Le conte : motivation pour l’écriture ?

By 31 January 2014

“…lecture et écriture , que les enfants pourront renforcer et asseoir leurs compétences dans ces deux domaines.

Ces réflexions m’ont poussée, tout au long de cette séquence consacrée au conte, à travailler avec les enfants sur ces deux fronts lecture-écriture. L’un étant inséparable de l’autre, il me semblait indispensable d’associer à mon projet de production d’un conte, une intense activité de lecture…”

I .U.F.M. de MONTPELLIER

Le conte : motivation pour l’écriture ?

MAWET Natacha

Tuteur de mémoire : Mr VERDELHAN

Année 1999~2000

Résumé :

Le projet d’un recueil de contes peut-il motiver toute une classe et engendrer un plaisir d’écrire ? Par la régularité de sa structure et son ‘pouvoir’ sur l’imaginaire de l’enfant, le conte m’a semblé être un support intéressant et stimulant pour ces élèves de CE2 qui avaient plutôt une vision rébarbative et très scolaire de l’écrit. Largement définie dans les Instructions Officielles, l’interaction lire-écrire est indispensable et s’élabore progressivement au cours des cycles. J’ai essayé, par ce projet, d’amener mes élèves à construire un nouveau rapport à l’écrit. En m’appuyant sur des bases théoriques, j’ai construit un ensemble de séances permettant aux enfants de s’approprier en premier lieu la structure et les constantes de ce type de texte, puis de passer à la réalisation, individuellement ou par groupe de deux, d’un conte. A l’issue de ce projet, on peut constater que le conte a été un très bon support de travail et a suscité une grande motivation dans cette classe.

Mots-cles : motivation, écriture d’un recueil de contes, un projet et sa mise en œuvre, planification, satisfaction, modèles théoriques qui ont servi de base.

Abstract :

Can the project of a tales collection motivate a whole form and create a pleasure to write? Trough the regularity of its structure and its “power” over children imaginary, tales seemed to be an anteresting and stimulating support for these ninth form pupils who had a rather stern and academic vision of what writing is. Widely specified in the Official Instructions, the interaction between reading and writing is essential and progressively elaborates itself along the stages. I tried trough this project, to lead my pupils to build a new kind of relation toward writing.

Leaning on theoretical references, I built a succession of sessions helping children first to appropriate the structure and the constancies of this kind of text, and then to write a tale alone or with a peer. At the end of the project, we can verify that tales were a very intersting work support and aroused a great motivation in this form.

Introduction :

L’écrit fait partie intégrante de notre vie quotidienne, et il est donc nécessaire que l’école ait pour mission essentielle le développement de la maîtrise de la langue. Ne pas saisir le sens des messages écrits, et ne pas maîtriser les techniques qui permettent de les produire constituent un lourd handicap.

Il est primordial que chaque enfant écolier tout au long de sa scolarité, comme lecteur et comme producteur, fasse l’expérience de l’utilité et des fonctions diverses de l’écrit, du pouvoir que donne une maîtrise suffisante de l’écrit et du plaisir que peut procurer la production d’écrit. En définitive il faut que pour chaque enfant écrire ne soit pas synonyme de corvée, blocage et échec, mais évoque plutôt des projets réalisés grâce à l’écrit ou des projets d’écriture de fiction aboutis.

Ces raisons m’ont amenée, au cours de mon stage en responsabilité en CE2, à développer un projet d’écriture autour du conte. Pourquoi le conte plutôt qu’un autre écrit ? Par la régularité de sa structure et son ‘’pouvoir ‘’ sur l’imaginaire de l’enfant, le conte m’a semblé un support intéressant et stimulant pour des élèves de début de cycle 3.

Le choix que j’ai effectué a soulevé la question suivante : « Le conte est-il source de motivation pour l’élève, et permet-il ainsi d’améliorer et favoriser ses apprentissages dans le domaine de la langue écrite ? »

Je me suis efforcée tout au long de mes quatre semaines de stage, d’apporter des éléments de réponses à cette réflexion. Il m’a semblé qu’il était nécessaire dans un premier temps, de réfléchir à une pratique pédagogique susceptible de mettre le projet d’écriture d’un conte à la portée de jeunes enfants. Une étude théorique préalable sur la production d’écrits à l’école primaire et la spécificité du conte, m’a aidée à construire des séances mises en œuvre par la suite.

C’est ce que nous verrons dans les deux premières parties de ce mémoire, puis nous conclurons par un bilan des pratiques et les remédiations possibles.

