Le handicapé et l’accessibilité des agences GMF d’Ile de France

By 10 August 2013

II. Etude de l’accessibilité de l’offre de service et des conditions de travail

A. L’étude de la situation d’accessibilité des agences GMF d’Ile de France

1) Description de la mission

Ma mission principale consistait à évaluer et décrire la situation d’accessibilité au sein des agences GMF d’Ile de France. L’étude devait prendre en compte l’accessibilité envers les sociétaires en situation de handicap autant que les possibilités d’intégration du personnel handicapé.

L’échéance posée sur cette mission correspondait à la durée totale du stage. Les agences concernées par cette étude sont 53 agences d’Ile de France.

Les antennes (onze petites agences ayant un rôle de relais, temporairement implantées et n’ayant pas de directeur d’agence) n’ont pas été prises en considération.

2) Méthodologie

a. Etude préalable

Dans un premier temps, j’ai pris connaissance des bilans annuels de la Mission Handicap depuis la signature de l’accord, accompagnés du résumé d’un diagnostic accessibilité réalisé sur un échantillon de sites d’Ile de France en 2008, par un cabinet de conseil.

L’analyse réalisée par cet organisme a traité l’accessibilité envers les sociétaires autant qu’envers les salariés, sur six cas d’usage généraux :

– Accéder aux locaux

– Circuler dans le bâtiment

– Accéder aux équipements

– Communiquer et s’informer

– Accéder à la formation professionnelle

– Accéder à l’évolution professionnelle

Dans un second temps, j’ai rassemblé les exigences légales correspondant à l’accessibilité des Etablissements Recevant du Public (ERP) ainsi que celles correspondant à l’accessibilité de l’environnement professionnel.

Selon la loi n°2005-102 du 11 février 2005 relative à l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, les structures recevant du public appartenant à la 5ème catégorie (ERP dans lesquels l’effectif du public admis est inférieur au nombre fixé par l’arrêté du 16 juillet 2007* et correspondant au type d’exploitation concernée), telles que les agences GMF, ont pour obligation d’être accessibles au public à partir du 1er janvier 2015.

D’une part, concernant l’accessibilité des agences aux sociétaires, je me suis appuyée sur la notion d’accessibilité dédiée à l’accueil du public, définie par le code de la construction et de l’habitation et sur les articles de loi précisant les normes correspondant à cette notion.

Selon l’article R-111-19-2 du code de la construction et de l’habitation :

« Est considéré comme accessible aux personnes handicapées tout bâtiment ou aménagement permettant, dans des conditions normales de fonctionnement, à des personnes handicapées, avec la plus grande autonomie possible, de circuler, d’accéder aux locaux et équipements, de se repérer, de communiquer et de bénéficier des prestations en vue desquelles cet établissement ou cette installation a été conçu. Les conditions d’accès aux personnes handicapées doivent être les mêmes que celles des personnes valides ou, à défaut, présenter une qualité d’usage équivalente »

Les normes d’accessibilité pour l’accueil du public correspondent aux exigences définies par l’arrêté du 1er août 2006 fixant les dispositions prises pour l’application des articles R.111-19 à R.111-19-3 et R.111-19-6 du code de la construction et de l’habitation relatives à l’accessibilité aux personnes handicapées des établissements recevant du public et des installations ouvertes au public lors de la construction ou de leur création modifié par l’arrêté du 30 novembre 2007. Ces exigences légales sont détaillées dans l’annexe 8 de la circulaire interministérielle n° DGUHC 2007-53 du novembre 2007.

D’autre part, j’ai repris la notion d’accessibilité de l’environnement professionnel aux travailleurs handicapés définie par le code du travail de la manière suivante :

« […] Les lieux de travail sont considérés comme accessibles aux personnes handicapées lorsque celles-ci peuvent accéder à ces lieux, y circuler, les évacuer, se repérer, communiquer, avec la plus grande autonomie possible.

Les lieux de travail sont conçus de manière à permettre l’adaptation des postes de travail aux personnes handicapées ou à rendre ultérieurement possible l’adaptation des postes de travail » Art R4214-26, Code du travail

Les normes d’accessibilité de l’environnement professionnelle sont fixées par l’arrêté du 27 juin 1994 relatif aux dispositions destinées à rendre accessibles les lieux de travail aux personnes handicapées (nouvelles constructions ou aménagements) en application de l’article R.235-3-18 du code du travail, abrogé et remplacé par les articles R4214-26 à R4214-29 du code du travail.

