Les campings/Bungalow/Mobil- homes sur le territoire français

By 4 August 2013

II) Les campings/Bungalow/Mobil- homes

A) Le camping

Le nombre de campings sur le territoire français s’élève à 7923 pour un total de 918 712 places disponibles (avec 1219 une étoile, 3568 deux étoiles, 2375 trois étoiles et 761 quatre étoiles74). Il s’agit du premier mode d’hébergement touristique marchand en France, et il se classe second parc au monde après les Etas Unis avec près de 6 millions de campeurs français,

2 millions de campeurs étrangers (dont une majorité de Néerlandais, Allemands et Britanniques) et près de 100 millions de nuitées annuelles en 2008 selon la Fédération française de Camping et Caravaning75.

Si l’on considère dans cette analyse sur les campings que le prix moyen d’une nuit en camping est de 10 à 20 euros (fourchette moyenne obtenue en effectuant une moyenne sur 10 établissements de 1/2/3/4 étoiles en camping pur).

Direction du tourisme, Mémento du tourisme
Source : Direction du tourisme, Mémento du tourisme, Édition 2009

Direction du tourisme, Mémento du tourisme
Source : Direction du tourisme, Mémento du tourisme, Édition 2009

Les avantages et inconvénients du camping à destination des jeunes en autonomie sont alors les suivants :

Avantages :

– Disponibilité quasi certaine hors saison et fréquente y en saison/Liberté importante d’arrivée, de départ/non obligation de réservation au préalable…
– Nombre important de campings/choix important de localités…
– Choix le plus économique en camping pur
Des facilités annexes (branchement électrique, eau chaude, douches, etc…)
– Des équipements à valeur ajoutée significative (piscine, courts de tennis, bars…)
– Significatif en termes d’expérience (hébergement symbolique des vacances…)
– Promiscuité, Convivialité…

Inconvénients :

– Hébergement sensible au climat (pluie, froid mais aussi chaleur…)
– Manque de confort (tentes, sanitaires en commun…)
– Obligation d’équipement à transporter (tentes, matelas…), difficultés de déplacement accrues en cas d’utilisation des transports en commun.
– Eloignement des campings des centres villes, nécessité de déplacements importants.
– Contraintes liées à l’installation/départ en particulier lors des courts séjours.
– Difficulté à cuisiner sur place (matériel, commodités.)
– Problèmes de sécurité, vols.

A la vue de cette analyse, le camping apparait donc comme une solution d’hébergement intéressante dans certaines situations et plus compliquée d’en d’autres. En effet, ce type d’hébergement est le plus économique, de plus, il est certainement le plus symbolique en terme d’expérience de vacances. Néanmoins, son choix reste tributaire de nombreux éléments tels que le climat, les facilités de transports mais aussi la durée des séjours ou la volonté de proximité des villes et des attractions touristiques.

B) Les Mobil-homes et habitations légères

Nous pouvons nuancer la dernière analyse en notant que les campings diversifient de plus en plus leurs offres d’hébergements. En effet, à la tente et caravane classique s’ajoutent les mobil- homes ou habitations légères de loisirs qui, selon la Fédération française de Camping et Caravaning, représentent aujourd’hui près du tiers du nombre total d’emplacements en France. Ces nouveaux types d’hébergements présentent une alternative de logement intéressante en particulier pour les jeunes en autonomie du fait de leur coût relativement faible et de leur caractère pratique (mobil- homes à cuisines équipées, lits et constructions en dur, confort, sécurité…).

Cette alternative semble particulièrement intéressante dans le sens où elle permet de contourner nombre d’inconvénients imputés au camping. Dans cette optique, la nouvelle analyse avantages/inconvénients est la suivante :

Avantages :

– Le confort et la sécurité : Literies et bâtiments en dur ou du moins étanches et fermés, sanitaires privés…
– Nombre important de campings/choix important de localités…
– Des facilités annexes (branchement électrique, eau chaude, douches etc…)
– Des équipements à valeur ajoutée significative (piscine, court de tennis, bars…)
– Significatif en termes d’expérience (hébergement symbolique des vacances)
– Promiscuité, Convivialité, rencontres, internationalité…
– Un faible coût des repas (généralement possibilité de cuisiner et matériel fournit)
– Facilité de déplacement (non nécessité de posséder son propre matériel de camping, de cuisine…)

Inconvénients :

– Prix plus élevé mais à relativiser suivant le nombre de personnes louant l’infrastructure
– Hébergement relativement sensible au climat (pluie, froid mais aussi chaleur…)
– Disponibilité souvent faible, nécessité de réserver au préalable
– Eloignement des campings des centres villes, nécessité de déplacements importants

III) Les hôtels à bas coût 0/1/2 étoiles

Direction du tourisme, Mémento du tourisme
Source : Direction du tourisme, Mémento du tourisme, Édition 2009

Un autre mode d’hébergement privilégié par les jeunes en autonomie est l’hôtel à bas coût, zéro, une, ou deux étoiles, qui peut révéler une inadaptation partielle des auberges de jeunesse en France comme le dit Laurence Dermenonville : « le premier hébergement cité par les jeunes est l’hôtel et ce paradoxe met en exergue que ce ne sont pas nécessairement les types d’hébergement qui sont désertés ou remis en cause, mais les pratiques qui se sont décalées »76.