Sommaire :

Introduction
Première partie : le projet
1. Contraintes et justifications d’un projet d’écriture
1.1. Une interaction lire–écrire définie dans les Instructions Officielles
1.2. Les objectifs d’apprentissage
1.2.1 Les objectifs généraux
1.2.2 Les objectifs linguistiques et pragmatiques
1.3. Les enjeux d’un projet d’écriture
2. Un conte mis en chantier
2.1. Définition du conte
2.2. Les constantes
2.3. Mon projet d’écriture
2.3.1. Pourquoi un conte ?
2.3.2. Que faire avec les enfants ?
Deuxième partie : la mise en oeuvre
1. De l’analyse d’une structure aux opérations de planification
1.1. Etude structurale du conte
1.1.1. Le modèle de Propp
1.1.2. Le modèle de Greimas
1.1.3. Le modèle de Larivaille
1.2. Les différentes étapes du chantier
2. La rèalisation du projet
2.1. Le travail préparatoire
2.1.1. La lecture de contes
2.1.2. L’évaluation diagnostique
2.1.3. Approche de la structure du conte et de ses constantes
2.2. La phase d’écriture
Troisième partie : bilan et analyse
1. Quelles conclusions tirer de ce projet
1.1 Pour les enfants
1.2 Pour la maîtresse
2. Analyse succinte et globale des productions
3. Prolongements possibles et autres jeux d’écrits sur le conte

Conclusion

Première partie : Le projet

1. CONTRAINTES ET JUSTIFICATIONS D’UN PROJET D’ECRITURE

1.1. Une interaction lire-écrire définie dans les instructions officielles

Les Programmes de l’école primaire de 1995 insistent particulièrement sur la nécessaire maîtrise de la langue. En effet, «clef d’accès à la vie, à la liberté de réflexion, moyen privilégié de la communication, la maîtrise de la langue est au cœur des apprentissages. Compétence transversale fondamentale, elle s’élabore progressivement en s’appuyant sur des activités systématiques, mais aussi en se fondant sur l’ensemble des disciplines. L’expression orale, la lecture, l’écriture, travaillées en étroite relation lors des activités de français, nourrissent les autres disciplines et s’enrichissent de leurs apports et de leurs exigences. »1

Les Instructions Officielles concernant le cycle des approfondissements (cycle 3) auquel appartient le CE2, développent plus spécifiquement certains points :

* en ce qui concerne la PRATIQUE DE LA LANGUE , il est nécessaire d’approfondir et de réinvestir les compétences définies pour le cycle 2, en particulier »des exercices conduisant à formuler une idée, à relater des événements, décrire des situations, inventer et modifier des histoires, des contes… » (p43), mais aussi «le maître met en place des situations dans lesquelles les élèves s’exercent à raconter, décrire, expliquer, questionner et justifier, commencer à argumenter ou exprimer des sentiments. » (p57).

* La LECTURE est quant à elle définie, à la page 57, comme «une activité à privilégier sous toutes ses formes, en n’oubliant jamais qu’elle est à la fois une nécessité, un instrument de travail et une source de plaisir. » Il nous est spécifié notamment qu’ «il s’agit de familiariser les élèves avec différents types de textes impliquant une double progression dans les exigences, d’une part quant à leur organisation interne (textes narratifs, descriptifs, informatifs, argumentatifs), d’autre part en fonction des connaissances auxquelles ils font référence. », et que dans la classe, il faut «conserver une place privilégiée à la lecture à haute voix par le maître et par l’élève ; ce mode de lecture est important dans le processus de compréhension d’un texte et de ses articulations. »

* dans le domaine de la PRODUCTION D’ECRITS il nous est dit, page 59, que les « productions doivent être de plus en plus conformes aux exigences d’organisation et de présentation ». L’élève doit acquérir diverses compétences et en particulier celle de «pouvoir s’exprimer et communiquer dans des situations variées, entre autres dans le domaine de la narration (terminer un récit, créer un récit avec ou sans support, modifier un récit ….) ».

Ces différentes recommandations ont constitué la base de mon travail, et m’ont fourni de nombreuses pistes de réflexion pour l’organisation de mes séances.

En ce qui concerne la production d’écrits à l’école primaire, on peut également relever dans les Instructions Officielles de 1995 : « Lire et écrire sont deux activités indissociables dès le niveau des apprentissages fondamentaux. ».

La lecture est un acte de réception mettant en jeu des processus d’ identification et de compréhension de l’information. L’écriture est pour sa part une activité différente puisque c’est un acte de production, mais qui utilise le même matériau : L’ECRIT . Ainsi, un nouveau rapport entre lecture et écriture se met en place dans lequel les activités de lecture et d’écriture sont nécessaires simultanément mais avec des fonctions distinctes en vue d’un apprentissage commun : celui de la langue écrite.

Les compétences de lecture se développent mieux si elles s’appuient sur des pratiques précoces de production de textes. En ayant à ‘’penser’’ leur texte, les enfants prennent conscience de l’enchaînement des idées, de l’organisation et des contraintes linguistiques (système verbal, types de phrases, ponctuation, …) des différents types de textes. C’est donc en conjuguant les activités de réception et de production d’écrits, c’est-à- dire lecture et écriture , que les enfants pourront renforcer et asseoir leurs compétences dans ces deux domaines.

Ces réflexions m’ont poussée, tout au long de cette séquence consacrée au conte, à travailler avec les enfants sur ces deux fronts lecture-écriture. L’un étant inséparable de l’autre, il me semblait indispensable d’associer à mon projet de production d’un conte, une intense activité de lecture.

1 -Programmes de l’école primaire , CNDP, 1995, p39.

  1. Les objectifs d’apprentissage et les enjeux d’un projet d’écriture
  2. La définition du conte et les constantes
  3. Etude structurale du conte et les différentes étapes du chantier
  4. La mise en place du projet d’écriture d’un conte
  5. Réalisation du projet d’écriture d’un conte: la phase d’écriture
  6. Quelles conclusions peut-on tirer de ce projet d’écriture ?