*Arrêté du 16 juillet 2007 portant approbation de diverses dispositions complétant et modifiant le règlement de sécurité contre les risques d’incendie et de panique dans les établissements recevant du public

Ainsi, à partir du diagnostic existant et des textes de loi concernés, j’ai rassemblé les données nécessaires à la réalisation d’une grille de critères réglementaires et recommandés. Ce support méthodologique m’a permis d’organiser mes analyses à partir d’une approche logique des lieux afin de ne pas omettre de vérifier certaines données lors de mes déplacements au sein de chaque agence.

La grille constituée s’attache à prendre en compte tout scénario plausible à chaque étape de la progression physique d’une personne handicapée, qu’elle soit sociétaire ou salariée. En effet, le contenu législatif décrit précisément la réglementation de l’accueil physique des personnes handicapées, en revanche il ne propose que quelques orientations sur les aspects communicationnels et relationnels. Ainsi, la communication envers les salariés, l’accès aux formations professionnelles et la possibilité d’évolution professionnelle n’ont pas été pris en compte. Ces aspects de l’accessibilité relèvent de la gestion des ressources humaines qui n’est pas évoquée dans cette étude. Seuls les éléments d’aménagements physiques ou logistiques des agences ont été étudiés, et la communication a été évaluée sous l’angle de l’accessibilité des supports d’information à l’adresse des sociétaires.

Les points principaux abordés dans la grille d’évaluation sont les suivants :

Accessibilité de l’environnement :

– Environnement et transport en commun

– Stationnement

– Cheminement entre la place de parking ou l’arrêt de bus et l’entrée

Accessibilité des locaux de l’Agence :

– Porte(s) d’entrée

– Accueil

– Escalier(s)

– Ascenseur(s)

– Rampe(s) d’accès

– Cheminement horizontal

– Bureaux

– Salle de réunion

– Autres espaces salariés

– Equipement collectif

– Sanitaires

– Sortie de secours (sortir en cas d’urgence)

– Sols

– Communication et informations

La grille compte également un espace d’écriture dédié aux observations et commentaires pour chaque thème abordé (cités ci-dessus).

Ce support est constitué de deux colonnes, l’une regroupant les points principaux d’accessibilité à évaluer et les détails correspondants, l’autre offre une case vide devant chaque éléments d’étude. Cet espace vise à permettre à la personne réalisant le diagnostic d’annoter tout élément jugé pertinent pour la bonne évaluation de l’accessibilité des lieux.

La grille d’accessibilité est consultable en annexe 2.

b. Méthodologie de terrain

Après avoir rassemblé les données nécessaires à une bonne approche de l’accessibilité d’un point de vue législatif ainsi que d’un point de vue pratique et constitué une grille d’évaluation détaillée, l’étude s’est déroulée sur le terrain, autrement dit au sein des agences GMF d’Ile de France.

53 agences ont été visitées sur une période de 4 mois (cf. dates des déplacements, annexe 3). Mes déplacements étaient prévus de manière à étudier deux agences en une journée sans avoir trop de temps de transport intermédiaire. D’une manière globale, j’ai organisé mes visites par départements.

Le mois d’avril fût principalement consacré à la ville de Paris, les déplacements dans les Hauts-de-Seine (92) se sont étalés sur la fin avril et le début mai. Le reste du mois de mai m’a permis de me déplacer en Seine Saint-Denis (93), dans les Yvelines (78) et dans le Val de Marne (94). Enfin, je me suis rendue dans le Val d’Oise (95), l’Essonne (91) et en Seine et Marne (77) au cours du mois de juin.

Chaque venue devait être annoncée au Directeur d’Agence, aux Managers Ressources Humaines (Rive Droite et Rive Gauche*), aux Responsables Gestion Organisation (Rive Droite et Rive Gauche) et aux Directeurs de Région (Rive Droite et Rive Gauche).

De ce fait, chaque vendredi, je prenais soin de préparer les déplacements de la semaine suivante et d’en informer, par mail, les personnes concernées.

