Quelles perspectives pour le captage et stockage du CO2 ?

By 24 August 2013

2.2 QUELLES PERSPECTIVES POUR LE CAPTAGE ET STOCKAGE DU CO2 ?

La séquestration du CO2 a fait son entrée dans la sphère parlementaire en mars 2006 dans le cadre d’un rapport3 sur « les nouvelles technologies de l’énergie et la séquestration du dioxyde de carbone », établi par l’Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques (OPECST).

Au-delà des avancées possibles dans le rendement des centrales à charbon ou à cycle combiné, les auteurs du rapport portent une attention particulière sur le CSC : « À terme, l’objectif est de mettre au point la centrale thermique du futur, c’est‐à‐dire sans émission ni de polluants ni de dioxyde de carbone, ce qui exige inévitablement la séquestration du CO2 produit en même temps que l’électricité. » L’industrie n’est pas mise à l’écart du processus : la capture et le stockage géologique du CO2 « permettent de réduire les émissions des sources concentrées et massives de l’industrie ». Parmi leurs recommandations, les députés préconisent de « favoriser la réalisation de projets de séquestration du CO2 et mettre en place une réglementation concernant les applications pratiques. »

Le marché mondial de la séquestration du CO2, quasi inexistant aujourd’hui, dispose d’un fort potentiel. « Selon des estimations réalisées par l’industrie des hydrocarbures, une réduction de près de 20% des émissions de CO2 des États‐Unis, de l’Union européenne et de la Chine pourrait être obtenue grâce à la séquestration, ce qui représente environ 10% des émissions mondiales. » « La séquestration du CO2 représente donc une solution intéressante mais partielle, dont la mise en application est de surcroît subordonnée à une baisse sensible de ses coûts. » Gaz de France établit un coût entre 43 et 90 €/tCO2 pour l’ensemble du processus de séquestration du CO2 (40 à 60 €/tCO2 pour la capture, 2 à 20 €/tCO2 pour le transport, 0,5 à 10 €/tCO2 pour le stockage).

Sur le plan technologique, « 2020 est une date charnière pour l’énergie. Des investissements de renouvellement du parc électrique devront entrer en service, à cet horizon, dans la plupart des pays industrialisés. » Comme le montre la figure ci-dessous, C. Bataille et C. Birraux estiment que de nombreuses avancées technologiques déboucheront sur des réalisations opérationnelles en 2020.

Figure 2 : Le déploiement des nouvelles technologies de l’énergie à l’horizon 2080
Le déploiement des nouvelles technologies de l’énergie à l’horizon 2080
Source : Bataille et al, 2006b.

Les pouvoirs publics fournissent depuis plusieurs années des efforts de recherche et développement dans la technologie CSC. Le Ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie chiffre les budgets alloués en 2005 via l’Agence nationale de la Recherche (ANR) à 9 millions d’euros. Il souligne que « les recherches conduites en France concernent toutes les applications possibles (centrales électriques, raffineries, cimenteries, aciéries, …) et tous les maillons du captage et stockage du gaz carbonique (captage, transport et stockage géologique). »4

4 Ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, DGEMP (2007).

Tableau 1 : Les priorités de recherche captage et stockage de CO2
Les priorités de recherche captage et stockage de CO2
Source : Ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, DGEMP (2007)

De nombreux acteurs sont impliqués, notamment l’IFP, le BRGM et le CIRED qui se sont regroupés au sein d’un projet commun baptisé SOCECO2 (Economie et sociologie de la filière capture et stockage géologique du CO2), financé par l’ANR.

L’étude des effets d’un développement de la capture et du stockage du CO2 sur l’emploi, et sa mise en perspective avec les énergies renouvelables, s’inscrit dans le volet économique du projet de recherche SOCECO2.

Lire le mémoire complet ==> (Les effets en emploi d’un développement du captage et stockage du CO2 en France)
une étude macroéconomique comparée avec les énergies renouvelables
Mémoire de Master 2 – Analyse économique et gouvernance des risques
Université De Versailles Saint-Quentin-En-Yvelines – Institut national des sciences & techniques nucléaires INSTN