L’histoire du et l’évolution chiffrée du chômage en France

By 3 September 2013

1.3. L’histoire du chômage en France

Depuis la seconde moitié des années 1970, le chômage est au coeur de l’actualité économique et sociale française, rythmée par la publication périodique du nombre de demandeurs d’emploi, dont chaque hausse ou baisse est commentée. Il est devenu l’obsession de tous les gouvernements, qui naviguent entre volontarisme affiché et fatalisme mal assumé. Pourtant, le chômage de masse n’est pas une fatalité: la France a connu certaines périodes de baisse significative du nombre de chômeurs depuis la seconde moitié des années 1990.9

Le chômage en France baisse de façon continue depuis 1997. Du jamais vu depuis 1962. D’après les statistique du chômage, et avec les réserves qui viennent d’être faites, les DENS10 puis les DEFM11 ont été multipliées par plus de 7 depuis mars 1962. 12

Leur maximum de mars 1997, le volume de la PDRE13 a été multiplié par plus de 7 entre mars 1963 et mars 1981 et les chômeurs au sens du BIT14 on été multipliés par près de 4 entre mars 1975 et leur maximum, également de mars 1997. Et, depuis mars 1997, les DEFM ont baissé de 21,43% et les chômeurs au sens du BIT de 17,85% seulement. De la sorte, le taux de chômage global au sens du BIT est passé de 1,4% en moyenne en 1962 à 12,4% en moyenne annuelle 1997, pour retomber à 10% au mois de mars 2000. Ce taux de chômage global est le résultat d’une grande variété de taux par catégorie. Il recouvre des situations diverses. 15

1.3.1. Après les chiffres on passe aux images

Après les chiffres on passe aux images, dans un documentaire “Le chômage a une histoire” réalisé par Gilles Balbastre (2001), on peut étudier l’évolution du chômage en France. La première partie (1967-1981) dévoile la progression du chômage ainsi on peut constater qu’elle commence bien avant le choc pétrolier de 1973 . Dans ce premier document on distingue quatre périodes qui établissent des repères utiles:

« la période 1968-1973, faite de la classe ouvrière » où la hausse du chômage provoque le mécontentement du peuple français, sans pour autant former une menace pour les salariés, ce qui exaspère les exigences.

« la période 1974-1976, la crise » à l’issue de laquelle Jacques Chirac voit « le bout du tunnel ».

« la période 1976-1981, l’austérité », pendant laquelle Raymond Barre explique que la France vit au-dessus de ses moyens.

« la période 1981, à gauche toute ! », où Pierre Mauroy s’affiche comme « un chef de guerre contre le chômage ». 15

La deuxième partie (1981-2001) met en avant le bouleversement libéral du gouvernement et des médias qui font l’apologie de la libre entreprise tandis que le chômage et la pauvreté progressent et que « les violences urbaines remplacent les manifestations de salariés ». L’emploi y est de plus en plus précaire (« 1994 : l’emploi en miettes »). La volonté d’accoler le franc au mark fait augmenter le nombre de chômeurs.17

Ce documentaire été très structuré, il m’a permis de bien comprendre l’évolution du chômage en France, de bien appréhender l’évolution de la société française qui passe d’une économie administrée à une économie libéralisée. Les documents d’époque montrent comment les gens ont vécu le chômage et comment ils ont lutté contre le chômage au quotidien, tout comme les différents avis politiques.

1.3.2. L’évolution chiffrée du chômage en France

À l’époque de la deuxième guerre mondiale et celles des années 70, le taux de chômage était très bas par rapport à aujourd’hui, il était entre 2% et 3% par an, ce qui correspondait aux passages inévitables d’actifs sur le marché du travail, il s’agissait d’un chômage frictionnel18. L’augmentation du nombre des chômeurs ne date pas du premier choc pétrolier de 1973. Le chômage entre les années 1969 à 1973 augmente régulièrement, même s’il s’agit d’un chômage de courte durée ( le chômage d’adaptation).

„En France, la quantité de chômeurs augmenta considérablement. En 1977 la France compte un million de chômeurs. Cinq années plus tard, en 1982 déjà deux millions de chômeurs et en 1993, trois millions de chômeurs. De décembre 1990 à début 1997, le nombre de chômeurs recensé au sein du Bureau International du Travail est passé de 2,3 millions (dont 9,2% de la population active) à 3,2 millions (dont 12,3% de la population active).“19

Dans l’histoire du chômage, la croissance n’a jamais été régulière, il a été qualifié de conjoncturel tant qu’il n’a été lié qu’au ralentissement de la croissance économique.

Graphe 2: Le taux de chômage indiqué en pourcentage de 1955 à 2000
Le taux de chômage indiqué en pourcentage de 1955 à 2000

Dans le tableau numéro 2 on peut comparer les différents taux de chômage entre les années 1955 jusqu’au 2000. La plus grande hausse de taux de chômage a été considérée en 1995.

Graphe 3: Source – INSEE, séries longues
L'histoire du et l’évolution chiffrée du chômage en France

Graphe 4: Variation en milliers du chômage sur 12 mois en France (1970 – 2001)
Variation en milliers du chômage sur 12 mois en France (1970 – 2001)

„En 1997 le taux de chômage baisse. Entre mars 1998 et mars 2000 le nombre de chômeurs a diminué de 424 000 et le taux de chômage de 1,8 point selon l’INSEE20 ce qui laissait espérer à certains un retour vers le plein-emploi d’autant que l’on sait que la population active va diminuer en France à partir de 2006. En fin de l’année 2001 la population active a descendu de 9%, le taux de chômage est reparti à la hausse. Les pronostics économiques pour la fin 2004 sont de 9,9% ce qui nous montre que le ralentissement de croissance économique est une cause importante de retour d’un niveau élevé de chômage. Pour les entreprises, l’emploi devient une variable d’ajustement. La création de nouveaux emplois ne suffit pas à dissoudre le chômage et alors on se pose la question pourquoi ça ne suffit pas? Car la conjoncture s’améliore, de nouvelles personnes, jusque-là inactives (femmes au foyer, jeunes) entrent sur le marché du travail, ce qui introduit le fléchissement des taux d’activité. En 1998 l’économie française a crée 400 000 emplois et le nombre de chômeurs met deux ans pour diminuer de 424 000 ce qui veut expliquer que les créations d’emploi ne profitent que partiellement aux chômeurs.“21

En conclusion, on peut constater que l’agencement entre tel ou tel mécanisme de protection sociale, la réglementation du temps de travail, la protection des emplois et du marché des biens et services, peuvent en effet expliquer des écarts de trajectoire concernant le chômage et l’emploi.

Lire le mémoire complet ==> (Le chômage en France et en République Tchèque)
Mémoire de Licence – Département des Études romanes
Université Palacký d’Olomouc – Faculté Des Lettres