L’efficience des marchés financiers : Définition et déclinaisons

By 26 August 2013

L’efficience des marchés financiers – Chapitre II :

L’efficience des marchés constitue la clef de voûte de l’ensemble de la théorie financière. Les bases de la finance organisationnelle sont fondées implicitement ou explicitement sur l’hypothèse de marchés financiers efficients.

Le terme d’efficience est un anglicisme aujourd’hui accepté dans le langage économique. Alors, un marché est efficient si le prix qui s’y forment constituent des signaux fiable pour les décisions d’allocation des ressources. De cette définition, il y a trois types d’efficience :

1- efficience allocationnelle, indiquant que le marché est capable d’orienter les fonds vers les emplois les plus productifs et contribue ainsi un développement satisfaisant de l’économie.
2- L’efficience opérationnelle, les intermédiaires financiers mettent en relation de manière satisfaisant les offreurs et les demandeurs de capitaux au coût le plus faible tout en tirant une juste rémunération.
3- L’efficience informationnelle, pour laquelle, le cours boursiers reflète toute information disponible concernant la vie de la firme.

Ces trois types sont interdépendants. L’allocation optimale ne peut se faire que si l’information est bien prise en compte et si les transactions se réalisent au meilleur prix. Donc, les actions évaluées en fonction de l’information disponible au temps t.

Ainsi la condition la plus importante pour que soit réalisée une bonne allocation de fonds est l’existence de l’efficience informationnelle.

La théorie des marchés financiers est née au début des années 60 des travaux des pionniers de la finance moderne. Les fondateurs de Tobin (1958), Markowitz (1959), Alexander (1961) contribuent de mettre en place les bases de la théorie. C’est cependant à Fama qu’est généralement attribuée la paternité de la théorie des marchés efficients (1965).

Les marchés les plus anciens concernant l’efficience étaient très affirmatifs. L’efficience apparaissait vérifiée dans tous les cas et tous les marchés. De très nombreuses vérifications empiriques, effectuées sur différents marchés et avec des méthodes convergentes, ont amené

des résultats positifs. Dans l’ensemble de leurs études ultérieur, les chercheurs ont toujours considère l’efficience comme acquise. Or, des travaux plus récents concernant les bulles spéculatives ou les investisseurs irrationnels remettent en cause le mythe de l’efficience. De nouveaux tests empiriques fondés sur l’échantillons beaucoup plus larges ou utilisant des méthodes statistique plus sophistiquées.

La définition de l’efficience a évolué depuis les travaux originels de Fama. Elle est aujourd’hui moins stricte et autorise certaines formes de prédictibilité. Les tests statistiques robustes permettent de mettre en évidence certaines tendances d’évolutions des rendements des titres financiers. De l’efficience initiale, on a évolué vers une efficience signifiant l’impossibilité d’obtenir un gain substantiel. Là se situe d’ailleurs le paradoxe : remettre en cause l’efficience, c’est remettre en cause l’ensemble des nombreux travaux modernes qui s’appuient sur cette théorie. C’est pourquoi les conclusions des recherches menées en ce sens restent modérées.

Enfin, on cherche plus aujourd’hui à mesurer le degré d’efficience des marchés financiers que l’on souhaite valider ou invalider cette hypothèse dans sa globalité.

I- Définition et déclinaisons de la notion d’efficience de marchés financiers

1- Définition de l’efficience des marchés financiers

L’efficience des marchés est une théorie simple au premier abord mais dont les développements sont complexes. C’est pourquoi la définition n’est pas unique.

La première définition de l’efficience est posé par Fama (1965), définition apparentant à celle-ci :

« Un marché financier est dit efficient si et seulement si l’ensemble des information concernant chaque actif financier coté sur ce marché est immédiatement intégré dans le prix de cet actif ».

La formalisation mathématique de la théorie peut être résumée ci-dessous.

Soit Φ l’information disponible à la période t afin d’estimer la valeur Pj,t+1 du titre j à la période t+1. Soit E(x) l’espérance de la variable aléatoire X et Rj la rentabilité. Donc, le taux de rentabilité espéré de j en t+1 alors on a :

E(Pj,t+1 / Φj) = Pj,t[1+E(Pj,t+1 / Φj)]

Si le prix du titre reflète toute l’information disponible. Si l’équation précédente est vérifiée pour tous les titres j cotés sur le marché, le marché est réputé efficient.

Sur un marché efficient, dès qu’une information concernant un actif existe, le prix de cet actif est instantanément modifié.

2- Les principales conséquences de l’hypothèse d’efficience

Plusieurs conséquences découlent de la définition de l’efficience de Fama (1965).

– an premier, on peut remarquer que l’efficience ne concerne pas uniquement les marchés d’action, tous les marchés et tous les types d’actif financier sont concernés.

influence d’une information unique sur différents marchés financiers
Schéma 1- influence d’une information unique sur différents marchés financiers

– En deuxième lieu, pour que l’information soit intégrée dans les cours de façon instantanée, il est nécessaire que cette information soit diffusée de manière simultanée à l’ensemble des agents économiques concernés.

– En troisième lieu, dans la mesure où la correction des prix liée à l’apparition d’une nouvelle information est instantanée.

De plus, aucun investisseur ni analyste ne peut prévoir de façon certaine l’évolution des cours d’un actif financier : la meilleure prévision d’un prix future demeure la dernier cours connu. Pour un actif donné, chaque cours est parfaitement indépendant des cours précédents. Si l’on analyse les variations du prix d’un titre, ces variations ne pourraient donc suivre qu’un cheminement d’un titre. Ces variations ne pourraient en aucun cas suivre une tendance de progression ou une loi mathématique quelconque. Cette conséquence s’apparent d’ailleurs à une nouvelle définition de l’efficience : sur un marchés efficient, les prix des actifs suivent un cheminement aléatoire, ou une marche au hasard.

E(Pj,t+1 / Φj) = Pj,t

3- Hypothèse des marchés efficient et marchés purs et parfaits

La théorie des marchés efficients apparaît comme une traduction financière de la notion de marchés purs et parfaits. Mayer (1982) conteste cette affirmation en prétendant que, contrairement aux marchés parfaits au sens économique du terme, rien ne prouve que les prix d’équilibre déterminés sur un marché financier efficient permettant obtenir un optimum de pareto.

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(La Bourse de Beyrouth : Test de l’efficience du marché financier)
Mémoire de fin d’année du Master 2 recherches APE « analyse et politique économique »
Université Montpellier 1