La méthode d’évaluation sur le terrain impliquait l’utilisation de matériel de mesure et d’aide à l’analyse. Ce matériel se constituait d’un mètre, d’un appareil photo, de la grille d’évaluation créée au préalable ainsi que d’un bloc-notes en cas d’observations complémentaires.

Cette étude des lieux s’est organisée en demi-journée par agence au cours desquelles j’ai tenté d’analyser en détail chaque site. Cette analyse a permis de dégager les principaux éléments d’accessibilité, de mettre en évidence certaines qualités d’agencements existants en vue de les conserver ou de s’en inspirer pour une éventuelle amélioration des possibilités d’accès des structures d’accueil.

c. Exploitation des données

Une fois l’étude de terrain menée, il m’a fallu regrouper, trier et analyser toutes les données recueillies. Au regard de l’éventail d’informations recensées, j’ai choisi de présenter l’analyse de l’accessibilité des agences GMF d’Ile de France sur deux types de support.

Dans un premier temps, un rapport global (cf. dossier annexe), décrit la situation d’accessibilité des agences de la région. Ce travail a permis de disposer d’une vue d’ensemble sur les résultats de l’étude. Il vise à rappeler les exigences légales auxquelles l’entreprise est soumise et à proposer une analyse pertinente des constats de l’étude dans le but d’utiliser ces données en vue d’actions concrètes d’amélioration des conditions d’accessibilité des agences GMF d’Ile de France.

*La région Ile de France est partagée en deux directions régionales au sein de la GMF, le découpage géographique suit la Seine d’où la distinction entre une direction Rive Droite et une direction Rive Gauche.

L’analyse s’est faite selon deux axes d’étude:

La première partie propose une analyse des locaux au regard de la réglementation d’une part, et selon l’usage d’autre part, vis à vis des sociétaires, ainsi que les pistes de réflexion susceptibles d’induire quelques idées d’améliorations.

La deuxième partie du rapport reprend la même logique d’analyse appliquée à l’accessibilité des agences au regard de potentiels travailleurs handicapés.

Tout document ayant servi à l’analyse des données et cités dans ce dossier est proposé en annexe de celui-ci afin d’optimiser les recherches de références et de détails. Les annexes proposées dans cette synthèse, sont les suivantes :

– Annexe 1 : Arrêté du 16 juillet 2007 portant approbation de diverses dispositions complétant et modifiant le règlement de sécurité contre les risques d’incendie et de panique dans les établissements recevant du public

– Annexe 2 : Circulaire interministérielle n° DGUHC 2007-53 du 30 novembre 2007 relative à l’accessibilité des établissements recevant du public, des installations ouvertes au public et des bâtiments d’habitation

– Annexe 3 : Annexe 8 : Etablissement recevant du public et installations ouvertes au public construits ou créés, de la circulaire interministérielle n° DGUHC 2007-53 du 30 novembre 2007

– Annexe 4 : Arrêté du 27 juin 1994 relatif aux dispositions destinées à rendre accessibles les lieux de travail aux personnes handicapées (nouvelles constructions ou aménagements) en application de l’article R.235-3-18 du code du travail

– Annexe 5 : Articles R.235-3-18 et R4214-26, R4214-27, R4214-28 du code du travail

– Annexe 6 : Tableau de correspondance entre la dénivellation et la distance minimale requise de la pente

– Annexe 7 : Accessibilité des agences aux personnes circulant en fauteuil roulant

L’annexe 6 est un tableau proposant les correspondances de mesures minimales requises pour des dénivellations données selon les pourcentages de 5%, 8% et 10% fixés par la loi. Ces correspondances évitent le calcul des distances minimales nécessaires respectant les exigences légales.

L’annexe 7 propose 4 listes d’agences . La première liste énumère les agences répondant aux normes d’accessibilité réglementaires pour l’accueil des sociétaires, la deuxième cite les agences impliquant des aménagements minimes pour devenir accessibles aux sociétaires et aux salariés. La troisième liste les agences impliquant des aménagements simples pour être accessibles aux sociétaires. Enfin, la quatrième indique les agences impliquant des aménagements plus difficiles visant à les rendre accessibles aux sociétaires. Cette dernière liste se divise selon deux degrés de difficulté d’aménagement, la première série regroupe les agences exigeant de simples travaux, la seconde série relève les agences nécessitant des travaux contraignants.

