Les cybercafés et autres points d’accès à Internet au Sénégal

By 3 August 2013

Les cybercafés et autres points d’accès à Internet

Depuis la connexion du Sénégal à Internet en mars 1996, les cybercafés et autres points d’accès à Internet ont fleuri un peu partout, principalement à Dakar mais également dans les régions. A Dakar, les structures les plus en vue sont gérées par les deux plus importants fournisseurs d’accès à Internet à savoir Télécom-Plus et Métissacana. Cependant, il existe d’autres points d’accès, souvent situés dans des télécentres polyvalents offrant toute une gamme de services. Faute d’étude à caractère scientifique sur ces points d’accès à Internet, l’essentiel des données disponibles provient d’articles de presse ce qui fait que les chiffres cités et les faits présentés doivent être pris avec beaucoup de précautions.

Le cybercafé Métissacana

Ouvert le 3 juillet 1996, le Métissacana, qui se présente comme le premier cybercafé ouvert en Afrique de l’Ouest, est situé au centre ville de Dakar et offre toute une série d’activités culturelles et artistiques. En effet, il fait partie d’un complexe comprenant un bar, un restaurant et une salle de spectacle dans laquelle sont organisées séances de cinéma en plein air et défilés de mode.

Les clients du cybercafé disposent d’une salle dans laquelle 14 ordinateurs sont connectés en permanence puisque le lieu est ouvert 24 heures sur 24 et ce tous les jours de l’année. Une équipe d’animateurs, composée de jeunes, assiste les novices qui peuvent ainsi s’initier à la navigation sur le Web ou bénéficier de conseils. Le principe de base est le suivant: le client achète une carte sur laquelle est mentionnée l’heure de début de la consultation, qui lui donne droit à une heure de connexion pour une somme de 1 500 francs CFA ou 1 000 francs CFA pour une heure et demie. En dehors de son cybercafé, le Metissacana possède deux télécentres polyvalents qui sont connectés au réseau via une liaison RNIS, et offrent une gamme de services allant du téléphone au télécopieur en passant par les prestations bureautiques. La clientèle est assez diversifiée et l’on trouve aussi bien des adolescents, des étudiants, des hommes d’affaires que des expatriés qui viennent les uns pour jouer, les autres rechercher de l’information sur le Web et d’autres encore pour communiquer via le courrier électronique. Si l’on en croit un article publié en juillet 1999 dans le journal Sud Quotidien, 60 000 personnes auraient une adresse électronique au Metissacana.216 Si ces données sont exactes, cela doit nous amener à revoir sérieusement à la hausse les chiffres habituellement cités concernant le nombre d’internautes au Sénégal qui, il est vrai, se basent la plupart du temps sur le nombre d’abonnés des différents fournisseurs de services Internet et non sur le nombre d’utilisateurs réels.

Les télécentres de Télécom-Plus

Télécom-Plus gère trois télécentres à Dakar, situés respectivement, au cœur de Dakar, Place de l’Indépendance, au centre ville sur le Boulevard de la République et à proximité de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Tous sont équipés d’un ordinateur connecté à Internet et la consultation peut se faire soit par tranche de 20 minutes (sur la base d’un forfait de 750 francs CFA) soit par tranche d’une heure (sur la base d’un forfait de 2 250 francs CFA). Contrairement au Metissacana, ces télécentres ne possèdent pas d’animateurs formés et offrent des services limités puisqu’il est par exemple impossible d’imprimer des documents. Les clients sont obligés de sauvegarder sur disquettes les messages qu’ils reçoivent ou les documents qui les intéressent, ce qui pose des problèmes à tous ceux qui ne sont pas en mesure d’accéder facilement à un ordinateur.

Les autres points d’accès Internet de Dakar

En dehors des structures présentées ci-dessus qui drainent l’essentiel de la clientèle, il existe, notamment au centre de Dakar, d’autres points d’accès à Internet qui sont le plus souvent situés dans de petites entreprises de services.

