Les moyens de transport de marchandises propres dans Paris

By 29 August 2013

1.5. Les moyens de transport propres : vers une amélioration du transport routier

De plus en plus d’entreprises font passer l’aspect environnemental au premier plan et arrivent à imaginer des transports innovants. Les moyens de transport propres utilisés peuvent être le train, des véhicules routiers électriques, hybrides comme le fait FedEx, ou roulant au gaz naturel de ville ou au biocarburant, des modes de transport fluviaux… D’autres encore adoptent des carburants un peu différents, tels que le gazole reformulé, le gazole additivé, ou utilisent des catalyseurs d’oxydation ou des filtres à particules pour réduire leur empreinte sur l’environnement. Ces transports sont de vraies solutions au problème environnemental, et toutes ces actions menées peuvent laisser penser que de nombreuses entreprises commencent à penser aux évolutions de réglementations qui auront lieu d’ici 2010, comme l’apparition de la taxe carbone.

Les améliorations du transport routier se retrouvent à plusieurs niveaux. En effet pour limiter l’impact sur l’environnement, plusieurs solutions peuvent être envisagées.

Tout d’abord il peut s’agir de livrer des quantités plus importantes de marchandises, et donc réaliser des livraisons plus espacées dans le temps. Les enseignes Casino de Paris se font livrer depuis peu par des camions de gros gabarit par exemple, et Système U essaie également de réduire son impact environnemental. Pour réduire ses émissions de CO2, Système U a inventé le Bi-Train, qui est un camion sur lequel est attelée une remorque de 28,95 m2 : il s’agit d’un camion propre et silencieux53. Mais la nature de la demande, l’espace disponible en magasin, et les espaces de livraison doivent le permettre, et comme nous l’avons vu précédemment, même si ces espaces se développent, ils sont encore relativement rares sur Paris. Donc d’autres solutions existent et c’est ce que nous allons voir maintenant.

Il s’agit du développement de l’utilisation des véhicules propres, fonctionnant au GPL, au GNV, à l’électricité ou aux biocarburants et qui ont émergé ces dernières années pour le transport de marchandises en ville. Ces véhicules propres peuvent être utilisés pour la distribution urbaine de marchandises, pour la collecte et la livraison de petits colis ou pour la collecte des ordures ménagères. Il reste néanmoins des contraintes sur le coût de ces véhicules, sur leur taille ou encore sur l’approvisionnement et la distribution énergétique.

1.5.1. Le GNV

Les moyens de transport de marchandises propres dans Paris

Certaines entreprises se sont spécialisées dans la distribution de petits colis sur Paris. Speed Distribution Logistique par exemple fut l’une des premières société à signer la Charte des bonnes pratiques des transports et des livraisons de marchandises dans Paris (Cf. partie suivante). Du point de vue environnemental l’entreprise utilise des tricycles à assistance électronique, mais surtout des camions respectant la norme Euro 5 et roulant au GNV. Le Gaz Naturel Véhicules (GNV) est du gaz naturel stocké et comprimé à 200 bars, pour servir de carburant aux véhicules. Ce carburant gazeux, composé essentiellement de méthane (CH4) présente par rapport aux carburants classiques des atouts environnementaux incontestables liés à sa composition chimique simple : il est composé d’un seul atome de carbone.

Depuis 2003, certaines enseignes de la grande distribution utilisent le GNV, il s’agit de Carrefour avec le véhicule du transporteur TNT 19 tonnes, de Monoprix avec le camion de l’opérateur Geodis 19 tonnes, pour assurer les livraisons de leurs points de vente à Paris et de Ooshop et Monoprix avec le véhicule GNV frigorifique de 3,5 tonnes de l’opérateur Starts’services, pour des livraisons à domicile. Aujourd’hui, des véhicules utilitaires électriques de la marque Goupil sont très utilisés par les petits transporteurs. A Paris, la filière du livre met en place une livraison de nuit des librairies par véhicule roulant au GNV.

1.5.2. Le GPL

D’autres sociétés vont plutôt choisir la solution du GPL. Le carburant GPL est constitué principalement d’un mélange de butane et de propane à proportions quasi égales. Le GPL est utilisé sur les véhicules légers, les Véhicules Ultra Légers (VUL) et les bus urbains. Il n’existe pas d’application poids lourds à ce jour. Un véhicule GPL récent et en bon état de fonctionnement peut offrir des performances environnementales intéressantes par rapport à l’essence puisqu’il permet une diminution significative des polluants rejetés dans l’atmosphère. Par ailleurs, les véhicules GPL n’émettent pas de particules.