Dans un second temps, une fiche détaillée par agence a été créée (cf. annexe 4), soit 53 fiches.

Ces fiches spécifiques proposent une signalisation permettant de mettre en évidence le degré d’accessibilité envers les sociétaires qu’offre l’agence concernée, pour chaque situation de handicap, représentées selon les pictogrammes suivant :

Représente l’accessibilité dédiée aux personnes circulant en fauteuil roulant : Représente l’accessibilité dédiée aux personnes circulant en fauteuil roulant
l’accessibilité dédiée aux personnes sourdes ou malentendantes : Représente l’accessibilité dédiée aux personnes sourdes ou malentendantes
l’accessibilité dédiée aux personnes malvoyantes : Représente l’accessibilité dédiée aux personnes malvoyantes
l’accessibilité dédiée aux personnes debout à mobilité réduite : Représente l’accessibilité dédiée aux personnes debout à mobilité réduite
l’accessibilité dédiée aux personnes pratiquant la langue des signes : Représente l’accessibilité dédiée aux personnes pratiquant la langue des signes
l’accessibilité dédiée aux personnes aveugles : Représente l’accessibilité dédiée aux personnes aveugles

Ces pictogrammes ne sont pas réglementaires, les fonds de couleurs différents consistent à lever le risque de confusion lors d’une recherche rapide.

Les degrés d’accessibilité correspondant à chaque situation de handicap, s’illustrent comme suit :

Symbolise une situation d’inaccessibilité: Symbolise une situation d’inaccessibilité

Symbolise une accessibilité dont les lacunes sont d’origine réglementaire: Symbolise une accessibilité dont les lacunes sont d’origine réglementaire

Symbolise une accessibilité dont les lacunes se constatent à l’usage: Symbolise une accessibilité dont les lacunes se constatent à l’usage

Lorsque l’accessibilité est totale, le pictogramme n’est pas associé à une illustration de degré. Chaque fiche dissocie l’accessibilité des sociétaires et celle des salariés en abordant, selon les

contextes cités ci-dessus, les points législatifs puis les points d’observation relatifs à l’usage pour enfin proposer des pistes de réflexion en vue d’une éventuelle amélioration de l’accessibilité si nécessaire.

3) Résultats de l’étude

L’étude d’accessibilité menée durant ce stage a permis de mettre l’accent sur un certains nombre d’éléments inadaptés, manquants ou lacunaires vis-à-vis d’une accessibilité réglementaire et d’une accessibilité d’usage.

a. Eléments relatifs à la réglementation

Les principales remarques relatives à la réglementation portent sur les éléments de l’entrée, de l’accueil, du cheminement interne, de l’équipement et des sanitaires.

L’accès à l’agence se trouve fréquemment entravée par la présence d’une ou plusieurs marches ou d’un ressaut supérieur aux 2 cm tolérés. En effet, un décalage du niveau du sol de plus de 2 cm pose un problème pour le passage des roues d’un fauteuil roulant. Les roues n’épousent pas la forme de l’angle, ainsi l’inclinaison nécessaire imposée au fauteuil devient très contraignante voire impossible.

Parfois, la dénivellation de plusieurs marches ne permet pas d’aménagement compensatoire tel qu’une rampe, étant donné l’importance de la pente au regard des 5% réglementaires.

Ressaut de plus de 2 cm
Ressaut de plus de 2 cm

Marche
Marche

Escalier
Escalier

Dans les cas où une rampe d’accès est proposée, il est important qu’elle offre un cheminement équivalent à celui emprunté par le tout venant et qu’elle réponde à certaines normes. Or, il arrive qu’une rampe soit détériorée, ce qui la rend inadaptée, ou qu’elle propose un cheminement discutable quant à l’équivalence de l’offre de service destinée aux sociétaires circulant en fauteuil roulant.

 Rampe abîmée
Rampe abîmée

Rampe d’entrée pour sociétaires, donnant dans des locaux réservés au personnel
Rampe d’entrée pour sociétaires, donnant dans des locaux réservés au personnel

Les portes d’entrée doivent mesurer 90 cm de largeur minimale. Elles sont parfois trop étroites. Il en est de même, lorsqu’elles sont constituées de deux vantaux, le vantail le plus couramment utilisé devant mesurer 90 cm de largeur minimale, certaines portes à double battant ont une largeur de 80 cm par vantail seulement.