Parmi ceux-ci, nous pouvons citer:

• le cybercafé ICE (International Communication Express), situé 76 avenue Georges Pompidou, sur les “Champs Elysées” de Dakar, qui est à la fois fast food, salon de thé, salle de jeux et télécentre polyvalent offrant téléphone, télécopie, photocopie et connexion à Internet;

• Point Net, situé rue Thiong prolongée à deux pas du marché Sandaga, qui est un fournisseur de services qui fait de la téléphonie sur Internet avec Net2Phone, propose la réalisation de pages Web, l’hébergement de sites et fait également office de point d’accès Internet en permettant à ses clients d’envoyer et de recevoir des messages électroniques;

• le Centre Internet du Forum francophone des affaires, situé rue Moussé Diop est opérationnel depuis le 11 décembre 1998. Mis en place suite à une décision du sommet de la francophonie de Hanoï, il vise en priorité les opérateurs économiques et a déjà contribué à la formation de 170 PME/PMI;

• le Cybernaute situé rue Moussé Diop au centre ville;

• le cybercafé World Voyage, 45 avenue Georges Pompidou qui fait également bureau de change et télécentre ;

• Le Service informatique (LSI), situé rue de Bayeux au centre ville, qui est une société opérant dans le domaine de l’informatique;

• Communicator situé au Point E près du canal 4, non loin de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar;

• le Cybercafé de la Pyramide culturelle sénégalaise situé avenue Abdoulaye Fadiga vers le port;

• le Cyber Business Center, situé au centre ville, 24 Avenue Léopold Sédar Senghor,

• le Cyber Kiosk de l’assocation Ynternet.org, situé à Colobane, rue 41×38, près de l’Obélisque.

Pour les utilisateurs plus réguliers, des formules d’abonnements sont également disponibles qui, en plus de la consultation des services d’Internet, permettent d’obtenir une adresse électronique et, éventuellement, de bénéficier d’autres prestations. Ainsi, au Centre SYFED de l’AUPELF-UREF, pour 30 000 francs CFA par an, l’utilisateur peut naviguer sur Internet sans limitation de temps, disposer d’une adresse électronique et faire héberger une page Web personnelle. Au cybercafé Metissacana, il existe deux formules. La première, sur la base d’un abonnement annuel de 125 000 francs CFA, permet de disposer d’une adresse électronique et de naviguer sur Internet en payant en sus 500 francs CFA par heure de connexion. La seconde, sur la base d’un abonnement annuel de 450 000 francs CFA, permet d’obtenir une adresse électronique et d’avoir un accès illimité aux services d’Internet. Enfin, à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, les enseignants et les étudiants de troisième cycle peuvent disposer d’une adresse électronique et pratiquer la consultation sur place en échange du paiement d’une somme de 1 000 francs CFA par mois ou de 10 000 francs CFA par an.

En dehors des structures qui se situent dans l’environnement universitaire, la clientèle de ces cybercafés est essentiellement constituée d’expatriés, de voyageurs de passage, de personnes issues des classes aisées et de jeunes plus ou moins fortunés pour qui cela constitue un “must” que d’aller surfer dans un cybercafé. Au-delà de l’aspect phénomène de mode, on voit de plus en plus de Sénégalais “moyens” utiliser cet outil pour communiquer plus souvent et à moindre coût avec les membres de leur famille qui sont à l’extérieur mais également de petits opérateurs économiques pour lesquels Internet remplace peu à peu le téléphone ou le télécopieur.

Les points d’accès Internet dans les régions.

Bien que la plupart des ISP soit localisés à Dakar, compte tenu de la qualité de l’infrastructure de télécommunications et du fait que la SONATEL pratique un tarif unique sur l’ensemble du territoire national pour se connecter à Internet, les points d’accès se sont développés dans pratiquement toutes les régions. A Ziguinchor, depuis janvier 1997, la société Sud-Informatique a diversifié ses activités en ouvrant un cybercafé équipé de deux ordinateurs dans le quartier commerçant de l’escale. Il offre également des services de traitement de texte, de téléphonie et de télécopie. Auparavant, cette petite entreprise, qui possède un centre de formation dans le domaine de la bureautique, faisait essentiellement du développement et de la distribution de logiciels, de la publication assistée par ordinateur (PAO), de la vente et de la maintenance de micros-ordinateurs. De son côté, depuis le 7 septembre 1998, Metissacana a inauguré un cybercafé comportant cinq accès Internet dans la station balnéaire de Saly située à environ 80 kilomètres de Dakar. La clientèle de ce cybercafé est essentiellement constituée de touristes et de personnes venues pour assister à des séminaires. Hormis les deux exemples cités ci-dessus, il existe également des points d’accès à Internet dans la plupart des capitales régionales (Diourbel, Fatick, Kaolack, Kolda, Louga, Saint-Louis, Tambacounda et Thiès) et dans certaines villes secondaires comme Mbour, Podor, etc.