La France compte 12 754 hôtels à bas coût (soit 2025 hôtels 0 étoile, 1401 une étoile et 9328 deux étoiles77) et regroupe une capacité hôtelière d’environ 375 000 places. Avec environ 20% des places hôtelières à bas coût, nous retrouvons encore une dominance majeure de la région Ile de France pour ce type de logements, suivie avec Cette région des régions Rhône- Alpes et PACA. Le nombre important des hôtels à bas coût dans la région Midi Pyrénées est à relever. En effet, cette dernière se classe troisième pour le nombre d’hôtels une étoile et quatrième pour les 2 étoiles.

Nous pourrions préjuger que ce type d’hébergement n’est pas en relation directe avec les attentes des jeunes voyageurs. En effet, de nombreux points issus de l’analyse de la demande ne semblent pas comblés par cette offre : volonté de convivialité, de découverte, d’échanges, coût globalement plus élevé (Pour le segment des hôtels économiques, les prix moyens augmentent et s’élèvent à 41,40 euros selon le bilan annuel de l’analyste MKG Hospitality, paru en janvier 201078). Néanmoins, nous constatons que près de 17% des jeunes européens interviewés dans l’enquête du cabinet GMV Conseil privilégient ce mode d’hébergement lors de leurs séjours. Quelles sont alors les raisons déterminantes de cette demande ?

Globalement, selon les analyses d’ODIT France et les travaux de Veille Tourisme France, cette demande résulte du manque d’infrastructures d’hébergement à bas coût en France, de leurs mauvaises localisations mais aussi du bon rapport qualité/prix des hôtels à bas coût français (comme nous l’avons vu précédemment, le prix conditionne majoritairement le choix d’hébergement pour 65% des jeunes européens, suivi de près par des exigences de propreté et de confort pour 40% d’entres eux). En effet, peu d’auberges de jeunesse ou de campings se situent dans les centres des grandes villes françaises. Dans ce cadre, l’hôtel à bas coût bénéficiant d’une bonne localisation est intéressant pour cette cible car il réduit considérablement les contraintes associées aux voyages et aux déplacements. En revanche, il semble, toujours selon l’étude d’ODIT France79, que ce mode d’hébergement soit néanmoins un choix de courte durée, en attente de solutions répondant plus directement aux caractéristiques de la demande : désir de convivialité, de découverte mais aussi d’offres symboliquement riches en expériences.

Voyons maintenant une analyse de type avantages/inconvénients pour ces hôtels à bas coût en nous plaçant dans la perspective de la demande des jeunes en autonomie :

Avantages :

– Le confort et la sécurité : Literie et bâtiment en dur et fermé, propreté, sanitaires privés…
– Nombre important d’hôtels/choix important de localités (centres villes…)…
– Des facilités nombreuses (branchement électrique, eau chaude, douches, tv etc…)
– Facilité de déplacement (non nécessité de posséder son propre matériel de camping…)

Inconvénients:

– Prix plus élevés mais à relativiser (certains hôtels sont très bon marché).
– Disponibilité souvent faible, nécessité de réserver au préalable.
– Absence de convivialité, d’échanges, de rencontres…
– Impossibilité de cuisiner (ajoute encore des frais de restauration)
– Faible valeur ajoutée en termes d’expérience

Pour conclure sur cette offre d’hébergement en hôtels, nous pouvons dire que si cette solution présente des avantages non négligeables en particulier pour les facilités de déplacements et le confort, elle a aussi des inconvénients surtout au niveau de l’expérience même du séjour. Nous pouvons donc penser que ce type d’hébergement sera grandement privilégié dans la perspective de séjours dans les grandes villes françaises par exemple, pour faciliter les visites et les déplacements. Il le sera également dans la perspective de voyages en couple pour ces jeunes en autonomie, par crainte d’une trop grande promiscuité en auberge de jeunesse. Par contre, les lacunes en terme de convivialité et d’expériences de ce type d’hébergement vont pousser les jeunes en autonomie à privilégier les auberges de jeunesse ou les campings lorsqu’ils pratiquent des séjours dans des cadres différents : en groupes, seul, à la montagne, à la mer…

IV) Les autres alternatives d’offres d’hébergements touristiques

Outre les modes d’hébergements classiques que nous avons étudiés, il faut également citer des alternatives d’hébergement de plus en plus usitées par les jeunes en autonomie.

A) Les locations collectives

Près de 16% des jeunes européens interviewés par GMV conseil80 déclarent privilégier des modes de location collective. Les appartements, mais aussi les chalets hivernaux ou cottages font ainsi de plus en plus d’adeptes du fait de leurs coûts abordables mais aussi de l’ensemble des avantages de confort qu’ils proposent (cuisines équipées, lieux de replis, commodités diverses : tv, électricité…). Néanmoins, cette solution n’est avantageuse que lorsqu’il s’agit de séjours pour des groupes relativement importants et pour une durée suffisamment longue. Nous sommes donc ici loin du voyage itinérant de découverte caractérisé par une mobilité importante à travers différents sites.