Concernant les locaux réservés au personnel de l’agence, la largeur des portes est parfois insuffisante. Certaines portes offre une largeur de passage de 70 cm (à noter que le gabarit moyen d’un fauteuil roulant mesure 75 cm de large).

Porte d’entrée de 75 cm de large
Porte d’entrée de 75 cm de large

Il arrive également que les portes soient lourdes, impliquant un effort conséquent pour certaines personnes ayant peu de forces, des difficultés de préhension ou en fauteuil roulant. En effet, l’effort fourni pour ouvrir une porte ne doit pas être supérieur à 50 Newton.

Les portes vitrées peuvent aussi présenter une gêne, voire un danger pour des personnes malvoyantes. Ainsi, on comprend l’utilité de rappels visuels contrastés à hauteur des yeux sur les parois vitrées.

Porte vitrée sans rappel visuel, dans un sas d’entrée
Porte vitrée sans rappel visuel, dans un sas d’entrée

L’accueil destiné aux sociétaires propose parfois un guichet où un salarié oriente les clients selon leur demande. Or, le type de guichet proposé ne répond pas aux critères d’accessibilité requis. Selon la loi, un guichet doit pouvoir être utilisable en position assise ou debout. Il doit donc contenir au moins un plan abaissé dont la largeur est supérieure ou égale à 60 cm, dont la hauteur maximale est fixée à 80 cm et à 70 cm de hauteur minimale sous plan, la partie inférieure doit également offrir un espace vide sur 30 cm de profondeur minimum.

Guichet d’accueil
Guichet d’accueil

Régulièrement, l’agence reçoit des sociétaires n’ayant pas pris rendez-vous. De ce fait, beaucoup d’agence comporte un meuble à l’entrée proposant une feuille sur laquelle il est possible de s’inscrire en vue de prendre un rendez-vous selon l’ordre d’arrivée des autres clients et des rendez-vous préfixés. Cependant le plan d’écriture du meuble est trop haut pour qu’une personne en fauteuil roulant puisse accéder à la feuille de prise de rendez-vous.

Meuble de prise de rendez-vous par écrit
Meuble de prise de rendez-vous par écrit

Le cheminement intérieur impose parfois d’emprunter des escaliers. Au-delà du fait que les escaliers constituent une barrière nette à la progression des personnes en fauteuil roulant, ces structures doivent tout de même répondre à des normes d’accessibilité visant à minimiser les dangers qu’elles peuvent présenter. La largeur minimale d’un escalier est fixée à 1,20 m, la hauteur des marches doit être inférieure ou égale à 16 cm et la largeur du giron (profondeur de la marche) doit mesurer 28 cm minimum. Ces normes visent à assurer la progression de chacun dans un escalier. De surcroît, un contraste visuel et tactile au sol doit apparaître sur une partie de 50 cm de la marche du haut, la première et la dernière contremarche doivent être visuellement contrastée. Ces informations visuelles et tactiles favorisent l’anticipation des marches pour les personnes malvoyantes et aveugles. De même, les nez de marche visuellement contrastés, vise à aider les personnes ayant des difficultés de mobilité. Ils doivent être non glissants et sans débord par rapport à la contremarche. Les mains courantes de chaque côté de l’escalier, situées entre 0,80 m et 1 m de hauteur et prolongées de la longueur d’une marche au-delà de la première et de la dernière marche, sont également nécessaires aux personnes debout à mobilité réduite dans le but de les aider à se maintenir correctement.

Il est encore rare de constater qu’une majorité de ces normes est prise en compte sur un escalier. Ainsi, une grande partie des escaliers empruntés par les sociétaires ne répondent que partiellement à la réglementation. Les escaliers empruntés par le personnel, quant à eux, ont souvent une forme hélicoïdale (escalier en colimaçon) qui présente de réels dangers pour les usagers. Il arrive également que les marches soient abîmées ce qui peut déstabiliser la personne voire provoquer une chute. En outre, il suffit d’une marche pour créer un potentiel danger, comme il l’a été observé dans certaines agences.