Le développement de points d’accès, à Dakar comme dans les principales villes du pays, prouve que l’utilisation d’Internet déborde aujourd’hui le cercle des universitaires et des chercheurs. Dans des villes comme Saint-Louis, Saly, Mbour ou Ziguinchor, l’existence de points d’accès à Internet est fortement liée à l’activité touristique. Par ailleurs, de plus en plus d’entreprises, de commerçants, d’ONG, de services administratifs et même de simples particuliers font d’Internet un de leurs moyens de communication privilégiés. La base géographique et sociale des utilisateurs d’Internet s’est donc incontestablement étendue mais il n’en reste pas moins que le phénomène touche essentiellement une élite urbaine. Faute d’études systématiques sur les usages, il est impossible de savoir précisément qui sont les utilisateurs d’Internet et ce qu’ils en font. Cependant, sur la base d’une observation empirique, on peut citer parmi les usages constatés ici et là:

• la communication entre les parents et les enfants étudiant à l’extérieur;

• la recherche d’information sur Internet pour la poursuite d’études à l’étranger;

• les contacts entre les ONG locales et leurs partenaires;

• la recherche d’opportunités d’affaires;

• la documentation en ligne pour des besoins professionnels, etc.

La société civile et les technologies de l’information et de la communication

Aujourd’hui, plus de trois ans après la connexion officielle du Sénégal à Internet, une petite enquête menée auprès des fournisseurs de services, commerciaux ou non, permet d’évaluer à environ 8 500 le nombre d’utilisateurs abonnés à ces services.217 A ces internautes passant par des fournisseurs d’accès publics ou privés, il faut ajouter tous les utilisateurs qui appartiennent à des structures comme l’IRD (230), l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (70), le Centre de suivi écologique (une cinquantaine), la SONATEL (166), etc. sans parler des organismes comme l’USAID (une centaine), le Bureau international du Travail (BIT), la Banque mondiale, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), etc. plus tous ceux qui possèdent des adresses électroniques gratuites du type Hotmail ou Yahoo et qui accèdent à Internet dans les cybercafés et autres points d’accès à Internet.218 Globalement, le nombre total d’internautes approcherait donc les 11 000 pour une population de 8,6 millions d’habitants. Ces utilisateurs ont senti la nécessité de s’organiser et c’est ainsi que plusieurs associations ont vu le jour parmi lesquelles on peut citer:

• l’Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal (OSIRIS) créé le 28 mars1998 et qui s’est fixé pour objectifs de:

◦ contribuer au développement de la “société de l’information” en s’appuyant notamment sur les recommandations de l’Initiative société africaine à l’ère de l’information adoptée par la CEA;

◦ promouvoir l’utilisation et l’appropriation des technologies de l’information et de la communication;

◦ recenser toutes les initiatives en matière de technologies de l’information et de la communication et encourager les synergies;

◦ informer les décideurs des différents secteurs comme les simples citoyens sur les opportunités et les enjeux liés aux technologies de l’information et de la communication;

◦ favoriser la coopération internationale en général et sous-régionale en particulier dans le domaine des technologies de l’information et de la communication;

• l’Association des internautes pour la promotion de l’informatique et de l’internet en Afrique (ADIPIA) qui a vu le jour en novembre 1998 et publiait un journal bimensuel intitulé Wafta;

• le chapitre sénégalais d’Internet Society, ISOC-Sénégal, créé le 29 février 1999 et qui s’est fixé pour buts de:

◦ promouvoir l’utilisation d’Internet au Sénégal en mettant en valeur les expériences acquises, en offrant un premier niveau d’information et en favorisant les contacts des membres entre eux et avec les autres membres de l’ISOC;

◦ encourager une participation sénégalaise aux travaux de l’ISOC;

◦ favoriser une participation à tous types de projets coopératifs, sénégalais ou internationaux, de nature privée ou publique;

◦ promouvoir un traitement adéquat des langues nationales sur Internet, encourager la circulation de contenus locaux et favoriser la coopération avec les autres chapitres africains de l’ISOC;

