L’allaitement maternel : définitions et epidémiologie

By 30 January 2014

Revue de littérature

I – L’ALLAITEMENT

A – Définitions

La définition usuelle du terme allaitement est la suivante : «Mode d’alimentation du nouveau-né et du nourrisson dans lequel le lait joue un rôle exclusif ou principal». Cependant cette définition générale ne précise pas s’il s’agit de lait maternel ou de lait reconstitué.

Pour définir la nature du lait, deux locutions existent :

La première , allaitement artificiel : «distribution de lait reconstitué à un jeune mammifère privé de l’alimentation lactée de la mère ».

La deuxième locution est allaitement maternel qui précise qu’il s’agit de lait maternel [8].

Les langues anglo-saxonnes ou espagnoles, contrairement à la langue française, utilisent des termes précis sur l’allaitement, les anglo-saxons disent par exemple : breastfeeding ou breast-feeding (littéralement nourrir au sein) et non mother’s breastfeeding ; les espagnols utilisent les termes suivants pour distinguer les différents allaitements : lactancia con materna/biberon/mixta [9].

En l’absence de définition médicale claire sur l’allaitement, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et l’Interagency Group for Action on Breastfeeding (IGAB) a donc décidé de proposer des définitions en vue d’une normalisation de la terminologie, reproductible dans tous les pays [9-11].

Les définitions sont les suivantes :

Allaitement maternel : le nouveau-né ou le nourrisson se nourrit de lait maternel (pris directement au sein ou exprimé).

** Allaitement maternel complet dans lequel on distingue :

Allaitement maternel exclusif : le nouveau-né ou le nourrisson se nourrit seulement de lait maternel.

Allaitement maternel prédominant ou presque exclusif : le lait maternel est la principale source de l’alimentation du nourrisson. De l’eau ou des boissons à base d’eau, des jus de fruits peuvent être intégrés occasionnellement.

La prise de vitamines, sels minéraux ou médicaments per os ne rentrent pas dans le cadre de ces définitions. De nombreuses études ne font pas cette distinction et utilisent le terme allaitement maternel exclusif pour désigner l’allaitement maternel complet qui regroupe les deux.

** Allaitement maternel partiel : il est partiel lorsqu’il est associé à une autre alimentation artificielle comme des substituts de lait maternel, des céréales, de l’eau sucrée ou non, ou toute autre nourriture.

B – Epidémiologie

1 – Monde

Sur 61 des 190 états membres de l’OMS, le taux d’allaitement exclusif à 4 mois est de 35%. La durée médiane d’allaitement est en moyenne de 18 mois. Mais ces données ne représentent que 60% des enfants dans le monde et sont très variables d’un pays à l’autre [12].

2 – Europe

Une grande disparité sur la prévalence de l’allaitement maternel est observée entre les différents pays européens.

Les pays du nord de l’Europe ont un fort taux d’allaitement maternel, en Norvège 98% des mères initient l’allaitement maternel et à 1 mois le taux d’allaitement est de 96%. Entre 90% et 95% de taux d’allaitement à la sortie de la maternité en Finlande, en Suède et au Danemark. L’allaitement à 4 mois est maintenu dans plus de 65% des cas en Suède.

Par contre, des pays comme l’Italie ou le Royaume-Uni se caractérisent par des plus faibles taux d’allaitement avec respectivement un taux de 75% et 70%. Le taux d’allaitement à 4 mois n’est que de 27% au Royaume-Uni [1 ; 13-14].

3 – France

3.1. Epidémiologie

La France est un des pays d’Europe dont le taux d’allaitement à la naissance est le plus bas. D’après l’étude Epifane de 2012, le taux d’initiation de l’allaitement maternel à la maternité est de 69,1% et plus de la moitié des femmes pratiquent un allaitement maternel exclusif. A l’âge d’1 mois, l’allaitement maternel concerne 54,4% des enfants dont 35,4% d’allaitement maternel exclusif. L’allaitement à 4 mois est maintenu dans à peine 5% des cas en France [1].

Il existe des disparités régionales en France. Le taux d’allaitement maternel exclusif et partiel fluctue entre 58,7% et 83,8% avec une moyenne nationale de 68,7%. La région Centre-Est dont fait partie la région Auvergne a un taux au-dessus de la moyenne nationale avec 74,5% [14-15].

3.2. Les déterminants

L’initiation et la durée de l’allaitement maternel est influencé par les caractéristiques des mères, de l’entourage et les circonstances de l’accouchement.

Les taux d’allaitement maternel, y compris exclusif, à la maternité ou à 1 mois, sont plus élevés avec :

– L’âge
– Le fait d’être en couple
– Le fait d’avoir un niveau d’étude supérieur au baccalauréat
– Le fait d’être née à l’étranger
– Le fait de ne pas avoir fumé pendant sa grossesse
– Le fait d’avoir suivi des cours de préparation à l’accouchement
– Le fait d’avoir été en contact peau à peau avec son enfant dans l’heure suivant l’accouchement
– Le fait de savoir que son conjoint avait une perception positive de la femme qui allaite
– L’accouchement voie basse.

La parité, la prématurité, le poids de naissance et le score d’Apgar sont des déterminants de l’allaitement maternel exclusif seulement [1].

Evaluation post-natale des différentes stratégies d’éducation anténatale sur l’allaitement maternel
Mémoire – Diplôme d’Etat de sages-femmes – Ecole de sages-femmes de Clermont- Ferrand
Université d’Auvergne – Clermont 1

Sommaire  :Introduction
Revue de littérature
I – L’allaitement
II – Politique de Santé Publique pour soutenir l’allaitement maternel
III – Education anténatale sur l’allaitement maternel
Résultats
Discussion
I – Les limites de l’étude
II – Caractéristiques socio-économiques de la population
III – Le projet d’allaitement maternel
IV – La conduite de l’allaitement maternel
V – La durée de l’allaitement maternel
VI – L’influence de l’éducation anténatale sur la pratique de l’allaitement maternel
VII – La satisfaction des patientes
Projet d’action
Conclusion