Escalier droit
Escalier droit

Escalier hélicoïdal
Escalier hélicoïdal

Marche peu signalée dans un sas d’entrée
Marche peu signalée dans un sas d’entrée

Le cheminement horizontal ne correspond pas toujours aux mesures minimales requises du fait de certaines structures architecturales contraignantes. Ainsi, la largeur des couloirs fixée à 1,40 m n’est pas toujours appliquée. Il en est de même pour les espaces d’usage (0,80 m de large sur 1,30 m de long minimum) devant être réservés pour chaque dispositif destiné à l’utilisation des sociétaires. Il arrive que ces espaces soient trop restreints, par exemple, une personne en fauteuil roulant ne peut pas être reçue à certains bureaux d’agence.

Couloir étroit
Couloir étroit

Espace d’usage restreint
Espace d’usage restreint

Des parois vitrées font office de cloison de séparation entre les espaces d’usages dédiés aux sociétaires dans les bureaux d’accueil ouverts (sans porte). Ces parois n’ont pas ou peu de rappels visuels contrastés permettant leur mise en évidence pour les personnes malvoyantes. Les rappels existants peuvent également être insuffisants en termes de contraste.

Paroi vitrée séparant deux bureaux ouverts
Paroi vitrée séparant deux bureaux ouverts

L’accès aux équipements est, quelquefois, difficile voire impossible pour certaines personnes en situation de handicap. Les équipements situés à une hauteur supérieure à 1,30 m ne sont pas accessibles aux personnes circulant en fauteuil roulant. Par exemple, le distributeur de gel antibactérien proposé aux sociétaires, ou l’armoire à pharmacie à

disposition des salariés, sont souvent situés à 1,50 m du sol. Les structures proposant des prospectus ou des brochures sont parfois situées derrière des éléments faisant obstacle à leur accès. D’autres types de structures telles que les tables ou les bureaux présentent des caractéristiques gênantes pour les personnes en fauteuil roulant. Le voile de courtoisie (petite paroi sous plan, côté public) des bureaux restreignent la profondeur sous plan à moins de 30 cm (mesure minimale requise). De ce fait, il est impossible, pour une personne en fauteuil roulant, de passer ses jambes sous le plan du bureau. La hauteur minimale sous plan (70 cm) n’est pas toujours respectée, à quelques centimètres près.

Armoire à pharmacie à plus de 1,30 m de hauteur
Armoire à pharmacie à plus de 1,30 m de hauteur

Voile de courtoisie sous plan
Voile de courtoisie sous plan

Dans la plupart des agences, il n’existe pas de toilettes dédiées aux sociétaires. Néanmoins, dans certaines agences un ou deux cabinets d’aisances sont réservés aux clients. Dans ces rares cas, les sanitaires ne sont pas prévus pour être accessibles aux personnes à mobilité réduite.

De plus, les toilettes des salariés ne sont pas toujours prévues pour devenir facilement accessibles en cas d’intégration d’un travailleur en fauteuil roulant au sein de l’agence. Or, selon le code du travail, une structure accessible aux travailleurs handicapés doit comporter au moins un cabinet d’aisances et un lavabo à proximité, tels que, en présence de personnes handicapées physiques, des travaux simples suffisent à réaliser les aménagements nécessaires.

b. Eléments relatifs à l’usage

Au-delà d’une accessibilité régie par la loi, certains éléments non réglementés ont été observés. Les principales remarques relatives à l’usage portent sur le cheminement interne, les équipements et les sanitaires.

Le cheminement intérieur est parfois entravé par la présence d’un paillasson rêche dans l’entrée de l’agence. Ce type de revêtement de sol freine fortement la progression des personnes en fauteuil roulant.

Paillasson rêche dans un sas d’entrée
Paillasson rêche dans un sas d’entrée

Parfois, les escaliers menant au sous-sol ou à l’étage réservé aux salariés, se situent parfois proche des lieux d’usage des sociétaires. Il se peut que ces escaliers ne soient pas équipés de barrière empêchant l’accès aux clients et notamment aux enfants, aux personnes malvoyantes ou aveugles.