◦ faire connaître les positions du chapitre et de l’ISOC auprès de toutes personnes physiques ou morales intéressées par Internet;

◦ susciter, préparer et participer aux réunions, manifestations, conférences, groupes de travail ou commissions, formels ou informels, ainsi qu’à tout ouvrage ou publication, utilisant ou non les moyens électroniques, notamment Internet, conformes à son objet social;

◦ entreprendre toutes activité allant dans le sens de la création d’un environnement favorable, de la démocratisation de l’accès et d’une manière générale visant à promouvoir Internet au Sénégal;

• la Fondation Sen@robase pour la promotion des nouvelles technologies au Sénégal, créée le 5 mai 1999, qui “a pour but de permettre la promotion et l’utilisation des réseaux électroniques et leur développement au Sénégal de la manière la plus cohérente et la plus conforme au génie sénégalais”. Elle souhaite notamment “promouvoir un espace dans le domaine des nouvelles technologies de l’information et de la communication, afin de donner au Sénégal et aux Sénégalais une place de choix dans le “village planétaire”. Pour les promoteurs de cette fondation, “la mondialisation peut être transformée en une chance, pour notre pays, d’accélérer sa marche vers l’émergence industrielle, technologique et scientifique”. La Fondation veut “constituer, pour les autorités sénégalaises, une expertise incontournable pour tout ce qui concerne les réseaux électroniques, les nouvelles technologies de l’information et les métiers émergents”.

217 Sur la base d’informations recueillies souvent avec beaucoup de réticences auprès des fournisseurs de services, il ressort que les nombres d’abonnés à Internet sont approximativement les suivants: Télécom-Plus: 4 000, AUPELF- UREF: 601, Metissacana: 1 200, Université Cheikh Anta Diop de Dakar: 1 300, Trade Point Sénégal: 243, Arc informatique: 400, Cyber Business Communication: 300, Primature: 200, ENDA Tiers-Monde: 150 et Point Net: 20.

218 Ainsi, au Metissacana près de 3 000 personnes possèdent des comptes sur Internet.

Cette dynamique associative est relativement ancienne, puisque la création de l’Association des Clubs de micro-informatique du Sénégal (ACMIS) remonte à 1985. Ayant pour vocation le développement et la vulgarisation de l’outil informatique ainsi que les techniques y afférentes, l’ACMIS a connu son heure de gloire à la fin des années 80. Aujourd’hui confrontée à de sérieuses difficultés, ses activités ont principalement consisté en:

• l’organisation du concours du meilleur logiciel;

• l’organisation de conférences, tables rondes, etc.;

• la formation de ses membres (à ce jour plus de 1 500 membres formés);

• l’organisation des colonies de vacances avec initiation à la micro-informatique;

• la formation des meilleurs élèves des secondes C du Sénégal;

• la formation des agents de la Direction de la recherche et de la planification (DRP/MEN), les agents d’Air Afrique, les moniteurs de collectivités éducatives, les agents de la Direction de la planification des ressources humaines (DPRH) du Ministère de l’économie, des finances et du plan etc.;

• la publication du journal Micro-Info.

La philosophie de ces associations a nettement évolué. Si à l’origine il s’agissait surtout de faire de la formation, aujourd’hui l’orientation est plutôt à la sensibilisation et à la réflexion autour des enjeux liés au développement de la société de l’information à un niveau individuel comme au niveau collectif. Ainsi, les associations d’utilisateurs dénoncent le coût élevé des tarifs de télécommunications, mettent en cause le monopole de la SONATEL pour la fourniture des liaisons spécialisées, etc., tout autant qu’elles analysent et discutent la politique gouvernementale, se prononcent sur les débats de sociétés tels que la taxation de l’Internet, etc.219 OSIRIS et ISOC-Sénégal sont parmi les associations les plus actives. La première s’est impliquée dans diverses activités (séminaires de sensibilisation, journées de réflexion, etc.), possède un site Web220 et publie depuis août 1999 une lettre d’information électronique mensuelle sur l’actualité des technologies de l’information et de la communication au Sénégal intitulée Batik. De son côté, le chapitre sénégalais d’Internet Society a organisé la Fête de l’Internet au Sénégal ainsi que plusieurs ateliers de formation portant sur les technologies réseaux. Ces deux associations font également du lobbying auprès des autorités de manière à favoriser l’extension d’Internet et le champ de ses applications.

