à la crise bancaire des années 1980 – en raison de leur faible pérennité et de leur insolvabilité – ne sont pas financées par le secteur bancaire excepté pour des opérations concernant leur fonds de roulement. Le poids des banques françaises demeure important, mais on observe un jeu concurrentiel important avec un certain développement des banques à capitaux locaux (camerounais ou gabonais) et de pays tiers (marocains, américains, etc.)

Les banques réalisent leurs marges grâce aux commissions prélevées sur des services (par exemple les transferts financiers ou le coût annuel de gestion d’un compte représentant le montant du SMIG mensuel) et moins sur les crédits, exception faite du crédit documentaire (Hugon, 2007). D’où le développement du secteur de la microfinance.

III.4.2 – Expansion du secteur de la microfinance

Face au dysfonctionnement du système financier officiel, on note un rôle important de la finance informelle : institutions communautaires reposant sur des communautés d’appartenance. La microfinance est caractérisée par un taux élevé de recouvrement des crédits en zones rurales et périurbaines. Ce taux baisse considérablement dans les zones urbaines, en particulier dans les agglomérations de Douala et Yaoundé. Il est en général pratiqué un taux d’intérêt minimum de 5 % mensuel pour assurer la viabilité financière des organisations de microfinance. Au sein de la CEMAC, le nombre de personnes touchées par la microfinance représente la moitié de la clientèle bancarisée (500 000 clients pour un million de comptes bancaires environ). En revanche, les dépôts et crédits de la microfinance représentent seulement 5 % de la valeur des activités bancaires.

Un développement durable de la microfinance en Afrique centrale implique un appui important en termes financiers et d’assistance technique, notamment de la part des bailleurs de fonds. Il existe déjà certains mécanismes d’appui de la part des bailleurs de fonds. Au Cameroun, l’Agence française de développement a ainsi accordé un concours de 1,5 million d’euros à l’Agence pour le crédit à l’entreprise privée, pour le financement de petites entreprises en milieu urbain (Hugon, 2007).

Lire le mémoire complet ==> (Octroi de crédit et rentabilité des banques commerciales au Cameroun)
Thèse présentée en vue de l’obtention du diplôme de Master of science (M. Sc) en Sciences Economiques.
UNIVERSITE DE DSCHANG – ECOLE DOCTORALE
Unité de Formation Doctorale des Sciences – Economiques et de Gestion

  1. Activité d’octroi de crédit au Cameroun – la problématique
  2. Concept d’intermédiation financière et Concept de rentabilité
  3. L’intermédiation financière et la rentabilité bancaire
  4. La littérature – l’intermédiation financière et l’économie
  5. Les formes d’intermédiation financière et d’intermédiation bancaire
  6. Intermédiation financière des banques commerciales au Cameroun
  7. Les différents types d’intermédiaires financiers au Cameroun
  8. L’évolution de la rentabilité des banques au Cameroun
  9. Le modèle de mesure de la rentabilité bancaire
  10. Estimation des modèles par les moindres carrés généralisés MCG