Le développement de l’infrastructure et des services au Sénégal

By 3 August 2013

Le développement de l’infrastructure et des services

Suite au plan d’urgence lancé par le gouvernement en 1985 et à la réforme du secteur initiée en 1996, la description qui peut être faite de l’infrastructure de télécommunications au Sénégal est la suivante:

• tous les commutateurs du réseau public sont numériques;

• les 30 départements du pays sont connectés au réseau général par une liaison de transmission numérique, ce qui fait que le réseau de transmission est entièrement numérique;

• 22 départements sur 30 sont reliés au réseau général par une liaison de transmission en fibre optique;

• tous les chefs-lieux de communauté rurale ont accès au téléphone;

• le réseau de transmission de données par paquets (Senpac) lancé en 1988 offre aux entreprises l’accès aux banques de données et l’interconnexion aux réseaux étrangers à des débits pouvant atteindre 19 200 bps, cependant son débit est de 64 kbps sur le tronçon national et international depuis 1997;

• le Vidéotel ou kiosque vidéotex est opérationnel depuis 1994 alors que le MinitelNet qui permet une connexion aux services Minitel existant à l’étranger l’est depuis 1995;

• l’Infotel ou kiosque vocal est commercialisé depuis 1995;

• 24 départements sur 30 ont accès au Réseau numérique à intégration de services (RNIS) et le RNIS international est disponible depuis le premier trimestre de 1997;

• la hiérarchie numérique synchrone (SDH) a été introduite en 1997;

• la mise en place du réseau intelligent en 1998 permet de traiter les services réseau comme la taxation sur carte de crédit, le réseau privé virtuel, le libre appel, le numéro de taxation partagée, le kiosque téléphonique, le numéro universel et les télécommunications personnelles universelles ont élargi les possibilités d’offres de services à valeur ajoutée;

• les liaisons spécialisées numériques internationales à n*64 kbps par satellite sont possibles;

• la messagerie X400 est disponible;

• le projet de câble sous-marin à fibre optique dénommé Atlantis II reliant l’Europe, le Sénégal et l’Amérique du Sud devrait entrer en service en l’an 2000 au plus tard;92

• le réseau cellulaire numérique Alizé, de norme GSM, mis en œuvre par la SONATEL, couvre les principales villes et axes routiers du pays93 et est interconnecté avec des réseaux étrangers (Espagne, Grande Bretagne, Italie, etc.). Un second opérateur privé, la société Sentel,94 filiale de Millicom International Cellular (MIC), a obtenu une licence valable pour 20 ans renouvelable et a lancé ses activités depuis le 7 avril 1999 avec un réseau couvrant actuellement les principales villes du pays.95 A l’image de ce qui se passe ailleurs en Afrique,96 le développement de la téléphonie mobile est spectaculaire. Lancé en 1994 par la SONATEL, le téléphone cellulaire comptait 98 abonnés en 1994, 122 en 1995, 1 492 en 1996, 6 942 abonnés en décembre 1997,97 73 000 en janvier 200098 et 100 000 en mai 2000. De son côté, Sentel a franchi le cap des 10 000 abonnés en novembre 1999, en comptait 14 500 à la fin de l’année 199999 et 25 000 en avril 2000100. Au total, la téléphonie mobile représente près de 125 000 lignes alors que selon les prévisions faites par l’UIT en 1998, le nombre d’abonnés devait être de 30 000 en l’an 2000101;

• à côté de la SONATEL, la Société internationale de télécommunications aériennes (SITA) fait également de la transmission de données;

• deux opérateurs, Access Télécom et Télécom Plus, exploitent la radio-messagerie unilatérale (paging) et commercialisent des beepers;

• le nombre de lignes fixes était de 175 938 en mars 2000102, ce qui équivaut à une télédensité de 1,2%, la densité téléphonique urbaine étant de 2,54% contre 0,05% en milieu rural, avec 70% des lignes installées à Dakar;

• on compte près de 10 000 télécentres103 dont les deux tiers sont situés à Dakar et le tiers restant dans les régions;

• 65% des Sénégalais sont accessibles par le téléphone via les point d’accès publics;104

• le pays compte le plus grand nombre de lignes publiques en Afrique;105

• la SONATEL dispose de 2 000 km de fibres optiques qui ceinturent le pays;