Escalier hélicoïdal sans barrière, proche de l’espace d’attente dédié aux sociétaires
Escalier hélicoïdal sans barrière, proche de l’espace d’attente dédié aux sociétaires

L’ameublement des passages utiles réduit souvent la largeur dédiée au cheminement de manière conséquente. La progression des usagers et notamment des personnes circulant en fauteuil roulant devient compliquée voire impossible.

Meubles diminuant la largeur du passage
Meubles diminuant la largeur du passage

Les personnes aveugles peuvent être exposées à des risques de choc face à certains éléments d’accueil. Les tableaux réglables sur trois pieds, les panneaux explicatifs et les panneaux publicitaires à deux pans sont susceptibles d’être difficilement décelable par une canne selon leur disposition. De plus, la prise de rendez-vous sur place via une feuille d’inscription n’est pas adaptée aux cas de cécité.

Tableau à 3 pieds réglé à plus de 0,40 m de hauteur en partie basse, devant un escalier
Tableau à 3 pieds réglé à plus de 0,40 m de hauteur en partie basse, devant un escalier

Certaines structures de rangement sont parfois inadaptées, telles que les étagères au- dessus des bureaux, ou en hauteur sur un mur. Celles-ci présentent un risque de choc et imposent un petit effort physique pour accéder à leur contenu que les personnes en fauteuil roulant ne sont pas en mesure de réaliser. Les étagères des salles d’archives et autres mobilier de rangement s’élevant au-delà de 1,30 m deviennent inaccessibles aux travailleurs en fauteuil roulant

Etagère en hauteur, sur le côté
Etagère en hauteur, sur le côté

Etagères d’archives
Etagères d’archives

Les chaises proposées présentent parfois des aspects contraignants. Certaines chaises sont trop étroites, elles mettent en difficulté les personnes en surpoids qui ne peuvent pas s’asseoir ou peuvent rester coincées. D’autres chaises sont trop lourdes pour être manipulées par des personnes âgées ou présentant des difficultés de préhension.

Chaises trop étroites
Chaises trop étroites

Chaises lourdes
Chaises lourdes

Les dispositifs de contrôle tels que les interrupteurs ou les thermostats se situent parfois trop hauts ou trop près d’un angle fermé. Or, l’accès de tous à ces dispositifs ne peut être effectif que s’ils sont proposés à une hauteur d’atteinte inférieure ou égale à 1,30 m et à plus de 40 cm d’un angle fermé.

Thermostat situé à plus de 1,30 m de hauteur
Thermostat situé à plus de 1,30 m de hauteur

Par extension, il est logique que tout élément situé au-delà de 1,30 m de hauteur ne soit pas accessible aux personnes en fauteuil roulant. Ainsi, les placards au-dessus du plan de l’évier dans la cuisine ne sont pas accessibles, comme c’est le cas de certains équipements électriques.

 Placards de cuisine situés à plus de 1,30 m de hauteur
Placards de cuisine situés à plus de 1,30 m de hauteur

La forme des poignées de placards ou autres (fenêtre, armoire, …) peut également poser quelques problèmes. Par exemple, la forme « boutons » des poignées de placards de cuisine, ne permet pas une bonne préhension.

Poignée « boutons », peu préhensibles
Poignée « boutons », peu préhensibles

Lorsque des toilettes sont proposées aux sociétaires, bien que celles-ci ne soient pas destinées aux personnes handicapées, il est important d’envisager que les personnes en fauteuil roulant et les personnes malvoyantes ou aveugle peuvent s’en servir partiellement. Ainsi, on peut remarquer que l’essuie-main est souvent placé trop haut pour être accessible aux personnes en fauteuil roulant. De plus, les personnes aveugles peuvent se cogner la tête si celui-ci n’est pas placé au-dessus du plan du lavabo. Le miroir est, également, souvent placé trop haut pour qu’une personne en position assise puisse en avoir l’usage. Enfin, les lavabos communs n’offrent pas, ou rarement, un vide sous plan permettant le passage des jambes des personnes assises.

Essuie-main et miroir trop hauts, sous plan plein
Essuie-main et miroir trop hauts, sous plan plein

Lire le mémoire complet ==> (La problématique du handicap dans l’entreprise : l’accessibilité des conditions de travail et de l’offre de service)
Rapport de stage M2 – Sciences Technologie, Santé (STS) – Spécialité : Technologie et Handicap
Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis – Master HANDI