B) Les Bed and Breakfast

Les Bed and Breakfast à l’anglaise font, eux aussi, de plus en plus d’adeptes en Europe car ils permettent de réaliser des rencontres (avec les familles, les gérants mais aussi les autres clients) mais aussi de bénéficier d’une sécurité et d’un confort poussés. Cependant le prix de ces modes d’hébergement est parfois rédhibitoire pour la cible des jeunes de 18 à 25 ans, de même que la localisation et l’image vieillissante qu’ils véhiculent. Il faut noter sur ce point qu’il est particulièrement difficile de trouver des informations chiffrées révélant l’ampleur réelle de ce phénomène.

C) L’hébergement chez des amis/connaissances

Dans la mesure où cette cible est particulièrement sensible à l’événement et à l’opportunité et se qualifie de très instinctive, l’hébergement chez des amis est à considérer. Bien souvent les jeunes voyageurs vont profiter d’opportunités comme l’accueil par un ami dans une ville française, voire dans un autre pays. Néanmoins, nous ne possédons pas de réelles données nous permettant d’extrapoler sur la véritable importance de ce mode d’hébergement.

D) Le coach surfing

Le coach surfing est également un phénomène de plus en plus en vogue chez cette cible. Avec l’hébergement chez un ami, il s’agit du mode d’hébergement le plus économique et le plus propice à répondre aux attentes en termes d’échange, de rencontre et de convivialité. En revanche, ce mode d’hébergement présente de nombreuses contraintes liées à la sécurité, au confort mais aussi à l’enregistrement sur le site et donc à la possibilité d’héberger à son tour des voyageurs ce que certains jeunes ne sont pas prêts à accepter. Enfin, ce phénomène souffre aussi d’un manque d’étude et peu de données nous permettent d’évaluer exactement son importance dans les modes d’hébergements de la cible des jeunes de 18 à 25 ans.

V) Conclusion sur l’offre d’hébergements touristiques

En conclusion, nous serons en partie en accord avec le diagnostic dressé par Laurence Dermenonville qui déclare qu’il faut : « Ajuster l’offre d’hébergement » et que « … l’offre jeunes, quand elle existe, est souvent décalée par rapport à la réalité des pratiques …»81. En effet, malgré leur diversité, les modes d’hébergement apparaissent en effet quelque peu décalés par rapport à la demande. L’arbitrage entre les différents produits pour les demandeurs va alors dépendre de multiples facteurs. Le budget va être un élément déterminant, d’où le succès relatif des auberges de jeunesse et des campings. Mais les attentes de qualité et de confort vont inciter de nombreux jeunes à se diriger plus volontiers vers des hébergements plus qualitatifs comme les hôtels à bas coût ou encore les Bed and Breakfast et appartements locatifs au détriment des auberges et des campings, d’autant plus que le réseau des auberges de jeunesse est plus ou moins bien développé selon les pays. Au Royaume Uni et dans les pays nordiques, ce réseau étant efficace et de qualité, le choix des jeunes sera très orienté vers ce type de produit, ce qui ne sera pas le cas en France et plus généralement dans le sud de l’Europe où ce réseau est plus latent. Le choix d’hébergement est aussi grandement influencé par la commodité, en particulier celle des déplacements. Par exemple, selon le mode de transport des voyageurs – véhicule personnel ou transports collectifs- , l’arbitrage entre les différents modes d’hébergement va changer. Ainsi, le choix du camping est grandement tributaire de la possession d’un véhicule personnel, ne serait- ce que pour l’acheminement du matériel nécessaire, d’autant plus que les campings sont situés bien souvent à la périphérie des villes. Par contre quand les déplacements se font en transports collectifs, la solution auberge de jeunesse ou hôtels à proximité du centre et des moyens de transports des villes sera souvent privilégiée. Le mode de voyage est aussi déterminant : les jeunes voyageant en groupes choisiront plutôt des locations collectives d’appartements, chalets, bungalows, les couples auront une préférence pour l’hôtel, les Beds & Breakfast, le voyageur solitaire guidé par son désir de rencontres donnera la priorité aux auberges. Enfin, la durée des voyages joue aussi un rôle dans le choix des modes d’hébergements. Des durées relativement courtes se prêteront particulièrement aux séjours en auberges de jeunesse ou en hôtels, tandis que des durées relativement longues se prêteront plus à la location de logements collectifs ou au camping qui impose de monter/démonter les équipements. Il faut noter cependant que l’augmentation des locations de mobil- homes pour de courtes durées semble une diversification intéressante pour les campings.

Lire le mémoire complet ==> (Le marché des jeunes touristes français et internationaux en autonomie, de 18 à 25 ans, en France)
Mémoire de recherche
IEP de Toulouse