La psychiatrie : Historique, l’hospitalisation et la sectorisation

By 3 September 2013

2.2 LA PSYCHIATRIE

2.2.1) Historique

La psychiatrie est une spécialité médicale qui a pour objet la maladie mentale. Mais ce type de maladie se distingue des maladies somatiques « par le fait qu’elle touche l’homme dans son entier, c’est à dire dans son humanité, dans sa façon d’être dans le monde, dans ses relations avec les autres hommes ». ( ANDRE P, 1997, p.6)

Les maladies psychiques affectent le patient sur le plan affectif, intellectuel et comportemental.

Avant le 19 ème siècle « les fous sont enfermés dans des établissements qui n’ont rien de médical, au même titre que les vagabonds, mendiants, oisifs, dangereux et impies » ( GEORGES M-C et TOURNE Y., 1994, p.7).

Philippe Pinel (1745-1826) sera ensuite à l’origine d’une nouvelle classification des maladies mentales basée sur l’observation minutieuse du patient. Médecin des hôpitaux de Bicêtre et de la Salpêtrière il est surtout connu pour avoir supprimé le régime carcéral et brisé les chaînes des aliénés . Sur le plan thérapeutique il reconnaît « l’insensé » comme malade, et « accorde beaucoup d’importance à l’hygiène, à l’alimentation, à la police intérieure de l’hôpital, aux qualités morales du personnel, au climat de confiance, etc. » (PELLICIER Y., 1990, p.71).

Deux de ces élèves, Esquirol et Ferrus, sont à l’origine de la loi du 30 juin 1838, qui organise l’hospitalisation dans les établissements publics et privés, et la protection des malades et de leur biens. Chaque département doit disposer d’un établissement adapté au soin psychiatrique et l’admission y est organisée par l’autorité publique.

Mais au début du vingtième siècle la psychiatrie française est en crise, la centralisation administrative et l’isolement des hôpitaux en dehors des villes ont fait oubliés aux asiles leur véritable but. Les conséquences seront dramatiques durant l’occupation par l’Allemagne nazie : plus de 40 000 malades sur les 115 000 dénombrés en 1940 dans les hôpitaux français agonisent dans des conditions effroyables de famine et de froid.

2.2.2) L’hospitalisation et la sectorisation

Une politique de sectorisation est mise en place dans les années 1950-1960 pour pallier à cette situation. Le principe est triple : « éviter les ruptures avec l’environnement, favoriser le retour du patient dans son milieu et préparer celui-ci à l’accueillir s’il en a été éloigné par une hospitalisation » ( GEORGE M.C et TOURNE Y., 1994, p,3 ). Il existe en France environ 800 secteurs de psychiatrie adulte, chacun correspondant à 70 000 habitants en moyenne. Chaque service de psychiatrie est en général relié à des structures extra-hospitalières correspondantes, qui permettent le suivi des patients en post-cure ( hôpitaux de jour , appartement thérapeutique, dispensaire d’hygiène sociale, centre médico-psychologique …).

La politique actuelle de santé publique favorise ces structures comme alternative à l’hospitalisation au sein des centres hospitaliers spécialisés (CHS), anciens hôpitaux psychiatriques, et l’augmentation des services de psychiatrie dans les hôpitaux généraux (CHR et CHU).

« La relation est essentielle et elle doit être poursuivie au-delà de l’hospitalisation par le même personnel soignant » ( ANDRE P., p. 228, 1997, p.228).

La loi n°90-527 du 27 juin 1990 réorganise les modes d’hospitalisation ( en distinguant l’hospitalisation véritablement libre et celle à la demande d’un tiers ), confère au patient le libre choix de son praticien et renforce l’information juridique consentie au malade. Elle doit permettre la protection de la personne hospitalisée ainsi que celle la société.

Trois modes d’hospitalisations sont désormais possibles : l’hospitalisation d’office (dont la décision est prise par le préfet ou le commissaire de police), l’hospitalisation à la demande d’un tiers (la demande d’hospitalisation est faite par les proches du patient), et enfin l’hospitalisation libre ( avec consentement du malade). Cette dernière représente tout de même aujourd’hui 90 % des cas.

Lire le mémoire complet ==> (A propos d’une expérience de relaxation dans un service de psychiatrie adulte)
Mémoire de fin d’études – Centre de formation en Psychomotricité
Université Pierre Et Marie Curie – Paris VI – Faculté de Médecine Pitié-Salpêtrière