• le Sénégal est connecté à Internet par une liaison à 64 kbps vers les USA via MCI et une liaison à 2 mbps vers le Canada via Téléglobe;

• il existe 12 fournisseurs d’accès Internet (ISP)106 dont 11 installés à Dakar et un à Saint-Louis;

• une cinquantaine de structures sont connectés à Internet via une liaison spécialisée sur le point de présence Internet de la SONATEL;107

• 400 noms de domaines ont été enregistrés par le National Internet Center (NIC) Sénégal;108

• on recense plus 300 sites et pages Web;109

• un réseau IP, Sentranet, basé sur des liens à 155 mbps, 34 mbps et 2 mbps110 reliant toutes les villes secondaires du pays et permettant la mise en œuvre d’intranet et d’extranet est opérationnel depuis avril 1999;

• une première licence de communications par satellite a été accordée à Iridium qui a officiellement lancé ses activités au Sénégal début octobre 1999.111

Il faut cependant relativiser ce tableau par le fait que la ville de Dakar concentre à elle seule 70% des abonnés au téléphone112 et que la couverture des zones rurales reste encore insuffisante, notamment pour celles qui sont éloignées des axes routiers.113 Selon les projections de la SONATEL, le nombre d’abonnés devrait être de 200 000 en l’an 2000, pour atteindre 300 000 en 2002 puis 400 000 en 2006. De plus, l’accent sera mis sur la téléphonie rurale avec l’objectif de raccorder au moins 1 000 localités rurales d’ici l’an 2005, toutes celles ayant un statut administratif ayant été raccordées au téléphone depuis la fin 1998. Enfin, en matière de téléphonie publique, l’objectif est d’atteindre un taux d’équipement d’un télécentre ou d’une cabine publique pour 1 000 habitants en l’an 2000 de manière à faire passer la télédensité de 1,23 à 2,5 pour 100 habitants. Dans le cadre de cette politique, en milieu rural, plus de 50% des villages centres devraient être équipés au moins d’une ligne téléphonique et, en terme d’accès universel, l’objectif est de faire en sorte que chaque Sénégalais se trouve à moins de cinq kilomètres d’un téléphone.114

Au registre des grands projets, il faut signaler le câble sous-marin ouest-africain SAT3 qui devrait être opérationnel en l’an 2000,115 l’utilisation de la boucle locale avec la technologie CDMA,116 la mise en service de systèmes de radiocommunications par satellite en partenariat avec des opérateurs comme Globalstar, Iridium et Skybridge, le lancement du centre de visio- communication du Technopôle et le recours aux technologies xDSL (ADSL, HDSL, etc.) de manière à obtenir de hauts débits sur les paires de cuivre. De son côté, Sentel se fixe comme objectif d’atteindre 20 000 à 30 000 abonnés à l’horizon 2001.117 Pour ce faire, au cours du premier trimestre 2000, Sentel a effectué des travaux d’extension de son réseau sur l’axe Diourbel, Kaolack, Ziguinchor avant de poursuivre dans les régions de Thiès et de Saint-Louis.

Aujourd’hui, sur la base des indicateurs de qualité de fonctionnement du réseau et de productivité, en plus d’indicateurs purement financiers, l’Union internationale des télécommunications (UIT) considère que le Sénégal est le deuxième pays africain pour les performances en matière de télécommunications.118 Cependant, comme le souligne Pathé Diagne, il faut noter que “sa capacité technologique et financière a été assurée essentiellement sur les prélèvements de la clientèle domestique et de l’entreprise privée ou publique” et que sa gestion “atteste d’une politique monopolistique à l’antipode d’une bonne stratégie compétitive de développement”.119 Prenant en compte le faible nombre d’abonnés, le coût élévé des investissements et le poids des communications dans le budget des ménages et des entreprises, il en conclut d’ailleurs que la SONATEL a échoué dans la politique de développement des télécommunications que l’Etat lui avait assignée.120 Si cette conclusion est sans doute quelque peu excessive, par contre, le diagnostic peut, quant à lui, être globalement partagé.

Lire le mémoire complet ==> (Les TIC et le développement social au Sénégal)
Mémoire de fin d’études – Technologie et société Document du programme no. 1
Institut de recherche des Nations Unies pour le développement social

  1. TIC au Sénégal : Les initiatives de la coopération internationale