L’évolution des rapports auteurs‐éditeur – la chaîne éditoriale

By 7 September 2013

5 – Facteur de changements pour l’éditeur

5.1‐ Évolution des rapports auteurs‐éditeur

La chaîne éditoriale des Presses universitaires du Septentrion a donc été modifiée en mai 2012 et prend désormais en compte la génération d’ePub à partir de fichiers XML. Cela va entraîner une adaptation des notices aux auteurs pour la rédaction et pour l’édition1.

Comme exemple, nous pouvons mentionner, dans la note aux auteurs pour la rédaction, la numérotation successive des illustrations. Celle‐ci ne sera plus demandée car elle sera automatiquement réalisée lors de la transformation du fichier en XML.

Il sera demandé aux auteurs d’utiliser une police Unicode, d’autant plus dans le cas où les ouvrages comportent des alphabets non latins tels que le grec ou l’arabe afin que ces caractères soient correctement et facilement retranscrits lors de la conversion en XML2.

Les autorisations de reproduction de documents présents dans l’ouvrage doivent être acquises par l’auteur qui va devoir prendre en compte plusieurs éléments : la diffusion numérique ; le nombre d’exemplaires qui, pour la version numérique, est difficilement définissable étant donné le caractère indéfiniment reproductible du fichier ; l’aspect des illustrations qui sont en noir et blanc dans la version papier, mais qui seront en couleur dans la version numérique.

1. Disponibles en annexe et téléchargeables sur ces liens : www.septentrion.com/html/WYSIWYGfiles/file/note%20aux%20auteurs%20REDACTION%20Septentrion%20sept%202010.pdf <www.septentrion.com/html/WYSIWYGfiles/file/note%20aux%20auteurs%20EDITION%20Se ptentrion%20sept%202010.pdf>
2. L’unicode est un standard d’encodage des caractères pour l’échange de textes, quels que soient l’alphabet ou le logiciel utilisés. Certaines polices unicode sont comprises d’office dans les logiciels de traitement de textes comme Arial Unicode MS pour la suite Microsoft Office. D’autre sont téléchargeables gratuitement : Junicode ou Code2000 par exemple.

L’auteur a peut‐être de nouvelles responsabilités, mais il n’a plus à se soucier de la mise en page, notamment pour celle de la version numérique qui peut être modifiée par le lecteur. C’est donc une des étapes de composition qui est amenée à changer : le second tour. Dans la chaîne traditionnelle, celui‐ci a lieu lorsque les fichiers ont été rendus par l’auteur au premier tour et que les Presses universitaires du Septentrion ont finalisé la mise en page. La mise en page finale ne devra donc plus forcément être validée par l’auteur qui sera surtout présent au début de la composition de son livre pour relecture et corrections3.

En plus des modifications dans les notes aux auteurs, ceux‐ci, sachant que leur ouvrage pourra être diffusé au format ePub, pourront développer leur texte d’une certaine manière et penser davantage aux usages de la version numérique différents de ceux de la version papier. Un auteur a d’ailleurs déjà pensé aux possibilités que lui offrait la version numérique pour l’ouvrage d’un des cours qu’il dispense. Grâce à cette diffusion sur le Web, l’auteur pourra également faire directement des liens sur le Web avec d’autres ouvrages dans le texte voire dans la bibliographie, ce qui améliorera la visibilité de son livre. Ces ajouts au livre numérique le qualifient alors de livre enrichi et le différencie bien du livre homothétique qui est l’exacte réplique de la version imprimée. Le modèle éditorial de Stéphanie Chevrier mentionne également « la possibilité de faire apparaître (sur la page même ou dans une fenêtre par exemple) des documents annexes, cartes géographiques, extraits des ouvrages cités en référence, etc », p. 135 [Soccavo, 2008]. De plus, avec la fonctionnalité de recherche proposée par les liseuses et logiciels de lecture de livres numériques, l’index basique devient inutile et il s’agirait pour les auteurs de développer un index intelligent qui, par exemple, ne répertorierait pas les noms, mais plutôt les idées. Les annexes du livre numérique seront donc spécifiques à ce support de diffusion.

3. Les nouvelles étapes de composition d’un ouvrage avec la chaîne d’édition structurée AEDRES‐PuC‐OpenEdition sont proposées en annexe.

La composition de l’ouvrage a été modifiée pour l’auteur avec le passage au pivot XML et à l’ePub, mais un autre point important sera également modifié : le contrat pour la diffusion. L’auteur sera également diffusé en version numérique, ce qui peut rebuter, notamment vis‐à‐vis de la protection de ces fichiers pour éviter la copie privée entre lecteurs. Le contrat entre l’auteur et l’éditeur devra être modifié. Selon l’article L 131‐3 du code de la propriété intellectuelle, la transmission des droits de l’auteur est subordonnée à la condition que chacun des droits cédés fasse l’objet d’une mention distincte dans l’acte de cession et que le domaine d’exploitation des droits cédés soit délimité quant à son étendue et à sa destination, quant au lieu et quant à la durée. p. 10 [Dacos, Mounier, 2010]

Pour Christian Robin, l’une des clauses à remettre en cause est également la rémunération de l’auteur. En effet, comme nous l’avons vu, les coûts de production ont été modifiés, d’où la question de cet auteur.

Un auteur est‐il rémunéré au même taux que pour un livre imprimé ou doit‐on tenir compte d’une nouvelle répartition liée à la transformation du processus d’édition et de mise en marché ? p. 121 [Robin, 2011]

Cette question de la rémunération des auteurs pour les livres numériques est également soulevée par Andy Richardson. Le livre numérique engendre un nouveau modèle économique dans lequel les droits d’auteurs sont remis en question étant donné le nombre croissant des canaux de ventes. Les éditeurs doivent trouver le moyen de répertorier toutes les ventes de livres numériques des plates‐formes où ils sont présents pour calculer correctement et rapidement la rémunération des auteurs. Ceci au risque de voir les auteurs s’auto‐éditer ou passer par Amazon qui précise le montant des royalties [Richardson, 2012].

Dans le même contexte aux Presses universitaires du Septentrion se pose également la question de l’aide à la publication. Cette aide versée par l’auteur, son centre de recherche ou une institution est d’un montant de 3 000 € par titre publié.

La somme demandée correspond à la part que tout ouvrage publié prend dans les frais généraux des PU du Septentrion. La livraison d’un ouvrage sous la forme d’un fichier terminé, bon pour l’impression, et mis en page selon la feuille de style et au gabarit de la collection correspondante peut valoir, pour partie, subvention. <http://www.septentrion.com/fr/publiez/>

Les relations entre auteurs et éditeur vont donc être modifiées, autant vis‐à‐vis de la composition de l’ouvrage que des termes contractuels de sa diffusion.

Lire le mémoire complet ==> (Publication numérique dans l’édition scientifique : Presses universitaires du Septentrion)
Mémoire de stage Master 2, Mention Ingénierie documentaire, édition et médiation multimédia IDEMM
Université Charles de Gaulle, Lille 3 – Unité de Formation et de Recherche IDIST