Projets dans les pays en voie de développement et son importance

By 1 September 2013

3.2. Les projets dans les pays en voie de développement

Comme nous l’avons exposé dans la section précédente, les PVD présentent des caractéristiques économiques, politiques et sociales complètement différentes de celles des autres pays (notamment des pays industrialisés). Ces conditions constituent une barrière à la réalisation avec succès des projets dans ces pays. Nous présentons dans cette section l’importance que revêt la réalisation de projets dans les PVD ainsi que les caractéristiques de la gestion de projet dans ces pays, avant d’entamer la discussion sur les facteurs de succès de ces projets et sur l’importance de la GRH parmi ces facteurs.

3.2.1. L’importance des projets dans les pays en voie de développement

Charnoz et Severino (2007) suggèrent que les projets, notamment ceux financés par des organismes bilatéraux ou multilatéraux16, sont indispensables pour la mise en place d’infrastructures économiques et sociales nécessaires au développement des PVD, telles que des routes, des centrales électriques, des écoles, des hôpitaux, etc. En effet, selon ces auteurs, le rôle de ces projets dans les PVD consiste à permettre la mise en œuvre d’un ensemble de moyens et d’activités donnant lieu à des réalisations (telles que la construction de puits dans une région déserte) qui débouchera sur des résultats (meilleur accès à l’eau potable) ayant un impact positif à long terme sur les populations (baisse de maladies hydriques par exemple).

Pour leur part, Abbasi et Al-Mharmah (2000) insistent sur l’importance de ces projets en expliquant que la gestion de projet constitue une contribution essentielle dans le processus de développement de ces pays économiquement vulnérables. D’après ces auteurs, les projets ayant pour but la mise en place d’infrastructures telles que des routes, barrages, ouvrages d’irrigation, écoles, logements, hôpitaux, usines et autres infrastructures, sont considérés comme les «bases physiques» sur lesquelles les efforts de développement et d’amélioration des conditions de vie sont mis en place.

16 Les organismes bilatéraux acheminent directement les financements à partir d’un pays (donateur) vers un autre (c’est le cas par exemple de l’ACDI). Les organismes multilatéraux, quant à eux, sont financés par leurs pays membres et contribuent au financement de plusieurs projets dans les PVD. Il s’agit par exemple de la Banque Mondiale, le FMI, les Nations Unies, etc. (Charnoz et Severino, 2007).

Mikhaïlof (2006) ajoute à ce sujet que la réalisation de projets dans les PVD constitue la forme la plus adéquate de l’aide internationale au développement lorsqu’il s’agit de financer des réalisations «ponctuelles» (telles que ports, centrales électriques, routes, etc.) mais aussi des réalisations de développement agricole ou sanitaire à l’échelle locale ou régionale. Le financement de ces projets constitue également la formed’aide la plus efficace dans les pays à gouvernance fragile ou à faible capacité de gestion administrative, ce qui est le cas dans beaucoup de PVD (notamment dans la région des Grands Lacs en Afrique centrale et orientale, la corne de l’Afrique, l’arc Ivoiro-Libérien, le Caucase, l’Asie centrale et en particulier l’Afghanistan et le Pakistan) qui sont marqués par des zones de non-droit, des migrations internationales, des activités illicites fondées sur les trafics de drogues et d’armes, ou des activités terroristes. Dans ce sens, Charnoz et Severino (2007) nous apprennent que dans les pays les plus déstructurés, ces projets peuvent renforcer certains services publics en l’absence de véritables politiques sectorielles. Ils ajoutent qu’en finançant des projets dans ces pays, les organismes bilatéraux et multilatéraux contribuent à lutter contre la pauvreté sans apporter indirectement un soutien financier aux régimes politiques en place. Ils soulèvent également l’avantage important de ces projets relatif au transfert de technologie et de savoir-faire, permis grâce à leur mise en œuvre dans les pays en développement.

Dans cette perspective, la Banque Mondiale, à titre d’exemple, finance un grand nombre de projets dans les PVD. En effet, en juin 200817, les fonds débloqués (en milliards de dollars américains) pour cette catégorie de projets s’élevaient à 23,3 en Afrique, 20,9 en Asie de l’Est et Pacifique, 22,8 en Asie du Sud, 18,1 en Europe et Asie centrale, 18,8 en Amérique Latine et Caraïbe, et 7 au Moyen-Orient et Afrique du Nord, soit un total de 110,9 milliards U.S.D. pour les projets en cours d’exécution à cette date. De son côté, l’Agence Canadienne de Développement International (A.C.D.I.) a versé un total de 3575,1918 millions de dollars pour l’exercice financier 2008-2009. Elle a ainsi financé 2863 initiatives et projets en Afrique, en Asie, dans les Amériques, au Moyen-Orient et en Europe de l’Est. Ceci constitue des fonds considérables permettant de réaliser des projets d’une importance vitale pour les économies de ces pays.

17 Banque Mondiale, Rapport annuel 2008 – Bilan de l’exercice; page 30-50

18 A.C.D.I.; Aperçu de l’aide au développement officielle du gouvernement du Canada – 2008–2009; 2010 http://www.acdi-cida.gc.ca/acdi-cida/ACDI-CIDA.nsf/fra/NAT-9288209-GGP#cida

Les projets apportent des avantages multiples pour les PVD et revêtent ainsi une importance vitale pour beaucoup d’entre eux. Dès lors, une gestion efficace de ces projets s’impose afin d’assurer leur succès et atteindre leurs objectifs. Or, dans les conditions difficiles que vivent les PVD, la gestion de projet présente des caractéristiques spécifiques et se heurte à plusieurs types de problèmes.

Lire le mémoire complet ==> (La gestion des ressources humaines et le succès des projets : le cas des PVD )
Mémoire présenté en vue de l’obtention du grade de Maître ès science (M. Sc.) en relations industrielles
Université de Montréal – Faculté des arts et des sciences – École de relations industrielles