Rationalité et anticipations des agents des marchés financiers

By 27 August 2013

1.2- Rationalité et anticipations rationnelles des agents

La théorie de l’efficience des marchés financiers suppose la rationalité des agents tant au niveau du comportement que des anticipations.

1.2.1- La rationalité

Définition générale

Selon la définition de ALLAIS (1953), « un home est réputé rationnel lorsqu’il poursuit des fins cohérentes entres elles et qu’il emploie des moyens appropriés aux fins poursuivis ».

Les agents sont supposés être caractériser par les préférences ou des objectifs qu’ils cherchent à attendre tout en respectant les contraintes limitant les choix possible.

L’homo œconomicus est la personnification de l’hypothèse de comportement rationnel. Il est doté des trois caractéristiques essentielles :

– c’est un être intéressé

– il est rationnel

– il est universel et atemporel

Les différentes formes de rationalité

a- La rationalité instrumentale

Le modèle permettant d’appréhender un tel type de rationalité, appelée rationalité instrumentale, repose sur la théorie de l’utilité espérée.

A la suite Willinger (1990), on notera que les agents sont caractérisés dans un contexte d’incertitude par deux types de jugements :

1- Les jugements de préférence qui consiste à évaluer une action et ses conséquences.

2- Les jugements de croyance qui consistent à prévoir une action ainsi que ses conséquence.

La pensée économique s’est principalement intéressée à la première catégorie de jugements. Dans le modèle traditionnel, les agents se comportent selon le principe de maximisation de l’utilité espérée, les jugement de préférence sont représenté par des utilité espérée. Donc la relation de préférence doit vérifier trois principes :

– ordre : l’agent est capable de classer toutes les actions envisagées

– indépendance : il y a indépendance entre la préférence et la probabilité

– continuité : le jugement est contenu en situation d’incertitude. La rationalité instrumentale est basée sur une efficacité en terme d’action.

b- La rationalité cognitive

Walliser (1982), a introduit la notion de la rationalité cognitive afin de tenir d’une correspondance entre les informations détenues par les agents et les représentations que ce fait ces agents de l’univers qui les entoures. La rationalité cognitive met l’accent sur le fait qu’il peut y avoir une différence entre environnement réel et environnement perçu et traduit ainsi l’adéquation des anticipations sur l’environnement aux informations détenues.

c- la rationalité limitée ou procédurale

Selon l’hypothèse de rationalité limitée introduite par Simon (1955), l’agents est limité tant dans ses capacité cognitive que dans ses facultés à recueillir et à traiter l’information :

« la rationalité caractérise un style de comportement qui est approprie à la réalisation de buts donnés, dans la limites qui imposent des conditions données ». Simon (1964)

1.2.2- Anticipation rationnelles

Définition

« Les anticipation, puisqu’elles sont des prévisions bien informées des événements futurs sont essentiellement les mêmes que les prévisions de la théorie économique pertinente. Au risque de confondre cette hypothèse purement descriptive avec une opinion tranchée ce que les entreprises devraient faire appellerons de telles anticipations des anticipations rationnelles » Muth(1982) P(316).

Ainsi, si l’agent peut prévoir correctement l’évolution des variables exogène et s’il connaît la relation entre ces variables et la variable endogène il formera des anticipations rationnelles.

Il y a trois conditions sont nécessaires à la formation d’anticipation rationnelles Wallesir (1982) :

– l’agent a correctement spécifié le modèle liant la variable anticipée aux autres variables.

– l’agent connaît l’historique de toutes les variables figurant dans le modèle (transparence)

– l’anticipation, conditionnellement à l’ensemble d’information disponible, de l’agent est une estimation sans biais de la variable à prévoir (optimalité).

Implications et caractéristiques des anticipations rationnelles

a- Les agents utilisent tous le même modèle

puisque, pour former leurs anticipations, les agents disposent tous des même modèle de représentation de l’économie, ils pensent tous pareillement : « ce sont tous des fondamentalistes, c’est-à-dire qu’ils utilisent tous le même modèle décrivant la façon dont les données fondamentales déterminent les divers prix et quantités de l’économie »phelps (1987).

b- les agents ont une information illimitée et gratuite

On suppose implicitement que tous les agents ont des capacités illimités de recueil et de traitement de l’information, et ce à un coût nul.

c- les anticipations rationnelles ne sont pas des prévisions parfaites

Il est important de noter que les anticipations rationnelles ne constituent pas des prévisions parfaites.

d- les anticipations rationnelles sont auto réalisatrice

Résumé

Mise en évidence au début des années 60, particulièrement par E Fama, la théorie de l’efficience des marchés financiers, prolongement de la notion des marchés purs et parfaits des économistes libéraux du XIXe siècle, pour s’énoncer comme suite : « un marché financier est dit efficient si et seulement si l’ensemble des informations disponibles concernant chaque actif financier coté sur ce marché et immédiatement intégré dans le prix de cet actif ».

Toutefois, les imperfections de marchés ont conduit à une formulation de la théorie, qui se transforme alors pour devenir celle-ci : sont réputé efficient les marchés sur lesquels le prix des actifs cotes intègrent les information les concernant de telle manière qu’un investisseur ne puisse, en achetant ou en vendant cet actif, en tirer un profit supérieur aux coûts de transaction engendrés par cette action ».

La théorie des marchés efficient peut se scinder en trois formes : la forme faible indique qu’il n’est pas possible de tirer parti des séries de cours et d’information publiques au moment de leur révélation et la forme forte qu’il n’est pas possible de tirer parti des séries de cours et d’information non publiques pour réaliser un profit spécifique sur les marchés financiers.

Pour être vérifier, la théorie de l’efficience nécessite la validation d’un certain conditions : la rationalité des investisseurs, la libre circulation de l’information, sa gratuité, sa fiabilité, l’absence de coûts de transaction, l’automaticité des investisseurs et l’absence de Problème lies à un manque de liquidité.

Cependant, l’efficience de marché a des conséquences très importantes sur les théories financière et le comportement des agents :

– il n’a aucune possibilité pour quiconque de prévoir de façon certaine l’évolution de prix.

– La rémunération des investisseurs est fonction de l’espérance de rentabilité et du risque des titres de leurs portefeuilles.

– Enfin, lorsque le marché est efficient, le prix des actifs ne peut s’écarter de façon durable de leur valeur fondamentale.

La Bourse de Beyrouth : Test de l’efficience du marché financier
Mémoire de fin d’année du Master 2 recherches APE « analyse et politique économique »
Université Montpellier 1

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