A côté de ces associations s’est développée une presse spécialisée, certes fragile, mais qui a le mérite d’exister. Au niveau de la presse écrite, seul Le Soleil publie régulièrement un cahier multimédia dans son édition du week-end. D’autres quotidiens comme Sud Quotidien et Walfadjri ont également tenté ce type d’expérience, mais ni la régularité ni la longévité n’ont été au rendez-vous. En dehors de ces suppléments publiés par la presse quotidienne, il existe d’autres initiatives comme la revue Tendances informatiques qui se veut un mensuel spécialisé sur l’informatique et le multimédia. Sur les ondes de la RTS, il faut signaler l’émission de Amadou Lamine Ba intitulée “La parole aux internautes”. Enfin, à la télévision, Mamadou Ndiéguène a lancé, courant 1999, une émission mensuelle dont le titre est SET, pour “sciences, environnement et technologie”.

L’impact des nouvelles technologies sur l’évolution des rapports sociaux

Compte tenu du nombre relativement faible de Sénégalais exposés aux technologies de l’information et de la communication et de l’absence d’études portant sur cette question, il est difficile d’en mesurer l’impact sur les rapports sociaux. Cependant, les médias, et en particulier la télévision, jouent un rôle important dans le promotion de nouveaux modèles, de nouvelles valeurs et de nouveaux comportements. La multiplication des radios privées a également permis l’éclosion d’une liberté de parole jusqu’alors inexistante sur les antennes publiques. Des sujets jusqu’alors tabous, comme les relations au sein du couple, les rapports entre co-épouses dans les ménages polygames, le concubinage, l’avortement, etc., sont désormais régulièrement abordés. Mieux, ces radios qui font une large place aux langues nationales permettent de donner la parole à toute une frange de la population qui n’avait jusqu’alors pas voix au chapitre.

Malgré cela, les femmes, qui représentent 52% de la population et même 60% en zone rurale, sont largement exclues de l’accès aux technologies de l’information et de la communication comme le montre une étude faite pour le compte du CRDI.221 C’est pourquoi, le CRDI d’une part, et ENDA d’autre part, ont initié des projets visant à remédier à cette situation. Dans le cadre de l’Initiative Acacia, le CRDI a lancé un programme de recherche sur le thème “Genre et TIC” de manière à identifier les causes et les mécanismes d’exclusion et proposer des stratégies pour inverser cette tendance lourde. ENDA, de son côté, conduit un programme intitulé “Inforoutes au féminin en Afrique francophone” qui ambitionne d’accroître l’appropriation des TIC par les femmes ainsi que leur participation à la production de contenu et de renforcer leurs capacités de communication et d’action solidaire.222

Les jeunes de moins de 20 ans, qui représentent 58% de la population, sont eux aussi largement exclus de l’utilisation de ces technologies. Cependant, les initiatives visant à les exposer aux TIC se multiplient. En dehors de ce que font le programme WorLD Links de la Banque mondiale ou le projet Espace cyber-jeunes du GEEP dans les écoles, on peut ainsi mentionner le travail de l’association Ynternet.org Sénégal.223 Membre du réseau international Ynternet.org,224 elle a pour objectif “d’encourager les jeunes à coopérer via le Net et de les sensibiliser à l’utilisation appropriée des nouvelles technologies de l’information et de la communication pour un développement durable”. Bénéficiant de l’appui de plusieurs bailleurs de fonds dont le principal est la Coopération suisse, Ynternet.org offre diverses formations (initiation à l’informatique, initiation à l’utilisation d’Internet, formation de médiateurs multimédia, etc.), fournit des services d’information (Livret Internet pour les jeunes au Sénégal, répertoire des meilleures adresses pour les jeunes et Sen Info Web, service d’information payant pour les entreprises) et dispose d’un centre de consultation, dénommé le “Cyber Kiosk” qui est un espace animé par des jeunes et compte une dizaine d’ordinateurs connectés à Internet qui peuvent être utilisés par les membres des associations de jeunes et des ONG à des tarifs préférentiels.

Lire le mémoire complet ==> (Les TIC et le développement social au Sénégal)
Mémoire de fin d’études – Technologie et société Document du programme no. 1
Institut de recherche des Nations Unies pour le développement social

  1. TIC au Sénégal : Les initiatives de la coopération internationale