Radioscopie de l’implantation des normes de connectivité en France

By 6 September 2013

Radioscopie de l’implantation des normes de connectivité en France

L’ADSL

L’implantation de l’ADSL (Figure 7 – Implantation de l’ADSL en France (fin 2003)) suit logiquement celui des grandes villes : Rennes, Nantes, Caen, Rouen, Poitiers, Paris, Amiens, Lille, Châlons-en-Champagne, Strasbourg, Orléans, Dijon, Besançon, Limoges, Clermont-Ferrand, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Montpellier et Marseille.

Le schéma proposé ci-avant par l’ortel nous permet tout d’abord de distinguer 3 types d’infrastructures ADSL :

1. La couverture DSL France Télécom totale

2. La couverture DSL France Télécom partielle

3. L’accès à une offre DSL dégroupée

Cette typologie est à rapprocher de celle des « offres de collecte » ADSL :

– l’offre de collecte IP ADSL de France Télécom, dite « option 5 » ;

– une offre de collecte d’un opérateur tiers, elle-même construite sur l’offre ADSL Connect de France Télécom, dite « option 3 » ;

– une offre de collecte d’un opérateur tiers, construite sur du dégroupage partiel, dite « option 1 ».

La distinction des couvertures France Télécom s’explique par le rôle d’opérateur « historique » de France Télécom, qui avec sa marque Wanadoo continue de tenir le haut du pavé sur le marché (49 % fin 2004, source ART).

Couverture totale signifie 99 % de la commune prise en compte. Couverture partielle signifie 50 % de la commune prise en compte, sauf pour les départements 75, 92, 93 et 94 où le taux est porté à 80 %. Cette dernière distinction laisse entrevoir une différence entre ces 4 départements « phares » et le reste de la France.

Globalement, fin 2003, près de 76 % de la population peut accéder à l’offre de France Télécom, laquelle couvre 75 % des territoires bâtis.

Mais dans le courant de l’année 2004, la situation s’est encore nettement améliorée. Fin 2004, la couverture de la population passe ainsi à 89 % (Figure 10 – Taux de couverture, par département, de la population en ADSL France Télécom (fin 2004)).

L’accès à une offre DSL dégroupée repose, comme son nom l’indique, sur une ligne dégroupée. Qu’est-ce que cela signifie exactement ?

On dit qu’une ligne téléphonique est « dégroupée » lorsqu’elle est raccordée par un opérateur différent de France Télécom. Dans ce cas, celui-ci loue la ligne à France Télécom et la connecte à son réseau propre, au niveau du central téléphonique local (le « répartiteur »).

Le dégroupage se décline en deux options :

– le dégroupage partiel permet à l’opérateur alternatif de proposer un service haut débit xDSL sur la bande de fréquences haute de votre ligne, tandis que France Télécom continue de fournir le service de téléphonie sur la bande basse : vous conservez donc l’abonnement téléphonique de France Télécom en cas de dégroupage partiel ;

– le dégroupage total permet à l’opérateur alternatif de raccorder l’intégralité de votre ligne à ses propres équipements, et donc de vous fournir à la fois la téléphonie et le haut débit : vous n’êtes donc plus abonné à France Télécom en cas de dégroupage total37.

Toutefois, l’existence de l’offre DSL dégroupée ne permet pas d’étendre la surface de l’implantation de l’ADSL, sauf dans le cas de la Réunion où ce dégroupage concerne les seules entreprises. En réalité, aucun opérateur ne se risque à lancer une offre là où France Télécom n’en a pas proposé ou plutôt, par nature, là où le dégroupage est possible, l’offre France Télécom l’est aussi et elle est donc déjà proposée. Le dégroupage agit en fait indirectement sur la réduction de la fracture numérique, par la réduction des prix (Figure 11 – Impact des diversités géographique et concurrentielle sur les tarifs de l’accès Internet au grand public). Fin 2003, 24 % des lignes sont dégroupables. Même si fin 2004, ce chiffre passe à 45 % (Figure 12 – Taux de couverture, par département, de la population ayant accès à une offre DSL dégroupée (option 1) fin 2004), certains n’hésitent pas à parler de l’émergence d’une nouvelle fracture numérique, celle de l’éligibilité des lignes ADSL au dégroupage38.

