Les TIC dans l’amélioration de la santé dans l’espace francophone

By 9 August 2013

3.2.4. Améliorer la santé

La santé offre un champ privilégié d’expériences encourageantes dans le domaine des technologies de l’information et de la communication.

Pour commencer, revenons à la radio. La radio présente en effet la qualité d’être l’unique outil de communication accessible à toutes les couches de la population. La technologie qui s’y rapporte est en permanente évolution. Il en résulte une appropriation et une exploitation à moindre coût.

A l’hôpital d’enfants de Tygerberg, au Cap, un projet de télémédecine, lancé en 1996, permet aux spécialistes de communiquer directement avec trois hôpitaux de quartiers défavorisés. Les spécialistes ne se privent pas des services des radios locales et de l’intermédiation des animateurs des radios locales en plus des ordinateurs, des imprimantes, des scanners et appareils de photographie nécessaires à la réalisation de ce type d’action.

Au Sénégal, c’est le président Abdoulaye Wade qui rapporte l’expérience tentée grâce à la coopération entre l’ONG française FISSA et l’association Education Santé, dans un village sénégalais isolé, ou grâce à une petite mallette équipée, des images diffusées par satellite, ont montré un bébé suçant son pouce dans le ventre de sa mère. Depuis que les villageois ont vu cette image, ils ont pu apprendre que “brutaliser la mère revenait à brutaliser l’enfant, astreindre la maman à des travaux pénibles qui l’obligeaient à travailler courbée comme aux champs pouvaient blesser dangereusement le bébé”.

Le président Wade concluait cette scène de la vie paysanne sénégalaise en ces termes: “La révolution culturelle fut ainsi instantanément introduite en monde rural”. Il va de soi que pour l’exemple précédemment cité, les radios communautaires1 prennent le relais, en prolongeant par des conseils judicieux et des chroniques spéciales, l’image tombée du ciel du “bébé suçant le pouce”.

Justin Vieyra, propriétaire – concessionnaire d’une radio de proximité, Radio Femmes Solidarité, FM implantée à Cocody, une des plus importantes communes de la ville d’Abidjan témoigne :

“Depuis le lancement de cette radio qui remonte à l’année 1999, nous avons eu le bonheur d’apprendre, malgré les difficultés, que la radio est un formidable instrument d’expression, le medium le plus populaire dont nous profitons à Radio Femmes Solidarité pour sensibiliser à la santé, à la pratique de la planification familiale, à la prévention contre le sida et les autres maladies. Nous devons mettre garde contre les dangers de la toxicomanie. Mieux vaut prévenir que guérir. (…) Nous mettons l’accent sur les conditions de la santé et du bien-être. Notre slogan, c’est Radio Femmes Solidarité, la radio du bien-être.2”

Selon les estimations de l’ONU, 36,1 millions de personnes vivraient avec le VIH/SIDA dans le monde. Sur ce total, quelque 25,3 millions (soit environ 70% du total) vivent en Afrique subsaharienne. Les services de radio communautaire interviennent de plus en plus souvent et se révèlent indispensables à la lutte contre le SIDA et contre l’ignorance qui entoure cette pandémie. Les tribunes libres dans les radios communautaires, les conseillers intervenant à la radio, les campagnes de sensibilisation des populations faisant appel à des guides d’opinion locaux et à des personnalités publiques pour informer et éduquer, dans le but de renverser les tendances qui contribuent à l’expansion de la maladie, sont un outil majeur de la lutte contre la maladie [69].

Prenons deux autres exemples. A Kongoussi (Burkina Faso), les haricots verts, dont la culture avait été introduite à des fins d’exportation, ne sont plus considérés comme “une nourriture de Blancs” après que la radio eût montré les avantages d’une nourriture équilibrée notamment pour les enfants. Auparavant, on laissait pourrir les haricots.

A San Pedro (Côte d’Ivoire), l’UNICEF vient de constater que les résultats d’une campagne de vaccination avaient dépassé ses objectifs grâce à l’utilisation intensive de la radio.

La télémédecine offre également des possibilités intéressantes. Les projets de “Réseau interrégional de télémédecine du Québec”, “Réseau québécois de télémédecine de l’enfant” et “Réseau mère enfant de l’Hôpital Sainte-Justine” sont révélateurs de ces possibilités. Dans une démarche d’assistance médicale décentralisée, les cybercentres communautaires, proches des populations exécutent certains prélèvements et font des métriques qui seront transmis en ligne ou en différé à un centre spécialisé. Les spécialistes dans ce centre établiront les diagnostics nécessaires et prescriront des médicaments et les conduites à tenir. L’équipe d’assistance du cybercentre pourra satisfaire le patient, évitant à celui-ci l’obligation de se rendre au centre spécialisé généralement éloigné du lieu de résidence du malade1.

A Saint-Louis, Afrique lnitiatives2 en partenariat avec des acteurs locaux, a développé une plate-forme Internet, “Saint-Louis@net”, offrant des services de proximité, jusque et y compris dans les quartiers les plus pauvres de la ville. Un exemple se situe dans le domaine de la prévention sanitaire : “Pesinet” un service de pesée régulière des enfants, est proposé par abonnement aux familles ; des agents de pesée, des femmes du quartier formées pour l’occasion, sont rémunérées pour procéder aux relevés de poids deux fois par semaine à domicile. Les informations de pesée sont chargées par Internet dans la base de données de l’hôpital. Chaque soir, le praticien peut rapidement trier les quelques courbes de poids suspectes et, en cas de problème avéré, alerter par courrier électronique,dans le cybercafé le plus proche, l’agent de pesée correspondant qui ira à domicile inviter la famille concernée à conduire son enfant à l’hôpital pour consultation.

Lire le mémoire complet ==> (L’information au service du développement durable dans l’espace francophone)
Mémoire DESS en Sciences de L’information et de la Documentation Spécialisées
Conservatoire National Des Arts Et Métiers – Institut National des Techniques de la Documentation