Ces types de carburants contribuent indéniablement à l’amélioration de la qualité de l’air et à la réduction du bruit. Néanmoins, l’offre des constructeurs est peu développée et les contraintes technologiques (autonomie, coût de compression du GNV…) encore fortes, font que ces types de carburants sont surtout développés pour des flottes de véhicules urbains lourds, tels que les autobus par exemple.

1.5.3. Les triporteurs et les véhicules électriques

L’utilisation des vélos tricycles ou des chariots électriques, comme le fait « Chrono-City de Chronopost », pour les livraisons de petits colis, s’est également répandue et permet notamment d’éviter les problèmes de stationnement en centre-ville.

Les entreprises investissent dans des flottes en partie électriques, dans la mesure où l’électricité présente un intérêt environnemental, qui est lié tout d’abord à l’absence de gaz d’échappement et donc d’émissions à proximité du site dans lequel les véhicules circulent, et ensuite à la suppression des émissions sonores dues au moteur. La diffusion à grande échelle de cette technologie se heurte à des questions de coût et à des difficultés technologiques liées à l’autonomie des batteries. Cependant l’utilisation de ces véhicules peut correspondre à des besoins spécifiques pour une livraison de marchandises « propres et silencieuses » pour un espace géographique réduit, tel que le centre-ville. Nous allons nous intéresser rapidement à quelques exemples.

* L’Oréal effectue ses livraisons en véhicules électriques :

En octobre 2003, L’Oréal innove avec un véhicule de livraison électrique 10 tonnes, en partenariat avec le transporteur Gefco et EDF. Ces camions livrent les clients parisiens de L’Oréal, qui sont les parfumeurs, les coiffeurs, les parapharmacies, etc. à l’intérieur de Paris. La ville de Paris a aidé cette initiative puisqu’elle a installé quatre prises électriques pour ces véhicules sur la voirie.

* La Petite Reine : le dernier kilomètre réalisé en vélo triporteur électrique :

La Petite Reine

En janvier 2001, la société de livraison urbaine La Petite Reine lance dans Paris les premiers vélos triporteurs à assistance électrique. La société occupe un ELU de 800 m² dans le parking de Saint- Germain l’Auxerrois, Place du Louvre. La Ville de Paris accompagne ce projet depuis mai 2003.

Aujourd’hui, La Petite Reine a une flotte de 50 vélos triporteurs, permettant de charger 150 kilos de marchandises et de circuler rapidement en utilisant les voies cyclables et les couloirs de bus. La Petite Reine effectue 1 000 livraisons par jour. Le succès fut tellement important que de nouvelles agences apparaissent un peu partout en France.

* Les scooters électriques LUNGTA :

Depuis janvier 2005, la Ville de Paris s’est engagée dans un partenariat avec Lungta, société de courses express utilisant des scooters électriques pour livrer des plis urgents. Ces scooters sont silencieux et propres.

Les scooters électriques LUNGTA

La problématique du transport de marchandises mobilise tous les acteurs de la sphère économique et urbaine. Comme nous l’avons vu, les solutions proposées par les pouvoirs publics et par le secteur privé sont nombreuses et en constante évolution. Le succès de toutes ces initiatives dépendra de l’optimisation du remplissage des camions, d’une meilleure organisation du stationnement des livraisons et d’une utilisation accrue d’équipements de proximité et des véhicules propres, et donc de l’évolution de la législation.

Au cœur de la recherche de productivité des entreprises, l’évolution de la gestion des flux a conduit à une quasi-exclusivité du mode routier, à une multiplication des envois, à des exigences toujours plus grandes de précision, de rapidité et de fiabilité.

* Organisation des livraisons / des lieux de stockage / des points d’éclatement…

Lire le mémoire complet ==> (Distribution et centre-ville : vers un retour du commerce de proximité ?)
Mémoire de fin d’études – Master 2 professionnel en Sciences du Management – Spécialité Logistique
Université Paris 1 Panthéon – Sorbonne