[…] une tendance de plus en plus prégnante sur le marché de l’ADSL dans l’Hexagone : le fossé se creuse entre les forfaits réservés aux clients qui résident dans des zones de dégroupage (grosso modo les zones urbaines denses) et les autres. Il s’agit ici d’une autre forme de fracture numérique, moindre que celle qui divise bénéficiaires de l’ADSL et les « non éligibles », mais qui risque de susciter la grogne de nombreux internautes39.

Une « grogne » compréhensible car l’impact tarifaire est réel :

Ainsi, Télé2 affiche de nouveaux tarifs très attrayants, mais uniquement pour les zones dégroupées. Là, les clients paient désormais 14,90 euros par mois pour un accès à 1024 kbits/s (256 kbits/s en émission) alors que les autres doivent se contenter de 128/64 kbits/s seulement, pour le même prix. Idem pour le forfait à 19,85 euros par mois : le débit de 2 048/256 kbits/s pour les internautes « dégroupés » tombe à 512/128 kbits/s pour les autres (les prix impliquent la présélection téléphonique, à défaut, le client devra rajouter 5 euros).

Même politique chez Club Internet. […]

Et l’auteur de conclure, justifiant ainsi l’opposition qu’il fait entre « l’ADSL des villes et l’ADSL des champs ».

Malgré ces discours, force est de constater que le dégroupage est encore et surtout une affaire de grandes villes (Paris, Marseille, Lyon…)39.

Ce débat s’inscrit dans celui, plus large, de la concurrence par les infrastructures40.

Toutefois, il n’en reste pas moins que sur l’ensemble des offres ADSL, c’est quelques 10 % de la population française qui reste exclue (Figure 13 – Diversité des opérateurs de connexions permanentes sur la boucle locale (fin 2004)) constituant une vaste « zone blanche », une sorte de « e-no man’s land ».

LE CÂBLE

Trois types d’infrastructure câble sont répertoriés (Figure 8 – Implantation du câble en France (fin 2003)) :

1. Le câble TV, qui ne nous intéresse pas ici
2. Le câble TV et Internet
3. Le câble TV et Internet téléphonique

Le câble TV et Internet est implanté de façon très sporadique : on le trouve surtout à Paris, Lille, Strasbourg, Besançon, Orléans, Limoges, Bordeaux, Toulouse, Montpellier et Marseille. Mais il faut bien noter que c’est une infrastructure de centre-ville et collective, car c’est là que se concentrent les réseaux câblés, localisés dans les immeubles. Toutefois précisons que pour des raisons à la fois historiques et réglementaires, les réseaux câblés ne couvrent pas de manière homogène tout le territoire français mais sont éclatés en zones, chacune de ces zones étant exploitée par un ou plusieurs opérateurs. Soulignons également le point technique suivant : l’accès à Internet sur le câble nécessite une phase de numérisation et mise à niveau des réseaux.

Cela vaut également pour le câble TV et Internet téléphonique, à la différence que celui-ci se concentre exclusivement sur Paris et Lyon – lieu de ses premières expérimentations. Il faut ajouter que l’avantage de la téléphonie par Internet n’est pas réel pour le câble, même dans l’optique d’une grande convergence télévision – Internet – téléphonie, car rapidement, les offres ADSL ont proposé la même chose – Free, tout d’abord, avec la FreeBox puis France Télécom avec la LiveBox avant la généralisation à toutes les opérateurs.

Globalement, l’accès à Internet par le câble est disponible sur 6 millions de lignes réparties dans 650 communes et totalisant environ 15 millions d’habitants.

Lire le mémoire complet ==> (La fracture numérique en France : définitions, enjeux, défis)
Mémoire de fin de master En vue de l’obtention du Diplôme Sup de Co Reims
REIMS Management School Formation Approfondie au Management